TRANSPLANTATIONS DU RAT AU RAT
ExpériIENCE. — Rat femelle, en lactation.
Le 4 février 1892, on fait une incision au niveau de la deuxième mamelle thoracique droite et l'on suture la plaie au crin de Florence, après avoir inclus cette incision de petits fragments d’une tumeur volumineuse développée spontanément chez un rat femelle.
Cette tumeur, du volume d'un œuf de poule, développée au niveau de la première mamelle abdominale du côté droit, se présentait sous forme d'une masse multilobée, sillonnée de gros vaisseaux à sa surface, nettement encapsulée, et présentait, à l'examen microscopique, tous les caractères d’un fibrome de la mamelle.
L'animal porteur de la tumeur, étant mort pendant l’éthérisation, n'a pu être l'objet d'expériences ultérieures. IL n’y avait pas d'engagements ganglionnaires, ni aucune lésion des organes thoraciques et abdominaux.
Le 23 mai, c'est-à-dire 3 mois et demi après la transplantation, on met, au niveau de la deuxième mamelle thoracique droite, deux petits noyaux, inoculés sous la peau, adhérant l’un à l’autre, mais cependant parfaitement distincts.
Le 6 juin, ces noyaux ont doublé de volume, et par une incision de la peau d’un centimètre environ, on met à nu le plus gros de ces noyaux, du volume d'une petite amande, et l’on prélève sur ce noyau un fragment qui est greffé chez un rat femelle en lactation, mort le lendemain.
Le 8 septembre, la tumeur expérimentale a considérablement augmenté, elle atteint le volume d'une grosse noix, elle est manifestement multilobée, et lorsqu'on fait incision, pour prélever des fragments destinés à de nouvelles inoculations, on peut constater qu'elle est nettement encapsulée, sans adhérence solide aux parties