‹ Des Pensées de Pascal (volume 2)Chapitre 45 sur 56 · MADAME PÉRIER · texte numérisé non relu

MADAME PÉRIER

(Ce billet nous vient des papiers de la famille de M. Hecquetd'Orval, d'Abbeville, descendant de M. Hecquet, célèbre médecin janséniste du xvii* siècle. Il n*estni signé ni daté. Mais comme il y est question des assemblées qui se tinrent pour la signature du formulaire, on peut le placer vers Tannée 1660 ou 1661.)

Au dos de la lettre : A mademoiselle S mademoiselle Perler, à OlermoDt ( en AuTorgne. )

Ma chère seur (sic)^

« Je ne crois pas que ce soit tout de bon que lu sois faschée; car sy tu ne l'es que de ce que nous t*avons oubliée , tu ne dois point Testre du tout. Je ne te dis point de nouvelles, parce que les générales le sont trop et les particulières le doivent tousiours estre. J'en aurois beaucoup à te dire qui se passent dans un entier secret *, mais je tiens inutile de te les mander; tout ce que je te prie est de mesler les actions de grâce aux prières que

' On ne donnait alors le nom de Madame aux femmes mariées que lorsqu'elles étaient d'une condition élevée.

* « M. Pascal entend icy ce qui se traitoit à Paris dans les assemblées qui s'y tenoient sur la signature du formulaire. Voir le supplément au nécrologe de Port-Royal, p. 460. »» — (Note ancienne écrite en marge de la lettre par un membre de la famille de M. Hecquetd'Orval.)

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tu fais pour moy , et que je te prie de multiplier en ce temps. J'ay moy-mesme avec Taide de Dieu porté ta lettre , aftiix que Ton la fit tenir à madame de Maubuisson. Ils m'ont donné un petit livre où j*ay trouvé cette sentance escritte à la main^ Je ne sçais sy elle est dans le petit livre des sentances, mais elle est belle. On me presse tellement que je ne puis plus rien dire. Ne manque pas à tes jeudis. Adieu, ma chère. »

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