‹ Des pensées de PascalChapitre 121 sur 125 · DESCRIPTION DU MANUSCRIT DE L'ORATOIRE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DU MANUSCRIT DE L'ORATOIRE

is'' 160.

C'est un portefeuille in-folio divisé en un certain nombre de paquets.

Le i^' paquet contient des lettres imprimées d'Arnauld et de Nicole.

Paq. 2 et 3. Pièces imprimées.

P. 4- Extrait d'une correspondance entre l'abbé de La Trappe, l'abbé Nicaise (de Dijon) et Tillemont sur la mort d'Arnauld et sur diverses autres choses.

P. 5. Note biographique sur Arnauld.

P. 6. Lettres de Nicole et d'Arnauld à M. Périer.

P. 7. Pièces sur les miracles de la sainte Épine.

P. 8. Lettre d'une religieuse sur l'histoire d'une autre religieuse.

P. g. Extraits concernant Port-Royal avec plusieurs lettres de divers personnages , et avec des pensées et des règles sur la vie religieuse.

P. lo. Extraits de lettres de la mère Agnès à la sœur sainte Euphémie ^.

P. 1 1. Fourberies de Louvain.

P. 12. Affaire du père Saint- Ange , capucin^.

P. i3. Mémoires ecclésiastiques de M. l'abbé Ferrier.

P. il\. Eclaircissement sur la doctrine des deux premiers siècles.

P. i5. Affaire de la prétendue rétractation de Pascal , avec toutes les lettres qui s'y rapportent.

P. i6. Un certain nombre de morceaux de Pascal et relatifs à Pascal. D'abord la lettre écrite par Pascal à sa sœur madame Périer, sur la mort de leur père, d'où on a tiré le morceau imprimé sur

* Ces extraits ont été imprimés pour la première fois, d'après le Recueil de Marguerite Perler, dans notre écrit : Jacqueline Pascal. Appendice, p. 431.

^ LeMss. de la Bibl. royale, n^ 176, contient sur cette affaire plusieurs pièces authentiques au bas de l'une desquelles est la signature autographe de Pascal, telle que nous l'avons figurée dans \% fac-similé annexé à ce volume. A l'aide de ces deux manuscrits , nous avons exposé en détail ce triste épisode de la jeunesse de Pascal dans la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, np de novembre et décembre 1842.

la mort. Le manuscrit ajoute ces mots: sur V original daté du 1 7 octobre i65i, de la main de Pascal. (Voyez ce vol. p. 49-) Vient ensuite la lettre à la reine de Suède en lui offrant la machine arithmétique. {Ibid, p. 376.) Puis la relation de Marguerite Périer de ce qu'elle a entendu dire à son oncle sur les Proi^inclales. (^Ibid, p. 44-)

P. 17. Diverses pièces concernant M. Pascal. i^ Extrait de l'Histoire de la Roulette. 2° Abrégé de l'Histoire de la prétendue rétractation. 3" Quelques détails connus sur le différend de MM. de Port-Royal et de Pascal , relativement à la signature du formulaire. L^ Divers éloges et épitaphes de Pascal. Tout cela est connu; mais au milieu est la fin de la préface des Pensées^ laquelle n'a point été imprimée , dit notre manuscrit. Cette fin se terminait par la citation du portrait que Pascal avait tracé de lui-même sur un petit papier écrit de sa main et trouvé après sa mort : J'aime la pauvreté ^ etc. Ce portrait, qui nous a été conservé par madame Périer dans la vie de son frère, a été depuis inséré par Bossut dans le supplément aux Pensées de Pascal, p. 535. 5° Neuf lettres inédites attribuées à Pascal dans un premier titre, puis à M. de Saint-Cyran dans un second. Ce sont les lettres de Pascal à mademoiselle de Roannez. {Ibid. p. 61 et p. 334)

Après toutes ces lettres, il en vient une de mademoiselle Pascal à madame Périer , sa sœur, en date du i5 septembre 16/17, ^^^' ^^'^^ visite que Descartes avait faite à Pascal, visite dont parle Baillet dans la vie de Descartes, seconde partie, p. 33o, d'après une lettre manuscrite de Descàrtes à Mersenne , du 4 avril 1648. On trouvera la lettre de notre manuscrit dans Jacqueline Pascal^ p. 93.

Ce même paquet 1 7 renferme aussi des copies de plusieurs lettres adressées à Pascal. 1° Une lettre de Fermât à Pascal, datée de Tolose le

29 août 1664 : Monsieur^ nos coups fourrés

elle est imprimée dans l'édition de Bossut, tom. IV, p. 435' 2" Une lettre de M. Sluze, chanoine de la cathédrale de Liège : f avoue que fai

grande obligation à la geniilezza l'édition de

Bossut, ibid.^ p. 4-^4- ^^ Lettre de Leibnitz sur quelques manuscrits de Pascal touchant les sections coniques; Bossut, tom. v, p. 4^9 • Monsieur j vous m'avez obligé sensiblement.,., [f Lettre de M. le premier président Ribeyre à Pascal, de Clermont , 26 juillet i65i : Monsieur., je vous avoue,.. Bossut, tom. iv, p. 214. 5"^ Lettre de M. de Sluze à Pascal, du 29 avril 1669: Monsieur., bien que je dev rois passer pour importun...., Bossut, tom. V, p. 45o : 6° Une lettre

sans date, sans nom d'auteur, commençant ainsi :

« J'ai reçu un très-grand contentement de vos lettres du -19 du mois passé, lesquelles m'ont été rendues il y a deux jours, et je me tiens fort obligé a la civilité de M. Pascal, duquel si l'estime que j'en ay pouvoit être plus grande, elle seroit augmentée par tant de démonstrations que j'en ai reçues. Je vous prie donc, vous qui m'avez fait la faveur de me faire connoître une personne si savante, de lui témoigner le respect et l'estime que j'ay pour lui, et que, si je ne puis pas correspondre avec les effets a tant de grâces qu'il lui a plu de me faire, je ne manquerai pas au moins d'y satisfaire avec une bonne volonté que j'ai voulu vous faire connoître présentement par la réponse que je vous envoyé a ce qu'on m'a proposé. Le temps est court, mais n'espérant pas de pouvoir, la semaine prochaine , avoir la commodité de m'appliquer a de semblables spéculations, je suis contraint de vous en dire mon sentiment sur-le-champ. 11 est bien vrai qu'il me déplaît que d'abord je ne sois pas du sentiment de M. Pascal touchant l'analyse spéciose de laquelle je fais plus grand cas que luy, et j'ose dire que les preuves que j'en ay sont si grandes que non-seulement elles me persuadent, mais elles m'obligent d'en faire une estime bien grande. J'avoue que le retour en est bien souvent difticile; mais parce que, quand j'ai fait exactement l'analyse, je suis aussi sûr de la solution du problème comme si je l'eusse démontré par synthèse ; je ne me soucie pas quelquefois d'en chercher la construction la plus aisée, me persuadant ce qu'en une autre occasion M. Pascal dit : non est par labori prœmium ; mais en cela comme en toute autre chose je laisse volontiers que chacun suive son propre sentiment. Je viens au problême des tangeans dont on désire une plus grande explication. Aussitôt que vous me l'envoyâtes »

Cette longue lettre, qui a plus de six pages in-foL, se termine ainsi :

« Le porisme des anciens, a la description des sections coniques, me semble très-joli ; mais je n'ai pas le loisir de les examiner pour cette heure. Je conserverai le tout pour un meilleur temps , comme aussi de vous parler des carrés, que ces Messieurs appellent magiques desquels M. Pascal fait quelque mention dans sa lettre. J'y ajoute seulement que vous dites le vrai quand vous dites qu'il vous souvient que je vous ai parlé autrefois des deux moyennes, parce qu'il y a longtemps que j'ai trouvé la méthode de les trouver en une infinité de laçons (j'entends par le lieu solide). Mais entre tous, ceuxlà me plaisent davantage qui résoudent le problême per circulum et ellipsim. C'est ce que je vous prie de proposer à M. Pascal, pour savoir s'il lui est peut-être arrivé tout de même. Je vous prie de me donner quelques nouvelles des jansénistes et molinistes, comme aussi quelque objection qu'on fait à M. Descartes; et je voudrois savoir en quelle estime M. Hugenius, gentilhomme hollandais, est auprès de ces Messieurs. 11 a imprimé plusieurs petits livres de géométrie, et il a demeuré quelque temps a Paris. »

Je ne trouve point cette lettre parmi celles de Sluze dans l'édition de Bossut. Il est possible qu'elle soit de lui , venant après une lettre qui lui appartient certainement. Peut-être aussi est -elle de Fermât, et adressée à Carcavi, qui avait été collègue de Fermât au parlement de Toulouse. Je le conjecture d'après ces mots : // vous souvent

que je vous ai parlé autrefois , etc. Et puis celui qui écrit est évidemment en province. En tout cas il serait bon de publier intégralement cette lettre. »;° Un morceau intitulé : Pour M. Pascal. Le Mss. de la Mazarine le donne , p. 72 , sous ce titre : Pour mon frère,

« Il y a quelque temps que nous fîmes voir a M. Arnauld la solution que M de Gomiers avoit donnée a tous vos problèmes. Il la comprit fort bien et la réduisit en chiffres pour les premiers problêmes qui se trouvèrent conformes a vos solutions. Il n'eut pas le loisir d'en chercher la démonstration ; mais il en parla a un jeune homme qui demeure dans la môme maison que M. de Roannez, qui a beaucoup d'ouverture pour la géométrie. Je ne sais si vous l'avez connu : il s'appelle M. le marquis de Sainle-Mesme. M. Arnauld lui proposa donc en l'air cette solution générale de M. de Gomiers sans faire de ligure ; et il lui envoya le lendemain cette démonstration qui est générale, et qui est la même que celle que vous nous avez envoyée. M. Arnauld la trouva très-belle. (Le Mss. de la Maz. s'arrête ici.) Nous lui dismes un jour ce que nous savions de la vôtre ; mais nous ne l'avions pas sur nous, et nous n'eusmes pas le temps de l'aller quérir... (suit cette démonstration.) M. de Gomiers ne nous a point encore rendu réponse sur ce que nous l'avions prié par M. Toinard de réduire en nombre les solutions des propositions au particulier. »

De qui peut être cette note? Sans la première suscription : Pour M. Pascal ., j'inclinerais à penser qu'elle est de Louis ou de Biaise Périer, qui étu-

diaient alors à Paris et voyaient beaucoup M. Arnauld , et qu'elle est adressée à leur frère aîné , Etienne Périer, qui s'occupait fort de mathématiques. En écrivant à leur mère , madame Périer , à Clermont, la lettre qui suit, ils auront joint cette note pour leur frère.

En effet nous trouvons mêlée à la lettre précédente, celle de MM. Périer, que nous avons publiée (p. 83), sur l'envoi à faire des exemplaires des Pensées à différentes personnes qui avaient pris part à la révision : « Nous aidons parlé à M. Guelphe... » Le Mss. de la Mazarine qui donne aussi cette lettre, p. 71, dit qu'elle est adressée à madame Périer et à Etienne Périer.

Mentionnons encore dans le paquet 17 une lettre du P. Pouget, prêtre de l'Oratoire, du 2 5 mars 1704, où il déclare qu'il vient d'être chargé par l'évêque de Montpellier, Colbert, le neveu du grand ministre, de composer pour son diocèse un catéchisme. Yoilà donc le véritable auteur du fameux catéchisme de Montpellier.

Le p. 18 contient deux cahiers. Le premier est la lettre de M. de Saint-Amour, de Rome, 26 mai i653 sur sa mission : cette lettre doit avoir été imprimée. Le second cahier se compose de deux lettres inédites très-intéressantes écrites au beau-frère de Pascal , M. Périer, conseiller à la Cour des aides de

Glermont, toutes deux datées de Paris et de l'année lôSy. Elles renferment de curieux détails sur les persécutions que subissaient les Provinciales, Malheureusement ces deux lettres ne sont pas signées. Elles ne peuvent être de madame Périer, qui était alors à Glermont avec son mari, et dont il est question dans une de ces deux lettres. Seraient-elles de Domat ou d'Arnauld ou de Pascal lui-même? Je ne les ai vues nulle part imprimées. Voici une bonne partie de la première, du i janvier 16^7 :

« Vous perdez quelque chose de ce que je suis accablé d'occupations ; car je ne puis vous écrire si souvent ni si au long que nous le souhaiterions tous deux etc.... Je satisfais ici en courant à trois de vos lettres. Je crois vous avoir mandé qu'il n'y a point d'ordre du conseil portant défense d'imprimer, mais bien ordonnance du lieutenant civil trompettée et affichée. Nous nous en mocquons assez , aussi bien qu'on peut faire chez vous; mais cependant nous risquerions ouvertement imprimeurs et libraires qui ont peur et nous pour eux. Je crois avoir mandé aussi que vous donniez les suites d'extraits ; il le faut faire au plus tôt; et pourtant il est bon de les accompagner du second avis ou quatre pièces des curés. Je vous enverrai de tout abondamment par le messager de lundi ; je pensois l'avoir déjà fait ; mais je vous proteste que j'ai tant de choses a la teste que ma mémoire oublie d'en faire passer quelques-unes jusqu'aux mains... Il y a une sanglante relation dans le procèsverbal du clergé contre la doctrine de Jansénius auquel ces Messieurs attribuent les propositions condamnées, qu'il n'a pas entendu saint Augustin etc. , avec lettre au roi, a la reine, a

Son Eminence et a tous les évêques pour faire signer cet arrêt si étrange. Cela sera indubitablement suivi de persécution grande. »

Deuxième lettre, au même, de Paris, 24 avril

« ... On a envoyé ici de Louvain un extrait de la réception et publication de la bulle qu'on appelle Alexandrine dans cette Université, dont tous les membres étant assemblés, la Faculté de Théologie par la bouche de son doyen a déclare ce qui

suit Les mômes lettres des Pays-Bas portent en propres

termes que cette même déclaration de la bulle Alexandrine fait fort peu d'effet par deçà , et vraiment ne cause qu'un mépris de constitutions apostoliques. L'effet principal de deçà à Paris est tout de même. Il y a eu des emportés qui ont fait rage en cette publication. L'Oratoire de Saint-Honoré est la seule communauté qui a publié cette bulle par leur prédicateur de leur robbe, ce qui ne s'est pas fait sans ordre des supérieurs politiques, comme dit d'eux la nouvelle chanson qui court la-dessus, qu'étant si proches du Louvre il faut en suivre le train. Un certain abbé Lenormand s'est aussi signalé par cette publication qu'il avoit remise a dimanche dernier, avant- hier. Il est trésorier et curé de Sain t-Jacques-de-L' Hôpital en cette ville. 11 fit des réflexions sur les principaux endroits de la bulle ; et étant aux derniers mots qui parlent d'implorer le secours du bras séculier : « Messieurs, je n^ entends pas seulement les puissances; je n'entends pas mon bras, mais celuide M. Jean Guillaume (c'est le bourreau) à qui il faut les livrer. Et on m'a assuré qu'il avoit dit : Ces diables de jansénistes ; mais j'en doute. Pour ce qui est de la déclaration sanglante préparée

par M. le chancelier contre les jansénistes, qui devoit être envoyée au Parlement avec la bulle, elle est échouée, et a été jetée au feu par un de ceux qui en avoient le pouvoir. Les jésuites se sont réduits ensuite a faire envoyer la bulle au Parlement avec une simple lettre de cachet a l'ordinaire. Mais cela est encore cassé, et on nous assure qu'ils en sont réduits à un arrest du conseil, qui est la marque d'une pauvre cause en ce temps. La justice et la fermeté qui paroît encore dans le Parlement leur est fort opposée et fort redoutable. Il n'y a nulle apparence que la bulle ni aucune déclaration y passe, et on doit seulement souhaiter que les autres Parlements se règlent sur celui-cy. Un conseiller des plus considérés a dit depuis peu à un ami que pour eux ils n'étoient pas juges des points de foi et de doctrine, mais que pour des points de fait, surtout s'agissant de faire perdre l'honneur ou le bien des particuliers, ils en pouvoient fort bien connoître, et que pour voir si les propositions étoient dans Jansénius ils feroient fort bien apporter la bulle et le livre de Jansénius sur le bureau... o

P. 19. Deux cahiers. La pièce qu'ils contiennent est imprimée : c'est l'image de la vertu de la mère Agnès.

Enfin le p. 20 est une lettre de 1720, écrite à monseigneur l'archevêque d'Arles sur son mandement au sujet des calamités publiques.

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