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OBSERVATION XXXIV

Une personne âgée de 33 ans, anémique et aux formes féminines, avait à peu près régulièrement tous les mois, surtout dans les deux dernières années de sa vie, une hémorrhagie nasale. Elle était mariée et vivait bien avec son mari, pour lequel elle avait un penchant très-prononcé.

Au temps ordinaire, elle avait éprouvé les modifications propres à la puberté.

Les parties extérieures de la génération n'offraient rien d’anormal. Les mamelles étaient bien développées, et le bassin avait ses diamètres habituels. Le vagin, terminé en cul-de-sac, admettait seulement la dernière phalange de l’index ; il avait environ un pouce de longueur. Le méat uréthral occupait un point proéminent à sa place habituelle.

Malgré un examen soigneux, on ne trouva ni matrice, ni ovaires, ni trompes, et le péritoine, après avoir revêtu la vessie, allait directement sur le rectum. La matrice manquait complètement, à moins qu’on ne veuille regarder comme un rudiment du col utérin un pli semi-lunaire existant au fond du cul-de- sac vaginal. Dansla paroi gauche du vagin, il y avait un petit corps d'apparence glanduleuse rappelant le tissu ovarien. (Dr. Quain; London Med. Tim. and Gazette, 15 déc. 1855, pag. 609 ; 29 déc., pag. 643. Transact. of thePath. Soc. of London, 1856, tom. VII, pag. 271.)

Il est regrettable, écrit Kussmaul, auquel est empruntée cette réflexion, que le corps glanduleux trouvé dans la paroi gauche du vagin n’ait point été examiné au microscope par la Société pathologique à laquelle la pièce a été soumise ; il est probable qu’il s’agit d’un ovaire rudimentaire. Tout en émettant un semblable regret, on ne saurait en aucune façon s’associer à cette manière de voir, car, à défaut d’une étude intime, la connaissance de l’embryogénie en démontre le peu de fondement : on a précédemment décrit avec trop de détails la migration de ces organes, pour qu’il y ait lieu de développer cet argument; on a beau chercher, on ne voit pas quel pourrait être l’agent de cette singulière ectopie.

En 1853, quelques mois avant l’époque où j’eus l’inappréciable avantage de devenir son élève particulier, M. le professeur Courty a recueilli un fait de ce genre : sa relation est un modèle de description anatomique, mais à raison de son étendue je suis forcé de la résumer.

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