Les conditions d'admission sont
A. Être âgée de 20 à 30 ans.
B. Être bien portante, avoir tous les sens normaux et surtout une main fme et bien faite ; ne pas être affectée d*une maladie contagieuse ou d'une difformité repoussante, ne pas se trouver dans la deuxième période de la grossesse.
C. Être intelligente, avoir une bonne mémoire, savoir lire et écrire lisiblement.
D. Avoir une conduite irréprochable.
E. Être choisie parmi les femmes de la commune où elle doit s'établir.
3. Le curé doit certifier son âge et sa moralité. Le médecin ses qualités d'esprit et du corps.
L'autorité de la ville où. elle a l'intention de s'établir doit attester que les femmes de sa commune l'ont réellement choisie, et promettre qu'elle sera plus tard protégée dans l'exercice de sa profession.
4. La commune à laquelle appartient l'élève propose son admission au conseiller (Landrath) de son arrondissement (Kreis). Le conseiller s'adresse au gouvernement de la province aa plus tard jusqu'au mois de décembre ou d'août, suivant le semestre pendant lequel a lieu le cours. Le gouvernement envoie sa décision au directeur. Une demande directe au directeur reste sans effet.
5. Comme il peut y avoir plus de demandes d'admission que de places vacantes dans l'établissement, la commune doit ajouter à chaque demande les motifs d'urgence tek que
le nombre des habitants cl des naissances, réloignenient du domicile de la sage-femnic de la circonscription, les infirmités ou Fâge avancé qui peuvent rendre ses services plus dilTicilcs à rendre, etc.
6, 7, 8. Le prix de la pension doit être envoyé à Téconome de la Maternité, avant le !«' fé\Tier et le i*^ octobre, dales d'entrées des élèves.
11. Toutes les élèves demeurent dans rétablissement; elles ne peuvent prendre de repas eu dchois de la maison, sortir ou recevoir des visites sans la permi>sion de la sagefemme en chef
12. Eu cas de désobéissance aux ordres du directeur et de la sage-femme, elles sont d'abord réprimandées ; s'il y a récidive, leur renvoi est proposé au gouvernement.
I^a distribution du temps est faite, pour les élèves, de la manière suivante :
Lever à 6 heures du matin et déjeuner ; jusqu'il 8 heures, elles étudient isolément ou s'occupent à laver et à habiller les enfants, à nettoyer les cliambres; de 8 A 9 heures, cours théorique; de 9 heures à 11 heures, visite des accouchées, et, s'il y a lieu, des malades de l'hopilal; de 11 à 12 heures, leçon d'écriture; de 12 heures à 2 heures, dîner et exercice en plein air; de 2 à 3 heures, visites des malades de la polyclinique, pansements à l'bôpital, etc. ; de 5 heures à 5 heures 1/2, repas et café; de 3 heures 1/2 à 5 heures, répétition du cours; de 5 à 6 heures, exercices sur le mannequin ou répétition ; de 6 à 8 heures, examen des femmes enceintes par le toucher, conférence clinique sur le résultat de cet examen, visite et pansements du soir; à 8 heures, souper; de 8 heures 1/2 à 10 heures, études en parliculier; à 10 heures, coucher.
16. A la fin du cours, les élèves subissent un examen public devant une commission composée de conseillers médicaux des trois gouvernements et du professeur de la Maternité. Elles sont reçues avec les notes : a Extrêmement bien, » « très-bien, » « bien. » Si elles n* ont que la note : a Médiocrement bien » ou « mauvais, » elles sont refusées..
15. Quand l'élève quitte l'établissement, elle reçoit, aux frais de la commune qui la envoyée et où elle retourne, les objets suivants, outre un coussin d'aceouchement de Mcyer : 1** Une paire de ciseaux poiu* le cordon ombilical ; 2" une seringue pour injections et lavements; 5* un cathéter; 4** et 5® un porte-nœud pour la version et son conducteur; G** deux l)0!its de sein ; 7** deux petites assiettes d'étain, et 8" deux vases de terre pour le lait; 9** deux |)es:^aires; 10** une boîte à onguents; 11** une fiole d'acide acétique; 12<»une fiole de teinture de Zimml ; 13° une fiole de gouttes d'Hoflmann ; 14® une éponge et de l'amadou; 15^ une brosse à frictions pour les enfants en état de mort apparente; 16'' une bande; 17"* un calendrier de la grossesse. (Ordonnance du 6 juillet 1844.)
AUTRICHE
11 était autiefois permis aux médecins et chirurgiens d'enseigner aux femmes de la campagne Tari des accouchements pour en former des sages-femmes dans leur circonscription; mais depuis 1804, l'éducation des sages-femmes peut se faire seulement dans les établissements autorisés.
DES MATERNITÉS. 27i
Il y a aujourd'hui en Autriche 20 écoles de sages-femmes*. Les unes sont réunies aux universités, d'autres aux écoles de chirurgie, d'autres enfin sont spéciales.
Pans les universités de Prague et de Vienne, il y a pour les sagesfemmes des cours parlicnliers et des cliniques séparées faits par des professeurs spéciaux. A Pesth, à Padoue, à Cracovie, le professeur d'accouchement de la faculté de médecine est chargé du cours spécial fait aux sages-femmes, indépendamment de celui qu'il fait aux étudiants en médecine.
Lorsqu'au lieu d'une université complète, ayant sa faculté de médecine, il n'existe qu'une école de chirurgie, l'école des sagesfemmes y est quelquefois réunie comme à Salzbourg, Olmûtz et Klausenbourg, quelquefois séparée comme àGratz, Inspruck et Lemberg. Enfin, là où n'existe pas d'écoles pour les étudiants, il en existe pour les sages-femmes à Trient, Venise, Zara, Trêves, Laibach, Klagenfurt, Linz, Czernowilz et Hermanstadt. Le nombre des élèves sages -femmes réunies annuellement dans toutes ces écoles est en moyenne de 1,100.
Les conditions d'admission varient avec les diverses provinces, cependant partout on exige une limite d'âge, une bonne conduite, l'instruction élémentaire: lecture, écriture. En Ualmatie, oii peu savent lire, on ne demande pas la lecture. La fixation d'âge varie un peu : à Venise, le maximum est de 35 ans, il s'élève parfois ailleurs à 40 ou 50 ans.
On n'admettait jadis comme élèves que des femmes mariées ou des veuves; depuis 1848, on reçoit des femmes non mariées, mais en revanche, le minimum d'âge a été élevé à 24 ans; une femme non mariée voulant être reçue avant celte époque, doit adresser une demande motivée, à l'autorité compétente; au doyen de la faculté de médecine, par exemple.
* Handbuch der ôffentlichen GesundtieiUpflege in Oesterreich, ton Adolf Schauenslciii. Vienne, 1863.
D'après un décret de 1828, les femmes mariées, se trouvant dans un état avancé de grossesse ne sont pas admises.
Dans loutes les provinces, on donne aux élèves pauvres des secours fixes {stiperulium); celle qui est ainsi secourue, est tenue d'aller exercer dans la commune qui lui est venue en aide ou dans une commune désignée.
En basse Autriche, il y a 8 stipendia en faveur d'élèves pauvres qui doivent désigner l'endroit ou elles veulent s'établir. 11 en est de même en Galicie, dans la province de Bakowine, toutes les élèves sont enlrelenues aux frais des deniers publics. Dans celte province, ainsi qu'en Galicie, les élèves s'engagent à exercer dans la campagne ou dans les villes de second ordre et non dans la capitale, à moins qu'elles n'y soient déjà établies.
En haute Autriche, en Tyrol, en Dalmatie, en Bohême, la commune qui ne possède \^aiS de sages-femmes, fait les frais de l'éducation d'une élève qui s'engage à y aller exercer.
L'enseignement pour les élèves sages-femmes est gratuit. La méthode d'enseignement est réglée partout de la manière suivante :
L'enseignement théorique dure six mois ; Télève passe ensuite un examen après lequel elle est admise à pratiquer pendant deux mois dans un établissement d'accouchement, et passe enfin son examen définitif. Dans ces derniers temps on a essayé d'abréger la durée des études en combinant les enseignements théorique et clinique, celte combinaison a été inaugurée également à Vienne*, en 1862, à la suite d'un décret ministériel, dont les principales dispositions sont les suivantes :
i . L'élève ne doit pas avoir dépassé Fâge de quarante-cinq ans et n*étre pas enceinte. Elle doit savoir lire, écrire et calculer.
2. L'enseignement théorique et pratique doit durer cinq mois, pendant lesquels le professeur fait un cours de deux heures par jour. Il y a à Vienne deux cours annuels : lun commence le \*' octobre, l'autre le 1*^ mars.
3. Ces deux heures sont employées de la manière suivante : durant les deux premiers mois, enseignement théorique pendant une heure, et, i)endant la seconde heure, application pratique à la clinique des idées professées au cours. Durant les trois derniers mois, les deux heures sont principalement consacrées à Tétude clinique.
4. Pendant tout le semestre, les élèves doivent suivre la dinique et assister aux visites du matin et du soir, et concourir au service suivant le degré de leurs aptitudes.
5. A la fin du semestre, elles passent un examen pratique devant le professeur. Si elles ont mérité la première note, elles reçoivent un certificat qui leur permet de se présenter à l'examen définitif, appelé rigorosum. Si elles n ont pas satisfait, elles doivent encore rester à la clinique un ou plusieurs mois, jusqu'à ce qu'elles obtiennent le certificat.
Les frais d'examen pour le rigorosum doivent être acquittés d'avance : ils sont à Vienne de 35 florins 25 kreuzer (environ 88 francs) .
Si l'élève échoue au rigorostim, elle doit continuer ses études pendant un temps fixé par les examinateurs. Elle repasse un nouvel examen devant le professeur et se représente de nouveau. Si elle satisfait au rigoromm, elle reçoit le diplôme, et est admise à exercer après avoir prêté serment.
Il n'existe pas jusqu'à présent en Angleterre d'école spéciale d'accouchements pour les femmes, jcomme il en existe sur le continent européen ; aucun examen public ne confère à celles qui ont étudié Tobstétrique, le droit d'exercer la profession de sage-femme.
Une femme ayant suivi pendant quelque temps la pratique d'une Maternité, obtient, après examen des médecins en rapports avec rinstitulion, un certificat d'aptitude; mais si ce certificat atteste sa capacité, il n'a pas la même signification légale que les diplômes accordés en France, en Belgique, en Prusse et en Autriche aux élèves sages-femmes de ces divers pays.
Cependant, il s'est formé récemment à Londres une société prenant le titre de Female Médical Society ayant pour but de vulgariser la pratique de l'obstétrique par des sages-femmes, et même pour ce qui regarde le traitement des maladies des femmes et des enfants l'exercice de la médecine par des femmes. Cette société qui compte un certain nombre d'adhérents parmi lesquels on peut citer M. John Stuart Mill, a fondé une véritable école de médecine, sous le nom de the Ladies^ Médical Collège^ dont le siège est à Londres, 4 Fitzroy square. Cette école a inauguré seulement en novembre 1865, son second semestre d'études. Elle compte environ une vingtaine d'élèves.
vu DES MATERNITÉS.
Le cours d'accouchement qui comprend environ 80 leçons est fail par M. Ed. William Murphy, professeur à Vniversity Collège.
Le cours demédecine générale, fail par le docteur James Edmunds, secrétaire honoraire de l'institution, comprend : les principes del'anatomie, de la physiologie, de Thygiène et de la médecine. C'est beaucoup, commeon le voit, pour cinquante leçons; il est vrai que ce cours est destiné non-seulement aux élèves sages-femmes, mais encore aux dames du monde.
Cette institution est donc destinée en réalité à former des sagesfemmes, et le certificat qu'elles obtiendront après examen à leur sortie du collège médical des dames, n'aura d'autre valeur que celle que lui accordera la faveur ou la défaveur publiques ; mais il n'a \^as, je le répète, la valeur légale de nos diplômes, sang lesquels on ne peut légalement pratiquer l'accouchement.
La création de cette école de médecine pour les fenunes, a rencontré une certaine opposition parmi nos collègues d'Angleterre; l'idée me paraît excellente, tant qu'il ne s'agit que de fonder le noyau d'un établissement spécial d'instruction pour des sages-femmes, se bornant exclusivement à la pratique de l'accouchement; l'idée, au contraire, me paraît fâcheuse, alors que les fondateurs veulent aussi confier à des femmes, qui ne pourront jamais taire les études suffisantes, le traitement des maladies des femmes et des enlants. La pudeur des malades doit être respectée; mais leur vie est encore plus respectable, et il y a dans les motifs allégués pour justifier la tentative de création de « femdle doctors » une insinuation imméritée et injustifiable contre l'honorabilité professionnelle et la moralité des médecins.
Les femmes qui ont l'intention de se livrer à la pratique des accouchements, peuvent faire leui's études spéciales dans divers établissements. Outre l'école spéciale qui existe à la Maternité de Paris, il
est ouvert chaque année, dans les trois facultés de médecine (Paris, Strasbourg et Montpellier), des cours d'accouchement, oii sont admises gratuitement toutes les femmes qui témoignent le désir d'apprendre Ja profession d'accoucheuse.
Indépendamment de cette source d'instruction, il est établi dans l'hospice le plus fréquenté de chaque département un cours annuel et gratuit théorique et pratique, d'accouchement, destiné particulièrement à l'instruction des sages-femmes.
Avant d'être admises comme élèves sages-femmes, les aspirantes à ce titre doivent :
1** Justifier qu'elles savent lire et écrire correctement;
2** Qu'elles sont âgées *de plus de dix-huit ans;
3*" Produire leur acte de naissance et celui de leur mariage si elles sont femmes, ou celui du décès de leur mari si elles sont veuves.
4° Témoigner de bonne vie et mœurs par un certificat du maire de la commune où elles résident; ledit certificat devra énoncer l'état des père et mère et celui du mari. (Arrêtés du ministère de l'intérieur, du 8 novembre 1810; et du ministre de Finstruction publique, de 1847.)
Les cours cliniques et théoriques d'accouchement dans les facultés, étant faits à des élèves libres, leur organisation n'offre pas de physionomie particulière, et je me bornerai à donner celle de l'École d'accouchement, établie à la Maternité de Paris.
HiUcrBité dm Paris.
Sauf quelques modifications de détail, l'École des sages-femnîies, instituée à la Maternité de Paris, est encore aujourd'hui régie par les arrêtés du Ministre de l'intérieur, en date du 8 novembre 1810; et du Conseil des hospices des 26 juin 1811 et 17 avril 1816.
Cette école est destinée à former des sages-femmes pour toute la France ; les préfets y envoient chaque année un nombre d'élèves, proportionné aux fonds dont ils peuvent disposer. Ces élèves ne
peuvent être choisies que i)anDi les femmes ou filles du dépai-tement ayant l'âge de 18 à 35 ans; elles doivent, pour oblem'r leur nomination, l"" savoir lire et écrire; 2^ produire leur acte de naissance, celui de leur mariage si elles sont mariées, l'acte de décès de leur mari si elles sont veuves ; S* présenter un certificat de bonne vie et mœurs, atlesté par le maire de leur commune.
Aucune femme enceinte ne peut être envoyée comme élève à rÉcole de la Maternité.
Les élèves de la Maternité y sont logées, nourries, chauffées, éclairées en commun ; le prix de la pension, qui est ordinairement payée par le département, est de 600 francs par an.
Le séjour à TEcole est d'une année ; il peut, dans quelques circonstances, être porté à deux années.
L'enseignement de la Maternité comprend la théorie et la pratique des accouchements, la vaccination, la saignée, la connaissance des plantes usuelles.