‹ Des paralysies des muscles moteurs de l'oeilChapitre 20 sur 33 · PARALYSIE COMPLÈTE DU DROIT INFÉRIEUR DU CÔTÉ GAUCHE · texte numérisé non relu

PARALYSIE COMPLÈTE DU DROIT INFÉRIEUR DU CÔTÉ GAUCHE

Mobilité absolue. — L’axe optique gauche ne peut être abaissé que faiblement au-dessous de l’horizontale et encore cela ne se peut que d’après un mode contraire à la physiologie; ce mouvement est produit par une concurrence saccadée et irrégulière de l’oblique supérieur et du droit interne, pendant laquelle l’axe de rotation transversal n’est pas conservé, mais où l’on observe au contraire un mouvement rotatoire positif dans le sens du trochléateur. Lorsque le regard est porté légèrement à droite, un peu plus d’abaissement est possible (voy. page H9), tandis que lorsque le regard est tourné vers la gauche, le léger vestige qui en subsiste est aboli. Projection erronée dirigée en bas; sensation de vertige proportionnellement très-gênante, précisément parce que l’abaissement du regard est utilisé pendant la marche. Le malade incline la tête en avant, autour d’un axe à la fois transversal et légèrement ascendant vers la gauche, afin de transporter les objets placés directement

devant lui dans la moitié du champ visuel tournée en haut et en même temps légèrement à droite.

Rapport des deux yeux de l'un à l' autre. — Dans la ligne médiane se produit déjà, un peu au-dessus de l’horizontale, une déviation de l’œil gauche en haut, qui s’accroît progressivement avec l’abaissement de l’objet. En même temps, la cornée gauche s’écarte un peu en dehors à cause de l’action isolée du trochléateur privé de son muscle associé. C’est de la même source que découle aussi un mouvement rotatoire qui, bien que plus faible que lors de l’estimation de la mobilité absolue, peut néanmoins être constaté ordinairement, à l’aide des vaisseaux conjonctivaux et de l’iris. Pour la direction du regard à droite, la limite des -'déviations est située un peu plus bas que dans le plan médian, et les déviations elles-mêmes sont relativement plus faibles ; pour le regard à gauche, c’est l’inverse. La divergence diminue d’une façon continue du plan médian vers la gauche ; vers la droite, cela ne se produit pas aussitôt, mais on l’observe toutefois lorsque l’adduction de l’œil gauche atteint un degré un peu élevé, La déviation secondaire de l’œil droit est dirigée en bas et en dehors, et pendant les mouvements de latéralité elle se modifie conformément aux lois d’association.

La diplopie commence à la limite que nous avons indiquée pour les déviations. L’image de l’œil gauche est située au-dessous de celle de l’œil droit, et au fur et à mesure que le plan visuel descend davantage, cette image s’abaisse de plus en plus. A la divergence qui s’ajoute ici correspond un croisement des images ; au mouvement rotatoire positif anormal correspond une rotation apparente de l’image de

A. 1)F. (in AEFE. H

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l’œil gauche vers la gauche, dont le degré, pour des objets horizontaux, s’harmonise avec celui du mouvement rotatoire lui-même, et qui, pour des objets verticaux situés dans le plan médian, est encore plus sensible par les raisons que nous avons indiquées page 153. Lorsque le plan visuel reste dans le même état, la différence de hauteur des images augmente vers la gauche et diminue vers la droite. Le croisement persiste ou s’accroît même légèrement lors de petits déplacements latéraux vers la droite, mais il diminue pendant l’adduction prononcée de l’œil gauche ; il disparaît au contraire vers la gauche, et peut même pour l’abduction forcée faire place à un léger état homonyme. L’inclinaison d’objets horizontaux augmente régulièrement vers la droite, et diminue vers la gauche ; celle d’objets verticaux montre au contraire des modes de production analogues à ceux que nous avons décrits dans la paralysie du droit supérieur (Voy. p. 153).

Nous devons encore faire remarquer que l’image de l’œil gauche étant la plus inférieure, semble au malade être plus rapprochée de lui, parce que la projection a généralement lieu vers le sol.

Les prismes correcteurs doivent être tenus devant l’œil gauche, avec leur sommet dirigé en haut. Suivant la direction de l’objet et suivant la divergence qui s’y rattache, il faut donner à la fois au sommet du prisme une direction accessoire vers la gauche. Naturellement les prismes ne corrigent pas directement l’inclinaison des images, mais ils peuvent néanmoins servir indirectement au rétablissement de la vue simple en donnant lieu, par le rapprochement des images, au développement plus large de la fusion ro *

tatoire , si je puis m’exprimer ainsi, c’est-à-dire à la production volontaire plus étendue de rotations émancipées des lois de l’association.

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