‹ Des Pensées de Pascal (volume 2)Chapitre 12 sur 56 · AVANT-PROPOS. XVII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. XVII

déjà une quatrième sortie des presses de Timpriiuerie royale. Ici tout semble dirigé seulement contre Descartes. Mais après la mort de Huet son secret lui échappa : on trouva dans ses papiers un écrit ingénieux et savant ' , non plus contre Descartes mais contre la raison elle-même, non plus pour Aristote mais contre toute espèce de dogmatisme, et par exemple dans l'antiquité grecque, devenue sous la plume du savant évêque le champ de bataille de la dispute, contre l'ancienne Académie pour la nouvelle, c'est-àdire pour le pyrrhonisme. Voici le titre même du chapitre 1 5 qui termine et résume le livre 1^ : On conclut de tout ce qui a été dit ci-dessus qu^ il faut douter et que dest le seul moyen d^éviter les erreurs. La hardiesse des Dogmatiques a produit une infinité d'erreurs. Les Académiciens et les sceptiques rCafi firmant rien^ ne peuvent se tromper^ et ils sont les seuls qui méritent le nom de philosophes. Le livre 2* explique quelle est la plus sûre et la plus légitime 7M)ie de philosopher. Savez-vous quelle est cette voie sûre

• Traité philosophique de la foïbîesse de Vesprit humain^ Amsterdam y 1721.

XVllI AVANT-PROPOS.

et légitime? C'est l'empirisme et la probabilité ' . Voilà bien en philosophie le probabilisme de la théologie jésuitique. Et , chose merveilleuse , tout cel* dans Huet aboutit à la Démonstration évangelique !

Le Traité philosophique de lafoihlesse de t esprit humain est le modèle accompli et le code de cette espèce de scepticisme un peu hyprocrite qui ébranle toutes les vérités naturelles pour asseoir sur leur ruine la vérité révélée, comme si là vérité était contraire à la vérité , et qui met en avant le doute pour conduire par un détour au dogmatisme le plus impérieux. Pascal appartient à celte école ; lui aussi il a pour principe que le pjrrhonisme est le vrai'^ ; et tant d'autres déclarations de la même sorte dont on voyait déjà quelque ombre dans les anciennes éditions, et qui paraissent aujourd'hui à découvert dans les fragments nouveaux que nous avons publiés.

' TraiU yh%lo$ophique de la faiblesse de Vesprii humain , liv. II, chap. III. Il n'y a rien dans Veniendemenl qui n ait été dans les sens. Contre Platon , contre ProcluSy contre Descartes, — Ibid.^ chap. ly, il faut croire les choses probables comme si elles étaient véritables. — Chap. v, régies du creterium de laprobabilité , à savoir : la sensation.

■ Rapport, p. 171.

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