mélancolie suicide
(Gardannb. De la Ménopause, 1821, p. 215).
Madame, d'une constitution délicate, a joui d'une bonne santé jusqu'au moment de la ménopause. Depuis un an, elle voit irrégulièrement et se trouve affectée d'une tristesse morbide : quelques légères contrariétés ont pu donner lieu à cette maladie. Les symptômes, chez elle, sont portés au dernier degré ; rien ne peut la distraire , bien qu'elle soit, du côté de la fortune, dans une position entièrement heureuse. Elle fuit la société, les plaisirs; elle qui, auparavant, était très-vive et très-recherchée dans sa
mise, a un négligé insoutenable. Plusieurs fois, cette dame a es* sayé d'attenter à ses jours. Je ne puis parvenir à redresser ses idées : « Comme vous, me dit-elle, je réfléchis sur mon mal, je cherche à le vaincre, et je ne le puis, j*ai honte de ma situa* tion. »
Il n'y a pas là de délire verbal, c'est vrai ; mais ces impulsions fatales dénotent une faiblesse très-grande de la volonté, et une atténuation du libre arbitre. Il viendra un moment où, si l'on ne se hâte de combattre cet état, la malade sera prise d'un accès de ces délires instinctifs, tels que le meurtre, qui ne se reconnaissent qu'après la consommation.
Van Swieten prétend que la mélancolie est fréquente chez les vieilles femmes : il en donne cette raison que, à l'époque où elles cessent d'être réglées, l'atrabile ne s'écoule plus avec le sang des menstrues, qu'elle reflue dans la masse des liquides et les rend plus visqueux, engorge le système de la veine porte et détermine un empâtement général dans l'abdomen. Nous ne perdrons pas notre temps à réfuter l'opipinion du grand médecin, imbu, lui aussi, de doctrines humorales exagérées. Mais nous ferons remarquer que, d'après la liste de nos Observations, le nombre des mélancoliques âgées est assez minime, celui des adultes très-considérable.