‹ Des Opérations Utérines et Juxta Utérines: Pendant la GrossesseChapitre 22 sur 38 · OBSERVATION XXI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXI

OZENNE (Bull. méd., 1896, p. 594).

Mme L..., âgée de 39 ans, entre à hôpital dans la dernière semaine de juillet. On constate chez elle la présence d’un polype saillant entre les lèvres du col et d’une tumeur située dans le flanc gauche. On porte le diagnostic de grossesse coincidant avec le polype.

Quinze jours plus tard, pendant lesquels la tumeur s'était un peu accrue, la malade est prise d’une hémorragie. On fait l'extraction du polype dont le pédicule s’insérait au-delà, à la partie supérieure de la cavité cervicale et du volume d’un œuf de pigeon.

L’ablation faite et l’écoulement de sang ne semblant pas s'arrêter après quelques minutes d’attente, je résolus, quoique avec hésitation, de faire une injection aseptique intra-utérine. Après avoir introduit très doucement une sonde à double courant qui pénétra à une profondeur de 10 à 12 centimètres sans rencontrer la moindre résistance, j'ai fait passer un demilitre d’eau bouillie boriquée tiède, débarrassant ainsi la cavité utérine du sang qu’elle contenait, puis j'ai tamponné le vagin avec de la gaze iodoformée.

L’hémorragie ne s’est pas reproduite et aucun accident n’est survenu.

Dans le courant du mois de décembre, la grossesse s’est terminée avant terme par l'expulsion d’un fœtus bien conformé qui ne vécut que quelques jours.

À la suite de cette observation, Ozenne cite 2 cas d’extirpation de polypes dans des circonstances aussi favorables. Mais cette observation est intéressante parce qu’elle montre l’extrême tolérance de l’utérus gravide envers certaines interventions ou certains traumatismes.

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