ALLEMAGNE
Deux idées ont présidé en Allemagne à l'organisation des secours spéciaux à domicile: la bienfaisance et les besoins de renseigne-
* Ces chiffres pour 1862 ne concordent pas exactement avec ceux que j'ai donnés (page 32), tous deux émanant cependant officiellement de Tadministration, et sont empruntés à ses publications officielles.
ment. Les services d'accouchements à domicile, connus sous le nom de polyclinique d'accouchement existent à Berlin, Leipzig, Steltin, Halle, Munich, Wurzburg, etc. Je prendrai pour type de description la polyclinique de Leipzig.
Le siège ou le centre de la polyclinique est placé au troisième étage d'une maison située à l'angle de Grimmaischestrasse (n** 28) et de Nicolaïstrasse (n° 54). Le local comprend un antichambre, trois salles cl une chambre à coucher. L'antichambre sert de salle d'attente et de cabinet pour les mannequins et les préparations. Une des salles sert d'amphithéâtre pour les leçons et de cabinet jwur le médecin en chef direcleur, l'autre comme demeure de l'un des assistants; l'espace qui reste est utilisé par le domestique de la polyclinique et sa famille. L'amphithéâtre renferme également la bibliothèque et l'armoire des instruments .
Le personnel comprend : l"" un directeur président; 2* un suppléant du direcleur, habitant la maison placée à côté du local de la polyclinique (Grimmaischestrasse, n"* 29); S** deux assistants, dont l'un loge au siège même de la polyclinique; ^ un domestique marié, logé également dans la maison.
5*" Des sages-femmes;
6"* IjBS familles nmnndères {Pflegeparteim)^ qui reçoivent chez elles les femmes enceintes qui viennent y faire leurs couches. Le détail de l'organisation est des plus, remarquables, car il résout pour Leipzig une des plus puissantes objections contre la possibilité d'élablir sur une large base l'assistance obstétricale à domicile» Beaucoup de femmes sans asile, ou logées d'une manière absolument insuffisante, trouvent ainsi un abri et des soins, sans courir le risque si grave du séjour dans une Maternité, et cela nous donne la raiîîon du petit nombre de lits que renferme la Maternité de Leipzig.
\Ai |)olyclinique reçoit les femmes dans les quatorze derniers jours de la grossesse. Cette durée toutefois est abrégée quand il y a sur- ;il>/indance de demandes, et la réception ne se fait plus que i)eu de lifiiipH avant raccouchement. L'administration recherche quelques
familles pauvres, dans lesquelles elle croit pouvoir mellre sa confiance, et qui, moyennant rétribution, donnent asile aux femmes enceintes. Ces familles reçoivent en échange une indemnité pour le logement et la nourriture qu'elles donnent à la pensionnaire, et en outre, 2 thalers (7 fr. 50) pour l'accouchement et les neuf jours. Si la durée de son séjour se prolonge, la femme accouchée doit pourvoir elle-même à son entrelien.
Chaque famille logeant une femme enceinte, doit en prévenir la policew
La polyclinique reçoit les femmes enceintes malades de Leipzig et des environs de la ville, qu'elles soient mariées ou non et sans acception de position sociale ou de religion. Elles sont soignées chez elles ainsi que leur enfant, et, si pour un motif quelconque elles ne veulent pas séjourner dans leur domicile, elles sont placées dans une famille nourricière. Elles servent à l'instruction des élèves et des sages-femmes, reçoivent gratis les soins, les médicaments el quelquefois même des secours pécuniaires.
Les femmes désirant être admises aux secours dé la polyclinique doivent se faire inscrire chez le directeur tous les jours ouvrables de 7 à 8 heures du soir, plusieurs semaines avant le terme de l'accouchement. Cependant les femmes mariées peuvent ne se faire inscrire qu'au moment de l'accouchement ; mais elles ne reçoivenl les secours médicaux qu'après s'être fait inscrire à la direction et avoir reçu la visite d'un des élèves pratiquants.
L'institution étant, je l'ai déjà dit, destinée à la bienfaisance, mais aussi à la propagation des connaissances spéciales en obstétrique, et étant en réalité une clinique à domicile, les secours varient suivant que l'accouchée recevra seulement les services de la science, ou suivant qu'elle deviendra en même temps une source, et disons le mot, un moyen d'instruction spéciale.
La femme a le droit de ne recevoir auprès d'elle qu'un seul élève pratiquant ; mais elle doit en prévenir d'avance el autant que possible par écrit la direction. Elle reçoit gratuitement les soins de la sage-
femme et du médecin et les médicaments pour elle et son enfant.
Si deux ou trois élèves pratiquants assistent à raccoucbement^ la femme reçoit en plus de 1 à 2 thalers; ou, au lieu d'argent, on lui donne gratuitement un logement et des soins dans une famille nourricière. Exceptionnellement des secours pécuniaires peuvent être accordés.
Les femmes malades non accouchées par la polyclinique reçoivent aussi gratuitement des soins, des médicaments ; on leur donne aussi quelquefois des secours pécuniaires.
Quoique suivant la loi du royaume de Saxe, les sages-femmes doivent donner gratuitement leurs soins aux femmes indigentes ; celles qu'emploient la polyclinique reçoivent une indemnité de 1 à 2 thalers par accouchement.
Le directeur est chargé de tout ce qui concerne la polyclinique; il choisit son remplaçant et ses assistants; il peut refuser ou accepter le concours de telle ou telle sage-femme; il a le contrôle des dépenses et des secours; il fait ou dirige les accouchements artificiels ou chirurgicaux ; il doit, chaque année, au ministre, un compte rendu de sa gestion.
Le budget de la polyclinique nous montre avec quelle faible somme une bonne organisation permet de faire beaucoup de bien. Nous trouvons, dans une intéressante publication du docteur Germaiiii, le comi)te rendu financier dePexercice 1854-1855.
¥mn (r(*fitrc'tien des femmes enceintes et accouchées, secourues
IJdr la|H)l}clinique 384 th. 1,440 fr. n
l/)cation (hj local, y compris chauiïage, éclairage et payement
ilifn donuMitiqucs 220 th. 825 fr. •
UM'u'jtfmuin, instruments, bandages, alcool pour préparations,
fm»d«liijreaux, etc 65 th. 243 fr. 75
SétijMiu aux accouchées malades, à leurs enfants, aux pauvres,
ftfMtr k* Ijiiptémes, enterrements, frais de voiture, etc. . . . 200 th. 750 fr. i
869 th. 3,258 fr. 75
Iàîh défienses indirectes, comprenant le traitement des assis-
tants et du médecin en chef directeur, ont été de 209 thalers (783 fr. 75).
La dépense lolale a donc été de 1,078 thalers (4,042 fr. 50).
Les dépenses ont été couvertes par une allocation du ministère
des cultes et rinstruction publique 200 th. 750 fr. n
Par le payen.ent des élèves pour les cours 62 th. 232 fr. 50
262 th. 982 fr. 50
l-es 816 thalers restant (3,060 fr.) ont été fournis par la caisse privée du directeur.
De 1852 à 1855, le nombre des femmes accouchées annuellement a varié de 135 à 151, et celui des femmes traitées d'affections utérines, a varié de 236 et 387. La moyenne de dépense a donc été' de 9 francs par accouchée ou malade.
La polyclinique d'accouchement, si bien organisée à Berlin, et dont je donnerai plus loin le règlement (voir chapitre de VEnseignement) existe aussf dans beaucoup de villes de Prusse, et l'assistance à domicile se trouve presque toujours reliée à l'enseignement de Tobslétrique. A Paderborn, par exemple, une somme relativement considérable est affectée aux secours à donner aux femmes qui, accouchant à domicile, permettent de les examiner pendant leur grossesse, et qui permettent également à quelques élèves d'assister à l'accouchement en présence du professeur ou de la sage-femme en chef de la Maternité. La quotité des secours est fixée par le directeur suivant la pauvreté plus ou moins grande de la femme ; mais on ne leur donne qu'un secours en aident, sans leur délivrer gratuitement aucun médicament.
RUSSIE
L'organisation des secours à domicile en Russie ou du moins à Saint-Pétersboui^ et à Moscou, les seules villes oii je l'aie étudiée
248 DES MATERxXntS.
sur place esl digne des plus grands él(^es; et Saînt-Pélersbourg n'a, même sous ce rapport, rien à enviera Paris. La Russie est si peu et surtout si mal connue de nos com|iatriotes, qu'on me permettra d'entrer sur ce point dans quelques détails, un peu étrangers cependant au sujet spécial qui m'occujie en ce moment.
Saint-Pétersboui-g, comme toutes les grandes villes de Russie, possède une administi^tion d'assistance publique (Prikay-obslches- Irennavo prizrcnja) s'occupant, comme la nôtre, des malades et de ceux qui ne peuvent pas travailler par suite de faiblesse ou d'infirmités. Elle tire ses ressources de legs, de dons, des revenus des legs autérieui^s et aussi de la caisse municipale ; mais à Tinverse de ce qui existe à Paris, en France et en Relgique l'élément médical prime l'élément administratif, et loin d'être sous la descendance de l'adminislralion, ce sont les médecins qui contrôlent les administrateurs. Los personnes auxquelles la direction en est confiée sont nommées par l'empereursur la présentation du conseil municipal et du gouvernement de la province. Le médecin inspecteur d'un gouvernement esl le chef de tous les médecins de ce ressort, il a la direction supérieure de toutes les affaires médici^les de la province. Le médecin c^n chef de l'assistance publique n'est chef que des hôpitaux et des hospices.
Dépc^ndeut de l'assislance publique de Saint-Pétersbourg : l"" les inaisous dv secours des puvres, des infirmes ; 2** les hôpitaux : Aboukoff, Marie-Madeleine, Pierre et Paul, des ouvriers, Kalinkin Olf(a (incurables).
L'nihniuislration de l'assistance publique se compose \h)ut chaque pruvinci' russe :
1" Du conseil médical ordinairement de cinq membres qui sont: rJHHpecleur (présideni), dirigeant toutes les affaires médicales de la province, rassisUuice publique comprise; l'opérateur, chargé de la l'hiiurKi^' li'gale (^t de toutes les grandes opérations dans tous les hôpil;iiix di; la province; l'accoucheur chargé de la médecine légale et 4f\fnl/tU'knk et de la direction des sages-femmes de toute la province;
le pharmacien en chef chargé de la pharmacie el expert chimiste ; le vétérinaire en chef; 2** du médecin en chef de Tassistanee publique; S"" des ordinateurs-médecins chargés des services hospitaliers ; ^ des felchers, sorte d'officiers de santé subalternes (nos anciens barbiers-chirurgiens); 5° des infirmiers.
Enfin, sous la direction du médecin en chef sont placés des économes, des employés de bureau et des lingères en chef.
En dehors de Tassistance pubHque, il y a dans chaque ville du gouvernement : 1° le médecin de la ville (Gorodovoï Vratch); 2° im médecin de rayon (Ouezdnû Vratch) chargé de faire la médecme légale, d'inspecter les médecins ordinaires ; 3"* un ou plusieurs médecins des paysans de la couronne, dépendant du ministère de la liste civile et chargés de soigner ces paysans.
Toute cette vaste administration est dirigée par le département de médecine du ministère de Tintérieur et confié à M. le D'Pélikan, qui est en même temps médecin général de l'assistance publique de toute la Russie. M. le D"" Zizourin, jadis professeur à l'Université de Kiew, dirige la médecine militaire; M. le D' de Rosenberger la médecine navale et S. A. l. le prince d'Oldenbourg les hôpitaux de la couronne.
Saint-Pétersbourg est divisé en arrondissements municipaux et administratifs, ayant chacun un médecin de la police, qui est plus spécialement occupé de l'hygiène el de la médecine légale de l'arrondissement; il a avec lui un accoucheur et une sage-femme. L'accoucheur est tenu d'aller partout où on l'appelle. Saint-Pétersbourg possède des maisons de travail , entretenues par la ville (analogues aux workhomes anglais). On y reçoit les vagabonds et les indigents capables de travailler, mais sans ouvrage. Je ne puis m'étendre ici sur ce sujet, et je me bornerai à parler de l'assistance donnée aux pauvres et aux malades par le Comité pour les mendiants et la Société Philanthropique.
Le Comité pour les mendiants (Prikaz Onitschich)*dépend de la municipalité de Saint-Pétersbourg, mais il reçoit des simples parli-
culiers des legs, des dons, et le produit de cotisations volontaires *. Les membres de ce comité, nommés par l'Empereur, sont choisis parmi les simples particuliers ou les employés supérieurs des administrations civiles et militaires. Le comité central a dans Saint- Pétersbourg un certain nombre de succursales qui distribuent des secours en nature (pain, soupe, viande, etc.). Il y a un réfectoire, et le pauvre peut s'y asseoir ou, s'il le préfère, emporter chez lui ce qui lui a élé donné. Les malheureux, munis du certificat d'indigence délivré par la police, reçoivent ces secours gratis; les autres peuvent également participer au déjeuner ou au dîner, moyennant 3 kopecks (12 cent.) par repas. Beaucoup de personnes et plusieui*s sociétés charitables achètent des bons du Comité pour les mendiants, et les distribuent aux individus nécessiteux.
Tous les individus trouvés à l'état de mendicité sont envoyés par la police à cette Société, qui envoie les non-valides dans les maisons d'infirmes, après leur avoir remis un certificat. Tout certificat du Comité pour les mendiants est regardé comme un billet de récejv tiou. Les individus jeunes, valides, trouvés à l'état de vagabondage, sont envoyés dans les maisons de travail pour 2, 3, 4 mois à un an. Les particuliers vont dans ces maisons de travail chercher des domestiques ou des ouvriers; mais, quoique placés, ceux-ci restent pendant quelque temps sous la surveillance et la tutelle du Comité des mendiants.
La Société Philanthroirique correspond plus directement à nos bureaux de bienfaisance; elle reçoit ses ressources de la ville el
* Parmi ces cotisations, se trouve celle du rachat des visites de Noi^l et de Pâques. Loi's de ces deux fêles religieuses, il est d'habitude en Russie de se faire des visites, et d'enroyer des cartes, comme nous le faisons à Paris au 1"^ janvier. Quelques personnes ont eu Theureuse idée de transformer cette sotte habitude en œuvi-e de bienfaisance. Chaque personne qui veut se racheter de cette obligation créée par la mode, envoie, lors de chacune de ces fêtes, une certaine somnus dont rimport.ince est laisstHï h sa discrétion, au Comité pom* les mendùints. Le nom du souscri|)teur et le chiffre de sa cotisation sont publiés au journal officiel de Saint-Pétersboul^^ Cette année (1" janvier 1866), le Corps diplomatique a suivi, 5 Paiis, Texemple des habitants de Saint- Pétersbourg, en remplaçant Tenvoi des cartes de visites par un don pécuniaire, remis au bureau de bienfaisance. Puissent, Tannée prochaine, les Parisiens sui^Te cet exemple.
(les (Ions ou legs faits par des particuliers; mais les administrateurs sont nommés par FEmpereur. Le baron Frederichs, aussi distingué par son intelligence que par son dévouement pour les malheureux, est le chef de cette société et en même temps de toutes les sociétés de secom's de Saint-Pétersboui^. Il est secondé par un conseil de curateurs, composé des curateurs des divers arrondissements.
Saint-Pétersbourg est divisé en arrondissements de secours, distincts des arrondissements administratifs; chacun d'eux est dirigé par deux curateurs ; l'un de ces curateurs est médecin et l'autre administrateur. Le curateur des pauvres visite ceux qui reçoivent ou demandent des secours sans être malades; le curateur-médecin visite ceux qui sont malades, et contrôle en même temps le service deg^ médecins des pauvres appartenant à la Société Médico-Philanthropiquey section importante de la grande Société Philanthropique.
Le Comité Médico-PhUanthropique correspond à notre sei-vice d'assistance médicale à domicile. Saint-Pétersbourg est divisé en 14 ar* l'ondissemenls de secours, ayant chacun un curateur-médecin, un médecin des pauvres, un médecin-adjoint et un nombre de sagesfemmes, variant avec l'importance de l'arrondissement. Le personnel médical (curateurs, médecins et adjoints) comprend 42 médecins et 23 sages-femmes. Le Comité Médico-Philanthropique a son siège dans le local occupé par la Société Impériale Philanthropique (Lileinaja, n** 31). Chacun des médecins qui en dépendent, est tenu d'avoir à la porte de sa maison un écrileau, indiquant les heures de sa consultation quotidienne; il doit donner gratuitement des conseils à tous ceux qui se présentent avec un certificat d'indigence ou un billet de réception du comité, prescrire les médicaments nécessaires, lesquels sont délivrés aux frais du comité. Le médecin visite dans leurs demeures ceux qui ne peuvent venir à sa eonsullalion, et il envoie avec un billet d^admission dans un des hôpitaux de' la ville ceux qui ne pourraient, sans inconvénient
t>52 DES MATERNITÉS.
pour leur sanl^, être soignés dans leur domicile. Le médecinadjoint aide dans son service le médecin des pauvres.
Les médicaments sonl, je l'ai dit, fournis aux indigents inscrits aux frais de la Société Philanthropique ; mais ils le sont encore dans d'autres circonstances. Lorsqu'un médecin de la ville juge que son malade est trop pauvre pour pouvoir payer le prix entier de la prescription, il écrit sur son ordonnance : Pro paupero; souvent même il indique si la réduction de prix doit être du quart, de la moitié ou de la totalité. Muni de celte ordonnance ainsi contre-signée, le malade peut envoyer chercher les médicaments dans n'importe quelle pharmacie de la ville ; à certaines époques déterminées, les pharmaciens remettent ces ordonnances et la note de leurs honoraires à la Société Philanthropique.
Les honoraires du médecin sont de 200 roubles (800 fi^ancs) ; mais la plupart ne touchent pas cette indemnité, et en font don à la société.
Le comité fait distribuer gmtuitement à tous les indigents de la ville des bandages, des suspensoirs, des lunettes, sur un bon des médecins des pauvres. Le siège de cette institution est dans le premier quartier de Tarrondissemenl de l'amirauté; un médecin est spécialement chargé de ce service.
Après cette longue digression, qui m'a paini utile, car Saint- Pétersbourg rivalise, non sans avantages, avec Paris, pour ce qui regarde l'organisation de la bienfaisance, je reviens à ce qui concerne plus spécialement les accouchements.
Vingt-trois sages-femmes sont chargées des soins à donner aux femmes indigentes ou nécessiteuses, enceintes ou accouchées; elles doivent les soigner et les visiter jusqu'au neuvième jour après l'accouchement, procurer aux accouchées malades et aux enfants nouveau-nés le linge indispensable et, si besoin est, des matelas, fournis gratuitement par le comité.
Pour ce qui regarde le service supérieur d'accouchement au domicile des pauvres par des médecins-accoucheurs, Saint-Pétei^-
bourg est divisé en six arrondissements seulement, à chacun desquels est attaché un médecin, jouissant d'un trailemenl. Outre ces six accoucheurs, il en esl huit autres non payés, faisant le même senice, comme candidats aux places vacantes. L'accoucheur de Tarrondissement est le chef de toutes les sages-femmes de Farrondissement, qui doivent, chaque mois, lui envoyer le bulletin des naissances, avec mention des présentations et positions, des accidents survenus, des opérations pratiquées, etc.
Obligé, malheureusement, de restreindre le plus possible les limites déjà trop étendues de ce travail, je regrette de ne pouvoir montrer, par Texamen des autres institutions charitables de Saint- Pétersbourg, avec quelle libéralité s'y distribuent les secours matériels aux pauvres, les secours médicaux aux malades, les secours intellectuels aux nombreux enfants reçus dans les établissements publics d'instruction élémentaire et supérieure, car cela me permettrait de montrer avec quelle énergie la Russie marche dans la véritable voie du progrès, et quels sont, à Tégard de ce qui s'y passe, les préjugés de beaucoup de nos compatriotes.
Comme on le voit, trois systèmes différents caractérisent d'une manière générale l'assistance donnée à domicile aux accouchées. L'Allemagne s'occupe des intérêts de l'enseignement presque au même degré que de l'exercice de la charité ; l'Angleterre place la charité au-dessus de toute autre considération, mais sa charité est exclusive; Paris et Saint-Pétersbourg ne demandent, pour donner des secours, qu'une condition : être pauvre.