Le curé doit certifier son âge et sa moralité
Le médecin ses qualités d’esprit et du corps.
L’autorité de la ville où elle a l’intention de s’établir doit attester que les femmes de sa commune l’ont réellement choisie, et promettre qu’elle sera plus tard protégée dans l’exercice de sa profession.
4. La commune à laquelle appartient l’élève propose son admission au conseiller ( Land ratli) de son arrondissement (Kreis). Le conseiller s’adresse au gouvernement de la province au plus tard jusqu’au mois de décembre ou d’août, suivant le semestre pendant lequel a lieu le cours. Le gouvernement envoie sa décision au directeur. Une demande directe au directeur reste sans effet.
5. Comme il peut y avoir plus de demandes d’admission que de places vacantes dans l’établissement, la commune doit ajouter à chaque demande les motifs d’urgence tels que
le nombre des habitants et des naissances, l’éloignement du domicile de la sage-femme de la circonscription, les infirmités ou l’àge avancé qui peuvent rendre ses services plus difficiles à rendre, etc.
6, 7, 8. Le prix de la pension doit être envoyé à l'économe de la Maternité, avant le Ier lévrier et le 1er octobre, dates d’entrées des élèves.
11. Toutes les élèves demeurent dans l’établissement; elles ne peuvent prendre de repas en dehors de la maison, sortir ou recevoir des visites sans la permission de la sagefemme e:i chef.
12. En cas de désobéissance aux ordres du directeur et de la sage-femme, elles sont d’abord réprimandées ; s’il y a récidive, leur renvoi est proposé au gouvernement.
La distribution du temps est faite, pour les élèves, de la manière suivante :
Lever à 6 heures du matin et déjeuner ; jusqu’à 8 heures, elles étudient isolément ou s’occupent à laver et à habiller les enfants, à nettoyer les chambres; de 8 à 9 heures, cours théorique; de 9 heures à 11 heures, visite des accouchées, et, s’il y a lieu, des malades de l’hôpital; cle H à 12 heures, leçon d’écriture; de 12 heures à 2 heures, dîner et exercice en plein air; de 2 à 5 heures, visites des malades de la polyclinique, pansements à l’hôpital, etc.; de 5 heures à 5 heures 1/2, repas et café; de 5 heures 1/2 à 5 heures, répétition du cours; de 5 à 6 heures, exercices sur le mannequin ou répétition ; de 6 à 8 heures, examen des femmes enceintes par le toucher, conférence clinique sur le résultat de cet examen, visite et pansements du soir; à 8 heures, souper; de 8 heures 1/2 à 10 heures, études en particulier; à 10 heures, coucher.
16. À la fin du cours, les élèves subissent un examen public devant une commission composée de conseillers médicaux des trois gouvernements et du professeur de la Maternité. Elles sont reçues avec les notes : a Extrêmement bien, » « très-bien, » « bien. » Si clics n’ont que la note : « Médiocrement bien » ou « mauvais, » elles sont refusées.
15. Quand l’élève quitte l’établissement, elle reçoit, aux frais de la commune qui l’a envoyée et où elle retourne, les objets suivants, outre un coussin d’accouchement de Meyer : 1° Une paire de ciseaux pour le cordon ombilical ; 2° une seringue pour injections et lavements; 5° un cathéter; 4° et 5° un porte-nœud pour la version et son conducteur; 6° deux bouts de sein ; 7° deux petites assiettes d’étain, et 8° deux vases de terre pour le lait; 9° deux, pessaires ; 10° une boîte à onguents; 11° une fiole d’acide acétique; 12° une fiole de teinture de Zimmt ; 13" une fiole de gouttes d’Hoffmann ; 14° une éponge et de l’amadou ; 15° une brosse à frictions pour les enfants en état de mort apparente; 16° une bande; 17° un calendrier de la grossesse. (Ordonnance du 6 juillet 1844.) -
AUTRICHE
Il était autrefois permis aux médecins et chirurgiens d’enseigner aux femmes de la campagne l’art des accouchements pour en former des sages-femmes dans leur circonscription; mais depuis 1804, l’éducation des sages-femmes peut se faire seulement dans les établissements autorisés.
Il ÿ a aujourd’hui en Autriche 20 écoles de sages-femmes1. Les unes sont réunies aux universités, d’autres aux écoles de chirurgie, d’autres enfin sont spéciales.
Pans les universités de Prague et de Vienne, il y a pour les sagesfemmes des cours particuliers et des cliniques séparées faits par des professeurs spéciaux. A Pesth, à Padoue, à Cracovie, le professeur d’accouchement de la faculté de médecine est chargé du cours spécial fait aux sages-femmes, indépendamment de celui qu’il fait aux étudiants en médecine.
Lorsqu’au lieu d’une université complète, ayant sa facilité de médecine, il n’existe qu’une école de chirurgie, l’école des sagesfemmes y est quelquefois réunie comme à Salzbourg, Olmiitz et Klausenbourg, quelquefois séparée comme àGratz, Inspruck et Lemberg. Enfin, là où n’existe pas d’écoles pour les étudiants, il en existe pour les sages-femmes à Trient, Venise, Zara, Trêves, Laibacli, Klagenfurt, Linz, Czernowilz et Hermanstadt. Le nombre des élèves sages-femmes réunies annuellement dans toutes ces écoles est en moyenne de 1,100.
Les conditions d’admission varient avec les diverses provinces, cependant partout on exige une limite d’âge, une bonne conduite, l’instruction élémentaire : lecture, écriture. En Dalmatie, où peu savent lire, on ne demande pas la lecture. La fixation d’âge varie un peu : à Venise, le maximum est de 35 ans, il s’élève parfois ailleurs à 40 ou 50 ans.
On n’admettait jadis comme élèves que des femmes mariées ou des veuves; depuis 1848, on reçoit des femmes non mariées, mais en revanche, le minimum d’âge a été élevé à 24 ans; une femme non mariée voulant être reçue avant celte époque, doit adresser une de-, mande motivée, à l’autorité compétente; au doyen de la faculté de médecine, par exemple.
’ llandbuch der ôffentlichen Gesundheitspflege in Oesterreich, von Adolf Schauenstein. Vienne, 1863.
D’après un décret de 1828, les femmes mariées, se trouvant dans un état avancé de grossesse ne sont pas admises.
Dans toutes les provinces, on donne aux élèves pauvres des secours fixes ( stipendium ); celle qui est ainsi secourue, est tenue d’aller exercer dans la commune qui lui est venue en aide ou dans une commune désignée.
En basse Autriche, il y a 8 stipendia en faveur d’élèves pauvres qui doivent désigner l’endroit ou elles veulent s’établir. Il en est de même en Galicie, dans la province de Bukowine, toutes les élèves sont entretenues aux frais des deniers publics. Dans celte province, ainsi qu’en Galicie, les élèves s’engagent à exercer dans la campagne ou dans les villes de second ordre et non dans la capitale, «à moins qu’elles n’y soient déjà établies.
En haute Autriche, en Tyrol, en Dalmatie, en Bohême, la commune qui ne possède pas de sages-femmes, fait les frais de l’éducation d’une élève qui s’engage à y aller exercer.
L’enseignement pour les élèves sages-lemmes est gratuit. La méthode d’enseignement est réglée partout de la manière suivante :
L’enseignement théorique dure six mois; l’élève passe ensuite un examen après lequel elle est admise à pratiquer pendant deux mois dans un établissement d’accouchement, et passe enfin son examen définitif. Dans ces derniers temps on a essayé d’abréger la durée des études en combinant les enseignements théorique et clinique, cette combinaison a été inaugurée également à Vienne, en 1862, à la suite d’un décret ministériel, dont les principales dispositions sont les suivantes :
1 . L’élève ne doit pas avoir dépassé l’âge de quarante-cinq ans et n’ètre pas enceinte. Elle doit savoir lire, écrire et calculer.
2. L'enseignement théorique et pratique doit durer cinq mois, pendant lesquels le professeur fait un cours de deux heures par jour. Il y a à Vienne deux cours annuels : l’un commence le 1er octobre, l’autre le 1er mars.
3. Ces deux heures sont employées de la manière suivante : durant les deux premiers mois, enseignement théorique pendant une heure, et, pendant la seconde heure, application pratique à la clinique des idées professées au cours. Durant les trois derniers mois, les deux heures sont principalement consacrées à l’étude clinique.
4. Pendant tout le semestre, les élèves doivent suivre la clinique et assister aux visites du matin et du soir, et concourir au service suivant le degré de leurs aptitudes.
5. A la fin du semestre, elles passent un examen pratique devant le professeur.
Si elles ont mérité la première note, elles reçoivent un certificat qui leur permet de se présenter à l’examen définitif, appelé rigorosum. Si elles n’ont pas satisfait, elles doivent encore rester à la clinique un ou plusieurs mois, jusqu’à ce qu’elles obtiennent le certificat. /
Les frais d’examen pour le rigorosum doivent être acquittés d’avance : ils sont à Vienne de 35 florins 25 kreuzer (environ 88 francs) .
Si l’élève échoue au rigorosum, elle doit continuer ses études pendant un temps fixé par les examinateurs. Elle repasse un nouvel examen devant le professeur et se représente de nouveau. Si elle satisfait au rigorosum, elle reçoit le diplôme, et est admise à exercer après avoir prêté serment.
ANGLETERRE
Il n’existe pas jusqu’à présent en Angleterre cTécole spéciale d’accouchements pour les femmes, comme il en existe sur le continent européen; aucun examen public ne confère à celles qui ont étudié l’obstétrique, le droit d’exercer la profession de sage-femme.
Une femme ayant suivi pendant quelque temps la pratique d’une Maternité, obtient, après examen des médecins en rapports avec l’institution, un certificat d’aptitude; mais si ce certificat atteste sa capacité, il n’a pas la même signification légale que les diplômes accordés en France, en Belgique, en Prusse et en Autriche aux élèves sages-femmes de ces divers pays.
Cependant, il s’est formé récemment à Londres une société prenant le titre de Female Medical Society ayant pour but de vulgariser la pratique de l’obstétrique par des sages-femmes, et même pour ce qui regarde le traitement des maladies des femmes et des enfants l’exercice de la médecine par des femmes. Cette société qui compte un certain nombre d’adhérents parmi lesquels on peut citer M. John Stuart Mill, a fondé une véritable école de médecine, sous le nom de the Ladies’ Medical College , dont le siège esta Londres, 4 Fitzroy square. Cette école a inauguré seulement en novembre 1865, son second semestre d’études. Elle compte environ une vingtaine d’élèves.
Le cours d’accouchement qui comprend environ 80 leçons est fait par M. Ed. William Murphy, professeur à University College.
Le cours demédecine générale, fait par le docteur James Edmunds, secrétaire honoraire de l’institution, comprend : les principes de l’anatomie, de la physiologie, de l’hygiène et de la médecine. C’est beaucoup, commeon le voit, pour cinquante leçons; il est vrai que ce cours est destiné non-seulement aux élèves sages-femmes, mais encore aux dames du monde.
Cette institution est donc destinée en réalité à former des sagesfemmes, et le certificat qu’elles obtiendront après examen à leur sortie du collège médical des dames, n’aura d’autre valeur que celle que lui accordera la faveur ou la défaveur publiques ; mais il n’a pas, je le répète, la valeur légale de nos diplômes, sans lesquels on ne peut légalement pratiquer l’accouchement.
La création de cette école de médecine pour les femmes, a rencontré une certaine opposition parmi nos collègues d’Angleterre; l’idée me paraît excellente, tant qu’il ne s’agit que de fonder le noyau d’un établissement spécial d’instruction pour des sages-femmes , se bornant exclusivement à la pratique de l’accouchement ; l’idée, au contraire, me paraît fâcheuse, alors que les fondateurs veulent aussi confier à des femmes, qui ne pourront jamais faire les études suffisantes, le traitement des maladies des femmes et des enfants. La pudeur des malades doit être respectée; mais leur vie est encore plus respectable, et il y a dans les motifs allégués pour justifier la tentative de création de « female cloctors » une insinuation imméritée et injustifiable contre l’honorabilité professionnelle et la moralité des médecins.
FRANCE
Les femmes qui ont l’intention de se livrer à la pratique des accouchements, peuvent faire leurs études spéciales dans divers établissements. Outre l’école spéciale qui existe à la Maternité de Paris, il
est ouvert chaque année, dans les trois facultés de médecine (Paris, Strasbourg et Montpellier), des cours d’accouchement, où sont admises gratuitement toutes les femmes qui témoignent le désir d’apprendre la profession d’accoucheuse.
Indépendamment de cette source d’instruction, il est établi dans l’hospice le plus fréquenté de chaque département un cours annuel et gratuit théorique et pratique, d’accouchement, destiné particulièrement à l’instruction des sages-femmes.
Avant d’être admises comme élèves sages-femmes, les aspirantes à ce titre doivent :
1° Justifier qu’elles savent lire et écrire correctement;
2° Qu’elles sont âgées de plus de dix-huit ans;
3° Produire leur acte de naissance et celui de leur mariage si elles sont femmes, ou celui du décès de leur mari si elles sont veuves.
4° Témoigner de bonne vie et mœurs par un certificat du maire de la commune où elles résident; ledit certificat devra énoncer l’état des père et mère et celui du mari. (Arrêtés du ministère de l’intérieur, du 8 novembre 1810; et du ministre de l’instruction publique, de 1 847 .)
Les cours cliniques et théoriques d’accouchement dans les facultés, étant faits à des élèves libres, leur organisation n’offre pas de physionomie particulière, et je me bornerai à donner celle de l’École d’accouchement, établie à la Maternité de Paris.
Maternité de Paris.
Sauf quelques modifications de détail, l’École des sages-femmes, instituée à la Maternité de Paris, est encore aujourd’hui régie par les arrêtés du Ministre de l’intérieur, en date du 8 novembre 1810 ; et du Conseil des hospices des 26 juin 1811 et 17 avril 1816.
Cette école est destinée à former des sages-femmes pour toute la France ; les préfets y envoient chaque année un nombre d’élèves, proportionné aux fonds dont ils peuvent disposer. Ces élèves ne
peuvent être choisies que parmi les femmes ou filles du département ayant l’âge de 18 à 35 ans; elles doivent, pour obtenir leur nomination, 1° savoir lire et écrire; 2° produire leur acte de nais-' sance, celui de leur mariage si elles sont mariées, l’acte de décès de leur mari si elles sont veuves ; 3° présenter un certificat de bonne vie et mœurs, attesté par le maire de leur commune.
Aucune femme enceinte ne peut être envoyée comme élève à l’Ecole de la Maternité.
Les élèves de la Maternité y sont logées, nourries, chauffées, éclairées en commun ; le prix de la pension, qui est ordinairement payée par le département, est de 600 francs par an.
Le séjour à l’École est d’une année; il peut, dans quelques circonstances, être porté à deux années.
L’enseignement de la Maternité comprend la théorie et la pratique des accouchements, la vaccination, la saignée, la connaissance des plantes usuelles.