‹ Des origines du premier duché d'AquitaineChapitre 31 sur 158 · LE PARTAGE DE 638 RESTE LA LOI DE LA GAULE MÉRIDIONALE JUSQU^EN · texte numérisé non relu

LE PARTAGE DE 638 RESTE LA LOI DE LA GAULE MÉRIDIONALE JUSQU^EN

Ce premier point établi, nous avons une autre question, non moins essentielle, à démêler.

Quels lurent, — entre 638 et 718, — des Aiistrasiens ou des Neustro-Bw^gondes ^ — les maîtres officiels de l'Aquitaine? Autrement dit, le partage stipulé en 634, réalisé en 638, resta-t-il jusqu'au bout la loi politique de la Gaule méridionale ou fut-il modifié dans la suite? Nos historiens ont oublié de répondre à cette question ou seulement de la poser. M. Fauriel lui-même, l'historien attitré de la Gaule méridionale, déclare ne point s'en soucier. Dès la fondation du royaume de Toulouse, en 628, il estime que « peu importe désormais à cet égard une distinction souvent incertaine et parfois impossible ^ ». Il nous semble, au contraire, que cela « importe », au moins jusqu'à Testry, et nous ne croyons pas cette recherche « impossible^).

Un examen attentif prouve que le partage de 638 subsista trente-cinq ans, jusqu'à la mort de Ghildéric II et à cette mêlée confuse de 673 qui reporta Ébroïn au pouvoir et amena l'abaissement momentané de

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TAustrasie. A partir de cette révolution, ki France orientale, rejetée au second rang par le génie d'Ébroïn, perdit ses possessions d'outre-Loire et de Provence ; tous les cantons méridionaux que le partage de 638 lui avait rendus lui furent enlevés par Ébroïn et rattachés au royaume neustro-burgonde. L'unité fut ainsi rétablie au sud de la Loire, nominalement du moins, car en beaucoup de lieux l'autorité effective des rois francs était déjà méconnue. Aussi cet accroissement apparent ne dut-il guère apporter de forces à Ébroïn : cela ressemble aux conquêtes de Charles le Chauve. — Cet état de choses survécut même à la défaite de la Neustrie en 687. Pépin d'Héristall, après sa victoire de Testry, jugea sans doute oiseux de faire repasser de la Neustrie à l'Austrasie les provinces méridionales que celle-ci avait perdues depuis quatorze ans ; les rares indices que nous pouvons recueillir montrent que ces cantons (Poitou, Massif Arverne, moitié de la Provence) restèrent, après Testry, dans la situation où la révolution de 673 les avait mis : ils continuèrent à dépendre, par des liens de plus en plus relâchés, du royaume neustroburgonde et non de TAustrasie, bien que celle-ci victorieuse fût en droit de les revendiquer. Il semble que pour Pépin la question n'ait eu aucun intérêt ; ces provinces éloignées n'étaient-elles pas en fait, à cette date, à peu près perdues pour les Francs? Qu'importait au vainqueur, du moment qu'il commandait en Neustrie aussi bien qu'en Austrasie, à quel titre il exercerait, audelà de la Loire ou vers les bouches du Rhône, une souveraineté fictive? Il laissa les choses en l'état où il les avait trouvées, ayant sur le Rhin de plus pressants soucis.

Pour prouver les assertions qu'on vient délire, nous

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n'avons qu'à grouper en séries chronologiques les témoignages que nous possédons :

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