‹ Des névroses menstruelles; ou, La menstruation dans ses rapports avec les maladies nerveuses et mentalesChapitre 28 sur 174 · Gastralgie · texte numérisé non relu

Gastralgie

(Schmidtmakn. Summa observ. medica. Ex praxis clinica, 1820, chap. IX.)

Une fdle de 21 ans, d'un aspect cachectique, et n'ayant jamais eu ses règles, avait, à l'estomac, une douleur vive et permanente. En outre, elle éprouvait des cuissons en urinant, et ses urines ne coulaient que goutte à goutte, ce qui faisait soupçonner la présence d'un calcul dans la vessie. A l'inspection des parties génitales, on trouva l'orifice vaginal complètement oblitéré par l'hymen : aussitôt que cette membrane fut incisée, il sortit beaucoup de sang corrompu, les douleurs d'estomac se dissipèrent en peu de jours, sans qu'il fut nécessore d'employer d'autres moyens.

Ceci n'a pas besoin de commentaire. Il s'agit d'une action sympathique de l'utérus sur l'estomac, semblable à celle que produit la gestation sur ce viscère qui devient le siège de nausées, de pica, de malaises, de régurgitations, de vomissements; et je dis sympathique, car, dans la gestation, ces symptômes ne se produisent généralement qu'au début de la grossesse, alors que l'utérus est le moins gravide ; — vers la fin, la gastralgie, si elle a lieu, est le résultat d'une pression complètement mécanique. Nous verrons, au n° 86, une observation presque analogue, celle (rime épileptique dont on incisa le vagin et qui guérit de ses crises. Mais, dans les cas d'imperforation, ce sont surtout les symptômes gastriques qui dominent.

£9. — Gastralgie.

(Barras. Traité sur les gastralgies, 2e édit., p. 503.)

Une paysanne de 26 ans, jouissant d'une forte santé, et sujette à des règles abondantes qui duraient ordinairement une semaine, éprouva une indigestion de gâteaux, le premier jour de cet écoulement. Le flux menstruel se supprima tout de suite, et cette fdle fut prise d'une violente gastralgie pour laquelle on consulta.

Le praticien ordonna une médication, à l'aide de laquelle les menstrues reparurent : aussitôt la douleur d'estomac disparut, et la santé se rétablit.

On ne peut exiger une preuve et une contre-épreuve plus décisives, je pense, des relations de l'estomac et de l'utérus. La malade était très-robuste, elle avait habituellement des règles abondantes, il y avait pléthore : la saignée spoliatrice l'a combattue.

La rétention menstruelle, comme cause de gastralgie, a élé signalée par une foule d'auteurs, entre autres par Tissot, Whytt, Lorry, Pomme, Viridet, Vogel,

GÀSTRO-ENTERALGIE. 45

Dans un opuscule des plus pratiques, de Beauchène décrit une sorte de maladie nerveuse avec matières caractérisée par un état vaporeux consécutif aux troubles viscéraux, el il cite, à l'appui de sa thèse , une très-intéressante histoire que je ne puis m'empêcher de rapporter, tant elle a de rapports avec celle-ci :

Une demoiselle d'environ 20 ans, d'un tempérament bilieux et phlegmatique, dont le flux périodique se faisait très-irrégulièrement depuis longtemps et qui éprouvait toujours quelques incommodités à cette époque, eut une suppression subite à la suite de quelque contrariété. Deux heures après, elle ressentit une douleur vive au coté droit, une grande difficulté de respirer, une oppression considérable. Les spasmes et les convulsions se firent sentir à leur tour. Puis, survinrent les douleurs au creux de l'estomac, accompagnées de vents et de coliques. Je lui fis prendre du tartre vitriolé, du nitre, du quinquina, beaucoup de petit-lait, et lui ordonnai des lavements avec la graine de lin et l'huile de camomille romaine. Six heures après qu'elle eut usé de ces remèdes, les évacuations bilieuses commencèrent, tous les accidents se calmèrent, et elle fut totalement guérie, les règles ayant reparu. (De rinjluence des affections de ïame dans les maladies nerveuses des femmes, 1785. P. 79.) Les purgatifs, en désobstruant les premières voies, ont rappelé le cours menstruel, sans qu'on ait eu besoin de les provoquer ; de même que chez la malade de Barras, un traitement, qui a combattu l'indigestion, a rétabli la menstruation et guéri la gastralgie.

30 — Gastro-eiitëralgie.

(J. B. Barthez. Consultations de médecine, 1807, 1. 1, p. 282.)

Une dame est sujette, depuis longtemps, à des affections nerveuses. Elle avait eu, dans les premiers jours d'avril, un commencement d'évacuation menstruelle qui fut arrêtée par l'impression d'un effroi, lequel causa d'abord une défaillance, puis une forte colique s'etendant de l'estomac au bas-ventre. Celle-ci était accompagnée d'efforts violents de toux avec suffocation.

Après hi cessation de l'époque menstruelle, ces symptômes disparurent. Le 20 du mois, survint une nouvelle petite perte; aussitôt les symptômes reparurent jusqu'au 25, avec une intensité croissante : application de sangsues à la vulve.

L'auteur attribue cette maladie à la suppression des règles. Pour lui c'est une hystérie; aussi se garde-t-il bien de prescrire la saignée générale, et conseille-t-il avant tout les toniques, les antispasmodiques unis à quelques emménagogues externes : car l'estomac s'opposait aux remèdes irritants.

Quoique l'observation soit incomplète, on doit présumer que la guérison a eu lieu, d'après le ton de la narration.

Il ne faudrait pas juger du nombre des névralgies sympathiques de l'estomac et des intestins, disons-le en passant, par la petite quantité d'affections de ce genre relatées ici. Elles sont tellement communes que les praticiens ne songent pas, le plus souvent, à les publier, et que nous en avons peu trouvées dans les livres. Mais tous les auteurs, français t> * étrangers, constatent l'intimité des rapports qui existent entre les crampes, les coliques, les spasmes, la boulimie, la dyspepsie nerveuse, et les troubles variés des organes génitaux de la femme.

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