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siècle de progrès en tous genres ^ Descartes élevé à la plus haute puissance dans un esprit d'une trempe différente mais non pas inférieure , tout aussi inventif, tout aussi original, mais plus étendu et plus vaste , plus tempéré et plus bienveillant. Si Bossuet est éclectique à son insu , Leibnitz l'est, le sachant et le voulant : nous voilà , ce semble, en assez bonne compagnie, sans parler de Platon, le véritable père de l'éclectisme. L'ouvrage qui portera le nom de Leibnitz à la dernière postérité, la Théodicée^ n'est autre chose qu'une collection de divers écrits dont l'objet commun est la conformité de la foi et de la raison ^ Dans le xvm« siècle je vois bien trois grands sceptiques, Bayle, Hume, Voltaire ; mais ces trois personnages ne passaient pas jusqu'ici pour des serviteurs de la religion. Parmi ceux qui vinrent alors au secours de la foi chancelante, nul n'a songé à lui donner pour appui le scepticisme. MM. les cardinaux de Polignac ^ et Ger-
* C'est même le titre particulier d'un de ces écrits : Discours de la conformité de la foi avec la raison. Essais de thèodicée, nouvelle édition, par le chevalier de Jaucourt. 2 vol. Amsterdam, 1747.
* L' Anti-Lucrèce est fondé en grande partie sur le cartésia-
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dil% ne sont pas des théologiens de la force de Bossuet et d'Arnauld , mais ce sont encore les meil-
nisme. Il défend Descartes contre Newton et contre Locke. Au viume ijy^g gQjji; les vers célèbres :
Quo nomine dicam Naturae genium, patriae decusac decus aevi Cartesiura nostri
* Voyez particulièrement V immatérialité de l'âme démontrée contre M. Loche^ avec des nouvelles preuves de Vimmatèrialité de Dieu et de l'âme tirées de l'Écriture, des Pérès et de la raison. Turin, 1747. Comme Arnauld avait appuyé la maxime cartésienne, je pense, donc je suis, sur l'autorité de saint Augustin, de même Gerdil appuie sur un passage de saint Basile la démonstration de l'existence de Dieu par son idée, p. 229 : « Il est étonnant que la prévention contre le père de la nouvelle philosophie ait tant pu dans l'esprit de quelques docteurs chrétiens que, par attachement à leurs préjugés et à leurs erreurs philosophiques qu'il a combattues avec tant de force et dont il a enfin triomphé si glorieusement, ils n'aient pas craint de l'accuser d'impiété pour avoir fourni à la religion une nouvelle arme invincible contre les athées, en ajoutant aux preuves qu'on avait déjà de l'existence de Dieu, une démonstration si belle et si lumineuse que jusqu'ici on n'a rien su y opposer que d'absurde et de puéril. Quelle gloire pour ce grand philosophe , que les premiers principes sur lesquels il établit sa métaphysique dans ses Méditations, servent aussi de fondement inébranlable aux deux vérités capitales de la religion , Texistence de Dieu et l'immatérialité de l'âme !« Il prend encore plus ouvertement et plus en détail la défense de Descartes dans la dissertation intitulée : Incompatibilité des principes de Descartes et de Spinosa. Dans un autre ouvrage, Histoire des sectes des philosophes, l'illustre cardinal s'exprime ainsi sur Descartes : « Quelque grand qu'il soit par tant de sublimes découvertes, il l'est encore plus par sa Méthode et ses Méditations. Ce sont des chefs-d'œuvre de raison et des ouvrages dignes de l'antiquité. »
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leurs défenseurs de l'église au xviif siècle^ et tous les deux appartiennent à l'école cartésienne. J'ai déjà cité Saint-Sulpice et M. l'abbé Eymery; je veux invoquer aussi l'homme de notre temps qui a jeté l'éclat de son nom sur cette congrégation modeste, M. l'abbé Frayssinous, évoque d'Hermopolis , qu'on n'accusera pas d'avoir été médiocrement attaché a la rehgion et à l'église, et qui, dans ses soHdes conférences , n'a pas cessé de poursuivre le grand objet que se sont constamment proposé les théologiens les plus autorisés, l'accord de la raison et de la foi ^
Ainsi, nous pouvons le dire sans crainte d'être démentis , l'entreprise de Pascal est condamnée par la pratique de toute Fgélise de France, par les plus grands théologiens et les plus saints prêtres,
* Défense du Christianisme, ou Conférences sur la Religion. Paris, 1825. 3 volumes. Le premier volume est comme un traité de philosophie , où sont établies par la pure raison et sur la foi du genre humain l'existence de Dieu, la spiritualité de l'âme , la loi naturelle, le libre arbitre et l'immortalité de l'âme. A ce livre judicieux je me plais à joindre un autre écrit de la même école et marqué du même caractère , la dissertation que M. l'abbé Gosselin a jointe à son édition aujourd'hui classique des œuvres de Fénelon , dissertation où il examine et apprécie
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parles ordres les plus différents; par tout le monde enfin, excepté les Jésuites. Eux seuls l'ont recueillie et poursuivie. Elle semblait à jamais ensevelie avec eux ; et c'est avec eux seulement qu'elle reparaît aujourd'hui.
Pendant qu'au début du xix^ siècle, M. de Chateaubriand séduisait au christianisme l'imagination et le bon goût par le charme des beautés nouvelles qu'il y découvrait , pendant que l'abbé Frayssinous, à Saint-Sulpice, développait devant un auditoire instruit et choisi le thème favori de l'éghse gallicane , obsequiiim rationahile , une obéissance conforme à la raison; pendant qu'une philosophie généreuse, sortie du sein de l'Université, disputait l'opinion au matérialisme et à l'athéisme et s'efforçait de réhabiliter parmi nous la tradition carté-
Fénelon comme métaphysicien, comme théologien, comme littérateur. La première partie , Fénelon considéré comme métaphysicien , semble écrite avec la plume même de M. l'abbé Eymery. Il est impossible de défendre avec plus de sens et de mesure la méthode et la philosophie de Descartes. Voyez encore différents écrits du cardinal de La Luzerne , entr'autres: Dissertation sur l'existence et les attributs de Dieu. — Dissertations sur la spiritualité de l'âme et sur la liberté de l'homme. Langres, 1808.