Des ophthalmies sympathiques
On nomme ophthalmie sympathique l'ensemble des troubles trophiques ou fonctionnels que provoquent dans le second œil les lésions traumatiques ou spontanées du premier. Nous désirons établir l'exactitude de cette déûnition qui suppose résolus bien des problèmes encore à l'étude.
Ce travail comprendra six chapitres :
Dans le premier, nous raconlerons'comment l'ophthalmie sympathique est entrée dans la nosologie, quelles évolutions le temps et les recherches lui ont fait subir, quels sont les points de doctrine qui restent encore obscurs.
Le deuxième traitera del'étiologie : le champ délimité par Mackenzie s'est agrandi de tous côtés : le traumatisme n'est pins la seule cause des ophlhalmies réflexes et, tout comme les violences extérieures, les affections spontanées de l'œil ont sur le congénère une pernicieuse influence.
Par quelle voie cette influence délétère ira-t-elle de l'œil malade à l'œil sain ? Voilà le problème que nous soulèverons dans le troisième chapitre. Les altérations nutritives ne naîtraient pas , comme on l'affirme encore, de troubles vaso-moteurs persistants; nous voudrions les expliquer par une névrite ascendante du trijumeau, névritequi se réfléchirait dans le bulbe sur le trijumeau du côté opposé et susciterait ainsi les accidents sympathiques. Ce n'est qu'une hypothèse ; mais elle s'accorde avec les lois de la physiologie générale que la théorie vaso-motrice heurte de front.
Dans le quatrième, nous décrirons les formes cliniques de l'ophthalmie réflexe. Les observations abondent, mais beaucoup sont médiocres. Réussironsnous à débrouiller l'écheveau de tant de faits contradictoires, souvent mal observés et mal interprétés ?
Notre cinquième chapitre, fort court, sera consacré au diagnostic, dont l'importance est ici secondaire.
Enfin, dans le sixième, nous discuterons les nombreux traitements qu'on a proposés ; nous nous occuperons surtout de l'énucléation préventive ou curative, dont les indications sont si délicates et si controversées.
Un travail si long, sur un sujet si difficile, nous aurait coûté bien des peines sans l'aide et les conseils qu'on nous a prodigués. Nous remercierons d'abord M. Vulpian et M. Charcot de leurs indications sur la palhogénie des ophlhalmies réflexes. MM. Abadie, Galezowski, Dransart (de Somain), Gayet (de Lyon), Brière (du Havre), nous ont fourni des observations excellentes. D'autres, que nous ne nommerons pas, ont aussi diminué notre tâche : recherches dans les recueils, traductions des auteurs allemands, anglais, suédois et italiens, ils n'ont épargné ni temps, ni travail, et nous leur en témoignons ici notre reconnaissance.