Manie hystérique avec nymphomanie
(Taguet. Ibidem, p. 20.)
Mariée fort jeune à un instituteur qui n'a pas répondu à l'idéal de ses rêves, Cécile a eu, depuis la puberté jusqu'à w2o ans, dès
crises hystériques, à chaque période menstruelle. A cette époque, jusqu'à l'âge de 56 ans, elle fut chaque mois prise d'accès d'agitation, d'excitations genésiques, commit des actes aussi erotiques qu'extravagants. Peu de temps après, elle devint enceinte ; la menstruation cessa en conséquence, et la raison se recouvra.
Notre confrère, ainsi que beaucoup de médecins, croient que la menstruation a une influence incontestable sur l'excitation vénérienne; et il cite à l'appui de son opinion celles de Tardieu et de Brierre. Jusque-là, nous soin mes d'accord. Mais, où nous cessons de l'être, c'est lorsqu'il affirme que la menstruation produit très-souvent la nymphomanie. De l'excitation à la fureur utérine, il y a un abîme, et l'une ne conduit pas nécessairement à l'autre. En outre , il est urgent de combattre cette croyance vulgaire que l'hystérie s'accompagne presque fatalement de nymphomanie, et que ces deux maladies tendent à n'en faire qu'une; et, en accordant une trop grande part a l'excitation genésique dans l'hystérie d'origine menstruelle, on fortifie une erreur dangereuse pour les cas de médecine légale. Laguérison a-t-elleeu lieu par suite de l'apaisement des organes génitaux, ou par la cessation d'une chlorose, source si fréquente de l'hystérie? Il faut, évidemment, adopter l'une ou l'autre de ces présomptions. Quant à la question du mariage, nous avons vu, en parlant de la nymphomanie, ce qu'en pensent certains auteurs, et la réserve dans laquelle nous nous sommes tenu. Voici l'opinion de Dusourd, qui mérite d'être reproduite : « On pense, généralement, que le mariage fait cesser la chlorose. Cet effet a lieu quelquefois ; mais le plus souvent après, celle maladie augmente ou reste stationnaire. Sur soixante femmes mariées pendant qu'elles avaient la chlorose, sept ont guéri dans le cours de l'un des trois premiers mois qui oui suivi le mariage. Vingt-sept sont restées dans le même état, pendant au moins une année. Chez vingt-six, la chlorose a l'ait
des progrès, dès le premier ou second mois. Parmi ces dernières, neuf étaient affectées de chlorose chronique, restée stationnaire depuis plusieurs années. Aussitôt après le mariage, ces maladies sont passées à l'état aigu, et se sont aggravées. » (Opère citato, page 549).