CHAPITRE IT
Des ossifications de la dure-mère dans la pachyméningite.
Nous écartons complètement de notre travail les ossifications que l’on rencontre si fréquemment dans la pachyméningite hémorrhagique. Les exemples en sont si fréquents que ceux que nous aurions trouvés dans la littérature depuis les derniers travaux d'ensemble parus sur ce sujet n'auraient apporté aucun fait nouveau.
Presque tous les auteurs admettent, depuis les‘travaux de Virchow (1858), qui donna à la maladie le nom de pachyméningite, que des fausses membranes se déposent sur la paroi interne de la dure-mère. Ces fausses membranes d’abord fibrineuses s'organisent : des vaisseaux de nouvelle formation les pénètrent. Ce sont eux qui par leur rupture donnent lieu aux raptus hémorrhagiques qui caractérisent la maladie. Ces fausses membranes peuvent évoluer comme toutes les fausses membranes déposées sur des séreuses vers l’organisation fibreuse, cartilagineuse où même osseuse. L’ossification marque l’achèvement de l’évolution.
Dans ces derniers temps, Huguenin (1) est revenu à
(1) HuGuenin, Entzündungen der dura-mater des Gehirns. Zimmsen’s Handbuch der spec. Pathologie und Therapie, Leipzig, 1878.
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l'opinion de Baillarger généralement abandonnée aujourd’hui. D'après eux, l'hémorrhagie serait primitive et l’enkystement de l’hémorrhagie secondaire à l’irritation de la dure-mère par le sang épanché, et après néoformation de vaisseaux à l'intérieur des membranesenkystant cellesci, pourrait donner lieu à de nouvelles hémorrhagies, suivant le mécanisme indiqué par Virchow.
«I semble bien que cette théorie ne doive s'appliquer qu'à quelques faits exceptionnels (1). »
Les faits sont connus depuis Baillarger (2) qui, dans sa thèse si célèbre, mentionnait déjà un cas où on avait observé une transformation osseuse. Depuis, les auteurs ont noté très fréquemment l'existence d'ossifications à la surface de la dure-mère. Il suffit d'ouvrir un recueil bibliographique quelconque, pour en voir signaler et étudier plusieurs cas chaque semaine. Nous possédons sur ce sujet un travail du D' Langlet (3) et une thèse de son élève Deligny (4).
Nous écartons également de notre sujet l'étude détaillée des ossifications telles qu'on les rencontre au cours des inflammations de la voûte crânienne. Tous les traumatismes, les inflammations microbiennes et syphilitiques de
(1) GEORGES GuiNon, Tr. de méd. Cuarcor Er Boucarp. Paris, 1894, p. 580.
(2) BarzLarGEr, Du siège de quelques hémorrhagies méningées. Thèse de Paris, 1837.
(3) Lancrer, Des ostéophytes de la dure-mère dans la pachyméningite. Union médicale et scientifique du Nord-Est. Reims, 1883, p. 57,
(4) DELIGNY, Contribution à l'étude des ostéophytes de la dure-mère
dans la pachyméningite. Pachyméningite ostéo-membraneuse. Paris, 1883, 58 pages, 3 planches.