ANATOMIE PATHOLOGIQUE
L’anatomie pathologique découle souvent de l’étiologie. Lorsque la péricystite survient à la suite d’une cystite occasionnée par la présence de l’adénome, l'atmosphère celluleuse qui entoure la vessie est atteinte en premier lieu et ce n’est qu'après que le paracyste a été franchi que le péritoine est envahi. Si l’inflammation vésicale est aiguë, on peut avoir une péritonite aiguë généralisée. Mais lorsque l'infection vésicale est chronique, ce qui est le plus fréquent, c’est à une paracys- tite sclérolipomateuse avec parfois abcès secondaire que l’on a affaire. Puis ultérieurement peut se développer une voie de communication entre la vessie et les organes voisins.
Lorsque la péricystite est d’origine post-opératoire, il se
produit une congestion, une infiltration interstitielle et l’on trouve des exsudats fibrineux, séreux ou purulents, puis on assiste à la généralisation du processus ou, au contraire, à un enkystement du pus dans le petit bassin. Parfois se forment des fistules vésico-pyoviscérales.
Enfin, même après guérison, il se forme souvent des adhérences larges ou serrées, vélamenteuses, exposant aux torsions ou aux occlusions par brides. D’après Verliac, la péricystite fibro-adipeuse est trois fois plus fréquente que la péricystite suppurée. Il ne relève aucun cas de perforation.
Classiquement on peut distinguer :
19 La forme œdémateuse ou séreuse qui se résorbe sans laisser de traces ou évolue vers les autres formes.
20 La forme fibro-lipomateuse ou scléro-adipeuse : celle que nous rencontrons le plus souvent chez les vieux prostatiques
Chauvin. 3
SRE
chroniques. Cette forme est précédée d’un remaniement de la structure, de la disposition et des connexions du tissu vésical. Il y a de la sclérose avec amincissements localisés et épaississements partiels, formation de colonnes, de diverticules, de cellules qui deviennent de véritables poches purulentes et des nids à calculs. Enfin il ya formation du bas-fond. Puis le processus s'étend au paracyste avec prédominance de tissu adipeux ou fibreux. En cas d'intervention on ne trouve pas de plan de clivage, d’où risques d'infection surajoutée.
1 Obs
A l’autopsie il trouve une vessie à parois assez épaisses, avec des colonnes et des cellules multiples. Péricystite totale. Au sommet même de la vessie existe une masse de graisse sous-péritonéale volumineuse, grosse comme un œuf, englobant plusieurs petites cellules dont la paroi mince ne semble plus guèré formée que par le péritoine épaissi. Les deux vésicules séminales sont englobées dans une grosse masse fibro-adipeuse qui se prolonge le long des uretères. Les canaux déférents qui traversent cette masse sont transformés en cordons durs, épais, crétacés, oblitérés.
39 La péricystite suppurée circonscrite : souvent à localisation rétro-prostatique avec petits abcès multiples disséminés dans le tissu périvésical. Parfois présence d’une péri-tonite localisée au cul-de-sac de Douglas. Les abcès peuvent s’enkyster en bouton de chemise, mais l’abcès peut avoir une tendance extensive et le pus se fait jour vers la vessie, le rectum, l'intestin, le vagin. |
49 La péricystite phlegmoneuse diffuse : Il y a extension de l'infection en dehors de la gaine périvésicale vers le haut et vers le bas. La mort peut survenir avant toute suppuration. Entre l’infiltration d’urine, de la loge périnéale supérieure, le phlegmon diffus gangréneux et les péricystites suppurées à tendance extensive, il n'existe que des degrés de gravité.
SSL LU
59 Le phlegmon de la cavité de Retzius : qui survenait comme nous l’avons vu le plus souvent, après la ponction de la vessie, mais qui peut survenir aussi après la taille, les affections aiguës de la prostate propagées par ouverture d’abcès ou par voie lymphatique. C’est une inflammation aiguë ou subaiguë, qui occupe la région hypogastrique et la face antérieure de la vessie. Il siège dans le tissu cellulaire de l'espace de Retzius qui va de l’ombilic au plancher pelvien, limité latéralement en haut par les artères ombilicales qu’elle ne légèrement, en bas par la gaine des branches de
l’hypogastrique. Ce Phicémon extra-vésical présente diverses formes :
a) Le phlegmon total qui se divise :
19 Congestif : infiltration séro-leucocytaire du tissu cellulaire ; |
29 Forme suppurée sclérosante (Bouillÿ), masse de tissu scléreux développée autour d’abcès enkystés.
30 Forme scléro-adipeuse : due à l’extension d’une paracystite allantoïdienne.
49 Forme phlegmoneuse suppurée : tout le tissu cellulaire est infiltré de sérosité louche. Pus crémeux bien lié ou sanieux mélangé de gaz.
b) Le phlegmon diffus :
Coïncide souvent avec une perforation de l’urèthre ou de la vessie.
c) Le phlegmon partiel :
Infection localisée par suite de die anatomiques
spéciales. On distingue les formes supérieures, moyennes, inférieures, latérales (phlegmon de Heurtaux).
SYMPTOMATOLOGIE
Il est à noter que la même clinique peut être due à des localisations et à une étiologie différente. Mais ici comme pour l'anatomie pathologique, il y a lieu‘de distinguer des formes variables. |