OBSERVATION VI
(Louis Dubar. Présentation à la Société anatomique 1880).
PÉRIOSTITE PHLEGMONEUSE DIFFUSE DE l’0S ILIAQUE DROIT, DE L’EXTRÉMITÉ SUPÉRIEURE DU FÉMUR DROIT ET DE l’eXTREMITÉ INFÉRIEURE DU PREMIER METACARPIEN GAUCHE. ABSTENTION.
Mort.
Pottcher, âgé de i5 ans, entre le 12 mai 1879, dans le service de M. Dujardin-Beaumetz.
Le 8 mai, étant à son travail, il est pris sans cause connue de douleurs très vives dans l’aine. Il rentre chez lui et se couche. Pendant la soirée, il ressent de légers frissons. Insomnie. Epistaxis.
Au moment de son admission, son affection est prise pour un rhumatisme articulaire aigu. Symptômes généraux graves.
La douleur initiale au niveau de l’aine droite, et les douleurs qu’accuse le malade dans différents points du squelette, attirent notre attention du côté des jointures . Il est difficile de communiquer des mouvements aux articulations coxo-fémorales. La droite est particulièrement douloureuse. 11 existe de ce côté, au-dessus du grand trochanter, jusqu’au voisinage de l’épine iliaque antéro-supérieure, une légère tuméfaction sans œdème, ni changement de couleur à la peau. 'Dans le même point nous remarquons un réseau veineux superficiel constitué par quelques veines dilatées. La pression sur l’épine iliaque antéro-supérieure n’est pas douloureuse. Cette pression est au contraire, difficilement supportée au niveau de l’épine iliaque antéro-inférieure et du grand trochanter droit. Pas trace de fluctuation en ces points.
Les mouvements des articulations fémoro-tibiales sont également douloureux. La palpation des extrémités osseuses qui constituent ces articulations ne produit aucune douleur. Les petites articulations métacarpo-phalangiennes sont assez sensibles.
Nous notons une douleur très vive à la pression au niveau du premier métacarpien gauche.
La température axillaire est 40° 2 ; le pouls de 1 20.
L’épistaxis, la céphalalgie, la douleur dans la fosse iliaque droite font songer au développement possible d’une fièvre typhoïde. Mais l’absence d’hébétude et de diarrhée, l’existence de douleurs au niveau des jointures font rejeter cette idée. Le diagnostic reste en suspens jusqu’au dernier jour où l’apparition d’œdème et de rougeur au niveau de l’articulation nous démontre l’existence d’une affection périostique.
Abstention. Mort le i5 mai.
Autopsie. Dans la fosse iliaque droite le périoste est tendu et soulevé dans toute l’étendue de cette cavité par un pus rougeâtre assez épais. La collection purulente contourne l’épine iliaque antéro-inférieure, et vient décoller le sourcil cotyloïdien. La synoviale a résisté : elle est un peu épaissie et vascularisée.
Les mailles du tissu osseux dans toute l’étendue de la fosse iliaque et dans toute l’épaisseur de l’os sont infiltrées de pus jaunâtre. Au niveau de l’épine iliaque antéro-inférieure, dans un rayon de 6 centimètres, l’os est complètement baigné par le pus.
On trouve encore une infiltration purulente au niveau de l’extrémité supérieure de la diaphyse du fémur gauche, et au niveau de l’extrémité inférieure du premier métacarpien gauche.