‹ Des pensées de PascalChapitre 125 sur 125 · CITÉES DANS LE PRÉSENT VOLUME · texte numérisé non relu

CITÉES DANS LE PRÉSENT VOLUME

A, au lieu de pour. — « L'homme est à lui-même le plus prodigieux objet de la nature. » Page 123. — « Connoissez donc, superbe, quel paradoxe vous êtes à vous-même. » P. 196. — « Il (ce joug ) n'est léger qu'à lui et à sa force divine. « P. 357.

— A, pour par. — « Se laissant conduire à leurs inclinations et à leurs plaisirs. » P. 2o8. — « Ne nous laissons pas abattre à la tristesse. « P. 352. Il est à remarquer que dans cette locution à se rapporte plutôt au premier des deux verbes.

— A, pour relativement à. — Il était naturel à Adam et juste à son innocence. » P. 323.

ABAISSER au propre. — « Ayant un corps qui nous aggrave et nous abaisse vers la terre. >» P. 304.

— Au figuré : « Pour abaisser notre orgueil et relever notre abjection. » P. 229.

— Abaisser a. — « Âbaissons4a (l'âme) donc à la matière. » P. 202.

— S'ABAISSER. — « S'il se vante, je V abaisse; s'il s'abaisse^ je le vante.» P. 193. — «Forcé à s'abaisser d'une ou d'autre manière. » P. 276.

— S'ABAISSER A. — - « Et s'il ne s'abaisse à cela. « P. 198.

— Rabaisser, être rabaissé , pris absolument. — << quelque

éclairé que soit un sujet, sa conditiou est toujours rabaissée par la dépendance. » P. 380.

ABANDON, non seulement l'action d'abandonner, mais l'état d'une personne abandonnée.— «Il (l'homme) sent alors son néant, son abandon. » P. 219.

ABATTRE, au moral.— « Les pensées pures, qui le rendroient heureux, s'il pouvoit toujours les soutenir, le fatiguent et V abattent. )) P. 394.

— Rabattre. — «Pyrrhonisme est le remède à ce mal, etra- 6«^ cette vanité'. » P. 170.

ABÊTIR. — « Cela vous fera croire et vous abêtira. » P. 187, et 272 ^

ABJECT, Abjection^ dernier degré de la bassesse. — « Tout ce qu'il y a de grand et tout ce qu'il y a d'abject. » P. 315. — « Pour abaisser notre orgueil et relever notre abjection. » P. 229.

ABOMINABLE. — « Tout ce qui est dans les hommes est abominable.^> P. 315. — «Des plaisirs abominables. ^^ P. 315.

ABSOLU. Foyez Empire.

ABSOLUMENT, le contraire de relativement , en soi , intrinsèquement. — « Entre être délicat et ne l'être pas du tout, il faut demeurer d'accord que, quand on souhaite d'être déhcat, on n'est pas loin de l'être absolument. » P. 403.

ABSORBER , être absorbé. — « Quand je considère la petite durée de ma vie absorbée dans Téternité. » P. 218. — « Sa volonté est absorbée en Dieu. » P. 320. — « L'image de la chair du péché a été absorbée par la gloire. » P. 318.

ABYMÉ.— « Le petit espace que je remplis et même que je vois abyméàdiMS Tinfinie immensité des espaces que j'ignore.» P. 218.

ACCÈS. Accès de joye. Ressentir des accès de joye. — « J'ai ressenti de nouveaux accès de joye à toutes les lettres...» P. 368.

ACCOMMODER (s'). — « C'est une vie unie à laquelle il ne peut s'accommoder. » P. 394.

I Montaigne, Ess., liv. il, ch. \2. « Le seul moyen que je prends pour >«battre celte frénésie, n ' Montaigne, ibid. a II nous faut abestir pour nous assagir. ».

ACCORDER, mettre d'accord : — «C'est celle qui accorde les contrariétés par un art tout divin. « P. 32.

— Accorder avec. — « Il accorde en peu de mots l'immatérialité de l'âme avec le pouvoir qu'a la matière d'altérer ses fonctions. » P. 376.

— Faire la concession de. — « Accorder à Dieu une chiquenaude pour mettre le monde en mouvement. » P. 41.

— S'accorder avec. — « La force s'accorde avec cette bassesse. » P. 272.

ACCROIRE. Foyez Croire.

ACHEMINEMENT. — « Cette manière de vivre est un merveilleux acheminement à la passion. » P. 409.

ACHEVER, porter le dernier coup. — « Il faut donc l'achever (la raison).» P. 202.

— Rendre une chose telle qu'il n'y manque rien. — « Et ce qui achève notre impuissance à connoître les choses. » P 302. — « Le péché n'est pas achevé si la raison ne consent. « P. 334.

ACHOPPER, se heurter à, faire un faux pas, échouer. — « Et c'est là où tous ont achoppé. » P. 290.

ADMIRER , pour : s'étonner. — « f admire avec quelle hardiesse ces personnes entreprennent de parler de Dieu. » P. 173, et 244. — <<. Qm n admirera (\m notre corps » P. 282.

AFFLIGER, pour: frapper, abattre, du latin afjligere. — «Quand la mort affligeoit un corps innocent.» P. 324.

AGIR, Agissant. — « Laissons donc agir ce serpent et cette Eve. » P. 334. — « Ce sont leurs conseils qui sont encore vivants et agissants en nous. » P. 331.

AGGRAVER, rendre lourd. — Un corps qui nous aggrave et nous abaisse vers la terre. » P. 304 '.

AGRANDIR. — « Il y a des passions qui resserrent l'âme et qui la rendent immobile , et il y en a qui V agrandissent et la font répandre au dehors. » P. 410.

— S'agrandir, — « On sent le feu s'agrandir. -> P. 403.

^Horace, Sat. ii, 2, 77 ; « Corpus... aniinum... jprcejyrai^o^.. alque a/^iyit. — Montaigne, Ibid., cite ce passage du livre de la Sagesse, ch. IX : Corruptibile corpus aggravât animam.

456 VOCABULAIRE DES LOCUTlOiNS

AIDER, aidé, aidant, aidante, sans relatif et sans régime. — « Toutes choses étant aidées et aidantes. » P. 300.

AIGUILLON, aiguillon de. — « Les enfants de Port-Royal auxquels on ne donne point cet aiguillon c^'envie et de gloire, tombent dans la nonchalance. » P. 215.

AIR, le bon air, pour : les belles manières. — « Qu'il cherchoit le bon air. » P. 244.

ALLÉGEMENT. — « Un solide allégement. » P. 311.

ALLER, aller à. — « Qu'il aille de lui-même à Dieu. » Page 223-224.

— Avec un terme abstrait personnifié : « Vous voulez aller à la foi, et vous n'en savez pas le chemin. » P. 272.

— Allées et venues.— «La nature de l'homme n'est pas d'aller toujours ; elle a ses allées et ses venues. » P. 220.

ALLIANCE. — «Tout tombe sous son alliance {pour dire : tout a un /^e^^, une alliance avec lui). P. 300. » Pascal a essayé plusieurs mots avant d'arriver à celui-là.

ALLUMER (s'}. — «Les yeux s'allument et s'éteignent. » P. 404.

AMBIGU. — « Dans un état ambigu entre les poissons et les oiseaux. » P. 200.

AMITIÉ, pour affection profonde, y compris ramour.~-«Une haute amitié. » P. 402. — « C'est une obligation de la nature que les hommes fassent les avances pour gagner l'amitié des dames.)» P. 408. —Au pluriel, même sens. — « Les grandes amitiés vont jusques-là. « P. 408.

AMOUREUX, enclin à l'amour. — « On dit qu'il y a des nations plus amoureuse^ les unes que les autres » P. 411.

— Amoureusement, avec amour. — « Il ne doit pas accuser de la violence qu'il souffre la mère qui le retient amoureusement. » P. 357.

AMPLE , amplitude. — « Tout le monde visible n'est qu'un trait imperceptible dans l'ample sein de la nature. » P. 126, et p. 278. — « La diversité est si ample. » P. 213. — « Dans Vamplitude et immensité de la nature. » P. 278.

ANATOMISER, diviser.— « Mais si on l'anatomise.^^V.^lZ. APRÈS , courir après. — « Courir après les fumées. » P. 200.

ASSEOIPv, au figuré; — « Et je ne vois pas pourquoi asseoir son imagination sur l'un plustostque sur l'autre. » P. 122, et 298.

— Assiette. — « Nous brûlons de désir de trouver une assiette ferme. »P. 128 et 296.

ASSUJÉTIR, rendre sujet. — « Que votre génie vous assujétisse tout ce qui n'est pas soumis à vos armes. » P. 381.

ASSURER, rendre sûr, mettre eu sûreté. — «• On assure \di consfience en montrant la fausseté; on cassure pas la bourse en montrant l'injustice. » P. 223.

— S' ASSURER, se mettre en sûreté, et se croire en sûreté. — « On ne peut s'assurer, et l'on est toujours dans la défiance. « P. 406. — « Voyant trop pour nier, et trop peu pour m'asswrer'.» P. 210.

— S'assurer que, pour être certain que.— « Et s'a^swre qu'elle a en soi les forces nécessaires pour cette conquête. « P. 202.

— Assurance , état où on est en sûreté. — « Ne cherchons donc point d'assurance et de fermeté. » P. 296.

— Assuré, il est assuré que. — « Il est bien assuré qu'on ne se détache jamais sans douleur. » P. 345. — « // est assuré que vous servez l'Église par vos prières. « P. 64, et 335.

ATTACHE , prendre attache à quelque chose. — « Pour moi je n'ai pu y prendre d'attache. » P. 115.

— Attachement à. — « Ceux qui ont des attachements au monde qui les y retiennent. » P. 359.

— Attacher , s'attacher. — « Quelque terme où nous pensions nous attacher et nous affermir. » P. 296.

— Détacher (se) , absolument et sans de. — « On ne se détache jamais sans douleur. » P. 66.

ATTENTE, place (d'). — « Il y a une place d'attente dans leurs cœurs. « P. 400.

ATTRISTER. — « Des divisions de Charron qui attristent. >» P. 243.

» Montaigne, Ihid. nl^i s'assurent par celle conclusion et discours, elc. »

458 VOCABULAIKE DES LOCUTIONS

AUTORISÉ, non pas qui a reçu une autorisation, mais qui possède de l'autorité. — « Si saint Augustin venoit aujourd'iiui , et qu'il fût aussi peu autorisé que ses défenseurs, il ne feroit rien. » P. 236.

AVANTAGE, tirer avantage, tirer un avantage, grand , considérable, admirable, etc., d'une chose, contre, etc.— «Ainsi nous tirerons avantage de nos propres imperfections. » P. 329. — « Il y en a assez. Dieu merci, de ce qui est déjà fait, pour en tirer un admirable avantage contre les maudites maximes. » P. 67, et 350.

AVARICIEUX. — « Un avaricieux qui aime devient libéral. » P. 408.

AVENTURE, non plus pour un événement, un accident, mais pour l'histoire entière , la destinée d'une chose. — « Ce que je considère comme le couronnement et le dernier bonheur de son aventurée. » P. 378, en parlant d'un ouvrage, dont on a énuméré toutes les vicissitudes. Je doute que cet emploi du mot aveîiture soit heureux , car il est contraire à son étymologie.

AVOIR, avoir de quoi, avec un verbe. — « Et qyx^favois de quoi le connoitre. » P. 201.

— Avoir, avec y, comme lily a des hommes. — « N'y ayant rien de si inconcevable (pour : rien n'étant si). » P. 302.

— Ravoir. — « Cela me fait espérer de ravoir l'autre. « P. 341 .

AVOUÉ, avoué pour. — « De pouvoir être avoué pour. » P. 382.

BAPTISER, familièrement, pour : donner un surnom, un sobriquet. — « De peur qu'une qualité ne l'emporte et ne fasse baptiser. » P. 211.

BARBOUILLER. — « Les enfants qui s'effrayent du visage qu'ils ont barbouillé *. » P. 97.

BASE. — « Nous brûlons de désir de trouver un assiette ferme et une dernière 6a.se constante. » P. 128 et 296.

» Montaigne, Ibid. « Les enfants qui s'effrayent de ce même visage qu'ili ont barbouillé. »

BASSESSE, marque quelquefois une situation humble, sans aucune idée de bassesse morale. — « Si ce discours vous plaît et vous semble fort, sachez qu'il est fait par un homme qui s'est mis à genoux auparavant et après, pour prier cet être infini et sans parties, auquel il soumet tout le sien, de se soumettre aussi le vôtre, pour votre propre bien et pour sa gloire, et qu'ainsi la force s'accorde avec cette bassesse. » P. 272.

BATTERIE, pour intrigue. — « Une baterie dangereuse fut entreprise contre nous. » P. 438.

BÉATITUDE, pour : le bonheur chrétien, le bonheur éternel, — « ... Votre raison et votre volonté, votre connoissance et votre béatitude. » P. 182 et 264. — « Voilà un point vidé. Mais votre béatitude! » P. 183 et 264.

BEAU, BELLE, ironiquement. — « Si faut-il voir si cette belle philosophie... » P. 274. — « La belle chose de crier à un homme etc., et la belle chose de le dire etc. » P. 223 et 224.

BIENFAISANT. — « Vous serez fidèle, honnête, humble, re« connoissant, bienfaisant... » P. 274. — Ici bienfaisant paraît bien vouloir dire faisant du bien, et non pas seu]ement faisant bien.

BON. Tout de bon. — « Je ne crois pas que ce soit tout de bon que tu soisfaschée. v P. 374. — « Quelquefois en faisant semblant d'avoir compassion, elles l'ont tout de bon. » P 406.

BOUT, à bout , mettre à bout , mettre au haut bout., pour : mettre tout à fait à bout. — « Cela avec Escobar les met au haut bout. » P. 362.

BRANLEPv, chanceler. — « Quelque terme où nous pensions nous attacher et nous affermir, il branle et nous quitte. )) P. 128 et 296.

BRAVE, familièrement pour bon, excellent. — « Et les braves Pyrrhoniens. >> P. 203.

BROUILLER, Débrouiller , embrouiller, embrouillement. — « Ceux qui savent brouiller leurs idées. » P. 399.

— Débrouiller. — « Un embarras qui a continué... et qui ne s'est pu débrouiller. » P. 371.

— Embrouillement. — « Qui démeslera cet embrouillement'^ P. 196.

CACHETTE, en cachette. — « Il (ramoar)s'y trouve secrètement et en cachette. « P. 397.

CANTON , au figuré pour une région étroite et bornée. — « Qu'il se regarde comme égaré dans ce canton détourné de la nature. » P. 126 et 278.

CAPABLE, capacité, incapable, incapacité.

— Capable de. — « Quelque étendue d'esprit que l'on ait, l'on n'est capable que d'une grande passion. » P. 394-395. — « Capable de peu et de beaucoup, de tout et de rien. » P. 198 *.

— Capacité^ la capacité d'une chose. — « Il est visible qu'elles ne sont plus que l'esprit même et qu'ainsi elles remplissent toute sa capacité. » P. 396. — « Les petites choses flottent dans sa c«pacité (du cœur)... » P. 402.

— Capacité pour. — Il ne faut pas moins de capacité pour aller jusqu'au néant que jusqu'au tout : il la faut infinie pour l'un et l'autre. P. 290-292.

— Incapacité, pris absolument. — « J'en ai ressenti mon incapacité. » P. 369.

CARACTÈRE, pour type, modèle inné. — u ]S~ous naissons avec xmcaractère d'amour dans nos cœurs qui se développe à mesure que l'esprit se perfectionne. » P. 397. — « Quoique cette idée générale de la beauté soit gravée dans le fond de nos âmes avec des caractères ineffaçables... ->•> P. 399.

— Caractériser (se)..., se caractériser dans..., pour s'imprimer, se graver dans. — « Autant de fois qu'une femme sort de soi-même pour 5e caractériser dans le cœur des autres. P. 403.

CAUSER, Causé, Causant., pris absolument. — «Toutes choses étant causées et causantes. « P. 300.

CESSATION de. — « Une cessation d'inquiétude. » P. 412.

CHAOS. — Au propre : « Il y a un chaos infini qui les sépare. » P. 262.

— Au figuré : « Quel chaos l » P. 176.

» Montaigne, Ihid. « L'homme est capable de toutes choses comme d'aucunes. »

LES PLUS RE3IARQUABLES DE PASCAL. k(ji

CHARGE. A la charge que, pour : à la condition que. — « A la charge qu'il ne joue point, )> P. 100.

CHARME. — « Ce charme victorieux qui les entraîne.» P. 351.

CHIMÈRE. — « Quelle chimère est-ce donc que Thomme "> » P. 175.

CHOISIR DE , pour : entre plusieurs partis prendre celui de. — « Il a choisi d'y demeurer. » P. 339.

CLOAQUE, au figuré. — « Cloaque d'incertitude et d'erreur.» P. 176.

COLOSSE. Un colosse^ pour : une chose très-grande. — « Qui n'admirera que notre corps, quitantost n'étoit pas perceptible.... soit à présent un colosse. » P. 282.

COMPORTEMENTS. — « IN^os comportements au dehors. » P. 365.

COMPOSER , former à l'aide d'un mélange. — « Qui ne croiroit, à nous voir composer toutes choses d'esprit et de corps ? » P. 306.

— Composé, absolument, pour : mélangé.—» Notre estre composé.^^ P. 306.

COMPTER , être compté , pour : avoir de l'importance. — « C'est là où nos pensées doivent estre principalement comptées.» P. 355.

COMPTE. Au bout du compte. — « Et il n'est qu'un homme au bout du compte. » P. 198.

CONCLURE , avec un régime direct, pour : prouver, démontrer. — « Cette impuissance ne conclut autre chose que lafoiblesse de notre raison. » P. 140. Pour dire : De cette impuissance on ne peut conclure autre chose que...

— Se conclure : « Les principes se sentent; les propositions se concluent. » P. 141.

CONDUIRE , conduit. Conduire un raisonnement — « Le aisonnement bien conduit portoit à le croire. « P. 370.

— Conduite. La conduite de quelqu'un , pour : la manière dont quelqu'un se conduit. » P. 50 et 309.— « Nous bénirons la conduite de la Providence. » P. 812.

— La conduite de quelqu^un veut dire aussi , non pas la conduite que tient quelqu'un, mais la manière dont quelqu'un conduit les autres ou conduit une affaire. — < Sur l'ordre et la conduite de qui ce lieu et ce temps a-t-il été destiné à moi ? » P. 218. Cujus imperio et ductu...

— La conduite d'une chose. « Dieu ne fait plus de miracles dans /a conduite ordinaire de son Église. » P. 237 « Remettons-nous à Dieu pour la conduite de nos vies. » P. 333. — « Si nous lui eii remettons la conduite. » P. 333.

— Conduite de quelqu'un sur. « La conduite de Dieu sur la vie et la maladie. » P. 50 et 309.

— Au pluriel : « Voilà les admirables conduites de la sagesse de Dieu sur le salut des saints. » P. 327.

CONFONDRE, réfuter hautement et victorieusement, jusqu'à faire honte à celui qui est réfuté. — « 11 est plus facile de les confondre. « P. 207. — « Pour les confondre par la vue de leur folie. » P. 209. -— « La nature confond les Pyrrhoniens, et la raison confond les dogmatistes. « P. 196. — « Elle eût sans doute confondu V orgueil. » P. 371.

CONNOÏTRE. Connoître que. — « J'ai connu que notre nature... » P. 201. '

CONSÉQUENCE. Une chose d'une grande conséquence^ pour : qui a de grandes conséquences. — « Voilà un doute d'une terrible conséquence l... » P. 208.

CONSIDÉRATION , par rapport à une personne ou à une chose. — « ^ sa considération. » P. 370. — « Par la considération de son excellence^ » en parlant d'un ouvrage. P. 379.

CONSOLATIF. Consolatif à. — « Discours bien consolatifà ceux qui ont assez de liberté d'esprit pour le concevoir au fort de la douleur. « P. 51 et 310.

— Consolatif pour. — « Un beau mot de saint Augustin est bien consolatif pour de certaines personnes. » P. 359

CONSTANT. Ferme et solide, presque physiquement.— « Une assiette ferme et une dernière base constante. » P. 128 et 296.

CONTRE-POIDS. — Nous ne nous soutenons pas dans la vertu par notre propre force, mais par le contre-poids de deux vices

opposés, comme nous demeurons debout entre deux vents contraires. « P. 212 et 213.

CONTRIBUER , avec un double régime direct et indirect. — « Je souhaiterois à' y contribuer quelque chose. » P. 368.

COOPÉRER. Coopérateur, Coopérateur «. ~ « Tout coopère en bien pour les élus. » P. 329. — <i Un corps soumis et coopérateur à ses volontés. « P. 324-325.

COURAGE, donner courage, donner courage à. — « Donner courage aux foibles. » P. 357.

COUVRIR. — « Sous le voile de la nature qui nous le couvre (Dieu)... » P. 338. — « Le voile delà nature qui couvre Dieu. » P. 339. — « Toutes choses couvrent quelque mystère : toutes choses sont des voiles qui couvrent Dieu. « P. 340. — « Il ne sort du secret de la nature qui le couvre. » P. 338. — « Les affections temporelles couvrent les biens spirituels où elles conduisent; les joies temporelles couvrent les maux éternels qu'elles causent. » Ibid. — « Vous le couvrez {\q, moi), vous ne Postez pas pour cela *. » P. 91.

~ Se couvrir de, pour : s'envelopper, se cacher sous : « Il s'est encore plus caché en 5e couvrant de l'humanité- » P. 339. — « Le désir de vaincre est si naturel, que, quand il se couvre du désir de faire triompher la vérité, on prend souvent l'un pour l'autre.» P. 366.

— Découvrir, pour : dévoiler, mettre au grand jour : « Il nous découvre sa volonté. » P. 348.

— Être découvert : « La vérité y est découverte. » P. 313.

— Se découvrir : « Si Dieu se découvrait continuellement aux hommes. » P. 318. — « Il 5e découvre rarement à ceux... » Ibid.

— A découvert , sans voile : « Ils y verront Dieu à découvert, » P. 313.

CRAINTE. Être en crainte. — « L'homme qui es^ toujours en crainte. » P. 345.

I Monlaigne, Ibid. « Notre religion est faile pour extirper les vices : elle les couvre, les nourrit, les incite. »

CRAQUER — « Tout notre fondement craque , et la terre s'ouvre jusqu'aux abymes. » P. 129,

CPiÉANCE. — « Si l'antiquité étoit la règle de la créance^ les anciens étoient donc sans règle ? » P. 215. — '( Rendre raison de leur créance. » P. 260.

CRÉDULE. Non-seulement d'une personne, mais d'un être abstrait personnifié. — « Avec une facilité trop crédule. » P. 209.

CREUX. — « Que le cœur de l'homme est creux et plein d'ordure ! '> P. 175.

CRIER, au figuré. — « Qu'est-ce donc que nous crie cette avidité et cette impuissance? » P. 131.

CROIRE , Faire croire. Faire accroire. — « En montrant la vérité, on \d.fait croire. » P. 222. — Nous ferez-vous accroire que... « P. 240.

DE , pour : avec. — « Vous agiriez de mauvais sens. » P. 184 et 266.

DÉBORDER (se). — « Cet amour-propre s'est étendu et débordé dans le vuide que l'amour de Dieu a quitté. » P. 322.

DÉCLINER, descendre peu à peu. — « Après avoir fait ce chemin... on décline misérablement. » P. 405.

DÉÇU. — « Notre raison est toujours déçue par l'inconstance des apparences. » P. 296. — « La nature corrompue ou déçue. » P. 320.

DEDANS , pour : dans. Là dedans., pour : dans cela. — « Ceux qui ont la foi vive dedansle cœur voyant... » P. 173. — «Je veux lui faire voir là dedans un abyme nouveau. » P. 126 et 280.

DÉFAIRE (se) d'une chose, pour : la quitter. — « Ceux-là se défont des fausses religions, et même de la vraie, s'ils ne trouvent pas de discours solides. » P. 227-228.

DÉFECTUOSITÉ. ™ « La cause de sa défectuosité. » P. 323 et 324.

DEGRÉ, remplir un degré. - - « Le degré où les hommes n'avoieut pu atteindre est rempli par une jeune reine. » P. 380.

DÉICIDE. — « C'est une espèce d'homicide et comme un déicide en leurs personnes. » P. 62 et p. 173.

DÉLIBÉRER DE , au lieu de Délibérer sur. — « C'est une chose déplorable de voir tous les hommes ne délibérer que des moyens et point 6^e la fin. » P. 215.

DÉMARCHES , pour : mouvements. — « Qui suivra ces étonnantes démarches ( les démarches des choses sorties du néant et portées jusqu'à l'infini).^ » P. 284.

DEMI , à demi. — « Ne reraplissoient qu'à demi leur attente. » P. 380.

DÉMONSTRATIF, emportant la démonstration.— « Cela est démonstratif. » P. 270.

DÉPARTIR, DÉPARTI , pour: donner, être donné, avec une idée de partage, de mesure, de proportion. — « Ce second empire (des esprits sur les esprits) me paroît... d'autant plus équitable qu'il ne peut être départi et conservé que par le mérite. » P. 380.

DÉPENDANCE, la dépendance. — « Quelque éclairé que soit un sujet , sa condition est toujours rabaissée par la dépendance. » P. 380.

DÉPLAISIR. — « Si nous ne pouvons arrêter le cours du déplaisir. » P. 330.

— Le déplaisir de. — « Le déplaisir de se voir entre Dieu et le pape. « P. 362.

DÉPOSITAIRE DE. — « Dépositaire du vrai. » P. 176.

DESSUS ET DESSOUS (le). — « Le dessous du jeu. » P. 185 et 187. — « Nous avons toujours du dessus et du dessous, de plus habiles et de moins habiles, de plus élevés et de plus misérables , pour abaisser notre orgueil et relever notre abjection. « P. 229.

DÉTERMINER , pour : décider. — « La raison n'y peut rien déterminer. » P. 182 et 262.

— Régler, fixer, donner un caractère particulier. « L'âge en

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détermine point ni le commencement ni la fin de ces deux passions. » P. 395. — a Les femmes déterminent souvent cet original r de beauté...) « P. 399.

— Se déterminer. — « L'amour se déterminant autre part que dans la pensée. » P. 411,

DEVANT, pour avant. — « Devant ce temps... » P. 395.

DÉVOT ,tantôt substantif, tantôt adjectif. — « Les dévots qui ont plus de zèle que de science. » P. 98. — « Un sermon où. il apporte un zèle tout dévot. » P. 99.

DIEU , de Dieu , pour divin. — « L'Écriture qui connoît mieux les choses qui sont de Dieu. — P. 173.

DISPENSER , donner avec règle et mesure. ~ « Qui dispense la réputation? » P. 135.

— Être dispensé par. «C'est elle en qui la puissance est dispensée par les lumières de la science. « P. 381. ~ Pour : réglée par, ou peut-être exercée avec mesure et justice , selon les lumières , etc.

DISPPxOPORTïONNÉ A. — Tout ce qui lui est disproportionné. » P. H82.

DISSIPER , se dissiper en. — « Pour me dissiper en des pensées inutiles de l'avenir. » P. 355.

— La dissipation de. — « Je ne trouve que des occasions de le faire naître et de l'augmenter (le trouble) dans ceux dont j'en avois attendu la dissipation. » P. 369.

DIVERSIFIER (se). — « Le caprice des hommes s'est si bien diversifié que... » P. 222.

DIVERTIR. —Divertir^ pour: détourner, divertere.—^<. Ces un artifice du diable de divertir ailleurs les armes dont ces genslà combattoient les hérésies. » P 237.

— Être diverti , pour : être détourné hors de soi , jeté dans des occupations étrangères. — « Si Thomme étoit heureux, il le seroit d'autant plus qu'il seroit moins diverti .^commç, les saints et Dieu. » P. -219.

— Le divertissement , absolument , pour : occupation étrangère, qui jette l'âme hors d'elle-même. — «Être.... sans divertisse-

ment. » P. 218. — « Avoir choisi le divertissement et la cliasse. » P. 110.

DOGMATISER. — « Qui ne dogmatisent que sur ces vains fondements. » P. 170.

DOMESTIQUE DE, pour: appartenant à, demeurant avec, logeant chez, du latin domesticus. — Sur la vérité: « Qu'elle ne demeure pas en terre, qu'elle est domestique du ciel, qu'elle loge dans le sein de Dieu. » P. 196,

DOMINER. — Dominer à , dominari alicui. ~~ « Qui eût dit à vos généraux qu'un temps étoit proche qu'ils domineroient en mœurs à l'Église universelle? » P. 240.

— Dominer sur. — « Dominer sur \di nature. » P. 329.

DONNER, se donner, se donner à. — « Ceux qui se donnent à Dieu. » P. 358. — « En se donnant au plaisir. >' P. 400.

DOUCEUR, douceurs. — « Le plaisir d'aimer sans l'oser dire a ses peines, mais aussi il a ses douceurs. » P. 404.

DOUTEUX , qui doute, un douteux , faire le douteux. — « Que je hais ceux qui fo7it les douteux des miracles ! « P. 235.

ÉBRANLER, être ébranlé. — a II faut une inondation de passion pour les ébranler (les grandes âmes) et pour les remplir. « P. 410. — « Depuis qu'on commence à être ébranlé par la raison. » P. 395. — « Être ébranlé par quelque objet. » P. 402. — « Quand on est loin, la raison n'est pas si ébranlée; mais elle Vest étrangement en la présence de l'objet. » P. 412.

ÉCHEC , en échec, tenir en échec. — « Chassez cet animal qui tient sa raison en échec. « P. 112.

ÉCLATER , pour : paraître avec éclat. — « La grandeur de la foi éclate bien davantage, lorsqu'on tend à l'immortalité par les ombres de la mort. « P. 327.

— Eclater en. — « Une vie d'action qui éclate en événements nouveaux. » P. 410.

ÉGARÉ , Égarés , pris substantivement. — « Ces misérables égarés. » P. 115.

— ÉGAREMENT, l'égarement à... — « L'égarement à aimer en divers endroits... » P. 407.

EMBARQUÉ , pour engagé. — « Vous êtes embarqué. » P. 264.

ÉMlNENCEet prééminence. — « l^'émînence delà science. » P. 381. — « La prééminence de l^esprit. » P. 380.

ÉMOTION , émotion de. — « Une émotion universelle de la personne. » P. 356.

EMPÊCHER. — « Trop de distance et trop de proximité empêche la vue. » P. 127 et 292. — « Trop de jeunesse et trop de vieillesse e?yîpéc^e l'esprit. « P. 294.

— Empêchements. — « En murmurant contre les empêchements. » P. 364. — « Nous sentons dans les empêchements ..eXc » P. 364. — « Si nous souffrons les empêchements extérieurs avec patience. ^> P. 365. — « La manière dont nous supportons les empêchements. » P. 366.

EMPIRE , avoir de l'empire... avoir un empire absolu sur...— « Les femmes ont un empire absolu sur l'esprit des hommes. »

EMPOISONNER (s') de. — « Quand les passions sont maîtresses, elles sont vices ; et alors elles donnent à l'âme de leur aliment, et l'âme s'en nourrit et s'en empoisonne. » P. 230-

EMPREINDRE , Empreint. — « Ces sentiments d'erreur qui sont si empreints en nous-mêmes. » P. 222. — « Nous empreignons de notre être composé toutes les choses simples que nous contemplons. « P. 104 et 306.

ENCEINTE. — Dans l'enceinte de ce raccourci d'atome. » P. 280.

ENCOIFFER (s'). — « Si on y songe trop , on s'entête et on s'encoiffe. « P. 92.

ENDURCI. — « Des athées endurcis. « P. 172.

— Endurcissement. — « Il prenoit mon refus pour endurcissement. » P. 371.

ENFLER , Enjlé , Enflure. — « Nous avons beau enfler nos

conceptions. » P. 126 et 278, — « Je hais également le bouffon et V enflé. » P. 220. — « Je hais les mots &' enflure. y> P. 220. ENGAGER, absokiment, pour: mettre en gage, mettre en jeu, jouer. — « Vous avez deux choses à engager^ votre raison et votre volonté, votre connoissance et votre béatitude. » P. 182 et 264.

— Engager à, pour : donner en gagea... attacher 5..., soit à une chose, soit à une personne. — « En engageant un enfant de son âge et de son innocence et même de sa piété à la plus périlleuse et la plus basse des conditions du christianisme. « P. 61 et 362. — « Engager un enfant à un homme du commun. » P. 62 et 373.

— Engager à, avec un verbe. — « Engager à perdre ce bien. « P. 62 et 373.

— S'engager, s'engager dans. — « S'engager daîis des prévoyances. » P. 67.

ENINEMI , être ennemi à quelqu'un , inimicus alîcui , gens inimîca mîhi... Virgile. — « Les qualités excessives nous sont ennemies et non pas sensibles. » P. 294.

ÉNORME. — « Il faut que la justice de Dieu soit énorme comme sa miséricorde. Or, la justice envers les réprouvés est moins énorme.,, » P. 256.

ENSEIGNEMENT. — « Et pratiquons cet enseignement. » P. 313.

ENSEMBLE, tout ensemble. — « Quand l'amour et l'ambition se rencontrent enseinble. » P. 395. — « Jeune reine dans laquelle se rencontrent ensemble l'evantage de l'expérience avec la tendresse de rage... « P. 380. — « Quand on a l'un et l'autre esprit tout ensemble... » P. 397. — « J'ai peu d'heures de loisir et de santé tout ensemble... » P. 368.

ENTENDU, faire l'entendu. — « On fait l'entendu pour l'avenir. « P. 356.

ENTRER dans, dans un ouvrage, dans une pensée, pour: s'y accommoder, se mettre à son point de vue. — « Si on considère son ouvrage incontinent après l'avoir fait, on en est encore tout prévenu ; si trop longtemps après, on 7i'y entre plus. » P. 1^2 et 103.

klO VOCABULAIRE DES LOCUTIONS

— Ils entrent dans leurs principes pour modérer leur folie, au moins mal qu'il se peut. » P. 113.

— Entrer en, entrer en défiance, pour : commencer à se défier. — «Je suis entré en défiance de moi et puis des autres. » P. 201.

ENTRETENIR (s'), pour : se tenir ensemble, être en rapport.

— « Toutes choses s'entretenant par un lien naturel et insensible. » P. 300.

ENVELOPPER (s'). — « Tout cela s'enveloppe sous le nom de campagne. » P. 214.

ÉPUISER. — « // épuise ses forces en ces conceptions. » P. 280. — « On épuise tous les jours la manière de plaire. » P. 401. — « Il est difficile qu'il n'épuise bientôt tous les mouvements dont II est agité. » P. 405.

ÉQUIVOQUE , une équivoque. — « Toute cette entrevue se passa dans cette équivoque. »> P. 371.

ESCOBARTINE , pour : équivoque , d'une moralité douteuse, comme depuis les Provinciales on a dit escobarder pour équivoquer. — « Des mœurs escobartines. » P. 1-52.

ESTIMER , pour juger ; existimare. — « Nous n'estimons pas que... » P. 42. — «On en doit estimer de la sorte. » P. 55 et

— jEstimer, pour : apprécier, éprouver, peser, estimare. — « Estimons ces deux cas. » P. 184.

ÉTABLI , pour : solidement établi , et au moral jouissant d'une grande autorité. — « La vérité est si obscurcie en ce temps et le mensonge si établi que.... » P. 236.

ÉTAT, en état , en état de... « On est toujours en état de vivre à l'avenir, et jamais de vivre maintenant. » P. 355.

ÉTENBIJE. Avoir étendue pour : être étendu. — « // a étendue comme nous. » P. 258.

ÉTERNITÉ, au pluriel. — «Laquelle de ces éternités. » P. 208.

ÉTERNUER, infinitif substantif, et au pluriel. — «Tous les... étenmers... « P. 213.

ÉTONNER. Étonner quelqu'un. — « Trop de vérité nous étonne. » P. 127 et 294. — « Les philosophes : Us étonnent le commun des hommes. Les chrétiens : ils étonnent les philosophes. .) P. 229.

— Étonner, avec un terme abstrait pour régime. — « L'éternité des choses en elles-mêmes ou en Dieu doit encore étonner notre petite durée. » P. 302. — « Ma foiblesse n'a point étonné mon ambition. » P. 382.

ÉTRANGEMENT, pour beaucoup, d'une manière étonnante.

— « La raison est étrangement ébranlée en la présence de l'objet. « P. 412.

ÊTRE. Vêtre., l'être c?'une chose, d'un homme... — « Elle la nature) dure et se maintient perpétuellement en son être. « P. 124. — « Le peu que nous avons à' être. » P. 292.

— Faire l'être de... — « C'est donc la pensée qvnfait Uêtre de l'homme. » P. 43.

ÉTUDIER (s'). — « L'on s'étudie tous les jours pour trouver les moyens... » P. 404.

ÉVIDENCE. L'évidence de. — « Il faut bien que V évidence de Dieu ne soit pas telle dans la nature. » P. 174.

— Avoir de l'évidence., pour : être évident. — « Les premiers principes ont trop d'évidence pour nous. » P. 294.

EXALTATION. V exaltation d'une chose, pour : sa glorification, expression employée surtout dans la langue de la théologie. ~ « Utile au bien de l'église et à l'exaltation du nom et de la grandeur de Dieu. » P. 311.

EXCELLEMMENT, pour : particulièrement et parfaitement.

— « Qui n'est pas contre eux fies Pyrrhoniens) est excellemment pour eux. « P. 108.

EXCÈS, Excéder, Excessif. — « C'est qu'ils ont excédé toute borne. » P. 152. — Les qualités excessives nous sont ennemies et non pas sensibles. » P. 294.

EXPÉDIENT. Expédient pour., pour : utile à. ~ « C'est le plus expédient pour sa gloire et pour notre salut. » P. 55 et 333-

EXTRAORDINAIREMENT. - « Ceux qui ont reçu extraor- «/iw«ire»ie«t doivent espérer extraordinaire ment. ^> P. 347.

FABRIQUER, Fabriqué, au figuré. — « L'homme est donc si heureusement fabriqué. » P. 200.

FAILLIR, faire une faute, — « Comme il arrive à tout le monde défaillir. » P. 244.

FAIRE , Avoir à faire, N^avoir que faire. — « Après cela, il n'a plus que faire de Dieu. » P. 42. — II a la force, il 7ia que faire de l'imagination. » P. 222.

— Faire corrompue, pour : corrompre. — « Ils font V Eglise corrompue, afin qu'ils soient saints ! » P. 239.

— Faire l'orgueil c?e... —L'humilité d'un seul/mY l'orgueil de tous, p P. 239.

— Faire l'être de. . . pour : constituer. — « La pensée qui fait Vêtre de l'homme. P. 43.

FASTUEUX. — « Titres... aussi fastueux. P. 290.

FEU, pour: vivacité. — «Elles (les passions) demandent beaucoup de feu. » P. 395. — « Tant que l'on a du feu, l'on est aimable ; mais ce feu s'éteint. » P. 395. — « Je ne parle que des passions de feu. » P. 396. — « On sent le feu s'agrandir. » P. 403 — « Les uns sont tout de feu. » P. 409. ~ Il faut du feu , de l'activité, et un feu d'esprit naturel et prompt. « P. 411.

FIGURER, donner une figure à... — « La nature trompeuse le figure de la sorte. >/ P. 320. — Pour î avoir la figure de, représenter. — « Cette prédiction de la ruine du temple réprouvé^g^ire la ruine de l'homme réprouvé qui est en nous. » P. 358.

FIN, finesse, de finesse, un esprit de finesse : — « Un esprit qu'on peut appeler de finesse; » par opposition à l'esprit géométrique P. 398.

FLÉAU DE... — « L'inquisition et la Société (des jésuites), les deux fléaux de la vérité. » P. 144 et 154.

FLOTTER, en opposition à s'arrêter, demeurer...— Le petite choses flottent dans sa capacité (du cœur) ; il n'y a que les grande qui s'y arrêtent et qui y demeurent. « P. 402.

— Flottaist. — « Toujours incertains et flottants. » P. 296.

FLUX DE... — « C'est un flux perpétuel de grâces. » P. 336.

FOIBLES, pris substantivement. Les foibles. — « Vaines circonstances qui ne blessent que l'imagination desfolhles. » P. 99. — « Donner courage auxfoihles. » P. 359.

FONDÉ. Fondement — Sur ce fondement. « Sur ce grand fondement, je commencerai... P. 50.

— Fondé en. — Notre religion... la ^^lus fondée en miracles, prophètes, etc. » P. 231.

FORCER, se forcer. « Sans me forcer. » P. 371.

FORCE , de sa force. — Les choses de sa force. « Examinons donc ses inventions sur les choses de sa force. >• P. 202.

— De force. — « Il ne faut rien de force., et cependant il ne faut rien de lenteur. P. 410. Pour : rien qui sente la force; c'est un latinisme : nihil vîolenti.

— Au fort de... « Au fort de la douleur. P. 310.

FOURNIR, sans régime et absolument. — « Elle (l'imagination) se lassera plutôt de concevoir que la nature Aq fournir. » P. 278.

FUIR, Fuite, Fuir d'une fuite. — « Entre les deux infinis qui l'enferment et le fuient. » P. 296, — « Il glisse Qtfuit d'une fuite éternelle. » P. 128 et 296.

FUMÉES, au figuré. — « Courir après les fumées. » P. 200.

GAGNER , gagner sur quelqu'un de lui faire faire telle ou telle chose, pour : obtenir de quelqu'un qu'il fasse. — « Si on peut gagner sur lui de le faire entrer en quelque divertissement. » P. 198».

GARANTIR, garantir de. « Cette ^^emecoï^oreWegarantiroit c?e l'éternelle. » P. 356.

GÉNIE, les génies, pour : les esprits. — « Les mêmes degrés se rencontrent entre les génies qu'entre les conditions. » P. 379

* Montaigne, Ibid. « Le Irouble des formes mondaines a gagné sur moi que, etc. »

klk VOCABULAIUE DES LOCUTIONS

GIBIER, au figuré, De notre gibier. — « La vérité n'est pas de notre portée ni de notre gibier. » P. 196.

GLORIFIER, se glorifier de. — < Ceux qui ont connu Dieu sans connoître leur misère ne l'ont pas glorifié^ mais s'en sont glorifiés. » P. 233.

GOUFFRE, au figuré.~« Ce gouffre infini ne peut être rempli que par un objet infini. P. 131.

GOUTER une chose, pour: avoir du goût pour elle. — « P'ous goûtez le livre de M. de Laval. P. 334-335.

GRIMACE. La grimace, pour : le faux, ie factice, l'apparent...

— Quand la force attaque la grimace. P. 222.

HABILES, pris substantivement, les habiles. — « Il faut que les habiles soumettent leur esprit à la lettre. » P. 104.

HASARDER, pris absolument. — « Tout joueur hasarde avec certitude... il hasarde certainement. » P. 268. — « On n'ose hasarder^ parce qu'on craint de tout perdre. » P. 412.

HEURE, Sur l'heure^ pour : à l'improviste. — « Juges injustes, ne faites pas des lois sur l'heure. » P. 149.

IL se rapportant à un sujet indéterminé. — « Si ce que je dis ne sert à vous éclairer, i/ servira au peuple » P. 154.

IMAGINATIONS. — « Ils veulent avoir la liberté de suivre leurs imaginations. » P. 144.

IMBÉCILE , pour ; faible. —« Imbécile ver de terre. » P. 176.

— et Taisez-vous, nature imbécile. P. 196.

— Imbécile à, avec un verbe, pour : impt^opre à. — « Voilà une partie des causes qui rendent l'homme si imbécile à connoître la nature. >> P. 124 et 306.

IMPÉNÉTRABLE à. — Impéîiétrable à la vue des hommes. » P. 338.

IMPOSSIBLE, plus impossible. — « Rien n'est plu^ impossible que cela. >> 302.

LMPRESSIONS. Essuyer une impression comme on dit aujourd'hui recevoir une impression. — « Courir après les fumées et essuyer les impressions de cette maîtresse du monde. « P. 200

IMPRIMER. — La nature a si bien imprimé cette vérité dans nos âmes... P. 398.

IMPUISSANTS à. — Cela nous rend impuissants à connoître. » P. 302.

INCERTAINEMENT. — « Il hasarde certainement le fini pour gagner incertainement le fini * . P. 268.

INCOMMODER, pris absolument. — « Trop de plaisir incommode. P. 127.

INCOMPARABLEMENT, sans comparaison. — « Des parties incomparablement plus petites. » P. 280.

INCOMPRÉHENSIBLE.— « Jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il est un monstre incompréhensible. P. 193.

INCONSOLABLE, dont on ne peut se consoler, se rapportante des choses et non à des personnes. — « Puisque la mort du corps est si terrible qu'elle nous cause de tels mouvements^ celle de l'âme nous en devroit bien causer déplus inconsolables. » P. 330.

INFINI, substantif. — « Ainsi se fait une espèce d'infini et d'éternel. »P. 217.

— Au pluriel. « La nature avoit fait la même chose par ces deux infinis naturels et moraux. » P. 229. — « Manque d'avoir contemplé ces infinis. » P. 284. — « De ces deux infinis. ^) P. 288.

— Infinité, infinités. — « Sa double infinité. » P. 286. — « Une infinité d'infinités de propositions. » P. 286.

INFINITIFS substantifs au pluriel. — « Tous les marchers., toussers., mouchers, éternuers, sont différents. » P. 213.

INFIRME, pour : faible. — « L'homme est assurément trop infirme i^ouv... » P. 333.

^ Montaigne, J&id. « Impressions superficielles, lesquelles.... vont nageant témérairement et incertainement en la fantaisie. » Ce mot est tombé fort à tort en désuétude.

INONDATION. Inondation de... Une inondation de passion comme une plénitude de passion. Voyez plénitude. — « Il faut une inondation de passion pour les ébranler (les grandes âmes) et pour les remplir. » P. 410.

INSIGNE. — « Avoir une obligation insigne à ceux qui... » P. 349.

INTELLIGENCE (L') de. — <^ Par V intelligence de sa vérité. » P. 320.

INTELLIGIBLE Les choses intelligibles opposées aux choses matérielles. — « Notre intelligence tient dans l'ordre des choses intelligibles le même rang que notre corps dans l'étendue de la nature. » P. 292.

INTÉRESSER (S') pour. — « Vous vous intéressez pour l'église. » P. 337.

INTIME, V Intime d'une chose, pour : la partie intime de cette chose. — « Dans l'intime de la volonté de Dieu. » P. 312.

INTIMIDER. — « L'Écriture a pourvu de passages pour consoler toutes les conditions et pour intimider toutes les conditions. » P. 229.

IRRÉCONCILIABLE. ~ « Quand elle en calme la dissension irréconciliable. » P. 324.

JE NE SAIS QUOI. Sorte de substantif qui a des relatifs comme un substantif ordinaire. Sur l'amour : — « La cause en est UN je ne sais quoi (Corneille) et les effets en sont effroyables. Ce je ne sais quoi, si peu de chose qu'on ne sauroit le reconnoître, remue toute la terre. » P. 195.

JEU. Jouer, jouer un jeu. Au neutre. ~~ « Il se joue un jeu. ^^ P. 182.

JUSTE. Le juste , pour : le point juste. — « Encore qu'on ne puisse assigner le juste, on voit bien ce qui ne l'est pas.» P. 241. — « Le juste est de ne point parier. » P. 3G4.

LANGUISSANT. — « Un amusement languissant l'ennuiera.» P. 97.

LÉGFR à, au lieu de : pour. — « Il (le joug) n'est léger qu'à lui et à sa force divine. » P. .357.

LEVER. Élever. S' élever. 'Relever. Se relever. — « J'ose lever mes yeux jusqu'à ma Reine. » P. 382.

— Elever, élever contre. — «De là vient l'injustice de la fronde, ^ qui élève sa prétendue justice contre la force. » P. 222.

— Relever. — « Après avoir fait ce chemin... on décline misérablement... néanmoins un rayon d'espérance, si bas que l'on soit, relève aussi haut qu'on étoit auparavant.» P. 405. — « Quand une femme a de l'es prit, elle l'anime (sa beauté) et la relève merveilleusement. » P. 401.

« Pour abaisser notre orgueil et relever notre abjection, v P. 229.

— Relevé par. — « Et la science relevée par l'éclat de l'autorité. » P. 381.

— S'élever. — « On s'élève par cette passion et on devient toute grandeur. » P. 410.

— Se relever d'une chose., pour : se relever par le moyen de cette chose. — « Toute notre dignité consiste dans la pensée. C'est de là qu'il faut nous relever., non de l'espace et de la durée. » P. 107.

LIBERTÉ. Être en liberté , en liberté de. — « Je fus en liberté de le voir '. » P. 370.

LIBERTINAGE, indépendance d'esprit poussée jusqu'à la témérité, opposée à superstition. — « Il y en a bien qui croient, mais par superstition ; il y en a bien qui ne croient pas, mais par libertinage. » P. 227.

LIMITES, au figuré, appliqué à une personne. — « Je prie Dieu., de me renfermer dans mes limites. » P. 355.

LOGER. Se loger dans , dans une place , au figuré. — « Il y a une place d'attente dans leurs cœurs ; elle s'y logerait. » P. 400.

^ Montaigne, Ihid. « Los nieUro en liberté de combattre notre religion. »

LUMIÈRE. — « C'est une lumière si éclatante qu'elle rejaillît sur... » P. 353.

— Le singulier pour le pluriel : « « Qui, recherchant de toute leur lumière tout ce qu'ils voient dans la nature qui les peut mener à cette connoissance, ne trouvent qu'obscurité et ténèbres. » P. 173.

L'UN ET L'AUTRE, au neutre, pris absolument. — » Il ne faut pas moins de capacité pour aller jusqu'au néant que jusqu'au tout : il la faut infinie pour Vun et Vautre. » P. 290-292.

LUXURIANT. — « Trop luxuriant. » P. 220.

MACHINE.— « Nous serions des machines très-désagréables.» P. 409. — Être machine, c'est-à-dire être esclave de l'habitude, de la routine, d'une vie unie et tranquille. — « Les esprits médiocres sont machines partout. » P. 396.

MAGNIFIQUE. — « L'on devient magnifiqiie sans l'avoir jamais été. « P. 408.

MAITRESSE DE. — «Cette maîtresse c^'erreur. » P. 135.

MALADIE , au figuré. « Comme je ne pensois pas être dans cette maladie, je m'opposois au remède qu'il me présentoit. » P. 375.

MALINGRE , Malingres. — « Les malingres sont gens qu connoissent la vérité, mais qui ne la soutiennent qu'autant que leur intérêt s'y rencontre ; mais hors de là ils l'abandonnent. » P. 236.

MANQUER, manquer à, avec un infinitif. « Je manque à faire plusieurs choses. » P. 355.

— De manque, pour manquant. — « Après un moment d'absence, on la trouve de manque dans son cœur. » P. 412.

— Manque , substantif. « Mon manque de connoissance. w P. 372.

— Manque de, pour : faute de. « Manque de loisir. » P. 367.

— Avec un verbe : « Manque c^'avoir contemplé ces infinis. » P. 120 et 284.

MARCHER, infinitif substantif, au pluriel, — « Tous les marchers... » P. 213. ^

MARQUER, être marque. — « Si je ne voyois rien qui marquât une divinité... » P. 210. — « Ces prophéties... marquentla certitude de ses vérités. » P. 232. — « Puisque la volonté de Dieu y est marquée. » P. 348.

— Marquer que.— « Cette prédiction... marque qu'W ne doit être laissé aucune passion en nous. » P. 358.

— Marque, marque de. — « Et c'est cela qui est la plus grande marque de son excellence. » P. 102. — « Athéisme, marque de force d'esprit. » P. 174. — « Jésus-Christ a donné dans l'Évangile cette marque., pour connoître ceux qui ont la foi , qui est qu'ils parleront un langage nouveau. » P. 342.

— Au pluriel : — « Les marques d'un créateur. » P. 210.

— Marques que. — « Se réjouir de rencontrer des marques çw'ils sont dans le bon chemin. » P. 350.— « C'est une des meilleures marques çw'onagit par l'esprit de Dieu. » P. 365.

MASQUER. — « Masquer toute la nature et la déguiser. » P. 89.

MATIÈRE, Matière de. — « La nature ne m'offre rien qui ne soit matière de doute et d'inquiétude. » P. 210.

MAUDIT , pour : détestable. — « Les maudites maximes. » P. 350.

MEDIOCREMENT, pour : assez peu. — « Un roi médiocrement savant. » P. 380.

MÉDITATION. Quelquefois la puissance, et non pas seulement l'acte de la méditation. Jvoir de la méditation. — « Cette personne qui a assurément plus de vertu et de méditation que moi.» P. 67-68.

MERITER, pris absolument. — « Ce ne sont ni les austérités du corps ni les agitations de l'esprit, mais les bons mouvemens du cœur qui méritent. » P. 350.

MERVEILLEUSEMENT. — « Quand une femme a de l'esprit, elle l'anime (la beauté) et la relève merveilleusement, » P. 401.

MISER ARLES (les), pour : les indigents. — « J'aime les biens parce qu'ils donnent moyen d'assister les misérables, » P. 46.

— Misérable , malheureux au dernier point. — « On n'est pas misérable sans sentiment. Une maison ruinée ne l'est pas : il n'y a que l'homme de misérable. » P. 219. — « Un arbre ne se connoît pas misérable. » P. 220. -- « C'est une misérable suite de la nature humaine. « P. 404.

— Avec une expression de mépris : « Et misérable^ il est seul. » P. 232.

— Misérablement. — « La vie de l'homme est misérablement courte. » p. 395. — «On décline misérablement. » P. 405.

MISSION, mission pour. — « On agit comme si on avait mission pour faire triompher la vérité , au lieu que nous n'avons mission que pour combattre pour elle. » P. 365.

MODÈLE. — « Ceux-ci corrompent les lois : le modèle est gâté. » P. 239.

MOL Le moi, le moi humain. — « Le moi est haïssable, » P. 91. — "La piété chrétienne anéantit le moi humain; la civilité humaine le cache et le supprime. » P. 45-46.

MONDE , le monde de. — « L'Église , qui est le moîide des fidèles. ^> P. 319.

MONSTRE, assemblage de parties contraires. — « S'il se vante, je l'abaisse; s'il s'abaisse, je le vante, et le contredis toujours , jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il est un monstre incompréhensible.» P. 193.— « Quelle chimère est-ce donc que l'homme ! quelle nouveauté, quel monstre... » P. 176.

— Monstrueux. — « Ce repos dans cette ignorance est une chose monstrueuse. « P. 209. — « L'égarement à aimer en divers endroits est aussi monstrueux que l'injustice dans l'esprit. » P. 408.

MOTEUR. — « Le même moteur qui nous porte à agir. » P. 354. — « Il y a uniformité d'esprit entre le moteur qui inspire nos passions et celui qui prescrit la résistance à nos passions. » P. 365.

MOUCHER, infinitif substantif, au pluriel. — « Tous les 7Wowchers.... » P. 213.

MOURIR A. — « L'âme souffre et meurt au péché.» P. 326.— « Le corps meurt à sa vie mortelle- » P. 327,

MOUVEMENT, avoir des mouvements de Dieu (style mystique). — «Ceux qui ont de vivais mouvements de Dieu.->y P. 348.

MUET, au figuré. — « En voyant l'aveuglement et la misère de l'homme, et regardant tout l'univers muet, » P. 105.

NÉANT, le néant. ~ « Un tout à l'égard du néant. » P. 282. — « Il ne faut pas moins de capacité pour aller jusqu'au néant que jusqu'au tout. » P, 290.

— Un néant: « Qu'est-ce que l'homme dans la nature? un néant di l'égard de l'infini. » P. 120, 127, 284.— « Unpurnéant.» P. 254.

— Le néant de, d'une chose, d'un être : « Vous verrez... tant de néant de ce que vous hasardez.» P. 274.— « Il sent son néant, n P. 219.

NET, Netteté. — « La netteté d'esprit cause aussi la netteté de la passion; c'est pourquoi un esprit grand et net aime avec ardeur, et il voit distinctement ce qu'il aime. » P. 396-397.

NOEUD, replis d'un nœud, tours d'un nœud. — « Le nœud de notre condition prend ses replis et ses tours dans cet abîme'. »

NOIRCEUR, pour : une noire tristesse. — « Incontinent il sort du fond de son âme l'ennui, la noirceur... » P. 219.

NOUVEAUTÉ, nouveautés. — «Cette nouveauté... est différente des nouveautés de la terre. » P. 343. — « Quelle chimère est-ce donc que l'homme ! quelle nouveauté... » P. 176.

NU, Nuement. — « On ne souhaite pas nuement une beauté. » P. 399.

OBSTINATION. — « Il prit mes excuses pour une obstination. » P. 371.

» Montaigne, îbid. «Ce devroitêtre un nœud prenant ses replis et ses forces non pas de nos considérations, de nos raisons et passions, mais d'une étreinte divine. »

OCCASIONNER, être occasionné par.— « Des pensées qui appartiennent purement à l'esprit, quoiqu'elles soient occasionnées par\Q corps...» P. 391.

OCCUPATION , l'occupation d'une chose, d'une charge, pour : l'occupation que donne, que cause une chose , une charge, etc. — « Le loisir de l'état avec V occupation d'une royale naissance. » P. 381.

ORDURE, au figuré, pour : choses basses. — Que le cœur de l'homme est creux et plein d'ordure! » P. 175.

ORIGINAL, substantif opposé à copie. — « Chacun a l'original de sa beauté dont il cherche la copie dans le grand monde... Les femmes déterminent souw eut cet original. ..v P. 399.

— Original, adjectif. — « A mesure que l'on a plus d'esprit, on trouve plus de beautés originales.» P. 403.

OTÉ, ablatif absolu, pour : excepté. — « Otées les personnes intéressées, ou ôtés ceux qui sont intéressés. » P. 50 et SI 5.

OUVRIR, au figuré, pour : découvrir ou commencer. — « Cependant cette éternité subsiste, et la mort qui la doit ouvrir... » P. 208. — « La vérité qui ouvre ce mystère. » P. 322.

PALPABLE. — « Preuves solides et palpables. » P. 232.

PARADOXE. — « Connoissez donc, superbe, quel paradoxe vous êtes à vous-même.» P. 196.

PAR-DESSUS, pour : sur. — « La consolation de la grâce V emporte par-dessîcs le sentiment de la nature. » P. 328.

PAROITRE. — « La foiblesse de l'homme paroît bien davantage en ceux qui ne la connoissent pas qu'en ceux qui la connoissenl. » P. 171. — « L'homme est si grand, que sa grandeur paroît même en ce qu'il se connoît misérable. » P. 219.

— Paroitre à. — « Rien ne me paroît. » P. 248. — « Et ce qui m'en paroît. » P. 363.

— Se faire paroitre, pour : se manifester. — « Il y a si peu de personnes à qui elle se fasse paroitre par des coups extraordinaires. » P. 57 et 338.

PARTAGER. Partager, faire le partage, être partagé, partage entre... sur... — «Le partage qu'il y a entre les femmes &wr l'estime des unes et des autres ( les blondes et les brunes) fait aussi le partage entre les hommes dans un même temps 5«^r les unes et les autres. » P. 400.

— Partagé, être partagé.— « La beauté est partagée en mille différentes manières. » P. 400.

PARTICULIER (le), pris substantivement, le particulier d'une chose. — « Je n'importunerai pas non plus Votre Majesté du particulier de ce qui compose cette machine. » P. 377.

PASSER, pour : surpasser, être au-dessus. — « Certainement cela passe le dogmatisme et le pyrrhonisme et toute la philosophie humaine L'homme passe l'homme. » P. i96. — « Apprenez que l'homme />«sse infiniment l'homme. » P. 196. — « Mais peut-être que ce sujet passe la portée de la raison. » P. 202. - « Si elle ( la dette ) nous passe, elle blesse. » P. 294.

— Surpasser. — «L'étendue visible du monde nous surpasse infiniment. » P. 290. — « Mais comme c'est nous qui surpassons les petites choses... » Ibid. — « Nous voulons avoir de quoi surpasser la dette. « P. 294.

— En passant. — (^ Non pas en passant et contre sa maxime. » P. 244.

PAYÉ, être bien ou mal payé d'une chose.— «Nous voilà bien payés! » P. 203.

PÉDANT, substantif, pour : pédagogue. — « On ne s'imagine Platon et Aristote qu'avec de grandes robes de pédants. » P. 97.

PEINDRE, peint. — «Il n'y a rien de mieux peint. ^^ P. 358.

— Se peindre. — « Le sot projet qu'il a de se peindre luimême.» P. 444.

— DÉPEINDRE. — « Comme les femmes ont un empire absolu sur l'esprit des hommes, elles y dépeignent ou les parties des beautés qu'elles ont ou celles qu'elles estiment. » P. 399. — « Les poètes n'ont donc pas raison de nous dépeindre l'amour comme un aveugle. « P. 409.

PEINE. Faille peine, pris absolument, pour : être pénible. —

484 VOCABCLAlllE DES LOCDTIONS

«La seule comparaison que nous faisons de nous au fini fait peine. ^^V. 122 et 298.

PERSÉCUTEURS. Persécuteurs de... — « ln']nstes persécuteurs de ceux que Dieu protège visiblement! » P. 149.

PERCEPTIBLE et imperceptible. P. 282.

PÉRIj^e/'i'e. — «La synagogue étoit la figure et ainsi ne périssoit point; ce n'étoit que )a figure et ainsi est périe » pour marquer qu'elle est et demeure détruite, tandis que a péri n'aurait indiqué qu'une perte accidentelle '.

— Péri a même passé du participe à l'adjectif dans l'exemple suivant : « Ne considérons plus son âme comme périe et réduite au néant, mais comme vivifiée et unie au souverain vivant. » P. 321.

PERSUADÉ, assez persuadé, trop persuadé. — « On n'a qu'à voir leurs lÎM'es, si l'on n'est pas assez persuadé; on le deviendra bien vite et peut-être ti^op. » P. 170.

PEUT. // se peut faire que... — <- // se peut faire qu'il y ait de vraies démonstrations. « P. 201.

PHILOSOPHE, substantif, /aire le philosophe sur une chose. — « Et ceux qui/o7i^ sur cela les philosophes. » P. 103.

— Philosophe, adjectif. — « C'étoit la partie la moins philosophe et la moins sérieuse de leur vie. « P. 112.

— Au neutre : — « Le plus philosophe étoit de vivre simplement et tranquillement. » P. 112.

PLACE. Tenir à quelqu'un la place de... — « 11 n'y a rien dans la nature qui n'ait été capable de lui en tenir la place. » P. 109.

PLAISANT, pour : ridicule.— « Le plaisant Dieu que voilà! » P. 112. — «Nous sommes plaisants de nous reposer dans la société de nos semblables. » P. 115.— « Les casuistes sont plaisants de croire.. . » P. 241

— Plaisanterie. — <^\,d^ plaisanterie est telle que, etc. » P. 222. PLEIN. — L'esprit est plein : il n'y a plus de place pour le soin

ni pour l'inquiétude. » P. 408.

— Plein .f pour : entier, complet, parfait. — « Que l'homme

' La même différence sépare a cessé et est cessé. Racine, Àthalie, acte 1er, scène 4re. Et du Dieu d'Israël les fêtes sont cessées.

contemple donc la nature entière dans sa haute et pleine majesté. « P. 276. — «La promesse que J.-C. nous a faite de rendre sa joye/>/eme en nous. » P. 352.

— A plein, pour : pleinement, dans toute son étendue.— ^Qui voudra connoître à plein la vanité de l'homme, etc.» P. 195 '.

— Plénitude. — « Conçu de toute éternité pour être exécuté dans la plénitude de son temps. » P. 311-312- — « Cette plénitude de la passion quelquefois diminue. » P. 405. — « Il y a une plénitude de passion. » P. 408.

PLOYER, pour fléchir, au neutre. — « C'est un tyran... Il veut être seul : il faut que toutes les passions ployent et lui obéissent.» P. 402.

PLUS. Tant plus , latinisme. — « Tant plus le chemin est long dans l'amour, tant plus un esprit délicat sent de plaisir. » P. 408.

POLITIQUE. Une politique.— « C'est une mauvaise politique de les séparer. » P. 155.

PORTÉE. — « Connoissons donc notre portée. » P. 292.

— De notre portée. — « La vérité n'est pas de notre portée. y> P. 196.

— La portée c^e... — « Mais peut-être que ce sujet passe la portée de la raison. » P. 202.

POUR , avec un infinitif et dans le sens de parce que. — « Et la durée de notre vie n'est-elle pas également et infiniment éloignée de l'éternité, pour durer dix ans davantage ? » P. 298.

PRÉCIPITATION. — « C'est une précipitation de pensées qui se porte d'un côté.» P. 409.

PRENDRE. Ne pas prendre .^ en parlant de germes, de semences, pour : ne pas réussir, ne pas bien venir. — « En priant Dieu de bénir les semences et de leur donner l'accroissement ; car sans lui les plus saintes paroles ne prennent point en nous.y» P. 53 et 328.

— Le prendre de telle ou telle manière.— «Mais je ne le prenais pas ainsi. » P. 201.

^ Molière a dit encore mieux que Pascal, Misanthrope, acte <«', scène i«. <f Au travers de son masque on voit à plein le traître. »

486 VOCABULAIRE DES LOCCTIONS

— S'en prendre à. — « Ne nous en prenons donc pas à la dévotion , mais à nous-mêmes. »

PRÉORDONNÉ. — « Tout ce qui est arrivé a été de tout temps présent et préordonné en Dieu. » P. 312.

PRÈS, de près, pour : avec attention. — « Si nous y prenons garde de près. ..^^V. 339.

PRÉVENIR, pour : anticiper. — « Prévenir Vavenir. » P. 3.54.

PRÉVENU, pour : préoccupé.— « Si on considère son ouvrage incontinent après l'avoir fait, on en est encore tout prévenu.» P. 102.

— Prévenu que, pour : imbu de ce préjugé que.— « Suivre le train de leurs pères par cette seule raison qu'ils ont été prévenus chacun que c'est le meilleur. » P. 215.

PRÉVOYANCE. — « Le Seigneur n'a pas voulu que notre jprévoyance s'étendît plus loin que le jour où nous sommes. » P. 355.

— Prévoyances. — « Lorsque je sens que je m'engage dans ces prévoyances. « P. 67.— «Ne nous fatiguons pas par des prévoyances indiscrètes et téméraires. » P. 333.

— Prévoyances de... — «^ Les prévoyances des besoins et des utilités que nous aurions de sa présence. « P. 55 et 332.

PRISES. — «Il échappe à nos prises. »P. 128 et 296.

— Avoir des prises , des prises capables de... — « Voyons si elle a quelques forces et quelques prises capables de saisir la vérité *.w P. 202.

PRIX. Au prix c?e, pour : en comparaison de. — « Nous n'enfantons que des atomes au prix de la réalité des choses.» P. 278. — « Considère ce qu'il est au prix de ce qui est *. » Ibid.

PROFESSION , /awT profession de. — <.< D'en faire profession. » 209.

PROGRÈS, le progrès. — « L'entrée et le progrès et le couronnement. » P. 353. — « Les degrés de son progrès. » P. 378.

ï Montaigne, Ihîd. « Si les prises humaines étaoint assez capables et îevm^^ pour saisir la vérité.» — a Que nos prises languissantes fussent capables pour etc. »

2 Montaigne, Jbid. « Au prix de l'homme. »

— Les progrès. — « Des obtacles s'opposent à leurs progrès. ^^ P. 364.

— Parp7'ogrès. — « Tout ce qui se perfectionne par progrès périt aussi par progrès. » P.217.

PROPOS, à propos, être à propos. — « La parole d'une sainte est à propos sur ce sujet. » P. 359.

PROPOSER, pour : mettre en avant, selon le sens propre de ce mot. — «Quand on n'écoute plus la tradition, quand on ne propose plus que le pape. » P. 152.

PROPRE , adjectif. — « Par notre propre mouvement. » P. 364.

— Substantivement. Le p^^oprede... — «C'est le propre des seuls catholiques. » P. 339.

— L'esprit propre. — « C'est ce qui fait l'esprit propre. » P. 364. — « Nous y trouvons des choses que V esprit propre qui nous fait agir n'y a pas formées. » P. 364.

— De mon propre , pour ; de moi-même. — « Je n'entreprendroîs pas de vous porter ce secours de mon propre; mais comme ce ne sont que des répétitions de ce que j'ai appris... »

— Approprier y s'approprier. — « Il y a apparence que Dieu s'est approprié cette affaire. » P. 354.

PROTESTER n'exprime pas toujours une idée d'opposition , mais d'abord et d'après l'étymologie, un témoignage rendu hautement et avec force. — « Toutes les considérations jointes me font protester. . . que je ne souhaite rien avec tant d'ardeur que. . .» P. 382.

PUISSAINCES, pour : facultés. — « Il faut commencer par là le chapitre des jom55a?ice5 trompeuses. « P. 138. — « Après avoir examiné toutes 565 puissances (de la raison) dans leurs effets, reconnoissons-les en elles-mêmes. » P. 202. — « Cet état, qui tient le milieu entre deux extrêmes, se trouve en toutes ses puissances .^> P. 122 et 292.

PUR, Purement. — « Pensées pures. » P. 394. — « Des pensées qui appartiennent purement à l'esprit... » P. 396. — « Au lieu de recevoir les idées des choses purement. » P. 306.

QUASI, pour : presque. — « Quasisans exemple. » P. 344.

QUOI. — Sur quoi, à quoi, sans quoi, non pas seulement au neutre, mais se rapportant indifféremment au masculin ou au féminin , et même au pluriel. — « C'est donc la pensée qui fait l'être de l'homme, et sans quoi ( pour sans laquelle) on ne le peut concevoir. » P. 43 . — « Elles tiennent de la tige sauvage sur quoi elles sont entées. » P. 153. — « Une base constante sur quoi nous puissions édifier...» P. 296. — «Je manque à faire plusieurs chosesà gwoije suis obligé.» P. 355.— Au neutre.— « Jecroyois que... j'avois de quoi la connoître. » P. 201.— «Nous voulons avoir de quoi surpasser la dette. » P. 294.

QUOI QUE, pour quelque chose que. — « Quoi que la nature suggère. » P. 52 et 321.

RACCOURCI, un raccourci^ un raccourci de.— « Je lui veux peindre non-seulement l'univers visible, mais encore tout ce qu'il est capable de concevoir de l'immensité de la nature dans l'enceinte de ce raccourci c?'atome. » P. 126, 127 et 280.

RADICAL, pour naturel, fondamental, opposé à ce qui est accessoire et de circonstance. — « Beauté radicale. » P. 399.

RAMASSER, Se ramasser. « Je me ramasse dans moi-même. » P. 67.

RAISONNER, le raisonner^ infinitif substantif. — « Les autres religions ne disoient pas cela de leur foi : elles ne donnoient que le raisonner pour y arriver, qui n'y vient point néanmoins.» P. 230.

RAPPORT, avoir rapport à. — « S'il y a un Dieu, il est infiniment incompréhensible, puisque, n'ayant ni parties ni bornes, il n'a nul rapport à nous... Ce n'est pas à nous, qui n'avons nul rapport à lui. » P. 181 et 258. — « L'homme a rapport à tout ce qu'il connoît. » P. 300. — « Et pour connoître l'air, savoir par oii il a ce rapport à la vie de l'homme. » P. 300.

— Rapporter «, pour avoir rapport à. — « L'amour pour soimême seroit fini et rapportant à Dieu *. » P. 322.

^ Monlaigne, Ibid. « Aussi n'est-il pas croyable... qu'il n'y ait quelqua

RAVIR, être ravi, être ravi de. — « J'ai été ravi de voir. « P. 368.

REBUT, rebut de... pour exprimer raction de rebuter ou le résultat de cette action. — « Si on ne trouvoit plus de douceur dans le mépris, dans la pauvreté , dans le dénuement et dans le rebut des hommes. » P. 351. — «Gloire et rebut de l'univers. » P. 176.

REFUSION, îine refusion. — « Il me semble que l'amour que nous avons pour mon père ne doit pas être perdu pour nous, et que nous en. devons /aire une refusion sur nous-mêmes.» P. 55 et 332.

RÉGENTS, les régents.. — « Écoutons les régents du monde sur ce sujet. » P. 203.

RÈGLEMENT, le règlement d'une chose, etc. — « Ce n'est point de l'espace que je dois chercher ma dignité, mais c'est du règlement de ma pensée. » P. 107.

RELACHE , sans relâche. — « Ces autres plaisirs qui nous tentent sans relâche. » P. 352.

REMPLIR. Remplir un vuide. Voyez Fuîde.

— Remplir une place , une place se remplit. — « 11 semble que nous ayons une jilace à remplir dans nos cœurs et qui se remplit effectivement. » P 398-399. — « Pouvant remplir plusieurs places. » P. 401. — « Et qu'ainsi elles (les pensées) remplissent toute sa capacité (de l'esprit). » P. 297. — « Un plaisir vrai ou faux peut remplir également l'esprit. » P. 401. — « Une haute amitié remplit bien mieux qu'une commune et égale le cœur de l'homme... « P. 402. — « Il faut une inondation de passion pour les ébranler (les grandes âmes) et pour les remplir.^ P. 410.

REMUEMENT , remuements. — « Il lui faut du remuement et de l'action. » P. 394. — « On a la satisfaction de sentir tous ces remuements pour une personne... » p. 405.

RENGAINER , pour cesser d'attaquer , abandonner une manœuvre, une intrigue commencée contre quelqu'un. — « On rengaigna, et promptement. »

image des choses du monde rapportant aucunement à l'ouvrier qui les a bâties et formées. »

490 VOCABULAIRE DES LOCCïlONS

RENVERSEMETNT. — « Renversement continuel du pour au contre. » P. 111.

RÉPARATEUR, réparateur de...— « Il y a nn réparateur . » P. 243. — « Le réparateur de notre misère. » P. 232 et 233.

REPOSER, reposer dans, exprime une situation paisible, quelquefois la majesté. — « Si je voyois partout des marques d'un créateur, je reposerais en paix dans la foi. » P. 210. — « Le Saint-Esprit repose invisiblement dans les reliques de ceux qui sont morts. » P. 68.

REPRÉSENTER, pour : rendre présent, exposer, exprimer, mettre en lumière. — « Je trouve nécessaire de représenter l'injustice des hommes. » P. 207.— « Une chose monstrueuse, dont il faut faire sentir l'extravagance et la stupidité à ceux qui y passent leur vie, en la leur représentant à eux-mêmes, pour les confondre par la vue de leur folie. » P. 209. — « Je lui représente mon défaut pour l'empêcher d'y tomber. « P. 356. — « Ces effroyables guerres civiles et domestiques représentent si bien le trouble intérieur... qu'il n'y a rien de mieux peint. » P. 358.

RÉSIDER, au figuré. — « La justice... réside dans les lois naturelles. » P. 222. — « Le péché y réside toujours durant cette vie. » P. 360.

RESSENTIMENT, être sans ressentiment., pris absolument pour : être insensible. — « Ce n'est pas que je souhaite que vous soyez sans ressentiment, y P. 53 et 328.

RESSERRER. — « Il y a des passions qui resserrent l'âme et qui la rendent immobile, et il y en a qui l'agrandissent et la font répandre au dehors. » P. 409.

RIEN , un rien. — « Qu'importe qu'un rien ait un peu plus d'intelligence des choses? » P. 298.

ROSEAU, au figuré. — « Roseau pensant , un roseau pensant. » P. 107.

RUINER , se ruiner. — « L'attachement à une même pensée fatigue et ruine l'esprit de l'homme. » P. 404. — « Elles (les passions) s'affoiblissent l'une l'autre réciproquement, pour ne pas dire qu'elles se ruinent. » P. 394.

SANS MENTIR, familièrement pour : en vérité.— ^^ Sans mentir y Dieu est bien abandonné. » P. 66 et 348.

SATISFACTION , satisfactions. — « Je m'estimerai heureux si, en suite de tant de veilles, il peut donner à Votre Majesté une satisfaction de quelques moments. » P. 377. — « La véritable piété est si pleine de satisfactions. « P. 352. — « J'en ai reçu des satisfactions si sensibles. » P. 368.

— Aooir satisfaction. — « J'espère qu'ils auront satisfaction. » P. 206.

SAUTER. — « En sautant de sujet en sujet. » P. 243 et 244.

SECOND, un second. — « Il faut qu'il (l'homme) trouve un second pour être heureux... » P. 401.

SECRET, pris substantivement. Le secret d'une chose ^ pour dire l'obscurité dont une chose est enveloppée; par exemple, le secret de la nature, pour exprimer non pas les secrets de la nature, mais sa partie intérieure et cachée. — « Il (Dieu) ne sort du secret de la nature qui le couvre. » P. 57 et 338. — « Le secret de l'esprit de Dieu caché encore dans l'Écriture. » P. 340.

— Avec un adjectif : « Cet étrange secret dans lequel Dieu s'est retiré. » P. 338. — « Il a choisi d'y demeurer dans le plus étrange et le plus obscur secret de tous. » P. 339. — « C'est là le dernier secret où il peut être. » Ibid. — « Des choses.... qui se passent dans un entier secret. « P. 374.

— Le secret de., pour : l'art de. — «Le secret c^'entretenir toujours une passion, c'est... » P. 405.

SELON, selon que. — « Selon que Dieu nous l'a voulu révéler. » P. 201 . — « Selon qu'on se sent trop emporter vers l'un, se pencher vers l'autre.., » P, 352.

SEMBLANT, un semblant, faire semblant. — « L'on ne peut presque /a2re semblant d'aimev que l'on ne soit bien près d'être amant. » P. 411. — « II faut avoir l'esprit et la pensée de l'amour pour ce semblant. » Ibid.

SENTIR, se sentir. — « Les principes se sentent; les propositions se concluent. » P. 141.

SÉRIEUX, de son plus sérieux. — « S'il y a quelque chose

OÙ son intérêt propre ait dû la faire appliquer de son plus sérieux... « P. 202.

SI, pour : cependant, néanmoins. — « Si faut-il voir si cette belle philosophie... » P. 203. — « Car encore que le roi ait donné grâce à un homme, si faut-il qu'elle soit entérinée. » P. 238.

SILENCE. — 1( Il y a une éloquence de silence qui pénètre plus que la langue ne sauroit faire. >> P. 407. — « Un silence vaut mieux qu'un langage » , pour il vaut mieux se taire que parler. P. 407.

SONGER, pour : penser. — Il y en a qui n'ont pas le pouvoir de s'empêcher de songer y et qui songent d'autant plus qu'on leur défend. « P. 227.

SOT, d'une chose et d'une personne, sottise^ sottises. — « Le sot projet qu'il a de se peindre lui-même! » P. 244. — « Et s'il ne s'abaisse à cela et qu'il veuille toujours être tendu , il n'en sera que plus sot.^> P. 198. — « Qu'est-ce que cette pensée? Qu'elle est sotte! » P 170. — ^< Que ce sont de sots discours ! » P. 170.— « C'est une sottise. » P. 260. — « De dire des sottises.» P. 244.

SOUPÇON, soupçon de... — « Ce n'est pas une marque de sainteté, et c'est au contraire un soupçon c^'hérésie. » P. 150. (Pour : c'est au contraire de quoi fonder un soupçon d'hérésie, de quoi faire soupçonner l'hérésie.)

SOUPLE, souplesse. — «Une souplesse de pensées. « P. 397.

SOUTENIR. — .. Si un Dieu soutient la nature. » P. 210. — « Les pensées pures, qui le rendroient heureux s'il pouvoit toujours les soutenir, le fatiguent et l'abattent. ^) P. 394.

—Soutenir^ être le soutien., le sujet de... — « Le sujet le plus propre pour Isl soutenir (la beauté) est une femme. » P. 400.

— Se .soutenir. — « L'amour donne de l'esprit et il se soutient par l'esprit. » P. 401. — « Le respect et l'amour doivent être si bien proportionnés qu'ils se soutiennent sans que le respect étouffe l'amour. » P. 410.

— Se soutenir dans.. . par. « Nous ne nous soutenons pas dans la vertu par notre propre force. P. 212.

— Soutenu de., pour : soutenu par. « — Bel état de l'Église quand elle n'est soutenue que de Dieu ! » P. 237.

SPÉCIAL , spécial à. — « C'est le privilège spécial des chrétiens. >> P. 320. — Par un privilège spécial au Fils unique de Dieu. » P. 319.

SUBSISTER , subsister dans une chose, pour : y persévérer, s'y soutenir malgré de grandes difficultés. — « Ceux qui subsistent dans le service de Dieu. « P. 349.

SUITE, en suite de... — « En suite des premiers compliments.., « P. 370. — « En suite de tant de veilles. » P. 377.

SUPPORTABLE, insupportable. — « C'est ce qui n'est pas supportable. » P. 244. — « Rien n'est si insupportable à l'homme que. « P. 218. — 'iLe coup est trop sensible, il seroit même insupportable sans un secours surnaturel. » P. 328.

SUR , sur cela., pour : cela étant. — « Et sur cela, comme si la chose n'en valoit pas la peine, ils négligent... w p. 208.

SURCROIT, de surcroît. — « Que son barbier l'ait mal rasé , et si le hasard l'a barbouillé de surcroît. P. 99.

SUSCEPTIBLE de... — « Le peuple n'est pas susceptible de cette doctrine. P. 169.

SUSPENDRE.— «Elle (l'imagination) sw5pewc?lessens.»P.108.

— Suspension., pour : irrésolution : « Et les braves pyrrhoniens en leur ataraxie sont en suspension perpétuelle. » P. 2o3.

— Suspendus, pour : irrésolus, suspendus à. — « Neutres, indifférents, suspendus à tout, sans s'excepter. » P. 108.

TEINDRE. — « Au lieu de recevoir les idées des choses purement, nous les teignons de nos qualités. » P. 114 et 306.

TEMPÊTE. Une vie de tempête. — « La vie de tempête surprend, frappe et pénètre. « P. 409.

TENDRESSE, tendresses . ~ ^^ Avoir des tendresses extrêmes pour eux... » P. 348.

TENDU. — « Et s'il ne s'abaisse à cela , et qu'il veuille toujours être tendu. » P. 198. — « N'a rien acquis par un travail si long et si tendu *. P. 203.

« Montaigne, Ibîd. « Celte exacte et tendue appréhension de la raison. »

TENIR, pour : Prétendre, croire. « Je tie7is impossible de. » P. 300.

TIRER. — « Dieu en tirera la source de notre ioie. « P. 333.

— Tirer avantage, un admirable avantage... Voyez avantage.

— Tirer du profit. — « Nous en devons tirer ce profit que... » P. 330.

— Tiré par les cheveux, pour : peu naturel, 'i Un peu tiré par les cheveux. » P. 177.

TOMBER , tomber d'un bonheur, Wun honneur. — « Afin qu'ils ne tombent d'un si grand bonheur, d'un si grand honneur. » P. 67 et 350.

TOUCHER. « On croit toucher des orgues ordinaires en touchant l'homme. P. 219.

— Toucher une chose en peu de mots. — « Et pour vous le toucher en peu de mots. » P. 52 et 322 — « J'y ai touché en peu de mots toute l'histoire de cet ouvrage. » P. 378.

— Toucher, pour émouvoir. — « L'avenir nous doit encore moins toucher. P. 354.

— Être touché, pour : être touché par la grâce ( style mystique).—« Avant qu'on soit touché., on n'a que le poids de la concupiscence qui porte à la terre. » P. 346.

TOUSSER , à l'infinitif et au pluriel. — « Tous les toussers. »

TRAIN. — Suivre le train de leurs pères. » P. 215.

TRANQUILLISER, tranquillisé. — « Si son tempérament ne sera pas si tranquillisé que. » P. 62 et 273.

TRANSIR.— J'entre en une vénération qui me transit de respect^ envers ceux qu'il semble avoir choisis pour ses élus. » P. 344.

TRAVAILLER, pour : tourmenter. — « Les philosophes, pyrrhoniensetdogmatistes, qui travaillent Q,û\xi(\\x\ les recherche. » p. 249.

TRAVERS, à travers. — «Les chrétiens hérétiques l'ont connu à travers son humanité. » P. 339.

TRIOMPHER , au figuré, pour : paraître avec éclat. — «Puis-

» Montaigne, Ihid. « Transi d'effroi. »

qu'en Tun la miséricerde de Dieu triomphe, et en l'autre sa justice. » p. 366.

— Triomphant^ pour : glorieux. — « Sur tant de triomphantes provinces. P. 381.

TROUBLER, troublé. « Voilà ce que je vois et ce qui me trouble. » P. 209.— « Cette uniformité ne trouble point la paix d'une âme. » P. 365.— « Cet homme qui... étoit ce matin si troublé. » P. 198.

TUMULTUEUSE. — « La vie tumultueuse, » P. 395.

UNI , au moral. — « Une vie unie. » P. 394.

UNIVERSEL , universalité. — « Puisqu'on ne peut être universet... cette universalité est la plus belle. » P. 199.

UTILITÉ, utilités. — Les prévoyances des besoins et des utilités que nous aurions de sa présence. » P. 55 et 332.

VALOIR. — « Nous n'estimons pas que toute la philosophie vaille une heure de peine. » P. 42.

VANITÉ , faire vanité de...-^ « D'en faire profession, et enfin à'en faire vanité, » P. 209.

— Prendre de la vanité d'une chose, « II y a sujet d'en prendre quelque vanité. » P. 353.

VASTE. — « Il a le cœur trop vaste. » P. 398.

VER, ver de terre., pour : bas et faible. — « Imbécile ver de terre! » P. 176.

VERTU, pour : force. — « Par la vertu de cet esprit. » P. 321.

VICTORIEUX de. ~ « La dernière devient victorieuse de l'autre. « P. 412.

VIGUEUR, donner vigueur à. « Comme s'il étoit une autre puissance qui excitât leur piété, et une autre qui donnât vigueur à ceux qui s'y opposent. » P. 364.

VISIBLE, pour • évident. — « Il est visible que... » P. 347.

VOGURR. « Nous voguons sur un milieu vaste. » P. 296.

VOILE , au figuré. — « Il est demeuré caché sous le voile de la nature qui nous le couvre. » P. 338.

— Pénétrer un voile. — « Le voile de la nature qui couvre Dieu a été pénétré par plusieurs infidèles. >> P. 339.

— Folles. — « Toutes choses sont des voiles qui couvrent Dieu. » P. 340.

VOLER , voler plus haut ; au figuré. — « M. voit bien que la nature est corrompue et que les hommes sont contraires à l'honnêteté ; mais il ne sait pas pourquoi ils ne peuvent voler plus haut. » P. 91.

VOUER, vouer une chose, pour : faire vœu d'une chose. -— « Il a donc fait ce qu'il avoit voué, » P. 320.

VRAI , le vrai, pour : la vérité. — « Le pyrrhonisme est le vrai. » P. 171. — 'i Dépositaire du vrai. » P. 176. — « Vous avez deux choses à perdre, le vrai et le bien. « P. 182.

VUIDE. — a II sent son néant, son abandon... son vuide. » P. 219. — « Cet amour-propre s'est débordé dans le vuide que l'amour de Dieu a quitté. P. 322.

Remplir un vuide, faire un vuide, faire une place vuide pour... — « L'homme cherche de quoi remplir le grand vuide qu'il a fait en sortant de soi-même. » P. 398. — « Ne semble-t-il pas qu'autant de fois qu'une femme sort d'elle-même pour se caractériser dans le cœur des autres, ûX^fait une place vuide pour les autres dans le sien.? w p. 403. — « Le secret d'entretenir toujours une passion, c'est de ne pas laisser naître aucun vuide dans l'esprit^ en l'obligeant de s'appliquer sans cesse à ce qui le touche si agréablement. » P. 405.

VUIDER, vuidéy pour : épuisé, terminé. — « Voilà un point imidé. w P. 264.

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