‹ Des Pensées de Pascal (volume 2)Chapitre 42 sur 56 · FRAGMENT DTNE LETTRE DE PASCAL · texte numérisé non relu

FRAGMENT DTNE LETTRE DE PASCAL

(Bossut a le premier publié un fragmeut d'une lettre 4e Pascal commençant par ces mots : « Nous usons mal, au moins en ce qui m'en parolt, de Tavantage...» sansdhreoùil a pris œ frag« ment. Nous le trouvons dans les Mémoires de (nAdemoisellç Perrier, avec un début qui semble indiquer que cette lettre est adressée à M. Perrier, lequel avait aussi des querelles avec les jésuites de Clermont. )

(S Vous me faites plaisir de me mander tout le détail de vos fronderies, et principalement puisque vous y êtes intéressé; car je m'imagine que vous n'imitez pas nos frondeurs de ce pays-ci % qui usent si mal , au moins en ce qui m'en paroît, de l'avantage que Dieu ^ leur offre de SQuffrir quelque chose pour l'établissemenl quand ce seroit pour Tétabliss rites, ils4 n'agiroient pasaiiln qu'ils ignorent^ que la même 1 spire les lumières aux uns , les i il semble qu'en travaillant à lei

* Probablement les janséniste^ qui, selon Pascal, fléchissaient dans l'affaire du formulaire.

* Ici commence le fragment publié par Bossut : iVows usons mal, au moins en ce qui m'en paroii^ de l'avantage, etc.

* B. : nos.

* B. ; nous n'agirions,

** B. : îiotts paroissons ignorer.

86i APPENDICE N* 4.

vent' un autre Dieu que celui qui permet que des obstacles s'opposent à leurs progrès. Ils croyent^ rendre service k Dieu en murmurant contre les empêchements y comme s'il étoit une autre puissance qui excitât leur^ piété, et une autre qui donnât vigueur à ceux qui s'y opposent.

C'est ce qui fait l'esprit propre. Quand nous voulons, par notre propre mouvement, que quelque chose réussisse, nous nous irritons contre les obstacles , parce que nous sentons dans ces empêchements ce que le motif qui nous fait agir n'y a pas mis , et nous y trouvons des choses que l'esprit propre qui nous fait agir n'y a pas formées.

Mais quand Dieu fait agir véritablement, nous ne sentons jamais rien au dehors qui ne vienne du même principe qui nous fait agir; il n'y a pas d'opposition au motif qui nous presse; le même moteur qui nous porte à agir, en porte d'autres à nous résister, au moins il le permet ; de sorte que comme nous n'y trouvons pas de différence et que ce n'est pas notre esprit qui combat les événements étrangers, mais un même esprit qui produit le bien et qui permet le mal, cette uniformité ne

* B. : nous serviom.

* B. . nous croyons,

* B. : notre.

APPBITDICB M"" 4. SA6

trouble point la paix d'une ^ âme, et est une des meilleures marques qu'on agit par l'esprit de Dieu, puisqu'il est bien plus certain que Dieu permet le mal , quelque grajid qu'il soit, que non pas que Dieu fait le bien en nous (et non par quelque * motif secret), quelque grand qu'il nous paroisse ; de sorte que ^ pour bien reconnoître si c'est Dieu qui nous fait agir, il vaut bien mieux s'examiner par nos comportements au dehors, que par nos motifs au dedans, puisque si nous n'exa>* minons que le dedans, quoyque nous n'y trouvions que du bien, nous ne pouvons pas nous assurer que ce bien vienne véritablement de Dieu. Mais quand nous nous examinons au dehors , c'està-dire quand nous considérons si nous souffrons les empêchements extérieurs avec patience, cela signifie qu'il y aune uniformité d'esprit entre le moteur qui inspire nos passions et celui qui permet les Ti nme il est sans dou les unes, on a dro c'est Dieu qui prodi

Mais quoy ! on agit comme si on avoit mission pour faire triompher la vérité , au lieu que, nous

* B. : de Vdme.

* B. : qvelque autbb motif. ' B. : AINSI pour b.

Digrtized by VjOOQIC

su APPENDICE n* I.

fi'avofti mission que j^oui* cotnbatir'e pour elle. Le déitr de vaincre est si natu^el que quand il se edlivrè du déiif de faire triompher là véHté, on prend auvent l'un pour l'autre, et on croit re^ chercher la gloire de Dieu en cherchant en effet là sienne. Il me semble en effet que la manière dont nous supportons les empêchements en est la plus sûre marque ; car enfin, si nous ne voulons qtte l'ordre de Dieu, il est sans doute que nôui souljaiterons autant le triomphe de sa justice que celui de î, quand il n'y aura

point de rus serons dans une

égalité c vérité îioit connue,

Sort qu'< puisqu'en l'un la

tnisérico le, et en l'autre sa

justice.

Pàterjnsk, mundns te non cognotlt.

¥ète juste , té m

Sur quoy saint A un effet

de sa justice qu'il n< monde.

Prions et travaillons, et réjouissons-nous de tout, comme dit saint Paul.

Si vous m'aviez repris dans mes premières fautes, je n'aurois pas fait ce!le-cy, et je u:e serois modéré. Mais je n'effaceray pas non plus celle cy que

Tautrè ; vous l'effacerez bien vous-même , si vous Voulez ; je n ay pu m'empêcher ' , tant je suis en colère contre ceux qui veulent absolument que Fon croye la vérité lorsqu'ils la démontrent, ce que J.-G. n'a pas fait en son humanité créée. C'est ime moquerie^, etc., etc.

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