MESURE DE LA GRANDEUR RÉELLE DES OBJETS
1 ® Microscope horizontal.
L'excellence des opérations que nous avons indiquées pour le microscope simple, devient surtout évidente lorsqu'on emploie l'instrument composé.
Disposez l'appareil horizontal comme pour mesurer le grossissement, mais éloignez votre papier autant qu'il vous sera possible et vous aurez une échelle qui représentera l'amplification considérable subie par le micromètre objectif. La facilité avec laquelle vous pouvez diviser cette échelle en parties plus ou moins petites, vous permettra de mesurer la grandeur réelle des objets les plus déliés.
Si vous n'employez pas la chambre claire, il suffit de remplacer le micromètre objectif par l'objet à mesurer et son rapport avec le micromètre oculaire donnera la mesure de sa grandeur réelle.
Ex. Soit un micromètre oculaire divisé en millimètres. Si le micromètre objectif est divisé en centièmes et qu'une de ces divisions corresponde à un millimètre de l'oculaire, un objet mis à la place du micromètre objectif et qui remplira une des divisions du micromètre oculaire, aura une grandeur réelle d'un centième de millimètre,
2® Microscope vertical.
Avec un microscope vertical, on remplace encore la caméra d'Âmici par son miroir, mais ici comme pour le microscope simple vertical, on peut reculer la mire aussi loin qu'on le jugera convenable.
/?.r. Soit un micromètre objectif divisé en centièmes de milli-
mèlro, soit une mire divisée en centimètres et placée à trois mètres de distance. Supposons que le pouvoir amplifiant soit tel que deux divisions du micromètre inférieur correspondent à cinq divisions de l'échelle tracée sur l'écran; il est évident que ces cinq divisions représenteront deux centièmes ou un cinquantième de millimètre. Si je subdivise les cinq parties de la mire en deux parties chacune, j'aurai dix divisions représentant des cinq-centièmes de millimètre et lorsque le micromètre objectif sera remplacé par un objet , je pourrai facilement mesurer des parties qui n'auront qu'un cinq-centième de millimètre. On conçoit qu'en augmentant la distance de l'écran au microscope, on obtiendra une échelle représentant des millièmes, etc., de millimètre.
Si l'on a J)ien conçu toute l'importance de ce procédé, on nous pardonnera volontiers la répétition de cet exemple que nous avons déjà donné en parlant du microscope simple et nos lecteurs conviendront sans doute avec nous, que ce moyen donne à la micrométrie une puissance presque illimitée (1).
Nous doutons fort, que les personnes qui auront une fois employé notre procédé, aient jamais recours à l'emploi du double micromètre, néanmoins, nous devons en dire deux mots.
L'appareil est le même que pour la mesure de l'amplification du microscope vertical, moins la mire et le miroir d'Amici. On substitue l'objet au micromètre objectif dont on a préalablement déterminé le rapport avec le micromètre oculaire.
Nous terminerons ce chapitre par la description d'un goniomètre microscopique, du mensurateur de M. Le Baillif et du microscope à mesurer les fils excessivement déliés, tels que soies, laines, etc.
Le goniomètre destiné à mesurer les angles microscopiques,
(1) Nous avons appliqué ce nouveau procédé aux télescopes et aux lunettes , pour mesurer les cUstances^ etc.
fig. 11, pi. 2, est fixé dans un oculaire A,B, au foyer du verre supérieur. La pièce C,C est composée d'un cercle de cuivre C,C, dans lequel tourne le disque D,D, percé à son centre d'une ouverture circulaire qui reçoit un disque de verre sur lequel on a tracé au diamant le petit trait a^ c. La circonférence extérieure de la pièce D,D est dentée et le bouton F terminé par un pignon qui permet d'imprimer un mouvement circulaire à D,D. Un second disque de verre sur lequel on a tracé au diamant le trait by d, est maintenu immobile sous la pièce C,C* Après avoir fait concorder les traits des deux disques , si l'on tourne le bouton F, le mouvement sera communiqué à la pièce D,D, et les traits se croiseront en formant des angles plus ou moins ouverts qu'on mesurera sans peine au moyen des degrés tracés sur le cercle C,C.
L'idée première de ce petit appareil, appartient à M. Raspail. Notre goniomètre diffère du sien par une meilleure disposition de la partie mécanique.
Avec la chambre claire appliquée au microscope horizontal, on mesure très facilement les angles des cristaux ; il sufQt de dessiner l'angle et de le mesurer avec un rapporteur. On pourrait en*core employer le microscope solaire qui amplifie considérablement ces angles.
Le mensurateur de M. Le Baillif est un petit instrument fort ingénieux, mais dont on fait rarement usage parce qu'il est peu connu.
AB, AB, fig. 12, pi. 2, est une petite plaque en bois ou en cuivre. c,c, sont deux petits supports percés dans lesquels glisse la pièce e^€, qui est repoussée vers la gauche par le ressort de montre f. La plaque AB, AB est percée à son centre et garnie d'un verre sur lequel on a gravé au diamant un trait excessivement fin. La pièce ee, est également percée en o et dans son ouverture est fixé un disque de verre divisé en fractions de milli-
mètre. / est une vis qui avance ou recule au moyen du support taraudé d et dont l'extrémité vient appuyer contre un butoir en «.
Pour employer l'instrument , on le fixe solidement sur la platine du microscope. On met au point et l'on aperçoit parfeitement les divisions et le trait indicateur qu'il faut amener sur le premier trait de la plaque supérieure au moyen de la vis /. Si l'on place alors un petit corps, un morceau de papier par exemple au point $, entre l'extrémité de la vis et celle du butoir, ce dernier sera repoussé vers la droite et la marche des divisions sur le trait du disque inférieur, indiquera l'épaisseur du corps.
Quant au microscope destiné à mesurer les fils déliés, ce n'est autre chose qu'un de nos petits microscopes dont l'oculaire est muni d'un micromètre fixé à demeure au foyer du premier verre. Nous déterminons à l'avance la valeur de ces divisions en les comparant à celles d'un micromètre objectif ainsi que nous l'avons dit plus haut, et dès lors, il est excessivement facile de mesurer les objets placés sur la platine.
Nous avons construit cet appareil pour faciliter l'opération, car beaucoup de chefs d'atelier ou leurs ouvriers, éprouvent de la difficulté à bien disposer le micromètre oculaire et d'ailleurs, une fois que la valeur de ce micromètre est déterminée, il leur suffit de placer l'objet sur la platine et de regarder dans le microscope pour obtenir un résultat exact. Cependant nous préférons l'emploi de la chambre claire ; deux ou trois expériences suffiront pour mettre toute personne en état de faire usage de notre procédé qui peut donner les évaluations les plus délicates avec la plus grande exactitude.
Il serait maintenant superflu de parler du micromètre de Wollaston, des réseaux métalliques, des mesures prises sur le pied de l'instrument, du micromètre angulaire; notre but était de simplifier cette branche delà science et nous croyons y être parvenu. En décrivant tous les procédés connus, nous embarrasserions l'es-
prit du lecteur d une foule de choses inutiles et il pourrait nous reprocher avec raison de ne lui avoir rien donné en voulant lui donner trop. Les amateurs curieux pourront consulter les anciens ouvrages.
Explication des figures relatives à la micrométrie.
Fig. 13, pi. S. A, mire sur laquelle est tracée Téchelle.
B miroir percé d'Amici.
C lentille ou oculaire.
P Pupille.
ab cd marche des rayons (voir plus haut Texplication).
Fig. 14. A, B, micromètre objectif ou réglette en cuivre portant à son centre le micromètre sur verre C.
Fig. 15. A, A', micromètres oculaires. A' est divisé en carrés ; cette disposition est quelquefois avantageuse.