‹ Des Manuscrits de Buffon avec des facsimile de Buffon et de ses collaborateursChapitre 29 sur 46 · OQDES DE LA NATURE · texte numérisé non relu

OQDES DE LA NATURE

(lurRivi'^)

qu'un huitième de ligne est pjtr rapport au diamètre d’un globe de deux pie<ls. Ainsi ces chaiues de montagnes qui nous paraissent si pro<ligieuses, tant par le volume que par la hauteur, ces vallées de la mer, qui seinhieut être des abîmes de profondeur, ne sont dans la rèalilè que de légères inégalités proporlioimées à la grosseur du globe, et (pii ne pouvaient manquer de se former lorsqu'il prenait sa eoiisistauce : ce soûl des effets naturels produits par une cause tout aussi naturelle (‘tforl simple, c'est-à-dire par l'at lion du refroidissement sur les matières en fusion, lorstpi'ellesse consolident à la surface.

C’est alors que se sont formés les éléments par le refroidissement et pendant ses jirogrés. Car à cette époque, et même longtemps après, tant que la chaleur (‘xcessive a duré, il s'est fait une séparation et même une projection de toutes les parties volatiles, telles que l’eau, l'air et les autres substances que la grande chaleur chasse au dehors et (|ui ne peuvent exister (jue dans une région jilus tempérée que ne l'était alors la surface de la terre. Toutes ces matières volatiles s'étendaient donc autour du globe en fonne d’atmosphère à une grande distance où la chaleur était moins forte, taudis que les matières fixes, fondues et vitrifiées, s'étant consolidées, formèrent la roche inU'i'ieure du globe et le noyau des grandes montagnes, dont les sommets, les masses intérieures et les bases, sont en elTi't composées de matières vitrescibles. Ainsi le premier éta-

(connECTiovs faites pak w feot sui; i.a copie.) que les matières lises, fondues et vitrifiées, s'élanl consolidées, formèrent la roche intérieure du globe et le noyau des pics et des grandes montagnes, dont les sommets, les masses intérieures et les

bases sont composés de

® ..... de plusieurs milliers de siècles.

^ la formation des montagnes et dés collines calcaires qii

n’ont existé qu’après l'établissement des mers et la production de toutes les sulistances

8« manuscrits de buffon

(copie.)

(,u’elles n’onl pu tomber et s'établir sur la terre que quand ' sa surface s'est trouvée assez refroidie pour ne pas rejetoi l'eau par u.ie trop forte ébullition, et ce temps de 1 etablissement des eaux sur la surface de la terre n’a précédé que de peu de milliers d'années * le moment où l’on aurait pu toucher cette surface sans se brûler; en sorte qu en admettant, comme nous l'avons annoncé, 74,832* ans à dater en arriére de ce jour pour l'époque de la foimation des planètes, et 34,270* ans pour le temps nécessaire à son refroidissement * au point de pouvoii' la toucher, il s’est peut-être passé plus de vingtcinq mille® de ces premières années avant que l’eau, toujours rejetée dans l'atmosphère, ait pu tomber et s'établir'' sur la terre : car, quoiqu'il y ait une assez grande différence entre le degré auquel l'eau chaude cesse de nous offenser et celui où elle entre en ébullition, et qu'il y ait encore une distance considérable entre ce premier degré d'ébullition et celui où elle se disperse subitement en vapeurs, on peut néanmoins assurer que cette différence de temps n’est pas plus grande® que je l'admets ici.

Ainsi, pendant les premières vingt-<;inq mille® années, le globe terrestre, d’aboi-d lumineux et chaud comme le soleil, a conservé son état d'incjindescence et de lumière pendant environ trois mille*® ans, c’est-à-dire jusqu’à ce qu'il ait été consolidé ensuite les matières fixes de la terre*® sont devenues encore plus fixes par leur refroidissement, et ont pris leur nature et leur consistance telles que nous les reconnais-

(COBRECTIOMS FAITES PAB IHIFFOX SUE LA COl'lB.)

1 qu’au moment où . . ..

ï que de quelques centaines de siècles.. ..

s . ... nécessaire au refroidissement de la terre. ... fi six ou sept cent mille de ces premières ....

EPOQUES DE LA NATURE

(IMPBIHÉ.)

büssemeiU local des grandes cliaînes de montagnes appartient à cette seconde époque, qui a précédé de plusieurs siècles celle de la formation des montagnes adcaires, lesquelles n’ont existé qu'aprés l’éLiblissement des eaux, puisque leur composition suppose la production des coquillages et des autres V substances que la mer fomente et nourrit. Tant que la surface du globe n’a pas éU* refroidie au point de pennettre à l’eau d’y séjourner sans s’exhaler en vapeui's, toutes nos mers étaient dans l’atmosphère : elles n’ont j)u tomber et s’établir .sur la t<'rre qu’au moment où sa surface s’est trouvée assez attiédie pour ne plus rejeter l’eau par une trop forte ébullition; et ce temps de l’établissement des eaux sur la surface (lu globe n’a précédé que de peu de si(nles le moment où l’on aurait pu toucher cette surface sans se brûler; de sorte qu’en comptant soixantt'-quinze milli* ans d('pnis la formation de la terre, et la moitié de ce temps pour son refroidissement au |)oinl de pouvoir la toucher, il s’est peut-être pass<; vingt-cinq mille des premiéns années avant que l'eau, toujours rejetée dans l’atmosphère, ait pu s’établir à demeure sur la surface du globe; car, quoiqu'il y ail une as.sez grande différence entre le degré auqut‘1 l’eau chaude cesse de nous offenser (‘I celui où elle entre en ébullition, et qu’il y ail encore une distance considérable entre ce premier degré d’ébullition et celui où elle se disperse subitement en vapeurs, on peut néanmoins assurer que cette différence de temps ne peut pas être plus grande (|ue je l'admets ici. '

(CORRECTION!, FAITES PAR Bl'FFON SCR LA COplK.)

Cl s’établir à demeure sur la surface du globe.

UC peut pas être plus grande que...

dans les premières sept cent mille années....

environ cent dix-sept mille ans

entièrement consolidé

du globe

mam:sciuts de iuikeo?;

(r.oriE.)

SOUS aujourd iuli dans les pics et sur les sommets de toutes les hautes montagnes ‘ dont l’origine date de celte époque, et qui* lie sont en effet composées dans leur intérieur ® que de matières vitrescihles, telles que le granit, le roc vif, la pierre cornée, etc.

C'est dans ce long espace de temps de vingt-cinq ou vingtsix mille ans* que se sont aussi formées par la sublimation toutes les grandes veines et les gros liions des mines ou se trouvent les métaux; ces substances métalliques ont été séparées de la matière vitrée * par la chaleur longue et constante qui les a sublimées, et poussées de l’intérieur du globe dans tontes les montagnes®, où le resserrement des matières, c^iusé par le refroidissement’, laissait des fentes et des cavités qui ont été remplies* par ces substances métalliques que nous y trouvons aujmu'd’hui, c^ir il faut, à l’égard de Idrigine des mines, faire la même distinction que nous avons indûjuée pour l’origine des matières vitrescihles et des matières calcaires, dont les premières ont été produites par l’action du feu, et les autres par l’intermède de l’eau. 11 en est de même des mines métalliques ; les principaux filous, ou, si l'on veut, les mines primordiales, ont été produites, comme je viens de le dire, par la fusion et par la sublimation, c’est-à-dire par l’action du feu, et les autres mines, qu'on peut appeler secondaires, ne se sont formées qu’aux dépens des premières et ont été produites® par le moyen de l’eau. Ces liions prin-

(r.ORIlECTIO.XS FAITES CAR UUFFOS SU.I LA COI'.E.)

* aujourd'hui dans la roche du glohc et dans le noyau de

toutes

* car elles ne sont

^ dans leur intérieur et jusqu'à leur sommet

* de sept cent mille ans

® de la masse vitrescible du globe

* de l'intérieur de la masse dans toutes les aspérités et le»

pointes av.incées de la superficie où le resserrement

ÉI'OQUKS DE LA NATUDE

(mpmiiÉ.)

Ainsi dans rcs promiôn's vingt-cinq mille' aniuVs, te globe tcrreslre, d'alK)rd lumineux et (hand comme le soleil, n'a perdu que pt'ii à peu sa lumière et son feu : son étal d'incan- (les. eixe a duré pendant deux mille neuf wnt trente-six ans, puisqu'il a fallu ce temps iwiur qu'il ail été consoli<lé juscpi'au cenlre; ensuite les matières (ixes dont il est composé sont dc'vennes encore pins lixes en se resserrant de plus en plus par le refroidissement; elles ont pris peu à peu li'ur nature et leur consislanee U‘lle (|ue nous la reconnaissons aujourd'Imi dans la roche du glob(‘ et dans les hautes montagnes, cpii ne sont en elfel composc'cs, dans leur inU'rieur et jusqu'à leur sommet, (|ue de matières de la même nature : ainsi leur origine ilate de celle même épo(pu‘.

C’est aussi dans les premiers trente-sept mille ans (jne se sont formées par la sn’hlimalion tontes les graudi's veines et les gros fdons de mines où se trouvent les métaux; les sul>stances métalliques ont été s«'“parées des autres matières vilrescihles par la chaleur longue et constante (}ui les a suhiimées et poussées de rintérieur de la masse du glolx? dans toutes les éminences de sa suifau*, on le resserrement des iiKiliéri's, causé par un \ilus prompt refroidissement, laissait des fi'iites et des cavités, qui ont été inerusU'es cl ipichpiefois remplies par c('s substances métalliques (pie nous y trouvons aujourd’hui; car il faut, à l’égard de l'origine des mines, faire la même distinction ipie nous avons indiquée pour l'origine des* matières vilrescihlt*s et di's matiéri's cali aires, dont li's pn'miéres ont été produites par l'action du feu, et h's antivs par l'inlerméde de l'eau. Dans les miiu's métalliques, les jirincipaux fdons ou, si l’on V(*nl , h's masses primordiah's , ont été

(concECTiovs Faites pah wffok scii u copie.)

' ji:ir un plus pronipl refro’ulisscmeiil

** . ... iiicriislées et queiqiielois remplies

® produites Irès-poFlérieuremenl

(copie.)

cipnux, qu’on peut regarder comme les troncs des arbres métalliques, ayant fous été produits, soit par la fusion dans le temps du feu primitif, soit par la sublimation dans les temps subséquents* , ils se sont trouvés et se trouvent encore aujourd’hui dans les fentes perpendiculaires des plus hautes montagnes *; tandis que l’on trouve, au contraire, au pied de ces mêmes montagnes des petits filons que l’on prendrait d’abord poui' les rameaux de ces arbres métalliques, mais qui ne leur tiennent néanmoins ni par la continuité ni même par l’origine, car ces mines secondaires se sont formées par l’inlerméde dé l’eau qui, par la succession des'temp.s, a détaché des particules des anciens filons et les a déposées sous différentes formes * à des distances assez considérables et toujours audessous du lieu de leur première origine *.

La formation* de ces mines parasites est, comme on le voit, bien postérieure® à celle des mines primitives; elle doit se rapporter, comme la formation des pierres" calcaires, à une époque subséquente, c’est-à-dire au temps où la température de la terre a permis aux eaux de se rassembler dans les profondeurs de sa surface pour y former les mers, et ensuite au temps où les vapeurs ont commencé à se condenser contre les montagnes pour y produire les sources des ruisseaux et des fleuves. Mais avant ces temps il s’est passé’ de grands effets préliminaires dont nous devons rendre compte*.

(CORRECTIO.IS FAITES PAR llOFtON SElt LA COPIE.)

' dans les temps subséquents delà grande chaleur....

* des hautes montagnes.. ..

* — par l’action successive de l'eau, qui, dans des temps bien

postérieurs aux premiers, a détaché des anciens filons les particules métalliques qu’elle a charriées et dt’q»osées sous dilTércntes formes.....

* première formation

® La production

® moins ancienne que

ÉPOQUES DE LA NATURE

(iMPRIlli.)

piwluitos par la fusion ol par la snhiimalion, c’ost-à-diro par raclion du fou; ot 1rs autres mines, qu’on doit re^ardt^eomnie dt's liions sivondaires et parasites, n’oiit été pro<luites (jue posU'rieureiuent par le moyen de l’eau. C(>s liions principaux, qui semblent présenter les troues des arbres métalliques, ayant tous été formés, soit par la fusion dans le temps du feu primitif, soit par la sublimation dans les temps subséquents, ils se sont trouvés et se trouvent cnœre aujourd'hui dans les butes perpendiculaires des hautes montagnes, taudis que c’(*sl au pied de ces mêmes inontagues que gisent les petits tilons, que l’on preudrait d'alwrd pour les rameaux de ces arbres métalliques, mais dont l’origine est néanmoins bien différente; car ces mines secondaires n’ont pas été formées par Iti bm, elles ont été produib*s par l'action successive de l’eau, qui, dans des temps postérieurs aux premiers, a détaché de ces anciens liions des particules minérales qu'elle a charriées t*t iléposét*s sous différentes formes, et toujours au-d*‘ssous des filous primitifs.

Ainsi la production de ces mines secondaires étant bien plus nVente que celle di« mines primordiab's, et supposant le concours et l’intermède de l’eau, leur formation doit, comme celle des matières calcaires, se rapporter à des épo(|iu*s subséquentes, c’est-à-dire au taups où la chaleur brûlante s’étant attiédie, la température de la surface de la terre a permis aux eaux de s’établir, et ensuite aux temps où ces mêmes eaux ayant laissé nos continents à déœuv^rt, les vapeurs ont commencé à se condenser contre les montagnes pour y produire des sources d’eau courante. Mais, avant ce second et ce troisième temps, il y a eu d’autres grands effets que nous devons indiquer.

(CMRrCTIONS FAITES PAR BUFFON 8DR LA COPIE.)

il s’csl encore passé.,....' préliminaires que nous devons indiquer.

MANUSCRITS RK liUFFON

Arrivé à celle page-ci du manuscrit, je vois en marge, cl de la main de Buffon, comme le sont d'ail leurs toutes les corrections (le texte seul est de la main du secrétaire), ces mots : cage ^2, 5*“ éi’oqce.

En elfd, tout ce qui suit, jusqu’à un certain point que je marquerai, appartient à la troisième époque. (i’est de celte partie détachée de la seconde époque, que Buffon a fait la troisième.

Buffon se réglait par les phénonïèncs : après la fusion, la consolidation; après la consolidation, la chute des eaux. Or, avec l’alinéa qui suit, commence, dans notre copie, le phénomène de la chute des eaux.

En y pensant davantage, Buffon s’aperçut que c’élait arriver trop tôt à ce second phénomène, que le tableau de la consolidation du globe n’était pas complet, que ce temps singulier, ce moment qui a été unique dans l’iiistoire du globe, où ce glo' e ne se composait que des produits du feu, que des produits ignés, que des substances vitrescibles, n’était ni suffisamment décrit, ni assez fortement caractérisé.

11 s’arrêta donc, et s’attachant avec énergie à l’élude de ce globe primitif, si différent de tout ce que le globe a été par la suite, il fit de cette étude le sujet unique de sa seconde époque tout entière.

Et, cette grande intercalation opérée, il fit, de tout ce <|ui, dans la copie qui nous occupe, suit les parties de celte mémo copie que j’ai déjà transcrites, sa

KIMmVlES DK LA .\ATLHE 93

troisième éjwque — lousque les eaux ont couveut nos

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