HAUT LES CŒURS
à Lucien Rainier
Il est deux triomphes jumeaux, Deux noms, deux gestes de victoire Illuminant toute l'Histoire :
Léonidas et Des Ormeaux !
Deux grandioses dévoûments Que n'imaginent plus les plèbes, Ni les vils et lâches éphèbes Au cœur sans nobles battements.
La Force est chose du passé, Et le feu des vrais héroïsmes Pâlit devant les égoïsmes D'un peuple au courage émoussé.
L'âme est sans vaillance, sans foi.
Les abnégations sublimes Eedoutent la hauteur des cimes Dans l'orgueilleux amour du Moi.
Les comptoirs aux riches métaux.
Bergers des louches alliances.
Hypnotisent les consciences. Broient l'homme dans leurs lourds étaux.
Sparte ne dit plus à Xerxès, Montrant ses soldats:
— Viens les prendre ! " Mais en ilote pour se rendre Ouvre un passage à l'Hydanès.
Les courtisans, ivres de peur, Ont déserté la palissade Dans l'espoir d'un bout de torsade, De soie, ou de ruban trompeur.
L'Intérêt, maître souverain, Dédaignant l'Honneur qu'il méprise, Tente d'étouffer dans la brise L'âme natale, voix d'airain.
0 culte des héros défunts Qui brilles dans l'éclair des glaives, Toi qui n'admis Jamais les trêves Et qui fis surgir les tribuns,
Toi, qui vers l'Immortalité Dressas l'espoir des sacrifices.
Trempas nos lèvres aux calices Où s'épanche la Liberté,
Que tes victorieux propos
Disent aux champs, clament aux villes,
La haine des actes serviles :
Sonne les luttes sans repos î
DES VEES 31
Dollard^ au flamboyant chevron, Que la gloire de ta cohorte, Dans nos esprits vivante et forte Tonne, comme un coup de clairon!