‹ Des névroses menstruelles; ou, La menstruation dans ses rapports avec les maladies nerveuses et mentalesChapitre 71 sur 174 · CONGESTIONS CÉRÉBRALES · texte numérisé non relu

CONGESTIONS CÉRÉBRALES

Ollivier d'Angers, dans son Traité des maladies de la moelle. « A partir de 49 ans, âge auquel les règles cessent de paraître avec exactitude, nue dame éprouve les symptômes suivants, d'autant plus prononcés qu'il y a plus d'intervalles dans les retours de la menstruation : pesanteur subite, constriction épigastrique, bouffées de chaleur à la face, brûlure se propageant du dos au bras et aux mains, dont les mouvements, d'abord difficiles, deviennent impossibles. Ces espèces d'attaques, qui durent une heure environ, se renouvellent quatre à cinq fois dans la même journée, pendant quatre à cinq jours. Les accidents reparaissent avant et après les règles.

Une demoiselle de 22 ans eut, à la suite de chagrins et de contrariétés, une suppression des règles. Bientôt elle fut atteinte de céphalalgie avec douleurs rachidiennes. Bientôt succédèrent des douleurs lombaires très-aiguës, s'étendant de la tète au sacrum. Les membres avaient une telle sensibilité, que leur moindre contact arrachait des cris. Sangsues et ventouses furent posées le long du rachis ; on employa les fomentations émollientes, et l'état de souffrance finit par disparaître.

Chez une personne de 12 ans, on observait des congestions rachidiennes périodiques, dont le développement coïncidait avec l'apparition des phénomènes précurseurs de la menstruation. Les douleurs dorsales furent accompagnées de contractures permanentes des membres avec fièvre, épigastralgie, hoquet, dysurie, constipation, puis de mouvements convulsifs généraux, et enfin d'un véritable emprosthotonos. Plus tard survinrent des phénomènes cérébraux. Tous ces accidents disparurent, après une hémorrhagie nasale accidentelle. »

Personne ne contestera la liaison manifeste des phénomènes iluxionnaires, se portant tantôt à l'utérus, tantôt au rachis, tantôt au cerveau, et alternant pour ainsi dire îes

uns avec les autres, el montrant par le dernier exemple une preuve décisive des hémorrhagies critiques. D'ailleurs, l'auteur semble la trouver si naturelle qu'il se borne à la constater; et, à la fin de la seconde de ces observations, il ajoute ces paroles : « Je ne doutais pas un instant que tous ces phénomènes ne fussent produits par une congestion rachidienne momentanée, depuis que l'utérus avait cessé d'être un centre de dérivation et d'écoulement sanguin, etc., etc. 11 résulte des différents cas qui précèdent, que les désordres de la menstruation sont une cause fréquente de congestion rachidienne. »

91» — Apoplexie.

(Domin Raymond. Op. citât., p. 181.)

Une dame de 57 ans, environ, vit ses règles supprimées. Quelques mois après une petite tumeur variqueuse, de la grosseur d'un pois, se forma entre l'os de la pommette et celui du nez. La malade lit appeler un chirurgien qui pratiqua la ligature, de manière que l'hémorrhagie ne reparût plus. Bientôt survinrent de la pesanteur de tète, une faiblesse générale ; la mémoire se perdit, les idées se brouillèrent, le sommeil était prolongé. Enfin survint une affection vaporeuse, que suivit une apoplexie mortelle.

Un chirurgien sage n'eut point opéré; il aurait vu là une déviation menstruelle, qu'il eût été préférable de détourner sur les parties inférieures. Il aurait présumé (pie celle tumeur était un mal nécessaire et respectable; Les auteurs ne manquent pas d'exemples de cette sorte; nous y voyons qu'on s'est toujours bien trouvé d'imiter et d'écou-

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