OVAIRES , DE LEURS ANOMALIES
A une époque où les publications sur l’anatomie et la physiologie de l’ovaire se comptent par centaines, où il est proclamé journellement l’organechef, le moteur principal de l’économie féminine, on a lieu d’être surpris de l’abandon dans lequel a été laissée l’étude de ses anomalies. Pour parler en toute franchise, il y a une véritable pénurie de travaux sur la matière: n’était le chapitre que leur a consacré Chéreau, chapitre qui est, suivant sa remarque, une simple énumération, on serait réduit à dire que personne ne s’en est occupé jusqu’ici.
On ne saurait le taire, cette indifférence est regrettable à tous les points de vue ; aussi a-t-on cru devoir, dans la mesure de ses forces, chercher à remédier à cet étal de choses. S’inspirant tout à la fois des documents consignés dans la presse médicale française et étrangère, comme de ceux recueillis dans de nombreuses autopsies, on s’est attaché à les coordonner, à les grouper méthodiquement, afin de présenter un tableau des anomalies de cet organe. On n’a pas la prétention d’avoir vaincu tous les obstacles, dissipé toutes les obscurités, mais on a celle de n’avoir rien négligé pour y parvenir.
Les documents relatifs à cette étude ont été distribués en quatre chapitres: procédant du simple au composé, le premier traitera des variétés anatomiques, le second des déplacements congénitaux, le troisième de l’état rudimentaire, et enfin le dernier de l’absence de ces organes. Pour bien faire comprendre la variété ou l’anomalie traitée, chaque chapitre est pré-
cédé de considérations appropriées ; on citera notamment les variations de forme, de volume et de poids, subies par l’ovaire depuis sa formation jusqu’à l’extrême vieillesse. Tout en s’occupant principalement de la femme, on n’a point dédaigné les enseignements fournis par l’anatomie comparée; au contraire, mettant à profit des observations effectuées à diverses époques sur les animaux domestiques, on a puisé à cette source des exemples qui ne sont pas dépourvus d’intérêt.
A l’aide des matériaux colligés, il eût été facile d’écrire un ouvrage étendu ; loin de le vouloir, on s’est efforcé de renfermer ces recherches dans les limites d’une brochure, espérant que, sous celte forme, elles seraient accessibles à un plus grand nombre de lecteurs.