LES PICS
(bitfow.)
Les animaux qui vivent des fruits de la terre sont les seuls qui entrent en société; l'abondance est la base de l'instinct social, de cette douceur de mœurs et de cette vie paisible qui n'appartient qu'aux êtres qui n'ont aucun motif de se rien disputer; ils jouissent sans trouble du riche fonds de subsistance qui les environne; et, dans ce grand banquet de la nature, l'abondance du lendemain est égale à la profusion de la veille. Les autres animaux, sans cesse occupés à pour-
(COIIRECTIOXS DE BUFFOX.)
* Les animaux qui vivent des fruits de la terre sont les seuls qui entrent en société. L'abondance est la base de l'instinct social, de cette douceur de mœurs et de cette vie paisible qui n'appartient ifu'aux ctres qui n'ont aucun motif de se rien disputer; ils jouissent
snns trouble du riche
. ^ Les autres animaux sans cesse occupes à pourchasser une
proie qui
142 MANUSCRITS DE BllFFON
par le besoin *, aiguillonnés par Fappétit, retenus parle danger, sans moyens que leur activité, sans provision que leur industrie, sans ressource que dans leurs efforts, ont à peine le temps de vivre* et n'ont pas^ celui d'aimer. Telle est la condition de tous les oiseaux chasseurs, excepté peut-être de quelques lâches * qui s'acharnent sur une proie morte et s'attroupent plutôt en brigands qu'ils ne se rassemblent en amis : tous * se tiennent isolés et vivent solitaires. Chacun est tout entier® à se procurer un nécessaire étroit et pénible, et nul n'a de sentiments, comme de biens ^ à partager avec autrui ^
Ses mouvements (les mouvements du pic) sont^ brusques, son air est *® inquiet, ses traits ont de la rudesse **, son naturel paraît ** farouche : il fuit toute société, même celle de son semblable, et quand l'amour *' le force ** de la rechercher, c'est sans pouvoir lui donner aucune des grâces dont alors il embellit tous les êtres...
(corrections de buffon.)
* pressés pur le besoin, retenus par le danger, sans provision, sans moyens que dans leur industrie, sans autre ressource que leur activité
"^ de se pourvoir
^ n'ont guère
* à l'exception de
•^ tous les autres
^ tout entier à soi, et nul n'a de sentiments
^ ni de biens
chasser une proie qui les fuit toujours, pressés par le besoin, retenus par le danger, sans proyision, sans moyens que dans leur industrie, sans aucune ressource que leur activité, ont à peine le temps de se pourvoir et n'ont guère celui d'aimer. Telle est la condition de tous les oiseaux chasseurs; et, à Texception de quelques lâches qui s'acharnent sur une proie morte et s'attroui)ent plutôt en brigands qu'ils ne se rassemblent en amis, tous les autres se tiennent isolés et vivent solitaires. Chacun est tout entier à soi, et nul n'a de biens ni de sentiments à partager...
Ses mouvements sont brusques; il a l'air inquiet, les traits et la physionomie rudes, le naturel sauvage et farouche : il fuit toute société, même celle de son semblable, et quand le besoin physique de l'amour le force à rechercher une compagne, c'est sans aucune des grâces dont ce sentiment anime les mouvements de tous les etrc*s qui l'éprouvent avec un cœur sensible.
(corrections de UIFFON.)
® à partager
^ .. .. sont lourds et brusques
*^ .... il a l'air inquiet
" les traits d'une physionomie rude
'* .. .. le naturel sauvage et môme farouche
*^ le besoin physique de i'umour
** le force à rechercher une compagne, c'est sans aucune des
irràces donl ce sentiment embellit les mouvements de tous ceux qui Iqu'ouvent avec un cœur sensible
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