‹ Des manuscrits de BuffonChapitre 32 sur 141 · C-C^-iktf yccZ*Ù> t4AM4^dlt^ <sV ^ O^AtSy'Xtt^j i/yi · texte numérisé non relu

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EPOQUES OE LA NATIIUK

SECOIVDE ÉPOQUE

(in;pi’imd).

LOIlÿQUE LA MATIÈnE s’ÉTANT CONS LUiKE A FOIIMÉ LA HOCHE INTÉniEURE DU GLODE, AINSI QUE LES GRANDES MASSES VITRESCIULES QUI SONT A SA SURFACE.

Ou vient de voir que, dans noire hypothèse, il a dû s’écouler deux mille neuf cent trente-six ans avant que le globe terrestre ait pu prendre toute sa consistance, et que sa masse entière se soit consolidée jusqu’au centre. Comparons les elTels de cette consolidation du globe de la terre en fusion à ce que nous voyons arriver à une masse de métal ou de verre fondu, lorsqu'elle commence à se refroidir ; il se forme à la surface de ces masses des trous, des ondes, des aspérités; et au-dessous de la surfiice il se fait des vides , des cavités, des boursoullures, le.squelles peuvent nous représenter ici les premières inégalités qui se sont trouvées sur la surface de la terre et les cavités de son intérieur; nous aurons dès lors une idéi' du grand nombre de montagnes, de vallées, de cavernes et d'anfractuosités qui se sont formées dès ce premier temps dans les couches extérieures de la terre. Notre comparaison est d'autant plus exacte que les montagnes les plus élevées , que jg suppose de trois mille ou trois mille cinq cents toises de hauteur, ne sont, par rapport au diamètre de la terre, que ce

(corrections faites par IIL'FFON sur la copie.)

° Et dans l’inlérieur il se fait des vides, des boursonllures, dos cavités qui doivent nous représenter ici les premières inégalités qui

Ainsi que les cavités de son intérieur et nous donner une idée du grand nombre de

* et de cavernes qui composaient les premières couches de la

superficie du globe.

“ exacte que les montagnes les plus élevées que je suppose

de 3,000 ou 3,200 toises

MANUSCIilTS DE DUFFON

.Si

(coriE.)

li.iuleiir, CCS profoiifleiirs de la mer qui nous pai-aisseiil si considérables ne sont dans la réalité que des inégalités* * proportionnées ;i la grosseur du globe, et des effets naturellement produits par le premier refroidissement des matières en fusion, lorsque la terre a commencé à prendre de la consistance^.

A cette époque, et même longtemps après, tant que la cbaleiir excessive a duré, il s'est fait une séparation de toutes les parties volatiles, telles que l'eau, l'air, les huiles, le mercure et les autres substances que la grande chaleur enlève et qui ne peuvent exister que dans une région plus tempérée que ne l'était alors la surface de la terre. Toutes ces matières volatiles s'étendaient donc autour du globe en forme d'atmosphère à une très-gi’ande distance où la chaleur était moins grande et en même temps la matière fixe du globe, qui n'était que du verre fondu par Faction du feu, s'étant consolidée, forma les pics et les grandes montagnes, dont les sommets, les noyaux et les bases intérieures sont composés de matières vitrescibles. Ainsi, le premier établissement local des grandes cbaines de montagnes appartient à cette seconde époque qui a précédé de plusieurs milliers d'années ® la formation des mers et celle de toutes les substances ® qu'elles produisent et nourrissent. Car, tant que la surfacedu globe n'a pas été refroidie au pointde permettre à l'eau d'y séjourner sans se réduire en vapeurs, il est certain que toutes les mers étaient alors dans l'atmosphère et

(cOnnECTIONS faites par DUFFON SUD I.A COPIE.)

* par la hauteur. Ces v.allées de la mer, qui semblent être des

abîmes de profondeur, ne sont dans

* réalité que de légères inégalités proportionnées

’’ à la grosseur du globe et qui ne pouvaient manquer de se

furmer, lorsqu’il a pris sa consistance: ce sont des effets naturels et qui ont été produits par le premier refroidissement des madères en fusion lorsqu’elles se sont consolidées à la surface de la terre.

^ .... à une grande distance où la chaleur était moins forte, tandis

KI'OQUES DE LA NATURE

(iMPniMK.)

qu'un liuitièmc de lisno est par rapport au diamètre d’un globe de deux pieds. Ainsi ces chaînes de montagnes qui nous paraissent si prodigieuses, tant par le volume que par la hauteur, ces vallées de la mer, qui semblent être des abîmes de profondeur, ne sont dans la réalité que de légères inégalités proportionnées à la grosseur du globe, et qui ne pouvaient manquer de se former lorsqu’il prenait sa consistance : ce sont des effets naturels produits par une cause tout aus.si naturelle etforl simple, c’est-à-dire par l’action du refroidissement sur les matières en fusion, lorsqu’elles se consolident à la surface.

C’est alors que se sont formés les éléments par le refroidissement et pendant ses progrès. Car à cette époque, et même longtemps après, tant que la chaleur excessive a duré, il s’est fait une séparation et même une projection de toutes les parties volatiles, telles que l’eau, l’air et les autres substances que la grande chaleur chasse au dehors et qui ne peuvent exister que dans une région plus tempérée que ne l’était alors la surface de la terre. Toutes ces matières volatiles s’étendaient donc autour du globe en forme d’atmosphère à une grande distance où la chaleur était moins forte, tandis que les matières fixes, fondues et vitrifiées, s’étant consolidées, formèrent la roche intérieure du globe et le noyau des grandes montagnes, dont les sommets, les masses intérieures et les bases, sont en effet composées de matières vitrescibles. Ainsi le premier éta-

(connECTiONS faites tau beffon sun la copie.) que les matières fixes, fondues et vitrifiées, s’étant consolidées, formèrent la roche intérieure du globe et le noyau des pics et des grandes montagnes, dont les sommets, les masses intérieures et les

hases sont composés de

® de plusieurs milliers de siècles.

" la formation des montagnes et des collines calcaires qu

n’ont existé qu’après l’etablissement des mers et 1a production de toutes les substances

8fi

MANUSCRITS DE RUFEON

(copie.)

Cju’elles n’onl pu tombur p1, s'établir sur la terre que quand ' sa surface s’est trouvée assez refroidie pour ne pas rejetei l'eau par une trop forte ébullition, et ce temps de l’établissement des eaux sur la sui'face de la terre n’a précédé que de peu de milliers d’années^ le moment où l’on aurait pu toucher cette surface sans se brûler; en sorte qu’en admettant, comme nous l’avons annoncé, 74, ans à dater en arrière de ce jour pour l’époque de la formation des planètes, et 54, 270* * ans pour le temps nécessaire à son refroidissement® au point de pouvoir la toucher, il s’est peut-être passé plus de vingtcinq mille® de ces premières années avant que l’eau, toujours rejetée dans l’atmosphère, ait pu tomber et s’établir' sur la terre : car, quoiqu’il y ait une assez grande différence entre le degré auquel l’eau chaude cesse de nous offenser et celui où elle entre en ébullition, et qu’il y ait encore une distance considérable entre ce premier degré d’ébullition et celui où elle se disperse subitement en vapeurs, on peut néanmoins assurer que cette différence de temps n’est pas plus grande® que je l’admets ici.

Ainsi, pendant les premières vingt-cinq mille® années, le globe terrestre, d’abord lumineux et chaud comme le soleil, a conservé son état d’incandescence et de lumière pendant environ trois mille*® ans, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’il ait été consolidé ensuite les matières fixes de la terre*® sont devenues encore plus fixes par leur refroidissement, et ont pris leur nature et leur consistance telles que nous les reconnais-

(COIIHECTIONS FAITES PAU UUFFON StU LA COPIE.)

* qu’au moment où —

- que de quelques centaines de siècles.. ..

® . ... nécessaire au refroidissement de la terre

0 six ou sept cent mille de ces premières ....

ÉPOQUES DE LA NATUDE

(iMPniMiL)

blissemenl local dos grandes chaînes de montagnes apparlient à celte seconde époque, qui a précédé de plusieurs siècles celle de la formation des montagnes calcaires, lesquelles n’onl existé ([u'aprés rétablissement des eaux, puisque leur composition suppose la production des coquillages et des autres substances que la mer fomente et nourrit. Tant que la surface du globe n’a pas été refroidie au point de permettre à l’eau d’y séjourner sans s’exhaler en vapeurs, toutes nos mers étaient dans l’atmosphère : elles n’ont pu tomber et s’établir sur la terre ciu’au moment où sa surface s’est trouvée assez attiédie pour ne plus rejeter l’eau par une trop forte ébullition; et ce temps de l’établissement des eaux sur la surface du globe n’a précédé que de peu de siècles le moment où l’on aurait pu toucher cette surface sans se brûler ; de sorte qu’en comptant soixante-quinze mille ans depuis la formation de la terre, et la moitié de ce temps pour son refroidissement au point de pouvoir la toucher, il s’est peut-être passé vingt-cinq mille des premières années avant que l’eau, toujours rejetée dans l’atmosphère , ait pu s’éUddir à demeure sur la surfiice du globe; car, quoiqu’il y ait une assez grande différence entre le degré auquel l’eau chaude cesse de nous offenser et celui où elle entre en ébullition, -et qu’il y ait encore une distance considérable entre ce premier degré d’ébullition et celui où elle se disperse subitement en vapeurs, on peut néanmoins assurer que cette différence de temps' ne peut pas être plus grande que je l’admets ici.

(conRECTIONS FAITES RAR UIFFON SUR LA COI'IE.)

et s’établir à demeure sur la surfaee du globe.

ne peut pas être plus grande que...

dans les premières sept cent mille années....

environ cent dix-sepl mille ans

entièrement consolidé ....

du globe

MANUSCItlTS DE BUEFON (copie.)

sons aiijourd hui dans les pics et sur les sommets de toutes les hautes montagnes ‘ dont l’origine date de celte époque, et qui- ne sont en effet composées dans leur intérieur ® que de matières vitrescibles, telles que le granit, le roc vif, la pierre cornée, etc.

C’est dans ce long espace de temps de vingt-cinq ou vingtsix mille ans'» que se sont aussi formées par la sublimation toutes le.s grandes veines et les gros filons des mines où se trouvent les métaux; ces substances métalliques ont été séparées de la matière vitrée ^ par la chaleur longue et constante qui les a sublimées, et poussées de l’intérieur du globe dans toutes les montagnes®, où le resserrement des matiéi’es, causé par le refroidissement’, laissait des fentes et des cavités qui ont été remplies® par ces substances métalliques que nous y trouvons aujourd’hui, car il faut, à l’égard de 1 origine des mines, faire la même distinction que nous avons indiquée pour l’origine des matières vitrescibles et des matières calcaires, dont les premières ont été produites par l’action du feu, et les autres par l'intermède de l'eau. 11 en" est de même des mines métalliques ; les principaux filons, ou, si l’on veut, les mines primordiales, ont été produites, comme je viens de le dire, par la fusion et parla sublimation, c’est-à-dire par l’action du feu, et les autres mines, qu’on peut appeler secondaires, ne se sont formées qu’aux dépens des premières et ont été produites ® par le moyen de l’eau. Ces filons prin-

(connECTiONS faites pau buffon sun la copie.)

* aujourd’hui dans la roctie du globe et dans le noyau de

toutes

® car elles ne sont

^ dans leur intérieur et jusqu'à leur sommet

de sept cent mille ans

® de la masse vitrescible du globe

® de l’intérieur de la masse dans toutes les aspérités et les

pointes avancées de la superficie où le resserrement

ÉPOQUES DE LA NATURE

(iMPniMiS.)

Ainsi dans res premières vingt-cinq mille années, le globe (crrestre, d'abord lumineux et chaud comme le soleil, n’a perdu que peu à peu sa lumière et sou feu ; son état d incandescence a duré pendant deux mille iieuf cent trente-six ans, puisqu’il a fallu ce temps pour qu’il ait été consolidé jusqu’au centre; ensuite les matières lixcs dont il est composé sont devenues encore plus fixes en se resserrant de plus en plus par le refroidissement; elles out pris peu à peu leur nature et leur consistance telle que nous la reconnaissons aujourd’hui dans la roche du globe et dans les hautes montagnes, qui ne sont en effet composées, dans leur intérieur et jusqu’à leur sommet, que de matières de la même nature : ainsi leur origine date de cette même époque.

C'est aussi dans les premiers trente-sept mille ans qtie se sont formées par la sublimation toutes les grandes veines et les gros filons de mines où sé trouvent les métaux; les substances métalliques ont été séparées des autres matières vitrescibles par la chaleur longue et constante qui les a sublimées et poussées de l'intérieur de la masse du globe dans toutes tes éminences de sa surface, où le resserrement des matières, causé par un plus prompt refroidissement, laissait des fentes et des cavités, qui ont été incrustées et quelquefois remplies par ces substances métalliques que nous y trouvons aujourd’hui; car il faut, à l’égard de l’origine des mine*, faire la même distinction que nous avons indiquée pour l’origine des matières vitrescibles et des matières calcaires , dont les premières ont été produites par l’action du feu, et les autres par l’intermède de l’eau. Dans les mines métalliques, les principaux filons ou, si l’on veut, les masses primordiales , ont été

(COIIIIECTIONS FAITES PAR ni'FFON SUR LA CORIE.)

' par un plus prompt refroidissement

**.... incrustées et quelquefois remplies

® produites très-postérieurement

(copie.)

cipaux, qu'on peut regarder comme les troncs des arbres métalliques, ayant tous été produits, soit par la fusion dans le temps du feu primitif, soit par la sublimation dans les temps subséquents* * , ils se sont trouvés et se trouvent encore aujourd’hui dans les fentes perpend'culaires des plus hautes montagnes-; tandis que l’on trouve, au contraire, au pied de ces mêmes montagnes des petits liions que l’on prendrait d’abord pour les rameaux de ces arbres métalliques, mais qui ne leur tiennent néanmoins ni par la continuité ni môme par l’origine, car ces mines secondaires se sont formées par l’intermède de l’eau qui, par la succession des terap.s, a détaché des particules des ancfens filons et les a déposées sous différentes

formes ^ à des distances assez considérables et toujours au-

dessous du lieu de leur première origine'*.

La formation® de ces mines parasites est, comme on le voit, bien postérieure® à celle des mines primitives; elle doit se rapporter, comme la formation des pierres calcaires, à une époque subséquenle, c'est-à-dire au temps où la température de la terre a permis aux eaux de se rassembler dans les profondeurs de sa surface pour y former les mers, et ensuite au temps où les vapeurs ont commencé à se condenser contre les montagnes pour y produii’e les sources des ruisseaux et des fleuves, ^ais avant ces temps il s’est passé’ de grands effets préliminaires dont nous devons rendre compte®.

(C0RHECT10.>'S FAITES l’AR UUFFO.") SUR LA COFIE.)

* clans les temps subséquents delà grande chaleur....

- des hautes montagnes

^ par l’action successive de l’eau, qui, dans des temps bien

postérieurs aux premiers, a détaché des anciens filons les particules

métalliques qu’elle a charriées et déposées sous différentes formes

■* première formation

® La production

® ..... moins ancienne que

ÉPOQUES DE LA NATURE

(iMPniMÉ.)

produilos par la fusion et par la sul)limation, c’est-îi-rtire par l’aclion du feu; ot les autres mines, qu’on doit regarder comme des fdons secondaires et parasites, n’ont été produites que postérieurement par le moyen de l’eau. Ces filons principaux, qui semblent présenter les troncs des arbres métalliques, ayant tous été formés, soit par la fusion dans le temps du feu primitif, soit par la sublimation dans les temps subséquents, ils se sont trouvés et se trouvent encore aujourd’hui dans les fentes perpendiculaires des hautes montagnes, tandis que c’est au pied de ces mêmes montagnes que gisent les petits filons, que l’on prendrait d’abord pour les rameaux de ces arbres métalliques, mais dont l’origine est néanmoins bien différente; car ces mines secondaires n’ont pas été formées par le feu, elles ont été produites par l’action successive de l’eau, qui, dans des temps postérieurs aux premiers, a détaché de ces anciens filons des particules minérales qu'elle a charriées et déposées sous différentes formes, et toujours au-dessous des filons primitifs.

Ainsi la production de ces mines secondaires étant bien plus récente que celle des mines primordiales, et supposant le concours et l’intermède de l’eau, leur formation doit, comme celle des matières calcaires, se rapporter à des époques subséquentes, c’est-à-dire au temps où la chaleur brûlante s’étant attiédie, la température de la surface de la terre a permis aux eaux de s’établir , et ensuite aux temps où ces mêmes eaux ayant laissé nos continents à découvert, les vapeurs ont commencé à se condenser contre les montagnes pour y produire des sources d’eau courante. Mais, avant ce second et ce troisième temps, il .y a eu d’autres grands effets que nous devons indiquer.

(cOnilECTlONS FAITES PAR DUFFON SÜII LA COPIE.)

il s’est encore passé

préliminaires que nous devons indiquer.

Arrivé à celte page-ci tlu manuscrit, je vois en marge, et de la main de Buffon, comme le sont d’ailleurs toutes les corrections (le texte seul est de la main du secrétaire), ces mots : cage ^22, 3® époque.

En effet, tout ce qui suit, jusqu’à un certain point que je marquerai, appartient à la troisième époque. C’est de celle partie détachée de la seconde époque^ que Buffon a fait la troisième.

Buffon se réglait par les phénomènes : après la fusion., la consolidation ; après la consolidation, la chute des eaux. Or, avec l’alinéa qui suit, commence, dans notre copie, le phénomène de la chute des eaux.

En y pensant davantage, Buffon s’aperçut que c’était arriver trop tôt à ce second phénomène, que le tableau de la consolidation du globe n’était pas complet, que ce temps singulier, ce moment qui a été unique dans l’histoire du globe, où ce globe ne se composait que des produits du feu, que des produits içpiés, que des substances vitrescibles, n’était ni suffisamment décrit, ni assez fortement caractérisé.

Il s’arrêta donc, et s’attachant avec énergie à l’étude de ce globe primitif, si différent de tout ce que le globe a été par la suite, il fit de cette étude le sujet unique de sa seconde époque tout entière.

Et, cette grande intercalation opérée, il fit, de tout ce (jui, dans la copie qui nous occupe, suit les parties de celte meme copie que j’ai déjà transcrites, sa

ÉPOQUES DE LA NATURE 93

troisième époque — lorsque les eaux ont couvert nos

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