‹ Des mots, des versChapitre 27 sur 36 · CREPUSCULE · texte numérisé non relu

CREPUSCULE

Un chœur éolien chante l'hymne du soir. J'entends pleurer sa voix aux cordes de ta lyre. C'est l'heure du repos et du tranquille espoir. Le grand poème s'ouvre à l'âme qui veut lire.

A ce moment divin où le cœur transporté Vient contempler le beau dans la gloire céleste, Sens-tu renaître en toi l'hypnose du Léthé ? . . . L'espace est imprégné d'une ambroisie agreste.

La nature frissonne et tout vibre en son sein, Comme à l'ombre du cloître où flotte le mystère, Des nonnes à genoux le frémissant essaim Tressaille en écoutant l'orgue du monastère.

Poétique silence et merveilleux instant Où l'inspiration à l'idéal unie Cherche dans l'invisible un rêve consistent, Et trempe la pensée à la source infinie.

0 soir, flambeau mourant d'un jour qui disparaît. De la veille dernière image symbolique.

Placide muézin du sombre minaret Publiant du charnier le texte catholique !

La vie en nous éteint ses décevants éclats Comme Tardent soleil à Theure vespérale; Le bronze du clocher s^ébranle dans un glas Lorsque s'allume aux cieux l'entité sidérale.

La raison, libre enfin, dans sa sérénité. S'exalte dans l'extase et dans l'éternité.

Page 1