‹ Des Ostéites du Bassin: De leur Pathogénie et de leur TraitementChapitre 19 sur 52 · RUE · texte numérisé non relu

RUE

Chez une malade de Verneuil (1) il y avait un séquestre de la partie supérieure du Sacrumau niveau de sa face articulaire. Ce séquestre était entouré d’une portion de tissu osseux ramolli etsuppuré. Il y avait là une véritable ostéite, et une coupe du sacrum fit découvrir dans cet os un abcès qui n’était séparé de l’articulation malade que par une couche de tissu osseux très mince.

Chez plusieurs malades trépanés par M. Ollier la symphyse sacro-iliaque était atteinte.

Quand la jointure se prend, on voit les douleurs s’augmenter par la marche, par les mouvements des membres inférieurs et par le rapprochement des os iliaques. On donne encore comme signes de l'invasion de l’article, le gonflement œdémateux de la ligne articulaire (Kœnig) ; l'existence d’un abcès sessile en arrière du sacrum et d’un autre sur sa face antérieure (Broca) ; enfin la disjonction du sacrum et de l'os coxal, d’où l’allongement du membre inférieur (Erichsen).

L’articulation de la hanche peut être aussi secondairement atteinte; mais nous n'avons pas à revenir sur le diagnostic de cette complication, indiqué dans notre premier chapitre.

Signalons enfin, les lésions possibles de la symphyse pubienne dans les ostéites du pubis, suppuration et disjonction. :

Les complications viscérales se rapportent au tube digestif et à la vessie.

OR RER naar A Mean

(1) Société de chirurgie, 6 décembre 1865.

NS

Dans les ostéites de l’ilium avec abcès dans la fosse iliaque interne, on voit l’inflammation propagée par le tissu cellulaire jusqu'au gros intestin aboutir à des perforations et à des fistules stercorales.

Nous citons comme exemple de cette complication l'observation suivante, qui n'est pas unique :

OBSERVATION XII (Zwicke.)

CARIE DE L’OS ILIAQUE.— FISTULES STERCORALES. — RACLAGE. GUÉRISON DE LA LÉSION OSSEUSE.

Jeune malade de 14 ans. Présente, dans la convalescence d’une fièvre typhoïde, un abcès dans la région fessière droite qui fut ouvert.

Quand la malade fut reçue, le 17 janvier 1880, deux fistules existaient à peu près à égales distances entre le grand trochanter et la crête iliaque. La pression de l’os coxal faisait sourdre par ces fistules un pus mal lié en quantité modérée. Le doigt introduit dans la fistule dilatée située à la partie supérieure du grand trochanter, arrivait sur l’os iliaque dénudé.

Une incision de cinq centimètres fut faite sur la crête iliaque et la carie de la lèvre interne fut raclée avec la gouge.

La fosse iliaque interne paraissait saine. Drains. Pansement au chlorure de zinc.

Etat général bon avant et après l'opération.

Quatre semaines plus tard, issue des matières fécales; en même temps la région ilio-cœcale devenait douloureuse à la pression.

Quelques jours après, un érysipèle envahit la région hypogastrique et la cuisse. L'écoulement des matières fécales par la plaie s'arrête pour reparaître à la fin de mai.

ee RE ve :

Au commencement de juillet, incision' avec l’écraseur d’un pont de peau, séparant deux fistules situées au-dessus de la crête iliaque. — On constate la guérison de la carie de

celle-ci.

L'opération de la fistule ne devant pas encore être entre-

prise, la malade est renvoyée chez elle.

OBSERVATION XIII (Zwicke, idem.)

OSTÉITE AIGUE DE L’ILIUM. FISTULES STERCORALES. Mort.

Enfant de 14 ans, prend, à la suite d’un traumatisme, une ostéite de la partie postérieure de l’ilium. Des abcès multiples se forment à l’aine et à la région fessière, et sont incisés au bistouri. Invasion de l'articulation sacro-iliaque. Formation de fistules stercorales. |

Décubîtus. Pleurésie purulente. Mort, 8 semaines après le début.

À l'autopsie, on trouve l'os iliaque dénudé jusqu’à la symphyse; une disjonction de l'articulation ilio-sacrée, et une perforation au niveau du coude du colon gauche. .

Plus fréquemment on voit des abcès d’origine osseuse venant du sacrum ou de l’ischion s'ouvrir dans le rectum comme d’autres au périnée. Dans deux cas même,des séquestres consécutifs à une carie du coccyx furent rendus par l'anus (Obs. de Joyeux et de Gooch).

Dans notre observation XXXI due à l’obligeance de M.Ollier, le sacrum était comme plongé dans un vaste clapier à fistules rectales et cutanées.

Les complications vésicales dans les ostéites du pubis donnent lieu à des symptômes assez fréquents,

ir cos et absolument inattendus. Chez un malade de M. Ollier (obs. XXXIV), les premiers signes de son ostéite furent des phénomènes morbides du côté des voies urinaires, dont le diagnostic fut d'abord impossible. C'étaient des symptômes de cystite: mictions douloureuses et fréquentes : urines chargées ou purulentes symptômes survenus sans cause appréciable.

Notre observation XXXII, qui a rapport àuneautre malade de M. Ollier,est encore plus curieuse: ce sont à la suite d’une ostéite du pubis guérie en apparence, des symptômes de cystite qui ne cèdent que par lablation d'un calcul, dont le centre était un petit séquestre spongieux.

Enfin notre observaiton XXXIII publiée par Busch, n’est pas moins surprenante: plusieurs petits séquestres sont expulsés avec l'urine; puis un plus volumineux est arrêté à la base de l’urèthre et en bouche [a Iumière ; l'urine s'écoule alors par les fistules de l'ostéite ; enfin un volumineux séquestre tombé dans la vessie devient le centre d’un calcul qui remplit cette cavité entière.

Esquissons maintenant à grands traits et pour nous résumer les ostéites de chacun des os du bassin.

Nous ne reviendrons pas sur les ostéites de l’ilium que nous avons presque toujours eues en vue dans notre symptomatologie générale. Remarquons seulement la bénignité des lésions limitées à l’une des épines iliaques antérieures,et par contre, le pronostic fâcheux des inflammations des épines iliaques posté rieures si souvent compliquées de sacro-coxalgies.

Re

Au pubis nous trouvons deux formes d’ostéite distinctes. Dans l’une, la lésion porte sur la branche horizontale : l'affection est grave, et souvent s’accompagne de troubles urinaires. Dans la seconde, Ia lésion siège sur la branche ischio-pubienne : c’est une ostéite épiphysaire ou juxta-épiphysaire, à évolution tardive, qui se termine par la guérison après l’expulsion ou l'extraction d’un petit séquestre.

Pour l’ischion,on pourrait établir, à priori, la même distinction, mais nous n'avons pas de faits pour l’appuyer. Ces ostéites donnent le plus souvent lieu à des fistules péri-anales, de même que les ostéites du pubis à des fistules du sillon inguino-scrotal.

Quant au sacrum, il a pour ainsi dire une pathologie distincte : comme la colonne vertébrale, dont il fait partie, il est sujet au mal de Pott, et ses lésions peuvent s'accompagner de phénomènes médullaires (obs. XXXT) ; comme les os coxaux,avec lesquels il forme le bassin, il présente des ostéites juxta-épiphysaires tardives, en rapport avec l’évolution des épiphyses marginales. Signalons enfin les lésions souvent superficielles de sa face postérieure dans le décubitus.

Page 1