INTRODUCTION ET HISTORIQUE
A la suit: d'interventions chirurgicales et en particulier à la suite d'opérations sanglantes, il se produit assez fréquemment du côté des nerfs périphériques des troubles variés, légers ou graves, passagers ou durables, dont l’ensemble constitue un chapitre important dans l'étude des complications opératoires. Ces troubles surviennent habitueliement quelques jours après l'intervention et se manifestent par des phénomènes moteurs, sensitifs ou trophiques, quelquefois isolés, souvent associés sous les formes les plus diverses. C’est l’ensemble de ces lésions nerveuses, dont l’étiologie est fort différente suivant les cas, que nous nous proposons d'étudier sous le nom de névrites post-opératoires.
Ces troubles nerveux que l'on a décrit en particulier pour les moignons d'amputation ont préoccupé les chirurgiens de toutes les époques, mais jusqu'à ces dernières années l'obscurité la plus complète n’a cessé de régner sur letir pathogénie. Avec les données actulles de la science il est encore difficile de résoudre certains problèmes et l'on peut souhaiter
Nr UE que de nouvelles recherches viennent éclairer complètement cetteintéressante question.
Ces sortes de névrites post-opératoires n'ont pas exclusivement leur siège dans les moignons d'amputation. Elles peuvent survenir à la suite d'opérations les plus diverses : ablation de tumeur, résections, extirpation de ganglions tuberculeux, réduction de luxation, etc. Quelques auteurs ont même cité des cas de névrites commé étant la conséquence d'une simple saignée ou d'une vulgaire extraction de dent !
D'ailleurs l'histoire de ces névrites est toute récente. Si les observations n'ont pas été plus nombreusses jusqu'ici, c'est que, la plupart du temps, les complications de ce genre ont été rangées au nombre des névralgies. Il a fallu les recherches anatomopathologiques de F. Frank, d'Hildenbrandt, de Swan, de Gondrin, celles plus récentes de Charcot et de Schwartz pour déterminer la véritable nature de ces lésions nerveuses et en fixer le mécanisme.
Dubreuihl, dans sa thèse soutenue en 1845 à Montpellier, cite un cas de névrite aiguë, survenue à la suite de l'ablation d'une tumeur qui reposait sur le plexus brachial.
En 1851, Verneuil publie la première observation de névrite des moignons. Il en décrit les symptômes cliniques et se livre à de minutieuses dissections. Mais, ce fut Duménil, de Rouen, qui, en 1862, formula le premier la théorie de la névrite ascendante, eten publia une remarquable observation. L'examen histologique fut pratiqué par Pouchet.
Weir Mitchell, pendant la guerre de Sécession,
TE observa un grand nombre d'affections traumatiques des nerfs et décrivit lanévrite périphérique. En 1864, il publia son livre sur les lésions des nerfs et crut pouvoir affirmer que: « les névralgies persistantes des moignons n'existent jamais sans une sclérose « des nerfs, ayant eu son point de départ dans une « névrite, et tendant à se propager versles centres ».
Les thèses de Brive (1876), d'Etienne (1878) et, enfin, celle de Fortin, en 1889, apportèrent de nouveaux éléments à l’histoire de la névrite traumatique en général.
En 1881, un mémoire très documenté, publié par Nepveu dans la Revue de Chirurgie, vint réunir ces travaux épars et donner, à propos d'une observation nouvelle, le seul examen histologique GPA p que nous possédions.
Jusqu'à cette époque on peut dire que les chirurgiens $s étaient surtout occupés de lanévrite des moignons, lorsqu'en 1885, Charvot publia, dans Îles Archives générales de Médecine, un travail sur la névrite traumatique et ses conséquences en chirurgie: Dans ce mémoire, on trouve deux observations intéressantes de névrites consécutives, l'une à l'extirpation de ganglions tuberculeux de la région cervicale, l’autre à l’excision d une chéloïde superficielle de la
même région.
Dernièrement enfin, au Congrès de Chirurgie de 1897, Schwartz étudia les paralysies post-ancsthésiques, et attribua certains troubles nerveux à une fausse position donnée aux malades pendant le cours de l'opération.
RCE Telle est, esquissée dans ses grandes lignes, l'historique de la question des névrites post-opératoires. Dans ce travail, nous laisserons à dessein de côté la symptomatologie et l'anatomie pathologique, qui sont celles de la névrite traumatique en général. Ces questions ont été étudiées d'une façon fort complète dans les thèses de Zumbielh (Nancy, 1889) et de : Bonnet (Lyon, 1892), ainsi que dans les articles de Lejars, de Schwartz, de Romberg, de Tripier et de Valleix. Notre principal but, au cours de ce travail, basé sur les observations que nous avons pu réunir, sera de rechercher les causes de ces névrites postopératoires et d'étudier les moyens de traitement
employés pour les combattre.