HISTORIQUE
La découverte des nerfs vaso-moteurs est sans contredit l’une des plus importantes conquêtes des physiologistes de notre époque : elle a été déjà féconde en applications, quoi qu’elle soit d’origine récente.
En effet, avant l’année 1840, on igmorait la présence des éléments musculaires dans les parois vasculaires; Harvey et Haller niaient la contractilité des artères. L’un des premiers, Hunter remarque le resserrement des artérioles que Bichat appelle la tonicité vasculaire. Mais l’ attention de Bichat est déjà attirée par les rapporls constants qu’il observe entre les artères et les ramifications du g-rand sympathique, il ouvre la voie aux physiologistes.
En 1822, Magendie, parlant des petits vaisseaux, pense qu il est impossible de savoir s’ils sont contractiles ou ne le sont pas.
Vers 1840, Idenle découvre les fibres-cellules des vaisseaux, et Stilling* les nerfs qui se perdent sur leurs parois, et qu’il appelle nerfs vaso-moteurs.
En 1847, Kolliker voit les fibres-cellules, que Henle avait déjà signalées, et donne la preuve anatomique de la contractilité des vaisseaux.
Quant aux nerfs vaso-moteurs proprement dits, leur existence avait été solidement établie, par Stilling, maison n’avait pas étudié leurs usages physiologiques.
Toutes les expériences de Pourfour Dupetit, en 1727 , Dupuy en 1816, Brachet (1837), Reid (1838), faites sur le grand sympathique, n’ont rien de commun avec l’élude des vaso-moteurs; ces expérimentateurs avaient pour but d’étudier les mouvements de l’iris; c’est donc bien à tort qu’on les regarde comme les précurseurs de Cl. Bernard; j'en dirai autant de Biffî de Milan (1846), et de Budge et Waller (1851). Ces deux derniers auteurs découvrent dans la moelle le centre cilio-spinal et le centre génito-spinal (1858); mais ils ne remarquent que les effets produits, tantôt sur l’iris, tantôt sur le rectum et la vessie; les phénomènes vasculaires passent inaperçus. C’est en 1851 que M. Cl. Bernard démontre les modifications vasculaires qui surviennent après la section du sympathique au cou.
Il importe peu que ce physiologiste ait attribué d’abord les principaux effets produits à la calorification, il importe peu qu’avant lui on ait pratiqué la section du sympathique. Il a le premier constaté que cette section déterminait une dilatation vasculaire.
En 1852, M. Brown-Séquard et MA CL Bernard publient presque simultanément, l’un aux États-Unis, l’autre à Paris, un travail sur les phénomènes vasculaires dus à l’électrisation du sympathique et sur le resserremnt des vaisseaux.
La publication de M. Brown-Séquard est antérieure de trois mois; mais M. Cl. Bernard déclare qu’il avait fait l’expérience dans son laboratoire dès l’année 1850. Du reste, peu de temps après, en Angleterre, Augustus Waller croyait également être le premier à observer ce fait.
11 est évident que les effets de la section étant connus, l’idée de galvaniser le nerf devait se présenter en meme temps à la plupart des observateurs.
La dilatation paralytique des vaisseaux n’expliquait pas tous les faits observés. Schifî imagine, en 1862, la théorie des nerfs dilatateurs, qui a été également admise pendant quelque temps par M. Cl. Bernard.
Viennent ensuite les expériences de M. Cl. Bernard, sur la glande sous-maxillaire en 1858, puis les récents travaux de Donders, Ludwig, Cvon, Rouget, Tcheschichin, Goltz, etc.