‹ Des maternités-- étude sur les maternités et les institutions charitables d'accouchement àChapitre 36 sur 93 · LONDRES · texte numérisé non relu

LONDRES

Londres. — 11 existe à Londres plusieurs Maternités, désignées sous le nom de Lying-in Hosfritalj et disséminées dans divers quartiers de la ville. Les quatre principales sont : British lying-in, située au centre du quartier i)opuleux de Long-Aci'e et deHolbom; Queen Charlotté's lying4n^ dans la paroisse de A/a^'i/te&an^; City ofLondon lying4n, dans City-Road; et the General lyingAn^ dans York-Road- Lambeth. Toutes sont des institutions privées, fondées et entretenues par des souscriptions volontaires ; toutes sont de petits établissements, renfermant de 40 à 50 lits seulement; toutes ne sont ouvertes qu'aux femmes mariées munies de lettres de recommandation. Quelques-unes ce|)endant, comme Genej'ollying'inj ne re- [>oussent pas les filles-mères d'une bonne conduite habituelle; mais Texclusion existe lorsqu'il y a récidive ^

Je n'ai rien de particulier à noter quant à la disposition intérieure de ces établissements. Tous ressemblent plus ou moins, à Tintérieur,

^1 Pour donner à celte exclusion regrettable des fllles-mëres sa juste valeur, il faut tenir compte de ce fait, incontestable pour qui connaît l'étal social à Londres et à Paris, que les naissances illégitimes sont beaucoup moins nombreuses à Londres qu'à Paris. Pour 1858, le nombre des naissances illégitimes a été pour le département de la Seine de 26,7 pour 100 du nombre total des naissances : plus d'un quart! Cette proportion n'a été à Londres que de 4,2 pour 100. Même en tenant compte de ce fait, qu'il suffit en Angleterre, pour fjire inscrire l'enfant comme légitime, que la mère décbre sous serment qu'elle est légitimement mariée au père de renfant (ce qui doit amener un certain nombre de fausses déclarations), on peut affirmer que la difTôrcnce, même en tenant compte des erreurs, est encore considérable. En effet, la loi anglaise autorise la recherche de la paternité; le père, déclaré tel par l'accouchée, est tenu (s'il ne fait pas opposition, suivie alors d'une enquête) à faire à l'enfant une ]>ension payée à la mère, et dans la généralité des naissances illégitimes la femme ne manque pas de se mettre, elle et son enfant. Il l'abri de l'abandon.

à une maison particulière, bien que quelques-unes (Gèn^a/ /t/iw^-in, Bntish Iffing-in) aient dans leui-s façades, fort restreintes comme élendue, certaines prétenlions architecturales. QueenrCharlotte est construit sur le type des hôpitaux à corridor cen'ral. Les chambres sont situées du côté de la façade, et s'ouvrent sur un corridor commun. Du côté de la façade postérieure se trouve, au centre, l'escalier, et sur les côtés une série de chambres qui toutes s'ouvrent également sur le corridor. Aucun de ces établissements ne possède de jardin, sauf celui qui précède souvent les habitations particulières en Angleterre- La Maternité de Queen-Charlotte^ la plus importante comme étendue, était en réparation et évacuée lors de ma dernière visite. Le workliouse représente la charité publique; les établissements que je viens de citer représentent la charité privée, et je ne puis mieux faire, pour donner une idée de la manière dont elle s'exerce envers les femmes enceintes et de la manière dont fonctionnent les établissements privés charitables, que de donner un aperçu des règlements de Tune de ces institutions. Bntish lying-in me sei'vira d'exemple.

Britteh Iylii|p-l0 HospiUl.

Cet établissement, le premier établi à Londres pour la réception des femmes en couche, fut ouvert, le 17 novembre 1749, sous le nom de The lying-in Hospital forManied Women, et sous la présidence du duc de Portland. Ce nom fut changé, en avril 1756, contre celui que porte aujourd'hui cette Maternité.

Le but de l'institution étaitde venir en aide aux femmes enceintes, mariées ou veuves, réduites à l'indigence après avoir eu de la fortune ou de l'aisance ; aux femmes de pauvres marchands, artisans, soldats, matelots ou ouvriers. L'expérience cependant montra que l'institution rendrait de plus grands services en portant ses secours, quand cela était possible, au domicile même des femmes sur le point d'accoucher. On annexa, le 22 juin 1827, à la Maternité, un service d'assistance spéciale à domicile.

Pendant leur séjour à la Maternilé, les accouchées et leurs enfants reçoivent gratuitement tous les aliments, les médicaments, et tous les soins que nécessitent leur état. L'établissement procure, de plus, des nourrices aux familles qui en demandent, et il admet des élèves en médecine, des élèves sages-femmes, à s'exercer à la pratique de Pobstétrique. Ces élèves, après avoir suivi les leçons que viennent faire des médecins professeurs, en reçoivent les certiGcats uécessaires pour obtenir la licence en accouchement.

Soutenu uniquement par des legs et des souscriptions volontaires^ Bntish lying-in est aujourd'hui dans un état de fortune peu prospère, depuis que Télal défectueux de l'ancien hôpital, condamné en 1849 par les autorités de la paroisse, a forcé de le démolir, pour le remplacer par la nouvelle construclion. Pour couvrir ces dépenses, les gouverneurs durent aliéner la plus grande partie du capital sur le revenu duquel l'hôpital était entretenu, et le faible capital, .qui subsiste encore en caisse, diminue tous les ans, par suite des emprunts que force à lui faire l'insuffisance des souscriptions. Cet état précaire est Tétat normal de presque tous les établissements charitables de Ix)ndres ; car, quelque merveilleuse que soit la charité anglaise, elle sera toujours au-dessous de l'importance des misères qu'il s'agit de soulager. Aussi n'est-il pas étonnant de voir quelques-uns de ces établissements fournir, en tête de leurs comptes rendus annuels, des modèles de testament à faire en leur faveur. Je copie textuellement le suivant :

Item, I give and bequeath to my Executors the sum of, upon trust, to pay the same to the Treasurer, for the time being, of the British lying-in Hospitai for Harried Women, in Browniow-Strect, Long-Acre, London ; which said simi of I désire may be applied in aid of the charitable purposes of the said Hospitai.

Organisation de l'hôpital. — Personnel. Un président à vie. Des vice-présidents et un trésorier, choisis annuellement à rassemblée générale semestrielle de mai.

Un médecin consultant, deux médecins-accoucheurs, un chirar-

gien, un secrétaire, une matroriy élus par les gouverneurs à l'assemblée générale semestrielle ou dans une réunion spéciale.

Une gouvernante (matron) adjoint, un messager ou portier, des infirmiers et des domestiques subalternes. Ces dernières sont sous la direction du comité hebdomadaire, et peuvent être engagées ou renvoyées suivant qu'il le juge convenable.

Df'oits et pinviléges des somanpteurs. Une souscription annuelle de 2 guinées au moins (52 francs) donne au souscripteur le litre de gouverneur annuel .

Un don de 50 guinées, ou un don de 20 guinées, en un seul payement, donne au bienfaiteur le titre de gouverneur à vie.

Un don de 50 guinées donne le droit de recommander trois accouchées pour la Maternité (in-patients) et quatre pour le service à domicile {out-patients) .

Un don de 30 guinées, deux in-patienis et trois oui-patients.

Une souscription annuelle de 5 guinées, trois in-patients et deux otU-patients.

Une souscription annuelle de 3 guinées, deux iii-patients et trois mU -patients.

Un don de 20 guinées ou une souscription annuelle de 2 guinées, un in-patients et trois out-patients .

Un don de 10 guinées ou une souscription annuelle d'une guinée, Ivols out-patients. Et ainsi de suite, suivant Timporlance des souscriptions.

Chaque gouverneur peut assister aux assemblées générales, discuter toutes les questions qui ont rapport à l'administration da la Maternité, se prononcer par son vote, à moins que son intérêt privé ne soit engagé dans la question.

Chaque gouverneur peut assister aux séances hebdomadaires du comité, y donner son avis, même s'il n'en est pas membre ; mais le président et le vice-président de l'institution ont seuls, dans ce cas, droit au vote.

Tout gouverneur peut voter, lorsqu'il y a lieu de pourvoir à la va-

cance d'un fonctionnaire de la Malernilé, pourvu qu'il ait acquitté sa souscription avant la déclaration de la vacance. Le vole peut avoir lieu par correspondance.

JjCS personnes ayant rendu des services à l'institution peuvent êtie nommées gouverneurs honoraires par l'assemblée générale semestrielle.

VassembUe générale semestrielle a lieu à l'hôpital le premier jeudi de mai et de novembre, à une heure. Le trésorier y dépose son compte rendu, et Ton y élit les quinze gouverneurs qui forment pendant les six hîois suivants le comité hebdomadaire.

Des assemblées générales extraordinaires peuvent êlrc convoquées par l'assemblée semestrielle, le comité hebdomadaire, le trésorier, ou sur une demande signée de cinq gouverneurs.

Le comité hebdomadaire se réunit à l'hôpital tous les jeudis, à une heure.

Il autorise l'admission et la sortie des malades, choisit les infirmiers et les servantes subalternes, ainsi que les sages-femmes chargées du service à domicile, dirige les affaires ordinaires de la maison, examine et fait payer les notes des fournisseurs, et vérifie les comptes du trésorier.

Il peut, dans les cas d'urgence, admettre aux secours de la Maternité les femmes pauvres n'ayant pu se procurer de lettres de recommandation. Lorsque le président a ouvert la séance, les malades de Vinlénenv (in-patieiits) qui doivent quitter la maison sont introduites avec leurs enfants. Le président leur demande si elles ont quelque sujet de plainte contre les fonctionnaires médicaux ou administratifs, les infirmières, les domestiques, ou sur la quantité et la qualité des aliments.

Vient ensuite le tour des malades accouchées |)ar le service à domicile, et les mêmes questions leur sont adressées \^i\y ce qui concerne le senice des sages-femmes. Si les unes ou les autres n'ont aucune plainte à adresser, une lettre leur est remise, à l'adresse du gouverneur ou souscripteur qui leur a donné leur billet de recom-

DES MATERNITÉS. i77

mandation. Elles doivent lui remettre celte lettre, en lui adressant en même temps leurs remercîmenls. Elles reçoivent de plus un billet qu'elles doivent donner au ministre la première fois qu'elles vont au temple pour remercier Dieu de leur heureuse délivrance. Puis la matron est introduite devant le conseil, qui l'interroge sur les sujets de plainte qu'auraient pu lui donner les infirmières ou les domestiques, sur la quantité des vivres fournis à la maison, et sur les besoins de l'établissement.

Le conseil reçoit ensuite du secrétaire les lettres de recommandation apportées par les malades demandant leur admission; il vérifie si chaque souscripteur signataire est dans les conditions exigées par les règlements ; s'il a dépassé le chiffre de recommandations auquel lui donne droit la valeur de sa souscription. Si la femme recommandée ne se Irouve pas dans la situation réglementaire, elle reçoit du secrétaire une lettre destinée à donner au souscripteur les motifs du refus d'admission.

Les femmes dont l'admissibilité, comme in-patierUs, a été prononcée parle conseil, sont alors introduites; le président les avertit qu'elles doivent se conduire avec toute la convenance possible pendant leur séjour dans la maison, se soumettre aux règlements et prescriptions ; il les prévient qu'aucun visiteur n'est admis dans les salles ; que les malades ne peuvent introduire dans l'établissement ou y recevoir de leurs parents ou amis aucun-ahmenl, aucune boisson, l'hl5pital donnant gratuitement tout ce qui est nécessaire; que celles qui seront valides et bien portantes pourront être employées par la matron à de légers travaux intérieurs, el enfin, que lorsqu'elles viendront à l'hôpital pour y accoucher, elles devront être dans un grand état de propreté tant de leur corps que dans leurs vêtements, et apporter de quoi vêtir lem* enfant lorsqu'elles quitteront la maison après leur accouchement.

Cela fait, les lettres de recommandation sont remises aux médecins, qui écrivent au dos l'époque présumée de l'accouchement, puis les malades attestent, par un certificat, leur mariage et le domicile

paroissial de leur mari, après quoi elles reçoivent du secrétaire le billet qui les fera admettre à Thôpilal quand l'heure de l'accouchement sera venue.

Les femmes ne réclamant que l'admission aux secours à domicile ont ensuite leur tour et sont soumises à des formalités analogues.

Le trésorier^ assisté du secrétaire, reçoit les souscriptions, dons, legs, donations et il ordonnance les payements nécessités par toutes les dépenses de l'institution.

Le secrétaire est chargé de tenir les livres de dépenses, de réunir toutes les notes, factures, billets de réception, certificats de mariage, de décès, etc.; son rôle est à la fois celui^de nos économes et de nos employés aux écritures.

Les médecins et le chirurgien ne peuvent être élus que par l'assemblée générale semestrielle ou par une assemblée spéciale. Les médecins doivent être membre du Collège royal des médecins ; le chirurgien membre du Collège royal des chirurçiens (mais ne pas tenir officine de pharmacien), et ils ne peuvent, lors de leur nomination, appartenir déjà en la même qualité à un autre établissement charitable exclusivement destiné aux femmes en couches.

Un des médecins ordinaires ou le chirurgien doit être présent à chaque assemblée hebdomadaire pour examiner les femmes en couches recommandées, et attester l'époque présumée de leur grossesse.

Les médecins ordinaires et le chirurgien doivent, à tour de rôle, dans les cas difficiles, accoucher les malades de Tinlérieur ; le plus jeune d'entre eux est désigné pour remplir le même rôle auprès des femmes du service à domicile, et dans les cas de danger imminent, il peut faire appeler à son aide le médecin consultant.

Les médecins ordinaires et le chirurgien doivent faire des leçons d'obstétrique. Quand les élèves ont acquis une instruction et une expérience suffisantes, ils reçoivent les certificats nécessaires à leur qualification comme accoucheurs. Les médecins de l'établissement

DES MATERiMTÉS. 179

sont : MM, Brokes, chirurgien consultant; les docteurs Graily Hewilt, G. Murray et Eastlake.

La matrone directrice, sage-femme en chef, est nommée à l'élection comme les médecins. Elle doit être célibataire ou veuve, habile en Fart des accouchements; si elle vient à se marier, sa place est immédiatement déclarée vacante.

Elle doit demeurer constamment dans l'hôpital, accoucher el délivrer toutes les pensionnaires de l'établissement ou surveiller leur accouchement, elle ne peut donner ses soins à aucune femme de l'extérieur en qualité de cliente pei^onnelle, sans l'autorisation du conseil hebdomadaire.

En cas d'accouchements laborieux, elle réclame l'aide d'un des médecins, et doit suivre ses prescriptions.

Elle dirige les infirmières et les servantes, et veille à ce que les élèves, les sages-femmes et les malades observent les règles de la maison .

Elle tient un registre sur lequel elle inscrit le jour de l'entrée des malades, le jour et l'heure de leur accouchement, le sexe de l'enfant, le jour de la sortie de l'hôpital et les observations intéressantes.

Elle prend soin des effets et de l'argent des femmes qui succombent à l'hôpital, prévient de leur mort leurs parents ou leurs amis, et si personne ne se charge de leur enteiTcment, elle les fait enterrer, en ménageant le plus possible les finances de l'hôpital.

Une assistant matron l'aide dans toutes ses fonctions.

Malades. — ^Aucune femme, sauf les cas d'admission d'urgence, ne participe aux bienfaits de l'institution sans une lettre de recommandation écrite el signée par un souscripteur ou gouverneur . Les lettres doivent être remises au conseil hebdomadaire au jour de sa réunion, c'est-à-dire le jeudi, à midi. Voici le modèle de ces lettres :

* Dans quel({ues maternités (Queen Charlotte's, General lying-in, etc.) la matron ne s*occupe que de la direction de la maison; une sage-femme en chef s'occupe de ce qui concerne les accouchements.

BRITISH LYL\(î-li\ HOSPITAL FOR MARRIED WOMEN

ElfDELL-STREETy LONG-ACRE, W.C. ^E.

FOUNDED IN BROWMjOW-STREET, LONG-ACRE, 1749, RE BCILT i849 ^-^Z

■BDIGAL OFFIGERS g.;;| |

Page 1