ET 01MUIMT10* OU TU
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une conUtmx que la croyance en l'immutabilité de ses desseins jieul seule inspirer.
La main de Dieu dirige tout : elle a poussé, depuis dix siècles, les peuples de l'Europe dans une raie de liberté et do progrès, et il est permis d'espérer que ce n'est pas au moment où ils viennent de renverser les principaux obstacles qui s’opposaient encore à leur complet affranchissement, qa'elle voudrait les faire rétrograder.
N'est-ce pas celte pensée, vivement enracillée, de l'action providentielle, et les sentiments de courageuse confiance qu'elle donne, aux hommes de bien, qui ont fait, jusqu'à ce. jour, l'une des principales forces de l'Union américaine ? Ne serait-ce pas pour l'avoir trop oubliée que nous avons manqué, en France, de l'énergique volonté nécessaire pour combattre les mauvaises passions et les doctrines insensées, pour fonder et conserver de bonnes institutions?
Si les hommes éclairés et sincèrement dévoués à l'amélioration du sort de leurs semblables s'inspirent de cette idée vraie, que j Dieu est avec eux; s'ils s'unissent et se ras- I surent; s'ils élèvent leur courage à la hauteur du péril, les erreurs subversives qui ont alarmé et troublé le pays se dissiperont devait t leurs efforts.
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Mais il faut qu'ils agissent ; la raison a encore des chances d’être entendue, et il y aurait lâcheté 1 laisser le champ libre il la démence. Aidons-nous, le Ciel nota aidera.
Jamais cette rectitude de jugement que l’on appelle le bon setu, ne nous avait été aussi nécessaire qu' aujourd'hui ; jamais nous n'avons eu tant besoin de nous tenir eu garde contre les écarts de l’imagination et du sentiment, deux sources d'illusions, deux mobiles aveugles qui, pour notre malheur, ont toujours eu beaucoup trop d'empire sur nos déterminations. La plupart de nos écrivains politiques, exclusivement préoccupés de leur lutte contre lu pouvoir, n'ont nullement préparé les esprits h une saine entente des affaires publiques j il suffisait h leur objet d'exalter notre imagination, nos passious, notre amour-propre, et ils ont laissé la masse de In population dans l'ignorance lu plus complète des vrais principes qui doivent présider il l'organisation, h la gestion de l'ensemble des services publics.
11 est désormais impérieusement nécessaire de changer de lactique ; de revenir h l'étude des choses positives, de délaisser complètement les systèmes imaginaires, de ne donner h personne des espérances irréalisables, et du dire la vérité à toutes les classes île lu société, sans «i flatter aucune. C'est là uuc uissiuu
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triliuû li troubler la mnliancc, à suspendre le
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depuis longtemps dans une cervelle humaine; niais, au lieu de discuter de point eu point cet amas d'absurdités, et pour mieux éclairer 1rs périlleux écueils que de jouîtes enthousiastes, aveuglés par l'orgueil et l'esprit de secte, nous montrent cantine U route du bonheur, nous rappellerons d'abord que les conditions essentielles attachées pur Dieu même i la vie des sociétés ne sauraient se modifier au gré de quelques imaginations en délire; qur la prospérité ou la décadence dos nations sont inévitablement liées h l'observation ou h l'infraction de certaines lois naturelles; que l'existence de ces lois, leur nécessité et i'inefflcariié radicale de tout système qui voudrait les repousser, sont complètement démontrées aux yeux de tous ceux qui les ont sérieusement recherchées dans l'histoire des générations antérieures, et dans l’observation des régimes si variés sous lesquels vivent encore aujourd'hui les populations répandues sur les diverses parties du globe ; que ces lois ont été souvent décrites par les hommes les plus étuiueiits en savoir et en mérite, et qu'il n’est paspardonnnble de les ignorer quand on veut prendre le rôle de réformateur. Nous ferons voir ensuite, par un exposé rapide de ces lois que les attaques passionnées dirigées par nos modernes socialistes contre la liberté des
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■Rivaux et des transactions, contre le morceUement des entreprises et la concurrence, n'ont leur source que dans l'ignorance la plus singulière, mais la mieux avérée, des faitsles plus visibles et les plus universels.
Dieu parait avoir voulu donner h l'homme l'empire de la terre, mais à une condition sans laquelle, l'espèce humaine, d'ailleurs réduite en nombre à moins du millième de ce qu'elle est aujourd'hui, se distinguerait à peine par sa manière de vivre et par le degré de son intelligence, de certaines espèces d'animaux. Cette condition est le travail, l’industrie, en d'autres termes, l'application incessante des forces intellectuelles et corporelles de l'homme à la modification des objets naturels qui peuveut être appropriés à ses besoins.
Tous les animaux que l’homme ne s'est pas appropriés,- doués de besoins peu nombreux et invariables, ne peuvent développer leur race que dans les limites des productions spontanées que la nature offre à ces besoins. L'homme, au contraire, a reçu la faculté d’étendre, de diversifier i l'infini, et ses besoins et les moyens d'y pourvoir ; la Providence l'a en quelque sorte associé i son action, en le rendant capable do modifier l» jutiïrc, les : animaux, les végétaux, les corps non organisés de manière à les rendre propres è sua 1
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usage, il en tirer des services qu'ils Sauraient pu fuuniir à l'état naturel.
C'est aux développements successifs de cette faculté que les sociétés civilisées doivent cette abondance de richesses, de moyeus de production qui en France, par exemple, peuvent sufllre il la subsistance et à la satisfaction des besoins très-dévcloppés, très-variés, d'une population de plus de doute cents personnes, sur un espace de terraiu qui offrirait à peine à un seul individu les moyens les plus grossiers d'apaiser sa faim, si ce terrain eût été abandonné aux productions directes de. la nature’.
Le travail est donc l'unique fondement de l'existence des sociétés modernes, et cela, à tel point, que si tout travail humain venait h cesser peudaul un mois seulement , les approvisionnements existants ne 1rs empêcheraient pas de subir d'affreuses privations, et que si celte inaction absolue se prolongeait pendant un an, elles disparaîtraient à peu près complètement de la face de la terre.
On ne saurait trop insister sur cette vérité que, parmi toutes les calamités, tous les fléaux
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qwltex parait avoir lié jusquïei le sort tirs |Mi|>nlalinns : celles qui 1rs uni le mieux observées sont les plus prospères et les plus per-
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fectiounées sous tous les rapports essentiels; celles qui les ont le moins respectées sont les plus misérables et les plus abjectes. Si quel- ; ques peuples anciens ont pu obtenir passagè- j rement un certain degré de prospérité maté- i rielle en s’écartaut de ces conditions, en fuit- ; dant leur exisleucc sur lu guerre ctlanpiue, ce u'aété qu'en faisant le malheur des populations asservies; de semblables moyens de succès seraient d'ailleurs impraticables aujourd'hui.
La vérité des assertions qui précèdent est établie pour tous ceux qui ont fuit une étude sérieuse de l'bistuire et des renseignements obtenus sur les différents peuples actuellement existants; ils savent que le degré de civilisation et de prospérité de chaque nation se trouve exactement proportionné à l'observation plus ou moins complète des conditions que nous venons d'exposer. Quant à ceux qui n'ont pu se livrer à d'aussi laborieuses re- i cherches, et nous concevons que le nombre en J
h la lecture de quelques ouvrages, oh les éléments et les résultats de celte investigation de l'ensemble des sociétés humaines se trouvent exposés avec vérité et clarté 1 .
* Traité de Idui/hUm, île l
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Ainsi, l'expérience de tous les temps et de tous les peuples prouve que les sociétés sont d’autant plus prospères et plus perfectionnées qu'elles garauiissent mieux la liberté des travaux et des transactions, les propriétés légitimes, l'égalité des droits, et qu'elles fondent ces garanties sur des institutions plus simples et plus économiques. Il n'est donc pas permis de penser que des conditions différentes, ou contraires, pussent produire dos résultats avantageux.
Au surplus, les enseignements de l'expérience ne font, ici, que confirmer ce que lu raisonnement ne peut manquer de faire reconnaître: il suffit de posséder les notions les plus communes sur la nature de l'homme et des choses, pour se convaincre que les conditions que nous venons d'assigner sont, en effet, des plus favorables au perfectionnement de la rie humaine sous tous les rapports.
1>ui *iue le* objets nécessaires h nos besoins f l,c P*»™" 1 obtenus que par l'action que ■ no,ls exerçons sur la matière, par nos travaux, i l l lolr0 industrie, il est facile de reconnaître que " le seul mode de distribution, convenable et i j*»lo l ' , ' s produits ainsi obtenus , le seul -on f permette de tirer tout le parti possible de ]«•■ j diversité de nos aptitudes, consiste siaqilomcnl i , il laisser à chacun la jouissance, la libre dispo-
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siiion, on un moi, la propriété des objets ré- j ««liant du ses travaux particuliers, ou, ce qui . revient a» même, de lourvaleur échangeable.
Ce mode est le seul qui permette de tirer de ! l'ensemble de nos forces productives tous les j biens, tous les avantages que leur emploi peut ! nouspro curer; touteperiurbailoiiapportdedans . relie distribution naturelle des produits, soit ; par la violence, suit parla fraude, diminuerait l'importance ou le degré de certitude des jouissances qui sont le but de nos elTorls, et il en résulterait, bien évidemment, une réduction , dans l’activité et dans la puissance do nus facultés industrielles.
Pour que la propriété poisse s'accumuler, former des richesses, des capitaux, qui ren- i dent plus faciles de nouvelles productions, lo j travail ne suffit pas, car ses résultats pour- ï raient être consommés improductivement à i mesure de création ; il faut j joiudre l'épargne, i et l'unique moyen de la déterminer, est de I laisser 4 chacun, non-seulement la jouissance : personnelle, mais la libre disposition de ce l qu'il a produit, et surtout In faculté de le j transmettre aux perso nues qui lui sontchèrcs, ! 4 sa famille, à ses enfants, Sans cette eotnli- ■ lion, les stimulants du travail seraient infini- j, ment moins énergiques; cbarnn serait excité ; 4 consommer pendant sa vie tout ce qu'il au- i
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, rail pu créer ; les générations se succéderaient sans que l'une transmit à l'autre aucune ré- ; serve, aucune richesse, et les sociétés reste- : raient misérables.
i A la vérité, crtta faculté de tRinsinission ; des propriétés amène, avec le temps, de nom- ! bruises inégalités dans la position, dans lu ' fortune des familles; mais ces Inégalités, lorsf qu'elles ne dépasseat pas certaines limites, j qu'il serait d’ailleurs possible, et, peut-être, i ronvenablv do leur imposer, sont, sous beau- L coup de rapports, une circonstance heureuse et bvorablc au bien-être général. Elles entre- | tiennent dans tontes les familles une active i émulation, chacune s'efforçant d'arriver! la po- 1 «ttwn qui est immédiatement supérieure h celle i <P<’«Ue occupe ; cl, avec un régime de liberté f bien ordonné, cette émulation ne peut que toor- I acr ! l’avantage général, puisque nul ne peut i améliorer sa positiuu qu'en raison du degré ! d’importance des services qu’il roud h Inns les : autres. Sous un semblable régime, l’inégalité ; des fortunes ne peut provenir, sauf de rares j exceptions, que de l'inégalité dit mérite des i familles; celles qui, pendant deux ou plusieurs générations, auront apporté dans toute, leur j «induite une activité bien dirigée, de l'iutelî ligenec, do la prévoyance, de l'économie, sont récompensées par l'aisance qu'elles oblieii-
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-Jouent ainsi ; celles qui suivent une conduite opposée, et dont les membres s'abandonnent à la paresse, à l’imprévoyance, sus diverses habitudes vicieuses, sont justement punies par lamisèrc, et il importe qu'elles ne passent s’en relever qu’à force de se bien conduire; il est f mile, indispensable, qu’il en soit ainsi, et le [ régime social qui, pour maintenir l’égalité, [ empêcherait les bonnes et les mauvaises habitudes de produire, pour ceux qui s'y livrent, f leurs résultats naturels, serait le plus déles- I table do touslesrégimes. Remarquons, enfin, f que lorsque l'inégalité des fortunes a pu arriver au point de dispenser un certain nom- I bre de familles de l’obligation des travaux ma- : uiriols, celles-ci ne restent pas, pour cela, géué- ! ralcmeot inactives ; la plupart appliquent leurs ; facultés b la satisfaction de nos besoins intellectuels et moraux et contribuent ainsi très-puissamment au bien-être de tous; par la littérature et les arts d’imagination, elles ajouientdes consolations et des charmes b la vie humaine ; par les voyages, par les recherches scientifiques, elles agrandissent tous lesjours le cercle de nos connaissances, elles nous apprennent 1 à perfectionner l'usage de nos facultés, et : nous fournissent incessamment de nouveaux moyeusdaugiuenlernutrcpuissanco sur la malitre, el ordre si important de travaux se- {
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rait-il conciliable avec l'égalité absolue dea fortunes?
La plus légère rédcxiuu suffit pour convaincre que toutes les acquisitions si admirablés, si merveilleuses de la civilisation, acquisitions qui, à hou droit, étonnent l'esprit lorsqu'il so reporte au point de départ, il la vie sauvage, ont pour communo origine le travail et l'épargne. Richesses matérielles, sciences, arts et population disparaîtraient rapidement si ces deux sources de tout bien venaient h être altérées. L'objet le plus important de tout régime social bien entendu est donc d’assurer leur conservation et de favoriser leur progrès; or, le moyen le plus sûr d’atteindre ce but, le seul qu’ait consacré l'expérience, consiste il garantir soigneusement kïdCt'' '** propriétés légitimes et la
lé, ou plutôt, elle lait p
rras-
k Tait partie intégrante de ce iolles spéciales possédées par
lus incontestables, et ee serait le propriété que d’apporter le le 1 ses applications, dis nt ni la liberté, ni la propriété
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rartion des besoins généraux. C'esTuiuile erreur commune à toux les socialistes : ils ne Ü vnjeut papille la liberté crée une organisation !
pius active , plus éruuomiquc, mieux appriê 1 Vte 4 1“ diversité des apütudes et à chaque ?
liant, les résultats bien eoimusde cette, liberté c
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autres régimes arbitraires détruits parla Révolution de 1781), la France a plus progressé qu'elle ne l’avait bit antérieurement pendant (les siècles, que scs richesses ont plus que doublé depuis celle époque, que sa populaliun s’est accrue d’un tiers et que, malgré cet
satisfaits qu’ils wlWlJamak été"™ qui
tat'l o™ a ( b 0 é tC!id!i q raU^ C survend '
moyenne de la vie bmnaiuc? La puissance de la liberté est telle qu’elle fait prospérer les populations, même dans les pays qui offrent
l’arbitraire et les régimes réglementaires les retiennent dans la misère et l’abjection, même dans les contrées les plus fertiles et les plus
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licureusemem situées. La Suisse et l’Egypte ! n'offrem-elles pas d’édatants exemples de | telle vérité?
Mais comment une industrie morcelée, livrée aux prétendus hasards de la liberté et ; privée d'une direction commune, peut-elle assurer de semblables résultats? Elle les assure par les conditions que nous avons indiquées, et particulièrement, par l'action d’uns loi na- j turelle, simple etinfaillible comme tout ce qui vient immédiatement de Dieu : la cottcraaEKcs. Nous sollicitons pour ce qui va suivre un peu d’attention.
Les principales données du problème de ; l'organisation arbitraire du travail ne sontelles pas cellcs-ci .
1" Faire en sorte que toutes les aptitudes individuelles, variées à l’infini, concourent à pro- : duire la plus grande somme d'utilités possible.
2* Attribuer b chacun une part des produits , créés, ou de leur valeur, proportionnée à l’importance des services qu'il aura rendus b tous , les autres, et faire juger et fixer le degré d'importance ou de valeur de chaque service par j: tous les intéressés.
3“ Maintenir, dans chaque genre de tra- ; vaux, une quantité de services productifs et une activité proportionnées, aussi exactement que possible, b l'étendue variable des besoins
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auxquels ce genre de travaux correspond.
Nous pensons que les socialistes, et tous les hommes possédés de la manie réglementaire, conviendront qu'un système d’organisation qui garantirait l'accomplissement de ces conditions, atteindrait le but qu’ils se proposent. Eh bien ! la garantie des propriétés lé- 1 gitimes, la liberté des travaux et des transactions, et la concurrence, ilonueul la solutiou complète du problème.
Nous avons vu que la garantie, de la jouissance etde la libre disposition des produits du travail, en d'autres termes, de la propriété, est le seul stimulant qui puisse nous déterminer \ à faire un usage actif de la faculté que aous avens de modifier la matière en vue de nos besoins, et à conserver cc que nous avons ob tenu par l'emploi de cette faculté. D’un autre ; cité, il eu bien évident que la liberté du choix ' des opérations auxquelles nous pouvons nous livrer est la condition la plus propre à nous ; faire tirer le meilleur parti possible de la di ! versité de nos aptitudes.
Ces deux conditions répondent donc aussi bien que possible h la première dounéc du pro
La seconde est également bien résolue pa la liberté des transactions et par la conrar ; rance; n'est-il pas évident que lorsque cette
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liberté est complète, le prix, la valeur que uotis obtenons en éohauge de« services productifs dont chacun de nous dispose, ou des produits que nous avons tirés de ces services , équivaut exactement h l’arbitrage qui serait fait par j tous de la récompense qui uous est due jiour ; uoiru coopération’/ Payer une chose tel pria, quand ou n’y est pas forcé, équivaut bien t juger qu 'elle vaut ce prix ; si le prix était plus ; élevé qu'il n'est nécessaire, la concurrence ne I larderait pas h l’abaisser ; s'il n'était pas suffi- : saut, la réduction de l’offre viendrait bientôt le ■ relever. La libellé des transactions csl la uieil- | leure garnie d'une bonue appréciation de la j valeur des oeuvres de chacun; elle n’attribue ! pas cette apprécintioH à quelques individus, : dont les lumières ou l’équité pourraient faillir ; : elle la fait résulter d’uu libre accord entre tous ceux qui eréeut et échangent des produits ou des services, puisque le pris , la récompense { que chacuu d’eux oblieut, n'est qu’une conséquence de cet accord. J;
l'uur faire comprendre comment la concur- ; renée et la libre fixation du prix des services ! productifs offrent encore la solution de la irai- j sièiuc donnée du problème que nous avons posé, il suffira do rappeler que lester vices les J plus demandés et les muius offerts sont ceux ! qui ubtienueut lu plus iiaul prix , et que ceux
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qui sont le plus offerts ot le moins demandés août le moine rétribués. Il résulte de celle lui, qui domine toutes les transactions, que lorsqu'une classe de besuius s’étend , uu se resserre, la demande et la création des produits qui y correspondent suivent les inéuics mouvements; dans le premier cas le prix des produits s'élève jusqu'à ce que la concurrence, en s'y portant, ail rétabli l’équilibre entro l’offre et la demaude ; dans le second cas, le prix baisse, et parla les producteurs sont avertis qu’ils sont trop nombreux, leur intérêt les oblige à éviter de former de nouveaux sujets pour les mémos travaux, i ne pas y destiner leurs entants, ou à chercher pour euxmêmes d’autres emplois mieux rétribués. Les prix dos travaux, en s’élevant ou en s'abaissant selon la lui que nous venons d'assigner, doivent donc nécessairement amener, dans chaque brandie de production, beaucoup plus sûrement que ne pourrait le l'aire aucun régime arbitraire, une quantité de services productifs en rapport avec l’étendue rie chaque classe de besoins.
Uu peut hardiment porter le défi d’imaginer nue organisation arbitraire offrant des moyens aussi sûrs que ceux fournis par la libellé pour remplir les trois conditions formant les données principales du problème à
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résoudre par l'organisation du travail. O n’y s donc pas lieu d'étre surpris que les peuples qai ont bit l’application la plus large du régime de la liberté soient plus avancés que les autres.
Cependant la liberté industrielle ne saurait nous préserver de tous les maux, ni nous dispenser de toute prudence, do tome prévoyance : si depuis soixante ans elle a permis à la population française de s'accroître d'un tiers, en pourvoyant néanmoins aux besoins de tomes les classes, et particulièrement des classes les moins fortunées, beaucoup plus largement que par le passé, il lui serait difficile de faire beaucoup plus, et, par exemple, de faire vivre tous les ouvriers comme on parait le leur avoir fait espérer, c’est-à-dire, comme vivent les familles riches; il lui serait difficile même de commuer pendant longtemps à assurer la satisfaction de tous les besoins urgents, si, sans acquisitions de nouveaux territoires à cultiver, la population continuait à se multiplier aussi rapidement, aussi inconsidérément qu’ulle l’a fait depuis trente ans. Mais quel régime pour- , rail faire vivre dans l’oisauce, sur un territoire j circonscrit, une population surabondante 7 !
A»ec une liberté complète, la concurrence !
est la garantie essentielle de l’équitable dis- J tribmion de» produits; mais elle ne permet ]
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pas de réussir sans peine et sans mérite ; elle restreint les bénéfices des entrepreneurs,- elle fait ii ceux qui veulent améliorer leur position et éviter leur ruine, une obligation impérieuse d’un travail longtemps soutenu, de la pré voyance, de l’économie, de l'ordre, de l’in telligence et des soins incessants !i apporter dans tous les détails de leur entreprise : mais ce sout là évidemment des efforts et des lui bitudes qui ne peuvent que tournera l'avantage, général; il y a donc lieu d'approuver hautement le régime qui les développe et les maintient
Nous pensons que les observations qui précèdent suffiront pour mettre au jour toute la sottise des déclamations qu'il est de mode aujourd'hui de diriger contre la liberté et la concurrence.
Au nombre des conditions essentielles on bien-être des sociétés, nous avions encore indiqué l'égalité des droits et la simplicité, l'économie des institutions gouvernementales, administratives et judiciaires. La première de ces conditions n’a plus besoin d'être discutée, en France. ; mais il est loin d'en être ainsi de la seconde.
On pouvait espérer que l'avènement de la République nous procurerait un gouvernement simple et économique, ne s'occupant que dos objet» de son ressort, c'est-à-dire, du main-
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lien de l’indépendance nationale, de la sécurité intérieure , de l’administration de la justice, et de quelques services qu’il convient de laisser dans ses attributions, tels que la fabrication des monnaies , le transport des let- j très , etc. C’est i& à peu près tout ce qui compose la téehe du gouvernement seus lequel prospère, depuis soixante-dix ans, l'Union américaine, et il n’est pas d'organisation po- ■ litique qui remplisse aussi bien son véritable ' objet et qui soit moins coûteuse. Mais , en France , nos vues sont toutes différentes; la préoccupation principale des huit ou dix régimes variés par lesquels nous avons passé depuis soixante ans, parait avoir été de fournir de l'emploi, aux dépens de la naliou, au plus grand nombre d'hommes possible. Pour cela, il a fallu étendre les attributions gouvernemeutales ou administratives;! peu près b toutes choses; il a fallu couvrir le pays de fonction- j; noires de toute espèce, apportant partout leur I intervention inintelligente et traeassière, rea- ! treignant, étranglant l'action individuelle, au I; point que nous avons fini par perdre l'habi- ! tude de marcher par tiotis-mémea, ot que !
nous ne saurions rien faire sans l'appui de ce ■ géant aux millions de bras qu'un nomme l'ad- t ministration-
On sait quel usage oui litil jusqu’ici uus j
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gouvernements de leurs gigantesques attributions. Avec les meilleures intentions du monde.
] Cesl U, cependant, ce que veulent faire ! M. Louis Blanc et ses adhérents. Ils veulent j donner la direction de chaque brandie d'ini dustrie à un itigéitieur nommé pur l'Etat, et | placer dans les tnaius d'un Conseil suprême
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les rinça de toutes les industries; l'Etat, ou ses délégués, auraient donc la direction générale de tous les travaux. M. Louis Blanc, en proposant l’égalité des salaires pour toutes les fonctions, n'a pas dit si les ingénieurs de l'Etat et les membres du Conseil suprême ne recevraient qu'un salaire égal i» celui des ouvriers ; mais cela est probable, le point d'honneur :
suffisant b tout. Ainsi, le mobile qui a déve- i loppé jusqu'ici les forces productives et le i bien-être des individus et des sociétés, mobile qui n'est autre que l’intérét, oh le désir d'a- i inéliorer sa position et celle de sa famille, serait anéanti ; l’honneur, la considération, le dévouement le remplaceraient complètement; par la seule vertu de la formule trouvée par M. Louis Blanc , pour qu'il n’y eût plus ni paresseux, ni incapable, ni intempérance, ni imprévoyance, il suffirait de placer dans les ; ateliers des inscriptions dans le genre de celle-ci •. Dons une association de frères qui \ travaillent, tout paresseux est m voleur. Mais si les inscriptions ont une telle puissance, ; M Louis Blanc ne manquera pas, sans doute, d'en trouver une pour supprimer les voleurs eux-mêmes. La rétribution matérielle de toutes les activités serait donc égale pour tous, pour : les supériorités naturelles ou acquises à grauds trais, comme pour les facultés les plus obtu.
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I — 33 — ses et les pim incultes! les différences du capacité et de mérite seraient soldées en Aonneur ot en considération; de plus, toutes les j industries seraient solidaires, tous les résul- || tats en déficit et en bénéfice seraient cumu- I lés, et le reliquat, s'il eu restait, serait par* £ tagé également entre ceux qui auraient produit f les pertes et ceux qui auraient produit les j bénéfices. On prétend , par de semblables ; moyens , améliorer la position des classes pauvres, des ouvriers i ce ne sera pas, à coup ! sûr, par l'augmentation de la production, car un pareil système serait de nature, quoi qu'on en dise, à ruiner toute émulation, b éteindre successivement toute habileté, toute capacité, et à détériorer de plus en plus les forces productives! l'égalité dans la distribution des produits compenserait-elle, au moins, pour les ouvriers, la réduction inévitable de la produc- ; tiou générale? Cela ne saurait être admis ; ne sait-on pas que l'évaluation la plus élevée que l'on ait jamais Taitc du revenu brut de toutes : les propriétés et de toutes les industries de la France ne dépasso pas dix milliards de francs ; que cette somme, partagée également entre 36 millions d'individus , ne donne que 284 fr.
C chacun s que ce quotient est de beaucoup iur à ce que reçoivent aujourd'hui ch j. moyenne les ouvriers des villes et des manu-
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factures , les seul» qui se plaignent! qu'en conséquence, le partage absolument égal du rovonu total, en supposant que ia production restât aussi active qu’elle l’est aujourd'hui, loin d'améliorer la condition des ouvriers , l'aggraverait au contraire?
Nous nous disponserousde relever les autres absurdités dont fourmille le plan do M. Blanc. Nous avons assez longuement développé les conditions réelles, sanctionnées par l'cxjiôrience, du bien-dire des sociétés, pour qu'il soit facile de reconnaître tous les points par où le plan dont il s’agit s'écarte do ces conditions et tous ceux où il blesse lu sens commun.
Si de pareilles extravagances ne s'adressaient qu’à des hommes quelque peu éclairés, lo ridicule seul pourrait on faire justice ; mais élira s'adressent à des masses trop généralement privées d'instruction et de lumières pour reconnaître , au premier abord, qu'on les berce de véritables chimères et qu’on les pousse vers uno déception inévitable.
Ce n'est pas ù dire, toutefois, qu'il n’y ait rien à faire en faveur des ouvriers s mais n'est, surtout, dans la réforme des institutions gouvernementales et administratives que l'on pourra trouver des moyens réels d'améliorer i<-ur sort, l.ii plusfnrtr part des hnpdlsde consommation pèse sur eux: il faudra s'efforcer
«le le» eu affranchir , en irè^grande partie,
,, *'* 1,,s reportant aur les consommations il l'n- I sage des classes riches ou aisées! le système ! protecteur ou prohibitif leur impose des chari ges plus considérables encore, sur les principales denrées alimentaires, sur le vêtement,
] le chauffage , l'outillage, etc. ; de larges réj formes, dans le sens de la liberté du commerce,
. pourrunt leur procurer , sous ce rapport, un ; soulagement important, enméœe temps qu'elles ; rendront les crises commerciales moins fréi queutes, les chômages moins meurtriers, par une meilleure combinaison de l'industrie nationale avec les avantages spéciaux et naturels du pays* en même temps encore que rabaissement des taxes douanières qui, par leur exaj gération, empêchent l'importation, pourra procurer b l'Etat des ressources assez buportantes j pour permettre la suppression des impôts les ; plus mal établis. La répression aévère de l'a- : giotage, du jeu qui subsiste toujours sous di-
| verses formes , des spéculations spoliatrices,
! dos concentrations ou accaparements de irai vaux, qui ont pour but d'empêcher la concurrence des petits établissements, aurait, pour les ouvriers, les plus heureux effets, en faisant refluer vers l'industrie utile des masses de capitaux stérilement employées aujourd'hui, en dirigeant vers la production effective l'in-
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telligence et l'activité do ces spéculateurs qui ne songent maintenant qu'à déplacer à leur profit les richesses produites par d'autres, en permettant aux petits établissements d'entrer dans l'arène de la concurrence, et en offrant ainsi aux ouvriers les pins capables des moyens plus faciles de sortir de la condition des salariés.
Telles sont, en partie, les réformes praticables que les ouvriers peuvent raisonnablement demander et espérer ; en restreignant leurs prétentions dans les limites de ce qui est juste et possible, ils obtiendront de notables améliorations dans leur position. S'ils allaient au delà j s'ils suivaient M. Louis Blanc et ses adhérents dans leurs funestes utopies, ils compromettraient tout et aggraveraient infailliblement leur propre sort.
Si ceux qui les ce le momeut oti nous sommes, ne sont pas leurs ennemis , ce sont des amis bien imprudents, et nous conjurons ces hommes, au nom du salut commun , de maîtriser l’orgueil qui les aveugle sur l'ineptie de leurs conceptions, et de ne plus chercher à eu fai qui, en portant au comble la raie, compromettraient in» .
de la République, en F#** enEurépf.
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