‹ Des névroses menstruelles; ou, La menstruation dans ses rapports avec les maladies nerveuses et mentalesChapitre 99 sur 174 · Manie sans délire verbal · texte numérisé non relu

Manie sans délire verbal

(Esquihol. Maladies mentales, t. II, p. 814.)

A l'âge de 14 ans, madame B. jouissait d'une très-bonne santé apparente ; elle avait do l'embonpoint, et tous les signes de la puberté très-prononcés. Mais elle n'était pas encore réglée: tous les mois, à chaque époque où elle aurait dû l'être, elle se plaignait de céphalalgie; elle était inquiète, irascible, sombre. Bientôt la l'ace s'injectait fortement ainsi que les yeux, tout était pour elle une contrariété, un motif d'irritation; elle cherchait dispute à sa mère, l'injuriait, la menaçait, la maudissait, et se saisissant d'un couteau, se précipitait sur elle ou faisait des tentatives de suicide. Au plus haut période de l'accès, le sang s'échappait par la bouche, parle nez, quelquefois par les yeux : alors survenaient des pleurs, un tremblement général, des douleurs convulsives dans les membres, des regrets, suivis d'un long affaissement.

A l'âge de 16 ans, les accès de colère furent souvent remplacés par des convulsions hystériques, la maladie diminua progressivement, et ne cessa qu'à 17 ans, époque où les règles parurent, quoiqu'en très-petite quantité. Le mariage a fait disparaître tous les accidents nerveux.

Voilà une Observation remarquable à plusieurs litres. D'abord il y a coïncidence manifeste entre les accès de fureur maniaque et l'époque où les menstrues doivent paraître, jusqu'à ce que celles-ci aient paru ; puis coïncidence, également manifeste, entre l'apparition des règles et la cessation des accidents. Ensuite, nous voyons un exemple trèscurieux de ce qu'on a appelé la déviation des règles, et dont nous avons parlé dans nos prolégomènes (page 10).

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