XL INTRODUCTION
« pas tout à fait l'un comme l'autre. Vous m'eussiez « contredit ou blâmé, et je voulais Féviter, parce « que j'étais décidé, el que, quelque cas que je fasse « de mes amis, il y a des choses qu'on ne doit pas
« leur dire, et de ce nombre sont celles qu'ils désapu prouvent et auxquelles cependant on est deter-
«( miné Les mauvais propos ne me feront ja-
« mais d'impression, parce que les mauvais propos a ne viennent jamais que de mauvaises gens. Ma- « dame de Buffon, qui connaît votre ancienne amitié « pour moi et qui vous a lu plus d'une fois, me a charge de vous faire ses compliments et de vous « dire qu'elle aime beaucoup vos lettres. »
Le 25 juin 1753, tandis qu'il était à Montbard, Buffon fut nommé membre de l'Académie française. Le 25 août de cette même année, il y prononça son discours sur le style. « Les ouvrages bien écrits seront « les seuls qui passeront à la postérité, » y dit-il;.. « les connaissances, les faits, les découvertes s'en-
a lèvent aisément et se transportent Ces choses
« sont hors de l'homme, le style est l'homme même; a le style ne peut donc ni s enlever, ni se transporic ter, ni s'altérer s'il est élevé, noble, sublime, Fau- « teur sera également admiré dans tous les temps, « car il n'y a que la vérité qui soit durable et même « étemelle. »
C'est ainsi qu'en adressant à bes nouveaux con-
DE BUFFOlf. su
frères ses remerciments, le grand écrivain, cpii se donnait Tapparence de les louer, leur peignait un talent qu il savait bien ne pouvoir être attribué qu à lui-même.
De 1755 à 1767 parurent les douze volumes de VUistoire des quadrupèdes. Us contieimeut ces ingénieuses et brillantes peintures des animaux, dont r auteur sera également admiré dans tous les temps, qui, lues de tous, instruisirent chacun selon 1 détendue et la portée de son esprit, et apprirent au public, étonné, que le savoir (}ui s'élève parvient à dépouiller les formes arides. Dans ce long travail, il fut constamment aidé, pour les descriptions anatomiques, par Daubenton.
Les idées de Buffon prenaient, chaque jour, plus d'étendue, et, chaque jour, il voyait reculer les homes du pian qu'il s'était Iracé. Depuis longtemps . déjà tous ceux qui avaient des rapports avec lui étaient habilement transformés en instruments utiles à ses vues.
La présence de madame de Buffon à Montbard devint la source de la plus heureuse acquisition en ce
genre. Attirée par l'amitié, la compagne spirituelle et instruite de Gueneau de Montbeillard servit de lien à des relations douces et agréables d'abord, et qui
iLii 1KÏAÛ0UGTION.
furont bientôt d'un prix iiilini par le concours qu'elles apportèreal aux travaux de Buffon.
Le 2 mai 1766, celui-ci écrit à madame de Mont»
beillard, dont le lils vient d'être inoculé « Si je
K n'avais pas d'eniant, je saurais tout ce qui vous in- « téreRse sur cela, car j'aurais été à Chevigny vous en
« demander des nouvelles Je vous félicite de votre
<x courage; je plains tendrement vos inquiétudes »
Comment en aurait-il été autrement? Buffon ayait eu d'abord une fille qu'il perdit encore enfanté Lorsqu'il écrivait à madame de Montbeillard : « Si je n'a* (( vais pas d'enfant, » il faisait allusion à son fils, Georges-Marie-Louis, né eu 1704.
Des jours tranquilles et doux s'écoulaient alors dans l'intimité de la rainille.
« J'ai vu Farlicle du MercurCj » écrii-il à l'abbé
Le Blanc' « Ayant lu une seconde fois, car on
« relit volontiers ce qui flatte, je crus apercevoir u des traits de votre style et d'autres évidents de , « votre cœur, et je vois avec grand plaisir que je ne (( m'étais pas trompé. R(icevez tous les remercinienls <c que je vous dois. A l'exception de l'éloge qui est <x trop fort, cet extrait est très-bien fait, et ce que « vous dites des orateurs anciens fait bien de l iion- « neur à la philosophie.... Ma femme, qui vous bit
« Octobre 17S9.
^ Moutbard, 32 septembre i7SS.
DE BUFFON. itiii
a bien des amitiés, a relu l'article dès qu elle a su tt qu'il était de vous ; elle Ta trouvé encore mieux
« qu à la pieiiiière lecture Ce que vous m avez
u marqué de M. de la Baurdooné m'a lait grand ce plaisir, car je fais plus de cas de son jugement que « de celui de tous les philosophes dont vous me parce lez, fussent-ils même de bonne foi. C'est un homme «( de beaucoup d'esprit et de sens, et qui de plus a « sur eux ravaniage de couûaitre le monde et de le « bien juger. Faites4ui nos compliments, je vous a supplie i»
Précédemment à cette lettre, Buffon, qui, sur ce
point, était en possession d'un fonds inépuisable de consolations, avait écrit à Le Blanc \ toujours malencontreux dans ses prétentions : « J'ai été aussi « surpris qu'indigné de cette élection de l'Académie « française, que vous m'avez apprise; vous avez raiu son, c'est plus contre Duclos, contre Voltaire, et c( contre d autres que Ton agit que contre vous et n contre les autres aspirants. C'est le temps du règne « des médiocres; mais, quoiqu'ils soient en grand a nombre, et que ce nombre augnu ate chaque jour <x par le succès de leurs cabales, il faut espérer qu'ils a ne réussiront pas toujours, et je sais boa gré à Sauce nu * d'avoir vu tranquillement la plate 4)référence
* MoiitUard, le 23 mars 1761.
* Sauri» (Bernard-Joseph), né à Paris en 1706; nomaïc membre
ii.iv INTRODUCTION.
« qu'ils ont donnée à Tabbé Trublet. Je voudrais,
« mon cher aiiil, que vous eussiez un peu de cette « ti auquillité ; les choses chaugerout de face, et peut- « être à l'heure que nous y penserons le moins. « Donnez-moi des nouvelles de la seconde élection ; « car, quelque dégoûté que je sois de l'Académie, j'y « prendrai toujours intérêt à cause de vous »
La santé de madame de Buffon s alfaiblissait de jour en jour* En 1767, Gueneau reçoit ce billet : « Quoique notre pauvre petite malade soit mieux,
« venez la voir, mon cher monsieur je suis sûr
« du plaisir que vous lui ferez. Je ne vous parle pas « du nuen : j'aurais besoui de vous voir tous les
jours pour être parfaitement heureux, d
A quelque temps de là, indispensablement obligé de s'absenter, Buffon adresse encore à Munlbeillard deux billets qui nous ont conservé la trace d une confiance sans bornes : « Le service, mon cher mon- « sieur, que vous et madame de MonlbeiUard voulez « nous rendre est si grand, que je n'ose vous y en- « gager un peu et ne puis vous en remercier assez. « Je suis sûr que notre pauvre malade en sera com- « blée; elle n'aime personne autant que sa bonne « amie : elle me l'a dit mille iuis »
Et, dans le billet suivant : « C'est le service le plus
de l'Académie française en ildl; mort en I1S1. Auleur de Sparta^ cuSf ele.
DEBUFFON. w
i( touchant et le plas essentiel que tous puissiez me
« rendre que de recevoir, dans mua absence,
« notre pauvre malade pendant douze ou quinze
« jours Ce sera un surcroit de reconnaissance.
« Vous en multipliez chez moi les motifs à chaque «c instant. »
Quelques mois plus tard, la pauvre malade succombait ^
Gneneaii s'était attaché à Buffon; il s'occiipiiit de sciences; il était écrivain, homme de goût et ami : comment aurait-il refusé sa plume? Longtemps il se défendit, comme d'une témérité, de placer des pages écrites par lui à c6té de celles de Buffon. Celui-ci sut yaincre sa résistance. Mais à cette collaboration, d'abord voilée, il serait difficile d'assigner une date précise.
Toujours dominé par la vue d'ensemble, par le désir de rempUr le cadre qu^il s'était tracé, Buffon trouvait en lui-même une activité infatigable. Hontbeillard, moins enthousiaste, moins énergique, moins constant, et d'ailleurs d^une santé délicate, était, dès 1769, en quête d'un adjoint laborieux. Le 47 mai, Buffon lui écrit : « Faites-moi pari de la réponse du « cher abbé. Je me tiens toujours prêt pour lundi, à ne moins qu'il ne veuille autrement. »
Cet abbé se présente, c'est Bexon; il n'a que vingt
* Au commeocemeni de 1700.
INTRODUGTIOIv.
et un ans^ mais il possède au suprême degré celle qualité d'être laborieux. Longtemps il dewa travailler uvant que ses écrits prennent place à côté de ceux du mattre. Ses premiers articles ne parurent qu'en 1777.
BufTon eut Tart de découvrir, dans chacun de ses collaborateurs^ ce qu'il était susceptible de donner, et de lui faire produire tout ce qu il pouvait donner. A ses encouragements, chacun d'eux eût pu ré^ pondre, comme Tabbé de Saint-Pierre à madame Geuiïrui : « Je ne suis qu'un instrument dont vous « avez bien joué. » Il se sert du savoir anatomique de Daubenton, mais il n'attend de lui que des des* criptions; il ménage Monlbeillard^ il Testime, il Faime, il compte sur son goût, sur sa délicatesse, lui demande des avis, et se réserve le drdt de lui en donner.
(c Je suis très-tlatté, mon bon ami, » lui écrit-il \
« que vous ayez adopté mes corrections Vous
a verrez peut-être avec regret que* j'ai sabré de « longues tirades : mais il n'y a pas une suppression H OU une correction dont je ne puisse vous donner
tt la raison; et, si j'étais auprès de vous, je crois
« que Tout seriez de mon avis Enfin j'ai traité
a vos feuilles comme les miennes »
Bexon est celui de ses collaborateurs sur lequel
< MonONurd^ 3 octobre 1715.
D,E fiUFFON. ZLTIl
Buffon a le plus agi; il le forme, le soutient, l anime; et Ton ne peut trop regretter la mort prématurée de
cet élève.
Dans les lettres qu'adresse à chacun de ces patients travailleurs le vigoureux chef de celte noble association perce sans cesse, et presque à son insu, 1 ardeur qui le domine. Ce qui pénètre de respect, c'est qu'il se demande bien plus encore à lui-m&ne.
Au superflu^ chose fort nécessaire à qui veut penser librement, Buffon avait largement pourvu avant d'entreprendre ses prodigieux travaux. Hontbard, sa ville natale, était dominé par les ruines pittoresques d'un château fort. Ces ruines, placées en amphithéâtre, planaient sur les plus magnifiques points de vue. Bulfon acquit de la province ce château, ancienne résidence des ducs de Bourgogne; il se fit lui-même son architecte, car il aimait à faire travailler, à gouverner des ouvriers; il abattit une grande partie des vieilles constructions, et parvint à faire d'un rocher aride le lieu le phis propice h ses études.
Tout avait été combiné pour les rendre faciles, et chaquL' partie de l'ensemble avait un emploi déterminé. Des laboratoires avaient été étabhs pour les expériences; des parcs recevai^t les paisibles habitants des forets, dont les mœurs devaient être étudiées; des fosses renfermaient des lions, des
xLvm INTRODUCTION.
ours : « On n'acquiert aucune connaissauce trans- « missible qu'en voyant par soi-même, x> disait BufTon.
Ayant ouï parler d'un malheureux qui, pendant quinze ans» avait été abandonné dans les déserts de r Amérique, il le fil venir, le questionna, l'observa longtemps, et esquissa sa peinture de la nature brute : « Je me suis imposé, disait^il, de ne peindre « que ce que je pensais ou que je sentais, et non « ce que les autres avaient pensé ou senti. »
De ses jardins, disposés en terrasses superposées et gnrnies d'arbres, de fleurs et de volières, se découvraient, sous mille aspects, les riches horizons de la Brenne : c*est là que, (idèle au rendez-vous donné à l'étude, Buffon arrivait chaque matin. Dès cinq heures, il sortait d'un appartement qui avait issue sur la première terrasse, et se dirigeait vers un escalier fermé par une grille, la franchissait, la refermait soigneusement derrière lui, gravissait l'escalier, et, parvenu au point le plus élevé, suivait une longue allée de marronniers, au bout de laquelle il pénétrait dans un pavillon.
Perdu dans la verdure et assis sur le rocher, ce pavillon, élevé de quarante pieds au-dessus de la première terrasse, se trouvait, par là, rendu inaccessible. Il n'était éclairé que par trois |>etitcs fenêtres, placées au couchant et garnies de vitres étroites. Une porte double, à deux battants, y donnait entrée dans
DE DUFFON. sux
une pièce boisée de chêne, carrelée et meublée avec une simplicité exlrèuie. Cet abri, presque aérien, qui empruntait tout son charme de son isolement, isolement tel qu'il détachait en quelque sorte du inalériel de l'existence^ a été le cabinet de travail tant aimé de BufTon, « où, disait-il, il avait passé des heures déli- « lieuses. » C'est là qu'il méditait.
A quelque distance, et dans une direction ménagée de manière à n'offrir à la vue que la plus belle nature, mais sous un autre tuit, les uiauuscrits^étaieut déposés : là se tenait le secrétaire dans une muette attente, car rien ne devait troubler le travail de la composition. Pendant ce travail, Buffon parcourait lentement Tespace. Sous une voûte d'azur, en face des splendides richesses de la campagne, rien n'amoindrissait ses images; il peignait, il sentait cet homme : « dont Tattitude est celle du commande- « ment, dont la tête regarde le ciel et présente une a face auguste sur laquelle est imprimé le carac- (t tère de sa dignité...^, dont le port majestueux, la « démai cho ferme et hardie auuuuceiit la noblesse et « le rang^ »
Souvent le travail d'une phrase occupait une matinée entière; vingt fois elle était remaniée : « Je « m'imposais pour règle de m'arréter à lexpression a la plus noble, » a-t-U dit.
* Hitt&i9^ naturOle de thomme*
î. INTRODUCTION.
11 ne quiltail le travail qu'à l'heure du dîner, restait longtemps à table, et s'abandonnait alors à toutes les gaietés qui lui passaient par la tête : « Peu m'im- & porte, ji> disaii-il, u que mes paroles soi^t soignées c< ou non. » Sa conversation, empreinte de bonhomie, niait simple, négligée même ; des loculioûs familières s'y reproduisaient à chaque instant; mais jusque dans ce laisser-aller toute interruption lui était insupportable : à bien plus lurte raison dans un enlretieii sérieux n'en tolérait-il aucune; et à la première objection qui lui était faite, il gardriit imperturbablement le silence : a Je ne puis me résoudre^ disait-il, à <c continuer de converser avec un homme qui se « croit permis, en pensant à une chose pour la prea mière fois, de contredire quelqu'un qui s'en est oc- « cupé toute sa vie. »
En revanche, tout ce qui ressemblait à un éloge trouvait en lui une extrême tolérance, et l'enlevait subitement à ses distractions; il était particulièrement louché d'un hommage de ce genre, lorsqu'il lui était adressé par les dames; quelquefois il le provoquait, se louaat lui-même judicieusement, mais avec une grande naïveté.
Si l'après-dinée était consacrée au repos, une course faite à pied, le bâton à la main, en (1« venait le plaisir le plus vif. Le but était, presque invariablement, une visite aux forges qu'il avait établies à Buffon. Quelquefois il partait plus lot et allait demander à dîner à
DE nUFFON. u
son vieil ami, le capucin Ignace, devenu, par sa protection, ilesservanl de ce village. Ignace, à son tour, venait régulièrement au moins deux fois la semaine dîner h Montbard.
Butfou prenait d'ailleurs en très-grand sérieux ses talents et son importance de maître de forges. « J'ai <c lu, monsieur, avec un grand plaisir, votre Mé- « moire sur le fer, » écrit-il à un capitaine d'artillerie, frère de Montbeillard * ; « je Tai trouvé de
a tous points dans les vrais principes Ce que
« vous dites esl conforme aux expériences que j'ai <c faites et suivies moi-même sur la composition et « décomposition du fer, matière que personne n'en- « tend, et qui cependant est de la plus grande ima portance. »
C'est dans ses forges qu'il iil exécuter les longues et dispendieuses expériences sur le refroidissement des métaux, dont il a déduit des conclusions qui étonnent par leur hardicdse.'
« 11 y a un mois, mon très-cher monsieur, » écrit-il àMontbeillard, « que je suis enterré dans mes forges, c( et j'ai besoin, pour ressusciter, de la présence de « mes meilleurs amis. Venez donc avec la chère dame « et Taiiiialjle Finfin^; venez le plus tôt que vous « pourrez. Le charmant Momliei m joindra ses in-
• MénOmrd, 15 nomahee 1167.
* Le jeune fils de MontbdlUiiil;
ui IWTRODUCTION.
«c stances aux miennes; elle vous dira des nouvelles
« de mon fils. »
Des nouvelles de mon fUs : là résidait sa plus douce pensée, et le Moucheron^ qui n'était autre qu une nièce de Moulbeillard, mariée depuis à un neveu de Daubenton, se rendit une autorité dans la famille par raffection dont elle entourait cet enfant, câlin, insoucieux, et qui, élevé près de sou père, captivait toute sa tendresse.
Qui veut aller loin doit songer à payer tribut aux puissances de ce monde. Buffon, par ses écrits, avait subjugué la plus redoutable de ces puissances. L'opinion [lubliquc lui eût, au besoin, servi d'auxiliaice auprès du pouvoir, mais il ménageait celui-ci, savait être toujours bien avec tous les ministres, se con* ciliait des amis intluents, ne manquait jamais d'aller faire sa cour à Versailles, mais la faisait avec dignité. Le rencontrant un jour à Marly, madame de Pompadour lui disait : « Vous êtes un joli garçon, monsieur « de Buifon; Ton ne vous voit jamais. »
Dans l'introduction où il dévoile la participation de Montbeillard, Buffon dit ; « J en étais au seizième « volume de mon ouvrage sur l'histoire naturelle, « lorsqu une maladie grave et longue a interrompu « pendant près de deux ans le cours de mes tra- « vaux. Celt( iilucviation de ma vie, déjà fort avana cée, en a produit une dans mes ouvrages. J amais
DB BUFFON. un
« pu donner dans les deux ans que j'ai perdus deux 41 OU trois volumes de l'histoire des oiseaux, sans re- « noncer pour cela au projet de Thisloire des minétt rau}^ dont jo m'occupe depuis plusieurs années. »
C*est en 1771, lorsqu'il avait déjà soixante-quatre ans, que BufTon eut à subir ce qu'il appelle une abréviation de sa vie. Contraint de renoncer aux méditations et de prolonger le séjour que chaque année il faisait à Paris, il essaya de mettre à exécution les vastes plans que depuis longtemps il avait conçus pour le Jardin royal. Son état de souffrance devint tel que Ton conçut plusieurs fois de vives alarmes.
De son retour à la vie, il parle ainsi à Montbeillai'd' : a J'ai beaucoup de regrets des trois semaines «( que l'inquiétude de ma maladie vous a fait perdre. « Je vous suis complaijle uuu-seulement de ce temps, «c mais des mille sentiments que cette inquiétude f( suppose, et dont je ne pourrai jamais assez vous <( ténioiguer ma tendre reconnaissance. Ma santé « commence à se fortifier. Je me tiens actuellement « debout; je dicte des lettres, je fais quelques petites
c( affaires; le sommeil revient » Un peu plus loin,
il fait diversion à ces pénibles pensées : « On prétend « ici, dit-il, que nous aurons un nouvein parlement « la semaine prochaine; j'en doute encore beaucoup,
* Paris, 2 avril 4771.