‹ Des névroses menstruellesChapitre 30 sur 130 · Hyperesthésle · texte numérisé non relu

Hyperesthésle

(Moutard-Martim. Annales médico-psych, de 1844, t. HI, p. 511.)

Jeanne Thillois, âgée de 51 ans, fortement constituée, n'ayant été ébranlée que vers l'âge de 36 ans, époque à laquelle une émotion morale supprima ses règles et laissa des pesanteurs de tête, des douleurs rhumatoïdes passagères, puis des engourdissements dans les bras, les jambes, les épaules, le crâne, accompagnés d'élourdissements qui allaient jusqu'à faire tomber la malade. Un an plus tard, céphalalgie, délire, affaiblissement des jambes, douleur très-forte le long de la colonne vertébrale, y restant localisée dans l'état de repos. On combattit par des cautères, et par des vésicatoires appliqués sur le rachis.

Avec le temps, augmentation graduelle de ces douleurs, persistance de la faiblesse des membres avec embarras de la parole, et difficulté dans la déglutition.

De quelle nature est cette maladie? Une lésion organique? Laquelle? La vie végétative semble intacte.

Quelle en a été la cause, après l'aménorrhée? Le chagrin? L'anémie? Une irritation de la moelle?

Cliniquement, elle renferme deux éléments ou affections de cette partie du système nerveux qui préside à la locomotion; mais ces affections pourraient bien n'en faire qu'une, et l'affaiblissement des extrémités inférieures pourrait bien faire supposer une lésion de la moelle, — à moins qu'il ne soit le résultat d'une simple irritation, comme dans les paralysies hystériques ou diphthéritiques.

d5. — nyperesthéste générale avec sclattqae.

(Freind. Ëmmenologiaf il21, cap. XI, hist. 5.)

Une femme, âgée de 40 ans, se trouvant trop fatiguée d'une toux chronique, se fit saigner. Aussitôt les règles, déjà très-peu

BERTHIER. — NÉVROSES

abondantes, se supprimèrent pendant deux mois, puis revinrent en très-petite quantité , et les phénomènes suivants se manifes • tèrent : douleurs abdominales , pesanteurs d'estomac, douleur vive dans la hanche, sensibilité cutanée tellement exagérée que le moindre frôlement provoquait de fortes souffrances. Un traitement, qui rappela les menstrues à l'état normal, débarrassa la malade de ces divers accidents.

C'est ici le lieu d'appliquer l'axiome hippocratique : Naturam morborum curationes ostendunt.

Nous voyons Tinflueiice d'uiie simple saignée, pratiquée à contre-temps, et combien il faut mesurer l'énergie du remède à la grandeur du mal ou à sa nature ; en outre, combien l'âge critique exige de ménagements, et veut arriver à terme par une transition douce. Au lieu d'une saignée, il fallait sur les membres pelviens des dérivatifs qui eussent détourné le sang des poumons pour le porter à l'utérus.

La céphalalgie, totale ou partielle, peut être liée aux troubles de l'utérus ; soit qu'il y ait obstacle à l'excrétion menstruelle, soit qu'il y ait embarras de cette excrétion, soit qu'il y ait excès.

Chez quelques personnes cette céphalalgie, si commune à l'état simple et avant les époques, même chez les femmes bien réglées, accompagne les périodes menstruelles jusqu'à l'âge critique ; chez d'autres, elle ne cesse qu'à son arrivée ; chez d'autres elle lui succède. Enfin, pour quelques unes, la névrose est une conséquence obligée de la menstruation, si bien que sa disparition sera suivie tôt ou tard d'une néVrôse différente.

La céphalalgie, qui dépend de l'aménorrhée, est indicjuéë dans tous les traités généraux de médecîine, où on l'a dit

devenir quelquefois extrêmement vive. Le fait est même si vulgaire qu'on se borne à l'énoncer, et que les observations un peu circonstanciées en sont excessivement rares.

Nous n'en finirions pas, si nous voulions citer tous les faits semblables dont nous avons été témoins. Quelques uns, des plus saillants, doivent suffire pour montrer l'action des troubles menstruels sur l'innervation cérébrale. Si l'anémie ou la chlorose en sont causes, il n'est pas douteux que la pléthore peut y contribuer ; car on a vu des migraines, chez des hommes, céder à une hémorrhagie, telle que des hémorrhoïdes, ainsi qu'on peut s'en convaincre par l'observation 9 de la centurie 11 de Fabrice de Hilden.

Les viscères de la poitrine et du ventre, les muscles de ces régions peuvent être affectés de névralgie par l'irrégularité autant que par le défaut menstruels. Il n'est pas une névralgie du tronc ou des muscles qui, dans certaines circonstances, ne puisse reconnaître pour cause l'établissement ou le trouble de la menstruation. Chez les femmes trèsnerveuses, l'utérus est souvent le siège de douleurs vives, lancinantes , s'irradiant dans les aines, les lombes et les membres, lorsque leurs règles se dérangent. La vessie éprouve parfois de ces retentissements sympathiques, sous la forme aiguë. La coxalgie, au dire de quelques auteurs, se manifesterait quatre fois sur cinq à l'époque de la puberté. Il n'est pas jusqu'à la névralgie de la mamelle, capable d'en imposer pour un cancer, qu'on n'ait vue être la conséquence de désordres dans le flux menstruel.

L'estomac, l'intestin, le cœur, les poumons, nous l'avons prouvé, ont des sympathies étroites avec l'utérus et en partagent les impressions. — Ces névralgies se rencontrent chez les filles ou les femmes affaiblies par l'âge, les maladies, le régime et les chagrins. Lorsque les poumons ou le cœur sont le siège d'une fluxion habituelle, les écarts de la menstruation, surtout son absence, déterminent la recru-»

desccnce des accidents congeslifs auxquels se mêlent des troubles nerveux, qui accélèrent la marche de l'affection organique et favorisent la mort. — Dans l'asthme des jeunes filles, les troubles de la menstruation doivent entrer en ligne de compte, et, sous le rapport du pronostic, permettent d'augurer plus souvent la cessation de îa dyspnée à l'âge de la puberté.

NÉVROSES COINVULSIVES

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