‹ Des nerfs vaso-moteursChapitre 6 sur 19 · TERMINAISONS · texte numérisé non relu

TERMINAISONS

En 1840, Stilling’ découvrit le long’ des parois vasculaires des éléments nerveux qu’il appela nerfs vasomoteurs.

AprèsStilling*,Kœlliker et d’autres auteurs constatent la présence de ces nerfs dont ils donnent une description assez confuse.

M. Robin et M. Ordonez (Programme du cours d’histologne, 1864), et, après eux, M. Gimbert (Structure des artères, thèse 1865), ont suivi les vaso-moteurs sur de fines ramifications artérielles; ils ont constaté qu’en certains points il y avait des cellules ganglionnaires, que les fibres nerveuses se réduisaient à l’état de fibres de Remak et qu’elles se terminaient en pointe au milieu des muscles lisses des vaisseaux.

Lister (1858) avait déjà constaté de petits g'angdions sur le trajet des artères des membres inférieurs de la grenouille.

Kœlliker, sans nier la présence des nerfs sur les vaisseaux, croit pouvoir affirmer qu’un certain nombre d’artères en sont dépourvues , il cite notamment les artères musculaires que Reale (1865) considère, au contraire, comme riches en terminaisons nerveuses; cet auteur croit qu’il existe des fibres nerveuses très- fines même au-dessous des fibres musculaires des artères sans pouvoir affirmer qu’il en existe dans la tunique interne; c’est également l’opinion de Luschka. Beale croit même avoir suivi des filets jusque sur les capillaires de la g’renouille; il suppose qu’il existe des nerfs semblables sur

les vaisseaux de l’homme, mais il n’a pu les constater; il a reconnu également des ganglions microscopiques et les cellules nerveuses sur le trajet des vaisseaux ; les figures qu’il en donne représentent les vaisseaux munis d’une quantité considérable de ces cellules nerveuses.

J. Arnold (1869) a fait sur ce sujet des recherches minutieuses ; d’après cet anatomiste on trouverait autour des vaisseaux, des tubes ïisrveux minces avec couche de myéline et des fibres sans moelle, larg’es de 0,0018 à 0,0023““ avec des noyaux de distance en distance. Ces fibres forment un premier réseau muni de cellules ganglionnaires et même de petits ganglions. De ce point partent des branches qui, se ramifiant audessus de la tunique musculaire, forment un second réseau intermédiaire dans lequel on ne trouve plus de tubes nerveux avec myéline, ces derniers sont devenus semblables aux fibres pâles qui existaient déjà dans le réseau superficiel, les mailles de ce réseau sont losangiques et présentent une petite cellule au niveau des intersections fibrillaires.

Du réseau intermédiaire partent des fibrilles qui pénètrent dans les muscles lisses en diminuant encore de diamètre, de sorte qu’elles n’ont plus que 0,0003 à 0,0004™“. Au niveau de chaque subdivision se voitj un petit renflement, il se forme de cette façon un troisième réseau in tra- musculaire d’où émergent des fibrilles d’une ténuité extrême (0,0002““) qui pénètrent dans les fibres-cellules et se terminent par une extrémité renflée.

Frankenhæuser (1867) croit qu’elles se terminent dans le nucléole et que le nombre des fibrilles qui s’en-

foncent dans une fibre-cellule est le même que le nombre des nucléoles.

Klebs repousse la terminaison par une extrémité libre; il croit qu’il existe un réseau terminal intercellulaire présentant de petits renflements aux points d’intersection.

Beale accepte l’opinion de Klebs (1867).

M. Hénocque (1870) donne une description de ces terminaisons nerveuses, qui est fort analogue à celle d’Arnold et de Frankenhæuser. Je noterai cependant que l’auteur de ce travail admet que la terminaison se fait de trois façons : dans le nucléole, dans un point quelconque de la fibre-cellule, ou en dehors de la fibrecellule.

Oserai-je dire que, malgré des détails si précis, on est loin d’avoir acquis une certitude en ce qui concerne les terminaisons des nerfs vaso-moteurs dans les vaisseaux et dans les fibres musculaires lisses en général ; les recherches de ce genre sont d’une difficulté extrême, et l’emploi de certains réactifs tels que le chlorure d’or et l’acide hyperosmique modifie tellement l’aspect des tissus qu’il en peut résulter de fâcheuses illusions.

J’ai, pour ma part, vainement cherché ce mode de terminaison des vaso-moteurs, je ne nie pas pour cela qu’il ne puisse exister; mais, à l’appui de mon opinion, je puis ajouter que, dans la dernière édition du Microscope deFrey, publiée en 1871, Engelmann et Frey n’ont pu trouver la moindre trace de ces terminaisons dans les muscles lisses et mettent également en doute les descriptions qu’on en a données

Certains faits cependant restent acquis; il existe bien réellement un réseau nerveux péri- vasculaire autour des

artères et des veines, et un réseau situé immédiatement au-dessus de la couche des fibres musculaires lisses ; il est également certain que J’on rencontre dans ces réseaux des cellules nerveuses ganglionnaires, analogues à celles que l’on voit dans la plupart des organes munis de muscles de la vie organique; j’ajouterai même que ces ganglions microscopiques doivent être pris en sérieuse considération dans l’étude des actions vasomotrices. E. Klein a constaté que les artères grêles qui ne possèdent qu’une couche musculaire très -mince, sont les pins riches en libres nerveuses, plus riches que les grosses artères, qui ont une couche musculaire épaisse.

On ne sait rien sur les vaso-moteurs des conduits lymphatiques qui possèdent des fibres-cellules et sont manifestement contractiles ; c’est là, pour les anatomistes et les physiologistes, un sujet d’étude inexploré. Kœlliker parle de filets nerveux trouvés dans les ganglions lymphatiques, mais sans donner aucun détail. Lionel Beale décrit sur les cœurs lymphatiques des grenouilles un plexus nerveux analogue à celui des vaisseaux, ce qui a lieu d’étonner, car les parois de ces poches contractiles contiennent des muscles striés.

— Existe-t-il des nerfs vaso-moteurs en dehors du grand sympathique? Les nerfs de la vie animale peuventils agir directement sur la contraction des vaisseaux? Schiff soutient que certains nerfs cervicaux, les rameaux de la cinquième paire et la septième paire sont des nerfs vaso-moteurs. Les nerfs de la cinquième paire et du plexus cervical reçoivent manifestement des filets sympathiques ; il n’est donc pas étonnant de voir la section de ces nerfs amener la paralysie des vaisseaux. Pour le

facial, nous avons vu que sa section dans le crâne ne produit aucun phénomène vasculaire, mais hors du crâne la section amène une certaine turgescence des vaisseaux. Schiff avait constaté que l’arrachement du (acial déterminait ce dernier résultat, mais on pouvait objecter qu’il avait arraché également les anastomoses avec le sympathique; il fît alors l’expérience d’une autre façon ; dix jours après l’extirpation du ganglion cervical supérieur sur un lapin, il arrache le facial et voit se produire les effets ordinaires sur la circulation; ce qui lui semble prouver que le nerf facial n’emprunte pas ses éléments vaso-moteurs au grand sympathique. D’un autre côté, M. Cl. Bernard croit que les filets sympathiques du facial viennent par le nerf intermédiaire de Wrisberg, de sorte que l’expérience de Schiff* ne changerait rien aux idées généralement acceptées concernant l’origine [exclusivement sympathique des nerfs vaso-moteurs.

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