Manie hystériforme
(Girard. Considérât, physiolog., etc. Observation w2.'
Une dévideuse, âgée de 12 ans, d'un tempérament nervososanguin, éprouve des gastro-entéralgies, des oppressions, dc^
BERTUIER. — NEVROSES. 15
crampes, la boule hystérique. La maladie progresse pendant deux ans, époque a laquelle on note les symptômes suivants : constipation, douleur à la pression abdominale, inégale distribution de la chaleur, fréquence du pouls, hypéresthésie générale. Entrée à l'IIôtel-Dieu de Lyon, le 10 février 1859 ; le 12, délire, hallucinations de la vue et de l'odorat. Douleurs aux cuisses et aux lombes; forte saignée. Le 15, quelques gouttes d'un liquide rougeàtre séro-sanguinolent s'échappent de la vulve ; aussitôt amélioration : la contracture se dissipe, les symptômes diminuent progressivement d'intensité. Le 29, sortie par guérison.
Si l'hystérie a été regardée par la plupart des auteurs modernes, comme une affection essentiellement nerveuse, et très-souvent indépendante de désordres utérins, très-souvent aussi les phénomènes hystériques prennent leur point de départ dans tous les organes générateurs, — comme le démontre avec justesse le livre de M. Girard, comme le prouve ce fait mieux que tout raisonnement, et comme le croyaient nos pères. Il n'a pas même fallu que la menstruation fût établie ; quelques gouttes d'un liquide rougeàtre ont été le signal de la guérison.