DES PARALYSIES QUI SI RVIE>.\E> T AU COURS DE LA PAEU3IO.ME
I I. — Hémiplégie pneumonique
L’hémiplégie est la plus fréquente de toutes les paralysies qui peuvent survenir au cours de la pneumonie. Nous en trouvons dans les anciens auteurs quelques observations, mais peu précises et sujettes à caution. Pourlburdu Petit (1) rapporte l’histoire d’un cavalier qui à la suite d^une légère pleuro-pneumonie eût une paralysie de tout le côté droit avec cécité de l’œil droit ; il mourut au bout de quelques jours, et à l’autopsie on trouva un ramollissement de toute la partie antérieure du cerveau. DansDehaen (2; sont signalés deux cas de paralysie du côté gauche survenant, l’un chez un individu qui toussait depuis longtemps, l’autre chez un sujet de 60 ans qui venait d’avoir une pneumonie grave. Raïken (.3) cite l’observation d’un individu qui au neuvième jour d’une pneumonie nettement caractérisée, devint paralysé de tout le côté droit du corps : il mourut au 20®. Piostan ( 4) a vu uri cas d’hémiplé-
(1) PouRFOLR DU l^ETiT. Mémoires .sur les stijels proposés pour j^cs prix de r Aradémie Royale de médecine et de rliiruryie. I. I\'. p. 1778.
(2) Dehaen. ioc. cil al. p. 800.
(3) Raïken. Observai ions sur cpielqiies maladies de l’cncépliale in Répevt. yèn. d'anatomie, 1820, L. I.
(i) Rostan. Traité du ramoUisaement du cerveau. 18i3, ob. X.\.\l.\.
gie gauclie complète avec perte tl(^ la sensibilité dans le cours d’une pneumonie. >lalgré le petit nombre des cas publiés, des faits analogues devaient être suffisamment connus pour que, ainsi que le fait remarquer Carre, Bosquillon (1) regardât Thémiplégie dans la pneumonie comme assez fréquente.
C’est à M. Charcot que revient l’honneur d’avoir attiré l’attention sur les cas de ce genre. Dans ses leçons cliniques sur les maladies des vieillards, il s’exprime ainsi : « la pneumonie peut quelquefois revêtir une forme larvée et se présenter tantôt sous l’aspect d’une apoplexie cérébrale avec résolution musculaire complète et coma, tantôt sous l’aspect d’une véritable hémiplégie avec ou sans contracture des membres paralysés. J’ai observé avec Vulpian des cas assez nombreux d’hémiplégie pneumonique et nous avons pu nous convaincre qu’elle ne répondait à aucune altération encéphalique. » Dès lors étaient indiquées les deux formes ordinaires de l’hémiplégie dans la pneumonie, sa fréquence chez les vieillards^ et l’absence habituelle de lésion à l’autopsie.
Tous ces points sont repris et étudiés dans la thèse de Lépine (2). On y trouve quatre observatioiis avec autopsie ; c’est de ce travail que date l’histoire de l’hémiplégie pneumonique. Depuis il n’a pas été consacré à cette question de mémoire spécial. On a publié quelques observations qui ont confirmé les conclusions de Lépine sur certains points mais sur d’autres ont ajouté de nouveaux traits à la description de ces accidents : tous ces faits ont montré entre autres choses que l’hémiplégie pneumonique pouvait être curable et s’observer chez l’adulte, et même chez l’enfant.
(1) ItosüCiLLON iii Ccu-EN, Méilcc. pratique (. If. p. 2:29 noies.
(2) LÉPi.xiî. De l'hémipléyie pneumonique, i\\. l’aris 1870,
CIIAIMTKE PKEMIEK
Description
Nous rapportons au cours de ce travail vingt-huit observations ; deux sont inédites; les autres sont éparses dans la littérature médicale ou proviennent des thèses de Lépine, Yerneuil (1), Surugue (2). On voit, dès l’abord, que les hémiplégies pneumoniques peuvent se diviser en deux grands groupes; les unes — ce sont les plus rares, elle sont au nombre de onze — surviennent à titre d’accident pendant une pneumonie confirmée , les autres — il y en a 17 cas — tantôt précèdent de quelques heures l’apparition de la pneumonie, tantôt l’accompagnent, tantôt enfin masquent si iîien son évolution que raffection chronique est méconnue et ne se reconnaît qu’à l’autopsie.
A cette différence capitale dans les caractères de l’hémiplégie pneumonique, correspond une différence dans l’âge des sujets atteints.
Les 20 observations suivies de mort ont trait à des gens âgés, sauf une, celle de Suckling. Dans tous les cas, il s'agit d’individus ayant en moyenne 75 ans ; tous ont dépassé (>0 ans. Au contraire, dans les observations d’hémiplégie passagère dont la guérison complète ou incomplète, s’est produite au bout d’un temps plus ou moins long, les sujets atteints étaient tousjeunes. Deuxfois, ce sont des enfants d’un an et demi et de deux ans : les autres fois, l’âge des malades varie de 18 à 40 ans. L’observation XXXV 1 a trait a un individu âgé de 58 ans, pris au cours d’une pneumonie, qui finit par, l’emporter, d’une hémiplégie passagère avec aphasie.
(1) Verxeuil. he l(i coHfjcstion et de l' in flamnicUion des méninf/es cérébrales et spinales dans la pneumonie. Tli. l'aris, 1873.
fâJSuRCGCE. De laméninuite compliquant la pneumonie.^h.yim^, l«/o.
Donc les cas d’hémiplégie dans la pneumonie, appartiennent à deux catégories distinctes: les hémiplégies des vieillards, les hémiplégies des adultes et des enfants,