LU AVANT-PROPOS
extrêmes de la philosophie du dernier siècle, non pas, il est vrai, en faisant la guerre à la raison, mais en essayant de la mieux diriger, non pas en abjurant la philosophie, mais en proclamant au contraire sa haute et bienfaisante mission. Je m'incline devant la révélation , source unique des vérités surnaturelles ; je m'incline aussi devant l'autorité de l'éghse, nourrice et bienfaitrice du genre humain, à laquelle seule a été donné de parler aux nations, de régler les mœurs publiques , de fortifier et de contenir les âmes. Combien de fois n'ai-je pas défendu, comme homme politique et comme philosophe, l'autorité ecclésiastique dans ses limites nécessaires ^ ? J'y ai perdu une ancienne popularité, je ne la regrette point ; je faisais mon devoir , je suis prêt à le faire encore et à tout sacrifier à cette sainte cause, tout, excepté cette autre partie de la vérité, de la justice et de ma conviction réfléchie, j'entends le sentiment de l'excellence de la raison humaine et du pouvoir naturel et
' Voyez particulièrement mon Rapport à la Chambre des pairs sur la loi de l'Instruction primaire, rapport où j'ai défendu avec fermeté la part légitime du clergé dans la surveillance des écoles du peuple.
AVANÏ-PROPOS. LUI
légitime qu'elle a reçu de Dieu de faire connaître à rtiomme et lui-même et son divin auteur. Éclairez ce pouvoir , n'essayez pas en vain de l'étouffer. Respectez dans le cartésianisme la direction généreuse et l'énergie qu'il donne à la pensée. Loin de répéter, contre la vérité des choses et contre l'évidence de l'histoire, que toute philosophie conduit à l'athéisme, oh! je vous en conjure, proclamez bien haut que la mauvaise philosophie conduit seule à cette erreur funeste, et que la raison sagement cultivée porte en elle ces croyances sans lesquelles celles de l'église manquent de fondement , et ne reposent plus que sur l'imagination ou sur le désespoir impie de toute vérité , s' efforçant de se tromper lui-même et troublant l'église au lieu d'y trouver la paix. Quel avantage, dites- moi, a procuré à l'église de France l'altier système que nous combattons ? Il lui a donné un triomphe d'un jour, puis des déchirements malheureux, et maintenant encore une direction fatale, contraire à ses traditions nationales, à ses intérêts de tous les temps , aux déclarations des saints conciles, au génie permanent du catholicisme. Au lieu de combattre l'Université, que l'église de France