S 4. — FORMULES BRANCHIALES CHEZ LES PORTUNIDÉS
L'évolution de la formule branchiale se fait également d’une manière différente dans les deux séries.
Première série. — Le Platyonichus ocellatus Larr. offre un fait remarquable : toutes les branchies étant longues et ne présentant pas de variations de taille considérables, la podobranchie 3 est peu développée, et n'est point enchässée, comme cela a lieu chez les Cancéridés et beaucoup de Crabes, à la base de 3c.
Chez l’Achelous orbicularis RIcHTER, qui présente la même disposition générale des branchies, les choses sont poussées même plus loin ; chez l'unique exemplaire que j'ai eu entre les mains, je n'ai pu constater la présence de 34.
Chez l’Amphitrite hastata L., cette branchie est encore représentée, mais son axe qui ne développe plus que quelques lamelles rudimentaires oscille avec l’épipodite correspondant entre les branchies 3 et les branchies 4. Il en serait de même chez le Neptunus
Sayi GIBBES. Je n'ai pas trouvé cette branchie chez les Callinecles diacanthus LATR.
Chez tous les Neptunes, il se produit d’ailleurs un phénomène remarquable : /es branchies 3 et 2 subissent une grande réduction ; 30, Souvent, 3h, toujours, sont considérablement en retrait sur 4b ; 2c est moins de la moitié de 4b, et 24 subit une réduction parallèle (Voir fig. 415).
Chez le Podophthalmus vigil FaBr., où 3a est atrophiée, le phénomène est moins prononcé.
Le Thalamila sima M.-Epw. a la formule branchiale de l’Achelous orbicularis RicuTeR.
Deuxième série. — A l'égard des branchies antérieures, les Polybies et les Portunes offrent un contraste frappant avec les Platyonichus ei les Neptunes.
Chez les Polybius Henslowi Leacn, les branchies 3 et 2 sont faiblement en retrait sur les branchies 4, et 3a est bien développée : cette branchie est enchâssée à la base de 3c.
FiG. 113 à 115. — Disposition des branchiés antérieures chez les Portunes, les Portumnes et les Neptunes. P. {., Portunus tuberculatus Roux; P. n., Portumnus nasutus LaTR. ; N, Amplhitrite hastata L.
Chez les Portunes, où la réduction des branchies antérieures est un peu plus prononcée (2c environ moitié de 4b), 3a est loujours bien développée (fig. 113).
Ainsi chez le Portunus tuberculatus Roux, malgré l'aspect neptunien et les extrémités des branchies afoliées et déformées, la formule branchiale ne se modifie pas, et la réduction des branchies antérieures est même moindre que chez la plupart des autres espèces du même genre, c'est là précisément le contraire de ce qui se passe chez les Neptunes, et j'ai cru intéressant de donner en regard l’une de l’autre la représentation des branchies antérieures chez l’Amnphitrile hastata 1, et celle des mêmes branchies chez le Portunus tuberculatus Roux, espèces assez peu différenciées dans leurs groupes respectifs. Ces dessins (fig. 113 et 115) n’ont pas besom de commentaires.
En résumé, dans la première série on constate facilement une tendance, qu’on peut qualifier de neptunienne, à savoir la tendance à la réduction des branchies 3 et 2, et, en particulier, à l'atrophie de la podobranchie 34.
Dans la seconde série, au contraire, 3a est toujours bien développée, et les branchies antérieures se réduisent relativement peu, même chez des formes extrêmement différenciées comme les Portunus puber L.
Il est possible que la tendance à la réduction des branchies antérieures soit sous la dépendance de l’inversion du courant respiratoire, car chez les formes toutes très actives de la première série les renversements doivent être très prononcés.