OBSERVATIONS SUR CETTE MÉTHODE
40. Si Ton cherche une démonstration d'un théorème énoncé, et que pour cela on se propose d'en faire, suivant la méthode synthétique, la dernière conséquence d*une suite de théorèmes déduits les uns des autres en partant de propositions admises, la difficulté sera de choisir celles qu'il convient de prendre pour point de départ et pour con-
séquences. Et si rien ne les désigne et qu'on les prenne au hasard, on pourra faire un nombre indéfini d'essais infructueux, et un pareil procédé ne mériterait pas le nom de métliode.
Mais s'il s'agit seulement de communiquer aux autres une démonstration que l'on connaît, on saura de quelle proposition admise il faut partir, et quelles sont celles qu'on en doit déduire successivement jusqu'à celle qui est à démontrer. Le seul inconvénient, dans ce cas, consiste en ce que celui qu'on instruit est conduit en quelque sorte à l'aveugle, et sans se rendre compte si les pas qu'on lui fait faire le rapprochent ou l'éloignent de son but.