Stupidité
(Gendrin. Traité méd. phil.f 1839, t. II, p. 19 et suiv.)
Une flUe de 27 ans eut le bras arraché dans l'engrenage d'une machine mue par la vapeur. Elle était au troisième jour de ses règles, qui duraient ordinairement six jours : elle fut immédiatement jetée dans un état de stupeur avec délire : les règles furent supprimées. L'état nerveux persista, et la mort arriva trente heures après l'accident.
Nul doute que la mort n'ait été le résultat de l'action combinée de la frayeur et de la suppression; mais la frayeur seule n'eût pas amené une marche aussi rapide, une issue aussi funeste des symptômes de cette nature. Une émotion vive (et les exemples ne sont malheureusement pas très-rares) peut causer la mort plus ou moins instantanée ; on n'a qu'à se rappeler la fin tragique d'Antigone Dozon,de Sophocle, d'Àdraste, de Sylla, d'Attila, de Venceslas, de Monck, de Fouquet, de Pitt, etc., chez lesquels il y a eu une espèce de sidération sans aucun symptôme de délire ou d'aliénation mentale.
Quoique le cas actuel ne rentre pas positivement dans le cadre des folies stupides^ à raison de sa marche et de sa nature, nous avons cru devoir le maintenir à cette place comme un exemple frappant des résultats possibles de la suppression brusque des menstrues, déterminée par une forte commotion unie à une grande frayeur.