MAME
Cette Observation montre que, si les attractifs dérivatifs, tels que les sangsues, réussissent à rappeler le cours des règles pour l'avantage de la santé, les émissions sanguines portent parfois préjudice au système entier, en jetant les sujets lymphatiques dans une sorte d'anémie qui provoque l'hystérie et la paralysie hystérique. Peut-être eût-il mieux valu employer les attractifs dérivatifs autres que les sangsues, et tenir compte, avant tout, du genre de tempérament.
23Î. — Jlanie épileptique.
(Lalesque. Journal hebdomadaire, t. 4, p. 270.)
Une fille, d'une constitution assez forte, avait vu ses règles pour la première fois à l'âge de 13 ans. Cette évacuation se fit d'abord sans aucun trouble, et eut lieu régulièrement pendant quelques mois. Mais il survint bientôt du dérangement, sans cause appréciable. De régulier qu'il était, il devint irrégulier, peu abondant, susceptible de retard, puis de grande fréquence. Après une contrariété de la part de ses parents, un violent accès de colère éclata, et la malade fut prise de délire. On la mena à la Salpètrière. Elle avait 45 ans, et prenait subitement des convulsions avec perte de sentiment et de connaissance. À force de soins, les règles reprirent leur régularité, et depuis lors les symptômes énumérés disparurent insensiblement ; et elle sembla guérie.
Un an après, pendant une époque menstruelle, elle fut prise d'une Manie aiguë, et, quelques jours après, mourut strangulée involontairement sur son lit.
Je n'attache pas ici à la menstruation plus d'importance qu'elle ne mérite, et, d'après l'historique de la maladie, je crois même que les troubles menstruels ont été la consé-
quence d'une affection cérébrale évidemment de longue date. Mais tout montre les relations de l'utérus et du cerveau, jusqu'à l'accès de Manie survenu pendant l'écoulement: et j'ai pensé qu'il n'était pas inutile d'ajouter à notre liste celte Observation, dont la pathologie peut tirer le plus grand profit.
Quant au suicide, nous l'attribuons àl'épilepsie ; car, dans la Manie aiguë, les actes de cette nature ne se rencontrent jamais, tandis qu'ils sont fréquents dans le mal caduc, après les crises ou pendant les crises larvées. Nous ne nous chargerons pas d'expliquer les altérations cadavériques, à moins de supposer que les accès de délire ne fussent que des folies congestives, comme elles se présentent souvent dans la période initiale ou prodromique de la paralysie générale progressive.