MOSCOU
Maternité des Enfants-Trouvés.
L’hospice des Enfants-Trouvés, situé sur les bords de la Moskowa, de l’autre côté du Kremlin, qui le domine de ses minarets, de ses clochers et de ses tourelles, le plus splendide et le plus vaste établissement hospitalier qui existe au monde, renferme en même temps une Maternité.
Belskoy, son fondateur, ordonna d’v recevoir à toute heure du jour et de la nuit les femmes enceintes qui s’v présenteraient sans leur adresser aucune question sur leur nom et leur état civil. Elles pouvaient y arriver huit jours avant raccouchement, et y séjourner quinze jours après ; en cas de maladie, la durée du séjour étail prolongée. Depuis la fondation, en 1764, jusqu’en 1800, il y eut 7,592 accouchements.
Sous la direction de l’impératrice Marie, qui a laissé en Russie tant de traces de sa bienfaisance, on fonda, en 1800, l’Institut des Sages-Femmes, et il y eut à l’hôpital deux sections d’accouchement : la section commune, dans laquelle un grand nombre de femmes sont placées dans les mêmes salles, et la section secrète, où les personnes qui, par leur position sociale ou leur degré d’éducation, tiennent à cacher leur faute, sont placées dans des chambres isolées.
La Maternité reçoit aussi des femmes enceintes atteintes d’affections syphilitiques, de maladies contagieuses, d’aliénation mentale : celles sortant des prisons ou des maisons de correction ; mais ces malades ne sont reçues qu’au moment de leur accouchement, et les précautions les plus rigoureuses sont prises pour assurer leur isolement.
Dès l’origine, les enfants nés à la Maternité appartenaient à la maison des Enfants-Trouvés ; mais ce règlement en tenait éloignées
les femmes mariées el quelques-unes même qui ne l'étaient pas. L’impératrice Marie décréta que les enfants pourraient être laissés à leur mère lorsque celle-ci en manifesterait le désir devant le médecin ou les prêtres attachés à la maison. Plus tard même il fut permis aux mères qui désiraient allaiter leur enfant d’entrer momentanément avec eux dans la section des Enlants-Trouvés, où, bien que nourrissant leur propre enfant, elles recevaient le salaire accordé aux nourrices.
Le nombre des accouchements allant en progressant, on dut augmenter le local, et le conseil de tutelle vint en aide en allouant à cet effet une somme d’argent provenant des revenus généraux de la maison.
L’emplacement actuel n’est occupé que depuis 1858. C’est un très-long batiment, complètement séparé de l’édifice principal, et se composant essentiellement d’un corridor régnant, dans toute sa longueur, et sur lequel viennent s’ouvrir toutes les chambres.
Le plafond et la partie supérieure de chaque salle sont blanchis à la chaux, la partie inférieure des murs, à une hauteur de 1 mètre et demi environ, est peinte à l’huile, afin de pouvoir être nettoyée facilement; le plancher est également peint à l’huile.
Une table se trouve entre chaque lit, lesquels sont à plus de I mètre de distance les uns des autres.
Le chauffage est fait par des poêles placés dans les salles el dans les corridors. Chaque salle a, de plus, pour la ventilation, une cheminée à foyer ouvert.
Lorsqu’une femme se présente pour accoucher, elle est reçue par la sage-femme de garde. Si plus de huit jours doivent se passer avant l’accouchement, on ne la reçoit pas, à moins qu’elle ne vienne de loin, auquel cas elle est reçue.
Chaque femme à son entrée, sauf contre-indication, prend un bain. On lui donne du linge, et, suivant la saison, une robe de chambre d’été ou d’hiver. Ses vêtements particuliers sont mis en réserve, et ne lui sont remis qu’à sa sortie.
Après l’accouchement qui se fait clans la chambre de travail en présence de deux à quatre élèves sages-femmes, l’accouchée est transportée dans les salles de la Maternité ou de l’infirmerie suivant son état de santé. Le médecin de garde est appelé si les couches ne sont pas régulières.
On inscrit, sur un registre spécial et avec un numéro d’ordre, l’état de l’enfant, le moment de sa naissance, la marche de l’accouchement, le tout signé par la sage-femme; s’il y a une intervention obstétricale, le médecin indique l’opération pratiquée.
Aussitôt après sa naissance, l’enfant est mis dans un bain; les baignoires servant à cet usage sont placées au milieu de la chambre de travail. Si la mère ne veut pas le conserver, on l’emporte dans la section des nourrices, et la mère reçoit une contre-marque portant le numéro de l’inscription, la date de la naissance et de l’entrée de son enfant à l’hospice des Enfants-Trouvés.
Le linge des accouchées est changé tous les jours, plus souvent même s’il en est besoin.
Quand une nouvelle accouchée tombe sérieusement malade, on la transporte dans une chambre où elle reste seule. En cas de mort, on procède avec soin à l’épuration de la chambre, dont les fenêtres restent ouvertes pendant un temps assez long; on fait des fumigations de menthe et de vinaigre, on suspend dans la chambre des linges imbibés d’une solution de chlorure de zinc ; on brûle la paille des matelas.
Les personnes qui ont procédé à V autopsie ne peuvent retourner le même jour dans les salles des femmes en couches.
- L’été, les malades sont transportées dans un local spécial. Pendant la belle saison, on ventile et on nettoie les salles qui ont servi V hiver. Les murs et les plafonds sont grattés et blanchis à neuf, le parquet et la partie des murs peints à l’huile sont lavés ; tout l’été les croisées restent ouvertes, et avant de remettre l’hôpital en activité l’hiver suivant, on lave les lits et on renouvelle toutes les literies.
Grâce à ces mesures préservatrices, l’hôpital a eu à souffrir moins souvent le retour des épidémies de fièvre puerpérale. La plus forte fut celle de 1858; la maladie avait surtout le caractère inflammatoire, dit le rapport aucpiel nous empruntons la plupart de ces détails, sur 2,541 accouchées, 158 moururent tant de fièvre puerpérale que d’autres maladies, ce qui fait une mortalité de 5,4 pour 100, chiffre le plus élevé pendant une période de trente et une années. On provoqua des réunions médicales, afin de chercher les moyens de remédier à la mortalité et les mesures anticonlagionistes prises furent suivies de succès.
Section des femmes légitimes. — Elle existe depuis 1805. D’après l’ordonnance de l’impératrice Marie, les femmes enceintes soignent les femmes accouchées, et sont à leur tour soignées par les nouvelles arrivées. La femme légitime accouchéee dans cette section peut, en cas de pauvreté constatée, faire soigner son enfant pendant un an dans la section des nourrices. En cas de mort ou de maladie de la mère, la maison donne également une nourrice à l’enfant.
Section des accouchements secrets. — A Moscou comme à Pétcrsbourg, comme à Vienne, comme à Prague, etc., une femme peut accoucher sans être obligée de déclarer son nom. Mais la Russie, beaucoup plus libérale sur ce point que beaucoup d’Etats de l’Europe, permet l’entrée gratuite de la Maternité même aux femmes voulant accoucher secrètement. La femme arrive voilée ou masquée, reçoit une chambre particulière, garde si elle le veut son voile ou son masque, et personne autre que la sage-femme ne peut pénétrer dans sa chambre, et une anecdote que nous rapportait l’habile directeur de la section d’accouchement, nous montre que l’empereur Nicolas qui visitait très-souvent les hôpitaux respecta toujours lui-même cette consigne si libérale et surtout si réellement humaine.
De 1852 à 1865, 52,059 femmes sont accouchées dans les diverses sections de la Maternité, 1,011 eurent des jumeaux et 15 5 enfants. 4,116 enfants étaient mort-nés; 49,696 enfants furent
envoyés à la section des Enfants-Trouvés, dont 25,668 garçons et 24,028 fdles. Sur 59,059 accouchées, 1,452 femmes moururent.
Depuis la fondation jusqu’à 1865, 78,562 femmes ont fait leurs couches à la Maternité de Moscou.
Élèves. — Les élèves de la couronne ne sont reçues qu’à l’âge de 18 ans, et jusqu’à 25 ans. La durée des éludes est de trois années. Outre la théorie et la pratique de l’accouchement, on leur enseigne la vaccination.
A la fin de leurs études, elles subissent un examen devant un jury médical, après quoi elles sont envoyées remplir en province les places vacantes de sages-femmes. S’il n’y en a pas à ce moment, les élèves reçues restent à la Maternité en qualité d’aides-sagesfemmes. Après leur examen, chaque élève reçoit 500 francs, quelques livres, et des boîtes d’instruments nécessaires à leur art. L’attestation, délivrée à la sortie de la Maternité, se convertit en diplôme donné par l’Université de Moscou.
Outre les élèves de la couronne, l’institution reçoit quelques élèves, filles ou femmes de paysan, moyennant une rétribution annuelle de 200 francs. Les conditions requises sont : d’avoir de 20 à 50 ans, une bonne santé et une intelligence suffisante.
Les paysannes qui, au bout de trois mois sont reconnues incapables, sont renvoyées de la maison. Après un apprentissage exclusivement pratique de deux à trois ans, elles sortent de l’institution.
La maison reçoit, en outre, des élèves externes; celles qui font preuves de bonnes dispositions sont admises comme surveillantes dans la section des nourrices et à la Maternité. Après trois ans de fréquentation des cours, elles passent leur examen, et en cas de bon résultat, reçoivent de l’Université de Moscou un diplôme qui leur permet d’exercer dans toute l’étendue de l’empire.
ANGLETERRE
LONDRES
Londres. — 11 existe à Londres plusieurs Maternités, désignées sous le nom de Lying-in Hospital, et disséminées dans divers quartiers de la ville. Les quatre principales sont : British lying-in, située au centre du quartier populeux de Long-Acre et d eHolborn; Queen Charlotte ’s lying-in, dans la paroisse de Marylebone; City of London lying-in, dans City-Road; cl the General lying-in, dans York-Road- Lambeth. Toutes sont des institutions privées, fondées et entretenues par des souscriptions volontaires ; toutes sont de petits établissements, renfermant de 40 à 50 lits seulement; toutes ne sont ouvertes qu’aux femmes mariées munies de lettres de recommandation. Quelques-unes cependant, comme General lying-in, ne repoussent pas les lilles-mères d’une bonne conduite habituelle; mais l'exclusion existe lorsqu’il y a récidive1.
Je n’ai rien de particulier à noter quant à la disposition intérieure de ces établissements. Tous ressemblent plus ou moins, à l’intérieur,
* Pour donner à celte exclusion regretlable des lilles-mères sa juste valeur, il faut tenir compte de ce fait, incontestable pour qui connait l'état social à Londres et à Paris, que les naissances illégitimes sont beaucoup moins nombreuses à Londres qu'à Paris. Pour 1858, le nombre des naissances illégitimes a été pour le département de la Seine de 26,7 pour 100 du nombre total des naissances : plus d'un quart! Cette proportion n'a été à Londres que de 4,2 pour 100. Même en tenant compte de ce fait, qu'il suffit en Angleterre, pour faire inscrire l'enfant comme légitime, que la mère déclare sous serment qu’elle est légitimement mariée au père de l’enfant (ce qui doit amener un certain nombre de fausses déclarations), on peut affirmer que la différence, même en tenant compte des erreurs, est encore considérable. En effet, la loi anglaise autorise la recherche de la paterndé; le père, déclaré tel par l'accouchée, est tenu (s’il ne fait pas opposition, suivie alors d’une enquête) à faire à l’enfant une pension payée à la mère, et dans la généralité des naissances illégitimes la femme ne manque pas de se mettre, elle et son enfant, à l'abri de l'abandon.
à une maison particulière, bien que quelques-unes (General lying-in, British lying-in ) aient clans leurs façades, fort restreintes comme étendue, certaines prétendons architecturales. Qaeen-Charlotte est construit sur le type des hôpitaux à corridor central. Les chambres sont situées du côté delà façade, et s’ouvrent sur un corridor commun. Du côté de la façade postérieure se trouve, au centre, l’escalier, et sur les côtés une série de chambres qui toutes s’ouvrent également sur le corridor. Aucun de ces établissements ne possède de jardin, sauf celui qui précède souvent les habitations particulières en Angleterre. La Maternité d e Queen-Cliarlotte, la plus importante comme étendue, était en réparation et évacuée lors de ma dernière visite.
Le workhouse représente la charité publique; les établissements que je viens de citer représentent la charité privée, et je ne puis mieux faire, pour donner une idée de la manière dont elle s’exerce envers les femmes enceintes et de la manière dont fonctionnent les établissements privés charitables, que de donner un aperçu des règlements de l’une de ces institutions. British lying-in me servira d’exemple.
British lying-in Hospital.
Cet établissement, le premier établi à Londres pour la réception des femmes en couche, fut ouvert, le 17 novembre 1749, sous le nom de Tlie lying-in Hospital forMarried Women, et sous la présidence du duc de Portland. Ce nom fut changé, en avril 1756, contre celui que porte aujourd’hui cette Maternité.
Le but de l’institution était de venir en aide aux femmes enceintes, mariées ou veuves, réduites à l’indigence après avoir eu de la fortune ou de l’aisance ; aux femmes de pauvres marchands, artisans, soldats, matelots ou ouvriers. L’expérience cependant montra que l’institution rendrait de plus grands services en portant ses secours, quand cela était possible, au domicile même des femmes sur le point d’accoucher. On annexa, le 22 juin 1827, à la Maternité, un service d’assistance spéciale à domicile.
Pendant leur séjour à la Maternité, les accouchées et leurs enfants reçoivent gratuitement tous les aliments, les médicaments, et tous les soins que nécessitent leur état. L’établissement procure, déplus, des nourrices aux familles qui en demandent, et il admet des élèves en médecine, des élèves sages-femmes, à s’exercer à la pratique de l’obstétrique. Ces élèves, après avoir suivi les leçons que viennent faire des médecins professeurs, en reçoivent les certificats nécessaires pour obtenir la licence en accouchement.
Soutenu uniquement par des legs et des souscriptions volontaires, British lying-in est aujourd’hui dans un état de fortune peu prospère, depuis que l’étal défectueux de l’ancien hôpital, condamné en 1849 par les autorités de la paroisse, a forcé de le démolir, pour le remplacer par la nouvelle construction. Pour couvrir ces dépenses, les gouverneurs durent aliéner la plus grande partie du capital sur le revenu duquel l’hôpital était entretenu, et le faible capital, qui subsiste encore en caisse, diminue tous les ans, par suite des emprunts que force à lui faire l’insuffisance des souscriptions. Cet état précaire est l’état normal de presque tous les établissements charitables de Londres; car, quelque merveilleuse que soit la charité anglaise, elle sera toujours au-dessous de l’importance des misères qu’il s’agit de soulager. Aussi n’est-il pas étonnant de voir quelques-uns de ces établissements fournir, en tête de leurs comptes rendus annuels, des modèles de testament à faire en leur faveur. Je copie textuellement le suivant :
Item, I give and bequealh to my Executors the sum of, upon trust, to pay the same to the Treasurer, for the time being, of the British lying -m Hospital for Married Women, in Brownlow-Street, Long-Acre, London; which said sum of I desire may be applied in aid of the charitable purposes of the said Hospital.
Organisation de l’hôpital. — Personnel. Un président à vie.
Des vice-présidents et un trésorier, choisis annuellement à l’assemblée générale semestrielle de mai.
Un médecin consultant, deux médecins-accoucheurs, un chirur-
gien, un secrétaire, une matron , élus par les gouverneurs à l’assemblée générale semestrielle ou dans une réunion spéciale.
Une gouvernante ( matron ) adjoint, un messager ou portier, des infirmiers et des domestiques subalternes. Ces dernières sont sous la direction du comité hebdomadaire, et peuvent être engagées ou renvoyées suivant qu’il le juge convenable.
Droits et privilèges clés souscripteurs. Une souscription annuelle de 2 guinées au moins (52 francs) donne au souscripteur le titre de gouverneur annuel .
Un don de 50 guinées, ou un don de 20 guinées, en un seul payement, donne au bienfaiteur le titre de gouverneur à vie.
Un don de 50 guinées donne le droit de recommander trois accouchées pour la Maternité ( in-patients ) et quatre pour le service à domicile (out-j)atients) .
Un don de 50 guinées, deux in-patients et trois out-patients.
Une souscription annuelle de 5 guinées, trois in-patients et deux out-patients.
Une souscription annuelle de 5 guinées, deux in-patients et trois out-patients.
Un don de 20 guinées ou une souscription annuelle de 2 guinées, un in-patients et trois out-patients.
Un don de 10 guinées ou une souscription annuelle d’une guinée, trois out~2)atients. Et ainsi de suite, suivant l’importance des souscriptions.
Chaque gouverneur peut assister aux assemblées générales, discuter toutes les questions qui ont rapport à l’administration de la Maternité, se prononcer par son vote, à moins que son intérêt privé ne soit engagé dans la question.
Chaque gouverneur peut assister aux séances hebdomadaires du comité, y donner son avis, même s’il n’en est pas membre ; mais le président et le vice-président de l’institution ont seuls, dans ce cas, droit au vote.
Tout gouverneur peut voter, lorsqu’il y a lieu de pourvoir à la va-
eance d’un fonctionnaire de la Maternité, pourvu qu’il ait acquitté sa souscription avant la déclaration de la vacance. Le vote peut avoir lieu par correspondance.
Les personnes ayant rendu des services à 1 institution peuvent être nommées gouverneurs honoraires par l’assemblée générale semestrielle.
V assemblée générale semestrielle a lieu à l’hôpital le premier jeudi de mai et de novembre, à une heure. Le trésorier y dépose son compte rendu, et l’on y élit les quinze gouverneurs qui forment pendant les six mois suivants le comité hebdomadaire.
Des assemblées générales extraordinaires peuvent être convoquées par l’assemblée semestrielle, le comité hebdomadaire, le trésorier, ou sur une demande signée de cinq gouverneurs.
Le comité hebdomadaire se réunit à l’hôpital tous les jeudis, à une heure.
Il autorise l'admission et la sortie des malades, choisit les infirmiers et les servantes subalternes, ainsi que les sages-femmes chargées du service à domicile, dirige les affaires ordinaires de la maison, examine et fait payer les notes des fournisseurs, et vérifie les comptes du trésorier.
Il peut, dans les cas d’urgence, admettre aux secours de la Maternité les femmes pauvres n’ayant pu se procurer de lettres de recommandation. Lorsque le président a ouvert la séance, les malades de l’intérieur ( in-patienls ) qui doivent quitter la maison sont introduites avec leurs enfants. Le président leur demande si elles ont quelque sujet de plainte contre les fonctionnaires médicaux ou administratifs, les infirmières, les domestiques, ou sur la quantité et la qualité des aliments.
Vient ensuite le tour des malades accouchées par le service à domicile, et les mêmes questions leur sont adressées pour ce qui concerne le service des sages-femmes. Si les unes ou les autres n’ont aucune plainte à adresser, une lettre leur est remise, à l’adresse du gouverneur ou souscripteur qui leur a donné leur billet de recoin-
mandation. Elles doivent lui remettre cette lettre, en lui adressant en même temps leurs remercîments. Elles reçoivent de plus un billet qu’elles doivent donner au ministre la première fois qu’elles vont au temple pour remercier Dieu de leur heureuse délivrance. Puis la rriatron est introduite devant le conseil, qui l’interroge sur les sujets de plainte qu’auraient pu lui donner les infirmières ou les domestiques, sur la quantité des vivres fournis à la maison, et sur les besoins de l’établissement.
Le conseil reçoit ensuile du secrétaire les lettres de recommandation apportées par les malades demandant leur admission; il vérifie si chaque souscripteur signataire est dans les conditions exigées par les règlements ; s’il a dépassé le chiffre de recommandations auquel lui donne droit la valeur de sa souscription. Si la femme recommandée ne se trouve pas dans la situation réglementaire, elle reçoit du secrétaire une lettre destinée à donner an souscripteur les motifs du refus d’admission.
Les femmes dont l’admissibilité, comme in-patients , a été prononcée parle conseil, sont alors introduites; le président les avertit qu’elles doivent se conduire avec toute la convenance possible pendant leur séjour dans la maison, se soumettre aux règlements et prescriptions; il les prévient qu’aucun visiteur n’est admis dans les salles ; que les malades ne peuvent introduire dans l’établissement ou y recevoir de leurs parents ou amis aucun aliment, aucune boisson, l’hôpital donnant gratuitement tout ce qui est nécessaire ; que celles qui seront valides et bien portantes pourront être employées par la matron à de légers travaux intérieurs, et enfin, que lorsqu’elles viendront à l’hôpital pour y accoucher, elles devront être dans un grand élat de propreté tant de leur corps que dans leurs vêtements, et apporter de quoi vêtir leur enfant lorsqu’elles quitteront la maison après leur accouchement.
Cela fait, les lettres de recommandation sont remises aux médecins, qui écrivent au dos l’époque présumée de l’accouchement, puis les malades attestent, par un certificat, leur mariage et le domicile
paroissial de leur mari, après quoi elles reçoivent du secrétaire le billet qui les fera admettre à l’hôpital quand l’heure de l’accouchement sera venue.
Les femmes ne réclamant que l’admission aux secours à domicile ont ensuite leur tour et sont soumises à des formalités analogues.
Le trésorier , assisté du secrétaire, reçoit les souscriptions, dons, legs, donations et il ordonnance les payements nécessités par tontes les dépenses de l’institution.
Le secrétaire est chargé de tenir les livres de dépenses, de réunir tontes les notes, factures, billets de réception, certificats de mariage, de décès, etc.; son rôle est à la fois celui de nos économes et de nos employés aux écritures.
Les médecins et le chirurgien ne peuvent être élus que par l’assemblée generale semestrielle ou par une assemblée spéciale. Les médecins doivent être membre du Collège royal des médecins ; le chirurgien membre du Collège royal des chirurgiens (mais ne pas tenir officine de pharmacien), et ils ne peuvent, lors de leur nomination, appartenir déjà en la même qualité à un autre établissement charitable exclusivement destiné aux femmes en couches.
Un des médecins ordinaires ouïe chirurgien doit être présent à chaque assemblée hebdomadaire pour examiner les femmes en couches recommandées, et attester l’époque présumée de leur grossesse.
Les médecins ordinaires et le chirurgien doivent, à tour de rôle, dans les cas difficiles, accoucher les malades de l’intérieur ; le plus jeune d’entre eux est désigné pour remplir le même rôle auprès des femmes du service à domicile, et dans les cas de danger imminent, il peut faire appeler à son aide le médecin consultant.
Les médecins ordinaires et le chirurgien doivent faire des leçons d'obstétrique. Quand les élèves ont acquis une instruction et une expérience suffisantes, ils reçoivent les certificats nécessaires à leur qualification comme accoucheurs. Les médecins de l’établissement
sont : MM, Brokes, chirurgien consultant; les docteurs Graîîy Hewitt, G. Murray et Eastlake.
La matron1, directrice, sage-femme en chef, est nommée à l’élection comme les médecins. Elle doit être célibataire ou veuve, habile en l’art des accouchements; si elle vient à se marier, sa place est immédiatement déclarée vacante.
Elle doit demeurer constamment dans l’hôpital, accoucher et délivrer toutes les pensionnaires de l’établissement ou surveiller leur accouchement, elle ne peut donner ses soins à aucune femme de l’extérieur en qualité de cliente personnelle, sans l’autorisation du conseil hebdomadaire.
En cas d’accouchements laborieux, elle réclame l’aide d’un des médecins, et doit suivre ses prescriptions.
Elle dirige les infirmières et les servantes, et veille à ce que les élèves, les sages-femmes et les malades observent les règles de la maison.
Elle tient un registre sur lequel elle inscrit le jour de l’entrée des malades, le jour et l’heure de leur accouchement, le sexe de l’enfant, le jour de la sortie de l’hôpital et les observations intéressantes.
Elle prend soin des effets et de l’argent des femmes qui succombent à l’hôpital, prévient de leur mort leurs parents ou leurs amis, et si personne ne se charge de leur enterrement, elle les fait enterrer, en ménageant le plus possible les finances de l’hôpital.
Une assistant matron l’aide dans toutes ses fonctions.
Malades. — Aucune femme, sauf les cas d’admission d’urgence, ne participe aux bienfaits de l’institution sans une lettre de recommandation écrite et signée par un souscripteur ou gouverneur. Les lettres doivent être remises au conseil hebdomadaire au jour de sa réunion, c’est-à-dire le jeudi, à midi. Voici le modèle de ces lettres :
1 Dans quelques maternités (Queen Charlotte’s, General lying-in, etc.) la matron ne s’occupe que de la direction de la maison; une sage-femme en chef s’occupe de ce qui concerne les accouchements.