‹ Des nerfs vaso-moteursChapitre 4 sur 19 · ORIGINE · texte numérisé non relu

ORIGINE

Les anciens anatomistes décrivaient deux cordons sympathiques parallèles prenant naissance à la troisième paire de nerfs crâniens; l’origine médullair fut méconnue jusqu'aux expériences de Budge et Waller.

Ce nerf ne forme pas un système indépendant comme

le croyaient encore Reil, Winslow et Bichat; ses ganglions lui donnent, il est vrai, une certaine autonomie que ne possèdent pas les nerfs de la vie animale, mais comme ces derniers il prend naissance dans la moelle, et nous verrons que les vaso-moteurs en particulier, sont directement influencés par les lésions ou les excitations artificielles des centre nerveux.

C’est par les rami communicantes que les ganglions du sympathique se mettent en rapport avec les nerfs médullaires au niveau destrousde conjugaison, etau moyen de ceux-ci avec la moelle. Les éléments nerveux contenus dans ces rami communicantes sont de deux sortes : les uns viennent de la moelle et se rendent dans le ganglion, les autres partent du ganglion et aboutissent à la moelle. Cette disposition a été mise hors de doute par les recherches de MM. Bidder et Volkmann, et surtout par celles de Waller.

Parmi ces éléments, les uns sont sensitifs et se mettent en rapport avec le ganglion des racines postérieures, les autres sont moteurs et suivent le trajet des racines antérieures ; les vaso-moteurs naissent exclusivement de ce dernier g’roupe.

Généralement, pour un seul ganglion, il y a deux ou plusieurs rami communicantes; l’un d’eux est blanc, l’autre ou les autres sont gris.

Si nous voulons poursuivre les nerfs vaso-moteurs jusque dans leur trajet médullaire, l’examen anatomique ne nous suffit plus. Il est vrai que Jacubowitsch a décrit, dans la substance grise de la moelle, de petites cellules bipolaires qu’il considère comme des cellules nerveuses du sympathique; mais les connexions de ces

cellules avec le sympathique n’ont pas été démontrées; c’est à l’expérimentation physiologique qu'il faut recourir pour chercher l’origine réelle des vaso-moteurs.

D’après M. Luys, la portion de substance grise qui avoisine les parois du canal central de la moelle constitue une couche distincte, formée par les cellules de Jacubowitsch et s’étendant de l’extrémité inférieure de la moelle jusqu’à l’implantation de 1 olfactif. M. Robin regarde cette disposition comme très-probable.

Nous reviendrons plus tard sur les phénomènes qui suivent la section ou l’excitation de quelques points de la moelle; ma:s nous dirons dès à présent que certaines régions de la moelle influencent plus particulièrement les muscles vasculaires ; de là le nom de centres sympathiques donné à ces régions: de là aussi la notion du siège de l'origine médullaire de ces nerfs.

Waller, étudiant la dégénérescence du sympathique cervical après sa section, remarqua que l’altération se montrait dans F extrémité périphérique ou cervicale, et il put s’assurer par sa méthode d’investigation que le sympathique cervical venait du premier ganglion thoracique qui est directement en rapport avec les racines rachidiennes.

Budge et Waller reconnurent que la section de la moelle cervicale produisait des phénomènes pupillaires analogues à ceux que l’on obtient par la section du filet cervical. Plus tard, M. Cl. Bernard fit observer de plus que les vaisseaux de la tête étaient innervés par cette portion de la moelle nommée région ciiio-spinale, et située entre la sixième vertèbre cervicale et la quatrième dorsale; ou plutôt il .admet un

centre cilio-spinal destiné à l’iris et venant des deux premières paires dorsales, et un centre, pour les vaisseaux de la tête, situé au-dessous.

C’est en ce point, que la section de la moelle produit des phénomènes pupillaires et vasculaires très-marqués ; mais il ne faut pas croire que l’orig'ine des vasomoteurs cervicaux siég*e uniquement à ce niveau et soit exactement délimitée.

M. Brown-Séquard a constaté que des sections faites beaucoup plus bas (jusqu’à la 11e vertèbre dorsale) avaient une influence non douteuse sur les muscles lisses de la tête.

Budg’e et Schiff signalèrent un autre centre vasomoteur, dit g*énito-spinal, et s’étendant depuis la 5e vertèbre dorsale, jusqu’à la fin de la moelle.

Nous voyons donc que d’après les recherches précédentes les origines vaso-motrices s’étendraient de l’extrémité inférieure de la moelle jusqu’au niveau de la 6e vertèbre cervicale.

Au-dessus de ce point, avons-nous encore des centres vaso-moteurs ? Cela paraît bien démontré, et Schiff croit que le véritable centre se trouve dans la moelle allongée, et qu’en outre une partie des éléments nerveux, issus de ce centre, s’entre-croisent dans la moelle. D’après Salkowski le centre cilio-spinal serait situé dans le bulbe et les filets descendraient pour sortir par les paires cervicales inférieures et dorsales supérieures.

Pour Ludwig* et Thiry, l’org*ane central des vasomoteurs est situé dans la moelle allongée.

Tscheschichin fixe ce centre au niveau du point de jonction du bulbe et de la protubérance annulaire.

D’après M. Brown-Séquard, un certain nombre d’élé- Legros. 2

ments vaso-moteurs s’arrêteraient dans la moelle, mais quelques-uns monteraient jusqu’à la protubérance, et même jusqu’au cervelet et à l’encéphale, ce qui est en accord complet avec les recherches de M. Luys.

Il n’est point douteux que le bulbe possède une influence vaso-motrice très-étendue, et nous verrons que les lésions ou les excitations portées sur ce point des centres nerveux produisent des effets marqués sur les vaisseaux des viscères ou de la périphérie du corps. II est probable que le bulbe est le point qui coordonne et régularise Faction des divers centres médullaires.

On peut donc regarder comme à peu près certain que l’axe cérébro-spinal, depuis l’origine de l’olfatif jusqu’à sa terminaison, fournit des rameaux d’origine au grand sympathique; que ces rameaux d’origine sont en connexion les uns avec les autres, et qu’il est difficile d’établir, comme on a voulu le faire, une limite précise pour les centres sympathiques, qui seraient en relation exclusivement avec telle ou telle partie du corps; il n’est pas douteux, cependant, que les lésions et l’excitation de quelques points de l’axe médullaire, agissent plus spécialement sur certains groupes de vaso-moteurs.

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