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RÉCOMPENSES ET PUNITIONS

1 . L’accoucheur, le médecin et la sage-femme en chef délivreront tous les trois mois, et séparément, aux élèves dont ils auront été le plus satisfaits, des Imlletins dits satisfecit.

3. L’accoucheur et la sage-femme en chef délivreront leurs satisfecit aux élèves à la fin de la dernière leçon de chaque trimestre; le médecin en chef à sa visite du dernier jour du trimestre.

6. Indépendamment des satisfecit délivrés par l’accoucheur, le médecin et la sagefemme en chef; la première surveillante remettra tous les trois mois, et par chaque élève, à l’agent de surveillance et à la sage-femme en chef, un hnlletin imprimé ainsi conçu ;

École d'accouchement

Mademoiselle, élève du département de

propreté dans les dortoirs,

tenue personnelle,

assiduité,

silence au réfectoire,

douceur et obéissance,

soumission à tous les règlements d’ordre intérieur,

7. A la suite de chacun de ces articles, la surveillante mettra, selon qti'elle le jugera juste et convenable, bien ou très-bien, mal ou très-mal.

9. Le tableau contenant le dépouillement de ces bulletins et des satisfecit d • l’accoucbenr, du médecin et de 1a sage-femme en chef, sera annexé au procès-verbal de la !éance, et transmis par extrait aux autorités, conformément au règlement de Son Exe. le ministre de l’intérieur.

M. .A la fm de l’année scolaire, il sera fait un résumé des taliLaux des quatre trimestres, en ce qui concernera seulement les bulletins délivrés par la première surveillante, et le membre du conseil chargé de la surveillance de l’hospice pourra disposer jus(in’à concurrence d’une somme de 500 francs, qu’il aura la faculté de répartir en plusieurs récompenses, soit en napoléons d’or, soit en livres ou instruments.

12. Ces récompenses seront données par MM. les administrateurs dans une séance parliculièrc, la veille de la distribution des prix.

Il s‘‘ra fait mention de cette récomi)cnse dans le procès-verbal de la distribution des prix.

15. La bonne con Uiite dans l’intérieur de l’école étant la première chose à laquelle une élève doit satisfaire, celle qui, pendant le cours de l’année scolaire, serait fréquemment mal notée sur les bulletins de la première surveillante, ne pourra jamais obtenir le prix d’assiduité et de vigilance clinique.

Fait à Paris, le 20 juin 1811.

Signé Mourgue, Vice-Président.

Approuvé par M. le conseiller d’État, préfet, le 5 juillet 1811.

Le Secrétaire général, M.vison.

Comme on le voit d’après la lecture de ces règlements, les conditions de l’admission des élèves sages-femmes, de leur éducation et de la durée de leur séjour à l’école, sans jtrésenter de grande.s différences, en présentent cependant quelques-unes, suivant les pays.

hWge d’admissibilité varie : de 18 cà 50 ans, en Russie; de 18 à 55, en France ; de 20 à 50, en Prusse ; Page s’élève en Autriche jusqu’à 55, 40 et même 50 ans.

\j\Hat civil présente surtout des différences notables. En Russie, en France, en Prusse, les élèves sages-femmes peuvent être mariées; elles devaient être en Autriche mariées ou veuves; mais celte condition, supprimée en 1848, a fait i)lacc à un minimnm d’àge de 24 ans. Partout elles sont refusées, si elles sont dans un état de grossesse avancée.

Les filles séduites ne sont jamais admises en Prusse dans les écoles de sages-femmes. Le choix dca élèves que la commuue envoie dans les Maternités est fait tantôt à l’élection par les femmes de ces communes, quelquefois par le maire [Vorstand) de la commune. (Décret du 14 décembre 18G1.)

l)E^ MATERMTÊS.

La durée des émirs, variable suivant le pays, est chose beaucoup plus importante. Cette tlurée est de deux à trois ans en Russie, d’un an en France; elle est de cinq mois en Autriche et de quatre mois seulement dans la plupart des Etats allemands (Bavière, Prusse, etc.). J’ai eu souvent occasion de débattre cette queslion importante avec nos confrères d’Allemagne, et je crois qu’une année bien employée est un terme largement suffisant, mais à peu près nécessaire. La sage-femme nedevrait piYitiquerque lesaccoucliemetits normaux; elle ne devrait faire ni la version, ni V appli cation du forcerps; mais il faut qu elle puisse reconnaître en temps utile si un aceouchement débute d'une manière anormale, et si elle aura besoin de l'assistance d'un médecin, qu'elle devra dès lors prévenir et faire chercher de suite, tel est le principe qui doit diriger dans la réglementation de l’enseignement des sages-femmes. Or, dans toute l’Europe centrale, un médecin est toujours à la portée de l’appel d’une sage-femme; et si l’éducation de celle-ci est limitée aux principes que nous venons de poser, un an d’études suffit largement à son éducation. Elle n’a pas besoin de savoir de quelle nature est l’épithélium des organes génitaux, quelle est la disposition des fibres musculaires de l’utérus, quelles lois président au développement de la corde dorsale de l’embryon ; son éducation doit être faite en vue de la pratique; la théorie ne doit lui enseigner que le mécanisme de l’accouchement, les phénomènes de la grossesse et de la délivrance.

3Iais en Russie, dans quelques parties de l’Europe orientale, là où une sage-femme peut être éloignée par plus de vingt lieues de steppes de tout secours médical, il faut qu’elle puisse mènera bien les accouchements normaux et anormaux, et c’est ce qui nous explique la longue durée de leurs études à la Maternité de Moscou.

Si notre système d’assistance à domicile tel qu’il fonctionne depuis quelques années est de beaucoup supérieur à tout ce qui existe

DES MATERMTÉS.

ailleurs eu Europe, esl-ce à dire pour cela qu’il ne soit plus perfectible, et que nous ne puissions pas emprunter à nos voisins quelques détails dans l’organisation des secours? Soutenir une pareille tlièse serait à la fois une injustice et une faute.

Pi esque ])artout où existe l’assistance obstétricale à domicile, on voit la bienfaisance s’unir iutimenient, comme but, au désir de mettre à profit pour l’éducation spéciale des médecins et des sagesfemmes une source précieuse d’enseignement.

A Paris, l’assistance à domicile, confiée uniquement aux médecins et aux sages-femmes des bureaux de bienlaisance, pourrait devenir en môme temps une œuvre d’éducation spéciale, tout en diminuant le nombre des femmes allant faire leurs couches dans les Maternités ou dans les hôpitaux. Or, tout ce que renferme ce travail aboutit à cette conclusion : l’accoucliement à domicile doit être la règle; l’accouchement à l’hôpital, l’exception.

Mallieureusement, intervient ici une objection qu’on ne manquera pas de me faire.

« L’administration de l’assistance publique, dit-on, ne saurait intervenir ni directement ni indirectement dans l’enseignement de la médecine. » Je m’élève énergiquerneiit contre cette doctrine, soutenue encore aujourd’hui par des personnes que j’aime et que j’honore de toute l’estime que méritent leurs talents. L’enseignement de l’anatomie dans l’ampliitbéàtre de la rue du Fer-à-Moulin est pour l’administration de l’assistance publique un titre et un droit à la reconnaissance des élèves des hôpitaux; car tandis que cet établissement, où j’ai appris l’anatomie, est encüi'e aujourd’hui le meilleur de tous ceux qui existent en Europe; celui de la Faculté où je l’ai enseignée, et auquel j’ai été attaché pendant cimj années, est le plus défectueux de tous ceux que renferment les grandes capitales du continent européen. C’est seulement à l’liô})ital qu’on aj)prend la médecine, et j’appelle de tous mes vœux le jour où chacun de nos hôpitaux servira à l’enseignement clinique aussi bien qu’au soulagement des malades ; le jour où, libre des entraves

que lui crée un monopole, excellent dans ses intentions mais fâcheux dans ses résultats, l’administration des hôpitaux pourra utiliser pour l’éducation des élèves un personnel médical et chirurgical que l’Europe lui envierait bien plus encore, s’il était libre d’accomplir tout le bien qu’il est capable de faire.

Les nombreux élèves attachés à nos hôpitaux pourraient être appelés utilement à concourir avec les médecins des bureaux de bienfaisance à la pratique des accouchements à domicile, et voici comment cette organisation pourrait peut-être se concilier avec nos lois et nos usages.

Chacun des hôpitaux de Beaujon, Lariboisière, Saint-Antoine, la Pitié, la Charité, Necker, formeraient le centre d’un arrondissement de secours, dont les limites seraient plus ou moins étendues, suivant les besoins de la population et le personnel médical disponible.

Un médecin ou un chirurgien du bureau central, ou le médecin chargé de la direction de la salle d’accouchements de l’hôpital, serait le chef du service obstétrical.

Un assistant ou chef de clinique, docteur en médecine, nommé au concours, et logé à l’hôpital, serait chargé de le suppléer.

Deux internes, également logés à l’hôpital, choisis par le médecin en chef de service parmi les internes ayant plus d’une année d’exercice, seraient de plus attachés au service à domicile; l’un d’eux, à tour de rôle, serait tenu d’être présent à l’hôpital.

Les externes de l’hôpital ou, en cas d’insuffisance, les stagiaires constitueraient les élèves chargés du service; leur nombre varierait avec l’importance de l’établissement, l’étendue et les besoins de la circonscription de secours. Ces élèves seraient partagés en deux classes : les auscultants et les pratiquants ; et l’institution serait régie par un règlement rédigé suivant les idées suivantes :

Pour être admis comme auscultant, il faut avoir été un an au moins externe des hôpitaux et avoir pris douze inscriptions l’égulières à la Faculté.

Pour devenir pratiquant, il faut avoir suivi pendant trois mois au moins, comme aus-

28i DKS MÂTEP.A’ITKS.

cuUantr la diiiique spéciale de l’Iiôpilal, avoir pratiqué quatre accouchements sous la surveillance et en présence d’un des internes ou de l’assistant du service d’obstétrique. Mais ces conditions remplies ne constituent pas un droit, et l’on ne peut devenir pratiquant ([u’avec l’assentiment du médecin eu cher du service.

Le médecin eu chef, suppléé au besoin par son assistant, est chargé de faire chaque semaine, à l’hôpital, deux leçons théoriipics d’une heure. 'Fous les élèves régulièrement attachés à rétablissement peuvent y assister.

L’assistant préside aux exercices cliniques du toucher, qui se font deux fois par semaine. Les élèves auscultants y sont seuls admis. Une même femme ne peut servir à l’exploration qu’à deux élèves au plus.

Toutes les femmes ont droit aux services de la j)olycliuique ; les femmes inscrites au bureau de bienfaisance ont seules droit aux secours pécuniaires.

Les femmes (jui désirent être accouchées à leur domicile doivent, autant que possible, se présenter à l’hôpital aux jours et heures indiquées, quinze jours au moins avant le moment i)résumé de raccouchemcnt.

L’assistant de service reçoit les demandes, à la salle de consultation spéciale de l’hôpital, trois fois par semaine, de dix heures à midi. Les auscultants assissent à tour de rôle à ces considtations, où l’assistant les exerce à la praticpie du toucher et du diagnostic obstétrical.

L’assistant signe, s’il le juge convenable, un billet d’admission sur lequel est inscrit le nom de la malade et l’épo(pie présumée de l’accouchement; la femme remet ce billet à l’agent administratif, qui l’inscrit sur un registre, s’informe de l’état civil, de l’àge, du domicile, de la profession, etc., de la postulante. Si elle se trouve dans les conditions exigées pour le secours, il lui délivre un bulletin définitif d’admission qui sera envoyé à l’hôpital lorsque le moment de l’accouchement sera arrivé.

Les élèves pratiipiants sont divisés en séries ; autant que possible elles seront de douze au moins. Les noms des élèves composant chaque série et l’heure désignée pour leiii’ service sont affichés dans l’hépital. Les élèves aj)partenant à une série doivent être présents à l’hôpital pendant les deux heures de garde journalière. Au fur et à mesure de la présentation dos bulletins définitifs d’admission, les élèves les premiers inscrits de la série de garde se rendent auprès de la femme qui réclame leurs soins. Si leur nombre le permet, deux élèves assisteront à chaque accouchement.

Si l’accouchement paraît devoir présenter (piolque anomalie, le pratiquant prévient l’interne qui se rend auprès de la malade et s’assure de l’exactitude du diagnostic.

Si raccouchement présente réellement quelque anomalie qui puisse exiger une intervention médicale ou chirurgicale, l’interne requiert l’aide de l’assistant qui seul peut prescrire le seigle ergoté, appliquer le forceps ou faire la version.

Cependant ces opérations peuvent être faites par l’interne en présence et sous la responsabilité de l’assistant ou du médecin en chef.

Toutes les opérations graves ou dilficiles ne doivent être faites, sauf le cas d’urgence, ({lie par le médecin en chef ou en sa présence par l’assistant.

L’élève doit remplir jour par jour une feuille d’observations spécialement imprimée eu vue des accouchements. Il iie peut quitter la malade ({u’une heure au moins après la terminaison complète de l’accouchement. Il doit la visiter tous les jours, ou moins dans la première semaine, etc.

Je n’ai pas à entrer ici dans les détails d’ordre intérieur, j’ai tenu seulement à montrer comment je crois réalisable à Paris l’idée des polycliniques allemandes et anglaises, et les avantages qu’elle possède pour V enseignement jjvatique de l’art obstétrical.

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