‹ Des mots, des vers [microforme]Chapitre 15 sur 40 · RONDE DES GNOMES · texte numérisé non relu

RONDE DES GNOMES

Gardiens des Montagnes Rocheuses Surveillant les gorges neigeuses,

Passent les gnomes noirs.

Ils chantent l’hymne des moraines, L'hymne des glaces souveraines, Dans la brise des soirs.

Sous les ombres de la vesprée, La grande plaine diaprée S’enténèbre et s’endort.

Le glacier, avec ses fantômes, Elabore ses mille atomes Dans le granit qu’il tord.

De la caverne des arcanes S’élancent par les barbacanes Les frimas de l’arein,

Et précipitent l’avalanche Qui sur les bourgades s’épanche Avec un bruit d'airain.

Ils dépouillent les caravanes Et détruisent huttes, cabanes, Au milieu du vallon.

Et dans les séculaires neiges, Formant leurs occultes cortèges, Ils lancent l’aquilon.

Ameutant toutes les furies Contre les hordes aguerries Chassant dans les déserts ;

Suscitant vertiges et brumes Qui recèlent comme des slumes Les abîmes ouverts;

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Broyant sous leurs froides étreintes Les captifs des glauques enceintes, Quand reviennent les soirs,

Au sein des Montagnes Rocheuses, Protégeant les passes neigeuses, Chantent les gnomes noirs.

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LES NEVADES

La voix de la plaine De mystère est pleine Au Céclin du jour.

Quand elle soupire Avec le zéphyre Un secret d’amour,

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Que de folles choses Entendent les roses Au sein du buisson.

Si le cœur écoute, Souvent il redoute L'étrange leçon.

La voix de la brise Au rocher se brise

Comme en un sanglot;

Et sa morne plainte D’alarmes empreinte Epanche son flot.

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LA + + | Quand revient l'automne, La brume festonne | Le linceul dex bois. \

On entend les fauves ï Sous les arbres chauves # Courir aux abois. E * t ( + * ‘ \ Ni

La voix des tempêtes A Frappant les arêtes Clame ses discords.

Sa rage brutale Aux moissons fatale

Redouble d’efforts.

DES MOTS mt, 1]

} # L # * ! | Son sifflement rauque L Passe en la nuit glauque | Des cieux assombris.

En bruyantes vagues Les tourbillons vagues Poussent des débris.

La voix des Névades En fières bravades Nargue les humains.

Plus d’un long cortège Qui bat les chemins.

Elle attire au piège |

Des spectres livides Aux ch:'.eurs avides Inspireut l'horreur.

Et, dans les nuits f des, Des cadavres, roides, Jettent la terreur.

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