‹ Des névroses menstruelles; ou, La menstruation dans ses rapports avec les maladies nerveuses et mentalesChapitre 80 sur 174 · HÉMIPLÉGIE · texte numérisé non relu

HÉMIPLÉGIE

trouble cérébral, produisit en même temps les troubles de la fonction génitale. Il ajoute : parmi les observations publiées sur le cancer du cerveau, il en est dans lesquelles on voit la douleur revenir ou s'exaspérer au retour de chaque époque menstruelle, puis cesser ou diminuer dès que le sang a commencé de couler. Preuve éloquente des commotions sympathiques ! (voyez De la folie cancéreuse, par le docteur Bertbier. In annales médico-psychologiques de 1869). Bouillaud, dans son Traité de l'encéphalite, cite, observation XXX, une fille qui, dès qu'elle ne fut plus réglée, éprouva des douleurs clans le côté droit de l'hypogastre, puis une hémiplégie et mourut. Lallemand, Lettre III, cite une fille de 59 ans, habituellement mal réglée, qui, ayant eu une attaque de paralysie après une suppression des règles, fut prise d'hémiplégie et mourut. Gardanne, dans son Traité de la ménopause, raconte page 545, qu'une dame qui fut atteinte de paralysie, à la suite d'une suppression subite, demeura hémiplégique.

lOi. — Hémiplégie.

(César Gaillard. Recherches cliniques sur l'action des eaux d'Aix en Savoie, 1801.)

MPlleR., de Lyon, âgée de 24 ans, maigre et pâle, arrivée à Aix le 4 août 1860, a eu à l'âge de 10 ans une hémiplégie à droite ; elle n'a pu marcher pendant une année: le traitement a consisté d'abord en applications de vésicatoires le long du dos. On la porta ensuite à Aix, où les eaux lui rendirent l'usage des membres jusque-là paralysés. Elle y vint pendant trois ans, et se trouva à peu près guérie jusqu'à l'an dernier.

Depuis une année environ, il lui vient tous les mois, surtout à l'époque menstruelle, une hémiplégie complète à droite, mais non persistante, qui cède à une application de sangsues. Il lui arrive, en outre, souvent, d'être dans un état d'excitation, qui la prive de tout sommeil la nuit; elle parle alors beaucoup, mais sans avoir une connaissance suffisante de ce qu'elle fait ou de

ce qu'elle dit. Quanti la tète est ainsi affectée, tout va bien du côté de la jambe et du bras droits.

Le 15 juillet le 4 août, il y a un réveil de douleur au côté droit de la tète, du cou et du bras ; mais depuis le 16 août, les règles coulent assez abondamment, et elle va mieux.

Elle part le 5 septembre, après un mois de séjour a Aix. Le bras est plus fort, l'amélioration est , en un mot , très-satisfaisante.

Nous croyons, non pas que l'hémiplégie a été causée par la dysménorrhée, mais que celle-ci a beaucoup contribué à son retour. Nous avons surtout voulu, par cette relation, apporter un exemple de plus de l'action exercée par l'utérus sur le cerveau. La médication par les eaux a été essentiellement tonique ; et le titre de l'observation « hémiplégie chlorotique » explique le succès de la médication.

Page 1